Macron et les maires, un long fleuve pas très tranquille

En 2017, Emmanuel Macron, accusé de vouloir contrôler les budgets des collectivités, avait été hué et sifflé à son arrivée au Congrès des maires (Photo, AFP).
En 2017, Emmanuel Macron, accusé de vouloir contrôler les budgets des collectivités, avait été hué et sifflé à son arrivée au Congrès des maires (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 22 novembre 2023

Macron et les maires, un long fleuve pas très tranquille

  • S'il recevra bien 1.000 d'entre eux mercredi soir à l'Elysée, le président a finalement fait l'impasse sur le Salon des maires
  • Le Congrès se tient en outre sur fond de hausse sans précédent des violences verbales et physiques à l'encontre des maires

PARIS: Un président happé par un sommet du G20 en visio, des édiles frustrés : l'absence d'Emmanuel Macron au grand rendez-vous annuel des maires a une nouvelle fois mis en lumière une relation compliquée entre le chef de l'Etat et les élus les plus proches des Français.

S'il recevra bien 1.000 d'entre eux mercredi soir à l'Elysée, le président a finalement fait l'impasse sur le Salon des maires, qui réunit des exposants travaillant avec les municipalités, auquel il était attendu dans la journée, comme en 2022.

Au même moment, un sommet des Vingt pays les plus industrialisés a été convoqué par l'Inde, avec en toile de fond le conflit entre Israël et le Hamas.

Le chef de l'Etat n'ira pas non plus au 105e Congrès de l'Association des maires de France (AMF), un rendez-vous qu'il esquive régulièrement, à la différence de son prédécesseur François Hollande.

Eric Pancioli, adjoint sans étiquette au maire de Baratier (Hautes-Alpes), aurait pourtant "bien aimé y voir le président".

"Ca aurait été plus simple qu’il se déplace et vienne expliquer des choses, qu’on lui pose des questions. Quand le dialogue est court-circuité, c'est jamais très bon", pointe l'élu de la petite commune rurale.

"Surtout après ce qu'on a vécu en juillet avec les émeutes, au moment d’une crise sociale sans précédent", renchérit le maire socialiste d'Alfortville (Val-de-Marne), Luc Carvounas.

«Les yeux dans les yeux»

Le Congrès se tient en outre sur fond de hausse sans précédent des violences verbales et physiques à l'encontre des maires et d'une vague de démissions d'élus.

"J’y vois un petit peu plus d’abandon des maires de la part de l’Etat", déplore Martine Mattei, maire sans étiquette de Viviers (Ardèche), jugeant ces élus "bien souvent très seuls face aux conflits".

Du côté de l'exécutif, on réfute toute mésentente avec les maires et toute méconnaissance de leurs défis au quotidien.

Au fil de ses déplacements, Emmanuel Macron a constuit une "relation de confiance, républicaine" avec ces élus de terrain, assure-t-on dans son entourage.

Plus que les grand-messes, il "apprécie les échanges les yeux dans les yeux", justifie-t-on également. Il va ainsi discuter trois heures avec les 1.000 élus de toutes étiquettes et tous horizons conviés à l'Elysée.

Ce sera d'ailleurs le plus grand événement annuel au Palais, précise l'a présidence. Pas moins d'une quinzaine de ministres seront aussi présents, outre la cheffe du gouvernement Elisabeth Borne.

Plus largement, il "faut distinguer les relations avec les maires et celles avec les associations d'élus", qui sont "dans des débats davantage politiciens", considère un conseiller de l'exécutif.

«Posture jacobine»

Le président de l'AMF, maire Les Républicains (LR) de Cannes, David Lisnard, qui reproche régulièrement au chef de l'Etat "l'extrême centralisation" de ses décisions, ne cache pas ses ambitions pour la présidentielle de 2027.

"Nous passons à une recentralisation galopante", accuse aussi le maire socialiste d'Issoudun (Indre) et vice-président de l'association, André Laignel, qui dénonce un "étouffement financier" des communes.

Le parti présidentiel peine aussi à s'imposer à l'échelon municipal. Aux élections de 2020, La République en marche (LRM, aujourd'hui Renaissance) n'a remporté aucune grande ville.

Ces tensions ne datent pas d'hier. En 2017, Emmanuel Macron, accusé de vouloir contrôler les budgets des collectivités, avait été hué et sifflé à son arrivée au Congrès des maires.

"Le premier quinquennat a démarré par un jupitérisme stratosphérique, une espèce de technolibéralisme, une posture très jacobine", rappelle Romain Pasquier, professeur à Sciences-Po Rennes et spécialiste des collectivités.

Avec la crise des "gilets jaunes", Emmanuel Macron a été "à la pêche au soutien des maires" pour ses grands débats, une "alliance de circonstance" s'est alors construite, dit-il.

Lors de sa dernière prise de parole au Congrès des maires en 2021, le chef de l'Etat avait d'ailleurs concédé "des malentendus" et des "préjugés".

Mais les signaux sont restés depuis "contradictoires", ce qui est perçu comme "une forme d'indifférence", sinon de "condescendance" présidentielle, relève Romain Pasquier.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.