À Gaza, femmes enceintes et nouveau-nés victimes de traumatismes, d'infections et de malnutrition

Un enfant blessé est amené à l'hôpital Al-Aqsa après l'attaque israélienne. (Photo, Getty Images)
Un enfant blessé est amené à l'hôpital Al-Aqsa après l'attaque israélienne. (Photo, Getty Images)
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Publié le Samedi 18 novembre 2023

À Gaza, femmes enceintes et nouveau-nés victimes de traumatismes, d'infections et de malnutrition

  • Même si elles survivent à l'accouchement, les mères et leurs bébés ne sont pas à l'abri des pénuries qui menacent la santé et le développement
  • Le siège des hôpitaux et le blocage de l'aide privent les femmes qui accouchent d'analgésiques et les nouveau-nés prématurés de couveuses

LONDRES: Ce qui aurait dû être une période de grande joie et d'excitation est devenu un véritable cauchemar pour des milliers de nouvelles et futures mères vivant sous le siège et les bombardements israéliens constants dans la bande de Gaza. 

Pour Layla, 28 ans, dont le nom a été modifié pour des raisons de sécurité, mettre au monde une nouvelle vie à un moment où il y a tant de morts et de destructions la remplit d'effroi. «Ce qui m'inquiète le plus, c'est de tomber amoureuse de la vie, au milieu de toute cette mort, une fois que j'aurai tenu mon bébé dans mes bras», a-t-elle déclaré à Arab News

Comme 5 500 autres femmes enceintes de la bande de Gaza, Layla doit accoucher très prochainement dans le contexte d'un conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas, qui a dévasté les infrastructures de santé et privé la population d'accès à des aliments nutritifs, à de l'eau propre et à des installations sanitaires publiques. 

La fermeture des hôpitaux et des cliniques sous les bombardements intenses et les pénuries chroniques d'électricité, de carburant et de médicaments comptent parmi les plus grands défis auxquels sont confrontées les quelque 50 000 femmes enceintes de Gaza. 

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Des bébés palestiniens nés prématurément à l'hôpital Al-Shifa de la ville de Gaza. (Photo, Dr. Marawan Abu Saada via AP) 

Au 10 novembre, quelque 18 hôpitaux et 51 centres de soins primaires dans l'enclave assiégée n'étaient plus opérationnels, ce qui signifie que moins de 60% des hôpitaux et 30% des centres de santé publique fonctionnent d'une manière ou d'une autre. 

Fikr Shalltoot, directrice à Gaza auprès de Medical Aid for Palestinians (MAP), une organisation caritative britannique opérant dans l'enclave palestinienne, a déclaré que les femmes enceintes de Gaza «sont confrontées à une réalité désastreuse, avec un accès limité aux services de santé essentiels dans un contexte de catastrophe humanitaire quasi-totale». 

«Avec plus de 180 naissances par jour et 235 attaques contre les infrastructures de santé depuis le 7 octobre, la situation est critique», a signalé Shalltoot à Arab News. Les femmes sont donc privées de services obstétriques d'urgence et beaucoup sont contraintes d'accoucher dans des conditions dangereuses. 

«Les hôpitaux fermés obligent les femmes à accoucher dans des abris, des maisons et des rues au milieu des décombres, ce qui augmente les risques d'infection», a-t-elle indiqué. «Les maternités, comme celle d'Al-Hilo, font l'objet d'attaques.» 

Les hôpitaux de Gaza sont en première ligne du conflit, submergés de civils blessés depuis le début de la campagne militaire israélienne, qui a été lancée en représailles aux attaques du Hamas du 7 octobre, ayant causé 1 200 morts et entraîné la prise en otage de plus de 200 personnes, Israéliens et étrangers.

Quelque 135 établissements de santé ont été endommagés ou détruits dans la bande de Gaza. Bien que ces installations soient protégées par le droit humanitaire international, Israël affirme que le Hamas a utilisé les hôpitaux, en particulier le plus grand de Gaza, Al-Shifa, pour abriter des centres de commandement souterrains. 

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Les dégâts causés par une explosion à l'hôpital Al-Ahli Arabi dans le centre de Gaza. (Photo, AFP) 

Le Hamas et le personnel médical nient que ces installations soient utilisées pour stocker des armes, cacher des otages ou déplacer des combattants le long d'un réseau sophistiqué de tunnels. Les forces israéliennes qui ont pris le contrôle d'Al-Shifa mercredi n'ont pas encore fourni de preuves à l'appui de leurs affirmations. 

Selon les médias locaux, Al-Shifa compte au moins 650 patients, dont 22 en soins intensifs et 36 bébés prématurés, ainsi que quelque 400 membres du personnel médical. Plus de 2 000 habitants de Gaza ont également trouvé refuge dans l'établissement. 

Au milieu des destructions et des pénuries, aggravées par les restrictions imposées par Israël à l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza via le poste frontière de Rafah avec l'Égypte, les médecins ont été contraints de prendre des mesures extrêmes, comme pratiquer des césariennes sans anesthésie ni analgésiques. 

«Certaines femmes souffrent de complications lors de l'accouchement et, pour résoudre le problème, faute de moyens, d'outils ou de temps, les médecins sont confrontés à l'option extrême de l'ablation de l'utérus», a révélé à Arab News Soraida Hussein-Sabbah, spécialiste des questions de genre et de la défense des droits à ActionAid Espagne. 

À l'hôpital Al-Awda, le seul fournisseur de services de maternité dans le nord de Gaza, les médecins ont pratiqué 16 césariennes le week-end dernier dans des conditions extrêmement difficiles, selon les médias locaux. 

Hussein-Sabbah a déclaré que bien qu'il y ait de nombreux médecins et infirmières obstétriciens formés et spécialisés dans la bande de Gaza, ainsi que des maternités privées et publiques, «ils ne peuvent pas fonctionner normalement en ce moment».

EN CHIFFRES

- 50 000 femmes enceintes à Gaza. 

- 5 500 femmes devant accoucher prochainement. 

- 180: Nombre moyen de naissances par jour. 

Malgré cela, «toute personne spécialisée qui se trouve dans un refuge, ou n'importe où... continuera à servir autant que possible», a-t-elle ajouté. 

Zaher Sahloul, directeur de MedGlobal, une ONG médicale basée aux États-Unis, a expliqué les dangers des césariennes dans des circonstances aussi extrêmes. Alors que «les médecins essaient généralement de faire accoucher les femmes le plus rapidement possible», une telle opération les oblige à «couper à travers plusieurs couches» et à «suturer plusieurs couches». 

Effectuer une telle opération sans anesthésie, ni même une dose partielle d'analgésique, serait atroce. 

«C'est, comme vous pouvez l'imaginer, une expérience extrêmement traumatisante, quelque chose qui serait associé au syndrome de stress post-traumatique», a expliqué Sahloul à Arab News. Les professionnels de la santé sont également contraints de faire sortir les nouvelles mères dans les trois heures, ce qui présente des risques supplémentaires. 

Les nouvelles mères sont généralement surveillées pendant au moins 24 heures, car la période post-partum est associée à diverses complications, notamment des hémorragies. Même avant la dernière flambée de violence à Gaza, «les deux principales causes de décès maternels étaient les hémorragies et le sepsis», a souligné Sahloul. 

«Le manque d'eau et d'assainissement les expose à un risque encore plus élevé d'infection et de sepsis. Les hôpitaux n'ont même pas de sang à transfuser à ces patientes si elles commencent à avoir des complications», a-t-il indiqué. 

Même s’ils survivent à l'épreuve de l'accouchement dans ces conditions, la mère et le bébé ne sont pas hors de danger. Le manque d'installations d'hygiène, d'aliments nutritifs, d'eau potable, d'espaces de sommeil sûrs et d'autres conforts et besoins de base menacent la santé et le développement. 

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Une manifestante tient une pancarte à La Haye en soutien aux enfants palestiniens. (Photo, Getty Images) 

Les carences en acides gras et en vitamines chez les mères allaitantes peuvent compromettre le système immunitaire des nouveau-nés, ce qui les expose à des risques de maladies transmissibles et à des problèmes de développement cognitif, a éclairci Sahloul. 

Fatema, une autre femme piégée à l'intérieur de Gaza, a eu recours à des vêtements propres pour gérer ses pertes car elle n'a pas accès à des serviettes hygiéniques. Embarrassée et ne disposant que d'une intimité limitée, elle a ensuite enterré ces vêtements, a-t-elle affirmé à ActionAid. 

Plus de 1,4 million de Palestiniens ont été déplacés depuis le 7 octobre, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Nombre d'entre eux ont installé des tentes de fortune devant les hôpitaux, tandis que d'autres se sont entassés dans les couloirs des écoles ou ont dormi en plein air. 

Sahloul, de MedGlobal, a averti qu'avec un accès limité à la nourriture et à l'eau, les femmes souffrant de malnutrition courent le risque d'un «accouchement prématuré», qui est également associé à la morbidité et à la mortalité fœtales et néonatales. 

Shalltoot, de Medical Aid for Palestinians (MAP), a mis en garde contre le fait que l'accès aux services obstétriques devenant de plus en plus difficile, «les décès maternels augmenteront, les complications liées au stress monteront en flèche et la malnutrition s'aggravera, affectant la survie de l'enfant». De plus, «sans carburant, les prématurés qui dépendent des soins néonatals sont confrontés à une crise qui met leur vie en danger». 

Elle a ajouté: «Les soins de maternité à l'hôpital Al-Awda sont en péril. Les médecins signalent une augmentation des naissances prématurées causées par les bombardements des habitations, une crise déchirante où les accouchements prématurés sont pratiqués alors que les mères sont à l'agonie.» 

Trois bébés prématurés sont morts mardi à l'hôpital Al-Shifa après que l'unité de soins intensifs néonatals a été mise hors service. La vie d'au moins 36 autres bébés est en danger en raison d'un manque d'électricité et de carburant pour les couveuses, selon le directeur de l'établissement. 

Les femmes et les enfants représentant plus de 70% des victimes, dont une femme sur quatre en âge de procréer, l'accès aux services de santé maternelle est essentiel, a souligné Shalltoot. 

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Des Palestiniens font la queue en attendant d'acheter du pain dans une boulangerie, dans un contexte de pénurie de denrées alimentaires et de carburant. (Photo, Reuters) 

«Gaza a un besoin urgent de soutien pour protéger la vie des mères et des nouveau-nés», a-t-elle insisté, ajoutant qu’«un cessez-le-feu est impératif pour les femmes enceintes et les nourrissons». 

Elle a poursuivi: «Sans un accès immédiat au carburant, à l'aide et aux experts médicaux, nous sommes confrontés à la menace imminente des maladies infectieuses. La famine de masse, les maladies mortelles et un système de santé en ruine sont imminents si une action rapide n'est pas entreprise.» 

«L'ouverture de plusieurs points de passage est essentielle afin d’éviter une chute libre de l'aide humanitaire. Notre appel est clair: agissez maintenant pour éviter une crise catastrophique», a averti Shalltoot. 

La MAP a livré une série d'articles, notamment des médicaments et des articles médicaux jetables qui peuvent être utilisés pour soutenir l'accouchement et le traitement des femmes et des bébés. «Avec notre partenaire à Gaza, Ard El Insan, nous avons distribué tous nos médicaments et produits alimentaires pour les enfants souffrant de malnutrition et leurs familles», a-t-elle ajouté. 

Save the Children et ActionAid ont également appelé à un cessez-le-feu immédiat et à l'ouverture d'un corridor d'aide humanitaire. 

«Pour que cela se produise, il est nécessaire de lancer un appel unifié et coordonné et de faire pression pour que le point de passage de Rafah soit ouvert et que les forces d'occupation israéliennes respectent le droit humanitaire international et permettent l'acheminement de l'aide et le sauvetage des civils», a expliqué Hussein-Sabbah, d'ActionAid. 

Au 14 novembre, au moins 11 320 Palestiniens ont été tués à Gaza, dont plus de 4 650 enfants et plus de 3 145 femmes, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas. Au total, 198 membres du personnel médical ont également trouvé la mort. 

Au début de ce mois, Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, a qualifié Gaza de «cimetière pour enfants» et de «crise de l'humanité». 

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Une mère couvre le visage de son enfant pour le protéger de la fumée alors que les Palestiniens quittent la partie nord de la bande de Gaza. (Photo, Getty Images) 

Dans un communiqué adressé à Arab News, Save the Children a déclaré: «Au cours de cette catastrophe humanitaire, les civils, en particulier les enfants, continuent de payer le plus lourd tribut à la violence actuelle.» 

«Des enfants sont tués à un rythme effréné, des familles entières sont rayées du registre et un nombre croissant de personnes, notamment des enfants, se retrouvent sans aucun membre survivant de leur famille», s’est désolée l’organisation humanitaire Save the Children. 

Les attaques contre les écoles et les hôpitaux sont considérées par les Nations unies comme «une violation grave à l'encontre des enfants et peuvent constituer des violations du droit humanitaire international», a précisé l’ONG. 

Appelant à la fin des «attaques continues et systématiques», Save the Children a soutenu que «les hôpitaux et les écoles ne peuvent pas être des champs de bataille, et les enfants ne peuvent pas être des cibles. Pourtant, à Gaza, ces trois éléments sont attaqués quotidiennement».

«Même en temps de guerre, les éléments fondamentaux de l'humanité doivent prévaloir», a-t-elle conclu. 

  

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Syrie accuse Israël de vouloir la «déstabiliser» après une incursion et des frappes meurtrières

 Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
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  • Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée
  • Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays

DAMAS: Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz,  dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.

"Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie", a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée.

Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.

Le ministère syrien a affirmé que l'aéroport avait été "presque entièrement détruit" et évoqué des "dizaines de blessés civils et militaires".

"Protectorat turc" 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l'aéroport de Hama.

Un correspondant de l'AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.

Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l'AFP.

En Israël, l'armée a affirmé avoir "frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d'autres infrastructures militaires dans la région de Damas".

Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l'AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d'établir des "positions militaires" en Syrie dont une "à l'intérieur de la base T4".

Lors d'une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie "un rôle négatif en Syrie" et "au Liban". "Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc", a-t-il dit.

Appels au combat 

A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l'incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l'ouest de Deraa, ayant suivi une "incursion israélienne" dans la région, "où les forces de l'occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément".

Selon l'OSDH, il s'agit d'habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l'avancée des troupes israéliennes.

L'armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été "éliminés" dans des frappes terrestres et aériennes.

"La présence d'armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l'Etat d'Israël", a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l'armée "ne permettrait pas l'existence d'une menace militaire en Syrie".

Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.

Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu'il qualifie de "jihadistes".

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février "la démilitarisation totale du sud de la Syrie" et affirmé qu'il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.

Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.


La Défense civile de Gaza fait état d'au moins 15 morts dans une frappe israélienne dans le nord

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
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  • L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.
  • "L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X

GAZA: La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré que les frappes avaient visé plusieurs maisons dans le quartier de Choujaiya, dans la ville de Gaza. "Il y a encore un certain nombre de personnes piégées sous les décombres", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.

"L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X.

"Vous devez évacuer ces zones immédiatement et vous rendre dans les abris connus dans l'ouest de la ville de Gaza", a-t-il ajouté.


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
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  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.