Gaza: Report de l'échange otages-prisonniers au deuxième jour de la trêve

Des Palestiniens déplacés retournent chez eux en passant devant une maison détruite lors d'une frappe israélienne pendant le conflit, dans le cadre de la trêve temporaire entre le Hamas et Israël, à Khan Younis, le 24 novembre 2023 (Photo, Reuters).
Des Palestiniens déplacés retournent chez eux en passant devant une maison détruite lors d'une frappe israélienne pendant le conflit, dans le cadre de la trêve temporaire entre le Hamas et Israël, à Khan Younis, le 24 novembre 2023 (Photo, Reuters).
Short Url
Publié le Samedi 25 novembre 2023

Gaza: Report de l'échange otages-prisonniers au deuxième jour de la trêve

  • Le Hamas a accusé Israël de ne pas respecter l'accord de trêve qui a offert un deuxième jour de répit aux Palestiniens
  • Selon Israël, qui a confirmé le retard, 14 otages devaient être libérés samedi en échange de 42 détenus palestiniens

GAZA: Le Hamas a annoncé samedi qu'il retardait la libération attendue d'otages détenus dans la bande de Gaza, accusant Israël de ne pas respecter l'accord de trêve qui a offert un deuxième jour de répit aux Palestiniens du territoire assiégé après sept semaines de guerre.

La branche armée du mouvement islamiste, les brigades Ezzedine al-Qassam, ont notamment réclamé dans un communiqué "l'entrée des camions d'aide humanitaire dans le nord de la bande de Gaza" et le respect des "critères de sélection" pour la libération des prisonniers palestiniens en échange des otages, avant de remettre ceux-ci au Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Selon Israël, qui a confirmé le retard, 14 otages devaient être libérés samedi en échange de 42 détenus palestiniens.

Cet accord, conclu par le Qatar avec l'appui des Etats-Unis et de l'Egypte, prévoit quatre jours de trêve qui doivent permettre la libération de 50 otages, sur les plus de 200 retenus à Gaza, et de 150 prisonniers palestiniens. Cette pause dans les combats, renouvelable et qui semblait respectée samedi, inclut aussi l'entrée d'aide humanitaire et de carburant à Gaza.

Les bombardements israéliens depuis l'attaque sanglante menée contre Israël le 7 octobre et l'offensive militaire sur le nord de Gaza se sont interrompus, comme les tirs de roquettes du Hamas sur Israël.

Vendredi, 13 premiers otages israéliens, des femmes et des enfants, ont été remis au CICR et ont regagné Israël via l'Egypte pour retrouver leurs familles.

Le mouvement islamiste a également libéré dix Thaïlandais et un Philippin, qui ne faisaient pas partie de l'accord.

En contrepartie, Israël a libéré 39 Palestiniens, des femmes et des jeunes de moins de 19 ans.

Ne pas oublier

A Tel-Aviv, des visages souriants d'otages libérés ont été projetés vendredi soir sur la façade du musée d'Art, avec les mots: "Je suis de retour à la maison".

Les autorités israéliennes ont demandé aux médias de respecter l'intimité des ex-otages et de leurs familles. Et ceux dont les proches sont encore détenus par le Hamas attendaient dans l'angoisse une issue à un cauchemar qui dure depuis sept semaines.

"Aujourd'hui, nous sommes heureux de voir revenir les nôtres mais nous ne devons pas oublier tous ceux qui ne sont pas encore rentrés", a témoigné Yael Adar, la belle-fille de Yaffa Adar, 85 ans et la plus âgée des ex-otages, sur le site d'informations Ynet.

"Nous ne nous tairons pas tant que le dernier détenu ne sera pas rentré chez lui", a promis Yael Adar dont le fils Tamir, un père de deux jeunes enfants âgé de 38 ans, est encore aux mains du Hamas après avoir été enlevé comme sa grand-mère dans le kibboutz de Nir Oz.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Herzi Halevi, a cependant prévenu que la guerre n'était pas finie. "Nous recommencerons à attaquer Gaza dès que la trêve sera terminée (...) pour démanteler le Hamas et créer une énorme pression afin de ramener aussi vite que possible autant d'otages que possible, jusqu'au dernier d'entre eux", a-t-il dit.

Liesse en Cisjordanie

En Cisjordanie occupée, des scènes de liesse, au milieu des feux d'artifice, des drapeaux palestiniens et des différents mouvements dont l'étendard vert du Hamas, ont accompagné le retour des prisonniers libérés.

A Jérusalem-Est, occupée par Israël depuis 1967, les manifestations de joie étaient en revanche interdites.

"J'attendais le jour où je serais libérée de prison et pourrais serrer ma mère dans mes bras", a expliqué à l'AFP Rawan Nafez Mohammad Abou Matar, revenue chez elle à Beitlo, près de Ramallah en Cisjordanie. "Ça fait des années que je ne l'ai pas touchée ou prise dans mes bras de cette façon, sauf quand j'ai pu prendre une photo avec elle", dit la jeune femme, condamnée en 2015, alors qu'elle avait 21 ans, à neuf ans de prison pour tentative de meurtre sur un garde-frontières israélien.

Selon les autorités israéliennes, 1.200 personnes, en grande majorité des civils, ont été tuées le 7 octobre lors de l'attaque du Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.

En représailles, Israël a promis d'"éliminer" le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, bombardant sans relâche le territoire palestinien et lançant le 27 octobre une offensive terrestre, jusqu'à la trêve.

Dans la bande de Gaza, 14.854 personnes, parmi lesquelles 6.150 enfants et adolescents, ont été tuées par les frappes israéliennes, selon le gouvernement du Hamas.

Les hôpitaux débordés

La trêve offre un fragile moment de répit aux milliers de déplacés à l'intérieur de Gaza qui ont quitté des hôpitaux et des écoles du sud du territoire où ils avaient trouvé refuge pour rentrer chez eux.

Dans les hôpitaux du sud de la bande de Gaza, les convois d'ambulances évacuant des blessés du nord continuent d'arriver. Mais, assure Ashraf al-Qidreh, porte-parole du ministère de la Santé du Hamas, "ils n'ont plus ni la capacité d'accueil ni l'équipement" pour faire face.

Plus de la moitié des logements du territoire ont été endommagés ou détruits, selon l'ONU, et 1,7 million de personnes ont été déplacées, sur 2,4 millions d'habitants.

"La trêve, ça fait du bien, on espère qu'elle va durer. C'est bien quand c'est calme. Les gens veulent vivre", a confié à l'AFP Mohammed Dheir, qui a trouvé refuge avec sa famille à Rafah, dans le sud de Gaza.

Des centaines de milliers de Palestiniens du nord de Gaza se sont massés depuis le début de la guerre dans cette partie du territoire pour essayer d'échapper aux bombardements.

L'armée considère que le tiers nord de la bande de Gaza, où se trouve la ville de Gaza, est une zone de combat abritant le centre des infrastructures du Hamas. Elle a ordonné à la population d'en sortir et empêche quiconque d'y revenir.

Selon le ministère de la Santé du Hamas, sept personnes ont été blessés par des tirs israéliens alors que plusieurs milliers de Gazaouis ont pris la route du Nord.

La trêve a permis l'accélération de l'arrivée de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza. Ces cargaisons, dont l'entrée depuis l'Egypte est soumise au feu vert d'Israël, arrivaient ces dernières semaines au compte-gouttes.

Des dizaines de camions ont traversé samedi le poste-frontière de Rafah pour le deuxième jour consécutif, selon des images tournées par l'AFP.

Dans la ville voisine de Rafah, de nombreux habitants avec des bonbonnes de gaz vides attendaient une livraison.

"Personne ne peut cuisiner ou faire quoi que ce soit sans gaz", racontait un habitant, Ezzeddine Abou Omeira. "Tous les habitants espèrent et sont prêts à avoir du gaz pour faciliter leur vie."


Négociations sur Gaza: des avancées sur un désarmement du Hamas 

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent dans la bande de Gaza. Selon les autorités sanitaires locales, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts jeudi. (AFP)
Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent dans la bande de Gaza. Selon les autorités sanitaires locales, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts jeudi. (AFP)
Short Url
  • Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier
  • Cette phase prévoit notamment un retrait israélien progressif du territoire palestinien, le désarmement du Hamas et le déploiement d'une force internationale de stabilisation

JERUSALEM: Des avancées ont été enregistrées dans les négociations au Caire au sujet du désarmement du Hamas, ont indiqué jeudi à l'AFP une source diplomatique et une autre au sein du mouvement islamiste palestinien.

Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre dans la bande de Gaza.

Cette phase prévoit notamment un retrait israélien progressif du territoire palestinien, le désarmement du Hamas et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

La source au sein du Hamas a souligné une "grande convergence" sur plusieurs points liés aux armes, disant avoir transmis aux médiateurs des amendements à la feuille de route proposée par Washington et attendre la réponse d'Israël.

"Nous continuons à faire avancer la feuille de route", a indiqué de son côté la source diplomatique informée des négociations qui a requis l'anonymat.

Elle a rappelé que celle-ci prévoit le "démantèlement de toutes les armes" - précisant qu'il n'y aura "pas d'exception" - afin de "remettre l'ensemble de l'autorité au gouvernement technocratique".

La gestion quotidienne de Gaza durant la période post-conflit doit être, selon le plan de paix, assurée par une instance de technocrates palestiniens, le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG).

La remise des armes au NCAG doit être opérée, selon la source diplomatique, en coordination avec la Force internationale de stabilisation (ISF), une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du Conseil de paix proposé par Donald Trump.

La source au sein du Hamas a affirmé qu'une formule avait été "élaborée mettant l'accent sur le stockage des armes lourdes, le démantèlement des groupes armés et un retrait israélien simultané".

Coté israélien, une source politique a déclaré à l'AFP qu'il "n'y aura aucun retrait israélien de la +ligne jaune+ dans la bande de Gaza tant que le Hamas n'aura pas été totalement désarmé et que la bande de Gaza n'aura pas été entièrement démilitarisée".

La "ligne jaune" est le nom donné par Israël à la ligne de démarcation entre la zone sous contrôle du Hamas et celle tenue par l'armée israélienne dans la bande de Gaza.

Israël affirme contrôler actuellement plus de 60% de ce territoire palestinien.

La première phase du cessez-le-feu a vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas le 7 octobre 2023 lors de son attaque en Israël qui a déclenché la guerre, en échange de Palestiniens détenus par Israël.

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent dans la bande de Gaza. Selon les autorités sanitaires locales, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts jeudi.


Egypte: l'incendie dans le port de Damiette dû à une attaque de drone 

Le gouvernement égyptien a annoncé jeudi que l'incendie qui s'est déclaré la veille sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette (nord) avait été provoqué par une attaque de drone, la première du genre contre le pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (REUTERS)
Le gouvernement égyptien a annoncé jeudi que l'incendie qui s'est déclaré la veille sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette (nord) avait été provoqué par une attaque de drone, la première du genre contre le pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (REUTERS)
Short Url
  • Un navire américain de stockage et de regazéification et un méthanier, propriété d'intérêts grecs et battant pavillon des Bermudes, ont été touchés par au moins un drone non identifié
  • La présidence égyptienne du Conseil des ministres a indiqué dans un communiqué qu'à l'issue des premières investigations sur l'incident, "il est apparu qu'il résultait d'une attaque de drone, sans qu'aucune partie n'en ait revendiqué la responsabilité"

LE CAIRE: Le gouvernement égyptien a annoncé jeudi que l'incendie qui s'est déclaré la veille sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette (nord) avait été provoqué par une attaque de drone, la première du genre contre le pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Un navire américain de stockage et de regazéification et un méthanier, propriété d'intérêts grecs et battant pavillon des Bermudes, ont été touchés par au moins un drone non identifié, avait auparavant rapporté la société privée de sécurité Ambrey, basée au Royaume-Uni.

La présidence égyptienne du Conseil des ministres a indiqué dans un communiqué qu'à l'issue des premières investigations sur l'incident, "il est apparu qu'il résultait d'une attaque de drone, sans qu'aucune partie n'en ait revendiqué la responsabilité".

Elle a ajouté que "les autorités compétentes poursuivent leur enquête afin d'établir les circonstances de l'incident et de prendre les mesures nécessaires pour préserver les intérêts de l'Egypte et sa sécurité nationale".

 


Khalida Boufedeche, première femme élue à la tête du Parlement algérien

Khalida Boufedeche est devenue la première femme à présider le Parlement algérien. (AFP)
Khalida Boufedeche est devenue la première femme à présider le Parlement algérien. (AFP)
Short Url
  • Le Parlement algérien a élu Khalida Boufedeche à sa présidence, faisant d'elle la première femme à occuper ce poste dans l'histoire du pays et le quatrième personnage de l'État
  • Membre du FLN, vainqueur des législatives avec 91 sièges sur 407, elle prend ses fonctions dans un Parlement marqué par une participation record à la baisse (21,24%) et une forte sous-représentation des femmes

ALGER: Le Parlement algérien a élu mardi soir, pour la première fois de son histoire, une femme à sa tête, Khalida Boufedeche, qui devient ainsi le quatrième personnage de l'Etat.

Mme Boufedeche, médecin allergologue et députée d'Alger, est issue du Front de libération nationale (FLN), parti historique de l'indépendance et formation proche du pouvoir.

Le FLN est arrivé en tête des dernières législatives avec 91 sièges sur 407. Le scrutin a été marqué par un taux de participation de 21,24%, le plus bas jamais enregistré.

Trois candidats postulaient pour la présidence de l'Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement: Mme Boufedeche, un député du principal parti islamique, le Mouvement de la société pour la paix (MSP - 43 sièges) et un autre du parti laïque le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Khalida Boufedeche est membre du comité central du FLN. Avant son actuel mandat de députée, elle été élue dans sa commune à Bordj El Bahri puis à l'assemblée de la wilaya d'Alger.

Mme Boufedeche accède au perchoir du Parlement alors que seules 25 femmes ont été élues, soit 6,14% des sièges.

Les femmes sont sous-représentées lors de cette législature alors qu'elles représentent 49% de la population. Elles étaient 38 en 2021 et surtout 118 en 2017. Cette dernière élection s'était tenue sous le régime des quotas.

Le FLN est suivi dans l'hémicycle par le Rassemblement national démocratique (RND), autre formation proche du pouvoir, qui obtient 74 sièges, puis le Front El Moustakbal, également considéré comme un parti soutenant les autorités, avec 56 sièges.