Israël n'a pas le droit «de tuer des civils palestiniens sans aucune limite», affirme Mahathir ben Mohamad

Mahathir ben Mohamad, ancien Premier ministre de la Malaisie. (Photo AN)
Mahathir ben Mohamad, ancien Premier ministre de la Malaisie. (Photo AN)
Short Url
Publié le Samedi 18 novembre 2023

Israël n'a pas le droit «de tuer des civils palestiniens sans aucune limite», affirme Mahathir ben Mohamad

  • L'homme d'État chevronné condamne «l'oppression humanitaire» exercée par Israël sur le peuple palestinien à Gaza
  • Il estime qu'Israël ne peut éviter une répétition du 7 octobre qu'en négociant avec le Hamas et en restituant les terres palestiniennes

RIYAD: L'assaut militaire israélien contre Gaza est une réponse disproportionnée et le conflit ne pourra être arrêté que par des négociations avec le Hamas et par une solution à deux États, selon Mahathir ben Mohamad, ancien Premier ministre de la Malaisie.

Cet homme d'État chevronné, qui a exercé ses fonctions de 1981 à 2003 et de 2018 à 2020, ce qui fait de lui le Premier ministre le plus ancien du pays, est depuis longtemps un fervent défenseur des droits nationaux des Palestiniens.

Comparé à la Nakba – ou «catastrophe» – de 1948, qui a abouti à la création de l'État d'Israël et à la dépossession de millions de Palestiniens, Mahathir estime que le conflit actuel à Gaza représente une menace encore plus grande et s'apparente davantage à une extermination.

«C'est pire que la précédente Nakba, car il ne s'agit pas d'une guerre. Il s'agit tout simplement d'une oppression humanitaire», a-t-il déclaré à Arab News.

«Les soldats ne se battent pas entre eux, ce sont des soldats israéliens qui tuent des civils. Ce n'est pas une guerre. C'est un désastre humanitaire.»

Israël a lancé son assaut militaire sur Gaza dans l'intention d'éliminer le Hamas après que le groupe militant palestinien a mené le 7 octobre une attaque sans précédent sur le sud d'Israël qui s'est soldée par la mort de 1 200 personnes, israéliennes et étrangères, et la prise de plus de 200 otages.

Les États-Unis et de nombreux autres gouvernements occidentaux ont exprimé à plusieurs reprises leur soutien au droit d'Israël à se défendre et ils ont largement soutenu l'objectif qui consiste à éliminer le Hamas, que Washington et de nombreux gouvernements européens considèrent comme une organisation terroriste.

«Israël a peut-être le droit de se défendre, mais pas au point de tuer des civils palestiniens sans aucune limite», a déclaré Mahathir.

«Ils ont déjà tué 12 000 personnes. Ils prétendent en avoir perdu 1 400, mais ils ont maintenant tué plus de 12 000 Palestiniens. Ce n'est pas ainsi que l'on assurera le bien-être d'Israël.»

Le soutien indéfectible de l'Occident à Israël a toutefois commencé à s'émousser, car le nombre de civils tués à Gaza continue d'augmenter, ce qui a suscité des appels de plus en plus nombreux en faveur d'un cessez-le-feu immédiat, de la mise en place de couloirs d'aide humanitaire et d'un règlement négocié du conflit israélo-palestinien qui dure depuis si longtemps.

Mahathir, qui était en fonction pendant le processus de paix de 1993-1999, lorsque l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dirigée par Yasser Arafat, s'est rapprochée de son objectif de créer un État palestinien indépendant, a déclaré que les violences du 7 octobre étaient inévitables, Israël n'ayant pas respecté ses engagements dans le cadre des accords successifs.

«Depuis soixante-dix ans, les Israéliens oppriment les Palestiniens, prennent leurs terres et y construisent des colonies», a estimé Mahathir.

«Les Palestiniens ont tenté de nombreux procédés, dont les négociations menées par Arafat. Pourtant, à chaque fois qu'ils ont essayé de résoudre le problème, les Israéliens ont manqué à leurs promesses. Par exemple, lorsqu’Arafat a finalement accepté que l'État d'Israël existe, qu'il y ait une solution à deux États, les Israéliens n'ont pas respecté leur engagement.»

malaisie
Noor Nugali, d'Arab News, s'entretient avec Mahathir ben Mohamad, le Premier ministre malaisien le plus ancien. (Photo AN)

«Alors, que peuvent faire les Palestiniens? Ils ont fini par recourir à la violence. Ils n'ont pas d'autre solution. Le monde ne les aide pas. Il n'y a pas de justice. L'attaque du 7 octobre s'explique donc par le fait qu'il n'y a pas d'autre moyen pour eux de récupérer leur terre. Ce n'est pas du terrorisme, c'est se battre pour libérer son propre pays.»

Mahathir doute qu’Israël ait jamais réellement envisagé la possibilité d'un État palestinien indépendant basé sur les lignes de 1967 et qui aurait Jérusalem-Est pour capitale.

Il pense au contraire qu'Israël veut déposséder les Palestiniens de toutes les terres qui leur restent à l'ouest du Jourdain, et va jusqu'à accuser le gouvernement actuel d'orchestrer une campagne de tentative d'extermination.

«Ce qu'ils veulent, en réalité, si l'on en croit ce qu'ils font à Gaza, c'est débarrasser le monde de tous les Palestiniens. C'est leur solution finale», a prétendu Mahathir.

«Ils ont appris cela des nazis allemands. La solution nazie au problème juif consistait à tuer tous les Juifs. Aujourd'hui, il semble qu'Israël adopte la même stratégie en voulant éliminer tous les Palestiniens au Moyen-Orient.»

La «solution finale» fait référence à l'assassinat de 6 millions de Juifs par les nazis, principalement dans des camps de la mort construits à cet effet, entre 1941 et 1945.

Le week-end dernier, l'Arabie saoudite a accueilli à Riyad un sommet conjoint extraordinaire de la Ligue arabe et de l'Organisation de la coopération islamique au cours duquel les dirigeants ont exigé un cessez-le-feu immédiat à Gaza et rejeté la justification par Israël de ses actions comme étant de l'autodéfense.

Ils ont exhorté la Cour pénale internationale à enquêter sur les «crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par Israël» dans les territoires palestiniens, selon le communiqué final du sommet.

Ils ont également demandé la fin du siège de Gaza, l'accès à l'aide humanitaire ainsi que l'arrêt des ventes d'armes à Israël et ont appelé le Conseil de sécurité des nations unies à prendre des mesures.

«Demander aux Israéliens d'arrêter la guerre ne sert pas à grand-chose, car tout le monde le réclame», a expliqué Mahathir. «Mais les pays islamiques peuvent exiger de l'ONU que tous les soldats de la paix soient envoyés à Gaza afin qu'ils puissent veiller au bien-être et à la sécurité de la population gazaouie.

«Aujourd'hui, les habitants de Gaza n'ont aucune défense. Ils sont tués presque comme s'ils n'étaient pas humains. Et c'est ce que fait Israël. Il ne suffit pas de demander à Israël d'arrêter de tuer. Israël ne s'arrêtera pas de tuer.»

«Cependant, je pense qu'ils devraient au moins envoyer des soldats de la paix. Ils devraient fournir de la nourriture, des médicaments, de l'eau et tout le reste pour répondre aux besoins de la population de Gaza. Et ils devraient être là, en tant que soldats de la paix, pour mettre fin à ce massacre injuste d'innocents par l'armée israélienne.»

«Israël ne se contente pas de tuer. Il a coupé l'eau, l'électricité, les vivres et l'aide humanitaire depuis près d'un mois. Et ils disent qu'ils veulent éliminer le Hamas, qu'ils veulent éradiquer ce groupe terroriste, le Hamas.»

Mahathir ne croit pas que le Hamas puisse être vaincu par la seule force des armes. Il estime au contraire qu'Israël et ses alliés devront négocier avec le groupe s'ils espèrent mettre fin au cycle de violence qui a conduit aux attentats du 7 octobre.

«Si vous voulez éliminer le Hamas, négociez avec lui», a-t-il affirmé. «Rendez les terres qui appartiennent aux Palestiniens qui sont prêts à reconnaître l'existence d'Israël. Ce n'était pas le cas auparavant, mais maintenant ils acceptent l'existence d'Israël.»

«Israël doit rendre les terres qui appartiennent aux Palestiniens et cela doit se faire par la négociation, pas par les armes. Tuer n'est pas civilisé. Oui, nous avons entendu de nombreux responsables dire que le dialogue devrait être ouvert. Il devrait y avoir davantage de débats. Une négociation devrait également avoir lieu. Mais Israël dit qu'il avait besoin d'une réponse proportionnée à ce qui lui est arrivé.»

En attendant, Mahathir estime que les pays arabes et islamiques de la région devraient offrir l'asile aux femmes et aux enfants palestiniens, tandis que les hommes resteraient sur place pour empêcher une occupation israélienne permanente.

«Si les Israéliens continuent de tuer les Palestiniens, nous devrions offrir l'asile au moins aux femmes et aux enfants», a-t-il indiqué. «Les hommes devraient rester à Gaza, sinon les Israéliens l’occuperont. Les hommes resteraient donc sur place et il faudrait leur donner les moyens de se défendre.»

«Pour l'instant, ils ne peuvent pas se défendre. Ils n'ont pas d'armes et se font tuer. On ne sait pas s'il s'agit de membres du Hamas ou non. Israël tue des gens en disant qu'il veut se débarrasser du Hamas. Mais les gens, les bébés qui ont été tués, sont-ils du Hamas? Comment peut-on justifier le fait de tuer des gens?»

Mahathir a créé l'Initiative de Kuala Lumpur pour criminaliser la guerre en 2015, ainsi que la Commission de Kuala Lumpur sur les crimes de guerre, dont le but est d’enquêter sur les activités des États-Unis, d'Israël et de leurs alliés en Irak, au Liban et dans les territoires palestiniens.

Il a également accusé l'Occident d'augmenter la probabilité d'une troisième guerre mondiale en raison de son intervention dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine. Selon lui, le problème réside en partie dans l'absence de valeurs morales chez les dirigeants mondiaux actuels.

 

«Certains dirigeants mondiaux n'ont aucune conscience», a ajouté Mahathir. «Les leaders de ce monde sont de très piètre qualité. Le fait que le président des États-Unis approuve le massacre des Palestiniens témoigne de la médiocrité des gouvernants.»

«Un dirigeant devrait toujours s'efforcer de faire les bons choix et de corriger les injustices, en s'appuyant sur l'État de droit. Mais aujourd'hui, le président américain, le Premier ministre britannique et de nombreux autres dirigeants européens ont un très mauvais sens du leadership. Ils n'ont aucune conscience, aucune valeur morale. Ils préfèrent que des guerres soient menées et ils se moquent bien qu'il n'y ait pas de justice, que les lois soient enfreintes.»

À l'heure où les crimes de haine islamophobes et antisémites semblent se multiplier dans le monde entier en réaction à la crise actuelle au Moyen-Orient, la Malaisie est parvenue à maintenir une certaine harmonie au sein de sa population diversifiée, composée d'une majorité de musulmans malais, de bouddhistes, de Chinois chrétiens et de Tamouls, principalement hindous.

«La Malaisie est un pays pluriethnique et multiconfessionnel», a souligné Mahathir. «Nous avons des croyances et des cultures différentes, mais chacun d'entre nous accepte de se tolérer mutuellement.»

«Bien sûr, nous sommes différents. Nous ne pouvons pas être les mêmes. Si Dieu veut que nous soyons les mêmes, nous serons tous musulmans. Mais il y a des gens qui ne sont pas musulmans, et les musulmans doivent tolérer les non-musulmans. Cela fait partie des enseignements de l'islam.»

«Nous adhérons donc aux enseignements de l'islam et nous vivons ensemble. Ils ont leur propre façon de faire, nous avons la nôtre et nous tolérons la leur, par exemple.»

Mahathir a estimé qu’ils y étaient parvenus grâce à la reconnaissance généralisée du fait que le recours à la violence ne peut que nuire à la nation et à son peuple. C'est une leçon que, selon lui, les autres pays devraient retenir.

«Si nous avons recours à la confrontation, à la violence, nous détruirons le pays. Au bout du compte, tout le monde est perdant», a-t-il confié. «Tout le monde en Malaisie comprend que si l'on se bat, c'est tout le pays qui sera détruit. Tout le monde va souffrir.»

«Oui, nous avons nos différences. Nous pouvons régler nos différends autour d'une table, pas en nous battant les uns contre les autres. Lorsque vous vous faites la guerre, vous tuez des gens et vous détruisez le pays. En fin de compte, même si vous gagnez, le pays est anéanti. Bien sûr, si vous perdez, vous devrez aussi faire face à un pays qui, finalement, n'est plus stable.»

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


L'Iran exige pour rouvrir Ormuz que les Etats-Unis acceptent "toutes" ses conditions

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. (Photo d’archives/AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. (Photo d’archives/AFP)
Short Url
  • L’Iran maintient le détroit d’Ormuz fermé et exige la fin de la guerre, la levée du blocus et des sanctions, ainsi que des compensations avant toute réouverture
  • Malgré des échanges indirects avec Washington, les négociations restent bloquées, tandis que les tensions régionales s’intensifient avec la reprise des attaques des Houthis au Yémen

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, enjeu majeur de la guerre au Moyen-Orient, restera verrouillé tant que Washington n'acceptera pas "toutes" les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution, éloignant l'espoir d'un règlement rapide du conflit.

Minimisant ces exigences, le président Donald Trump a déclaré dans une interview au média Axios que les Etats-Unis restaient "discrets" et se contentaient "d'observer l'Iran avec son inflation galopante", une économie en "très mauvais état" et le risque selon lui de ne plus pouvoir payer ses troupes.

Les Etats-Unis imposent depuis juillet un blocus des ports iraniens qui, selon lui, aggrave la crise économique en Iran.

"Ça va s'arranger. Ça finit toujours par s'arranger", a estimé le président, qui a multiplié les déclarations contradictoires sur le conflit. "C'est comme une partie d'échecs", a-t-il estimé.

Au coeur des hostilités: le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran, que le puissant corps des Gardiens de la Révolution ont affirmé considéré comme "un théâtre de guerre et plus seulement (comme) une voie maritime".

"Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu'à ce que l'ennemi accepte toutes nos conditions", ont-ils dit.

Loin devant le nucléaire et les missiles iraniens avancés fin février pour justifier l'offensive américano-israélienne, la réouverture de ce passage vital pour le commerce mondial d'hydrocarbures est désormais la priorité n°1 de Donald Trump. Ces derniers jours encore, il n'a cessé de promettre que les discussions allaient bon train et que son déblocage était imminent.

Mais les conditions listées samedi par Téhéran pourraient mener au bras de fer: les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Nombre de ces dispositions figuraient déjà dans le protocole d'accord irano-américain signé en juin, qui devait ouvrir la voie à des négociations plus larges et avait permis une brève réouverture d'Ormuz couplée d'un reflux des prix du pétrole - avant que le processus ne déraille.

Alors que des divergences avec les Etats-Unis ont émergé au fil du conflit, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui insisté dimanche sur le volet nucléaire, redisant qu'"avec ou sans accord", l'ennemi iranien "n'aurait pas d'armes nucléaires".

- "Semi-négociations" -

Tout en réfutant la tenue de négociations avec Washington - dont le président américain s'est plusieurs fois prévalu - le chef de la diplomatie iranienne a fait état dimanche d'"un échange de messages à travers des intermédiaires".

"Ca ne s'appelle pas une négociation. Ca s'appelle échanger des messages", a argué Abbas Araghchi. Il a exclu de renouer le dialogue "tant que les violations américaines" du protocole d'accord ne cessaient pas.

L'Iran affirme ne dialoguer qu'avec Oman, l'autre pays riverain du détroit d'Omuz, pour tracer un futur itinéraire de passage. Ces discussions en sont toujours à leur "phase finale", a redit M. Araghchi.

"Nous ne faisons que des semi-négociations avec eux", a lancé Donald Trump, auprès d'Axios.

Téhéran refuse de revenir à la situation d'avant-guerre et entend imposer des frais de service à Ormuz, contre l'avis de Washington.

- Pause dans les bombardements -

Les bombardements américains ont cessé depuis plus d'une semaine, mais Donald Trump avait conditionné cette suspension à la conclusion d'un accord rapide.

Sur le front de guerre le plus récent, les Houthis du Yémen ont revendiqué dimanche une frappe de drone sur la raffinerie du géant pétrolier saoudien Aramco, sur la mer Rouge.

Ryad, qui soutient le gouvernement yéménite face aux rebelles, a annoncé qu'un incendie, dont il n'a pas précisé la cause, avait été maîtrisé sur le site.

Les Houthis ont aussi tiré des missiles balistiques et des drones sur des "troupes de l'ennemi saoudien et des dépôts d'armes dans la zone de Mokha", ville portuaire yéménite plus au sud, faisant selon une source médicale au moins 11 morts, civils et militaires.

Après quatre ans d'accalmie, les hostilités ont repris en juillet, marquant une nouvelle étape de l'embrasement régional consécutif à la guerre irano-américaine.

Les Houthis avaient alors annoncé un blocus des navires saoudiens en mer Rouge, devenue un passage essentiel pour le transport d'hydrocarbures depuis qu'Ormuz est paralysé. Ils ont aussi frappé à plusieurs reprises le royaume, pour la première fois depuis une trêve négociée en 2022.

L'Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis et déjà ciblée par l'Iran pendant la guerre, a signé vendredi avec le Pakistan et la Turquie un pacte de défense mutuelle.


Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz pour ses centres de données

Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
Short Url
  • Amazon construit au Texas une centrale à gaz de 7,65 GW dédiée à ses centres de données, avec une autorisation d’émettre plus de 30 millions de tonnes de GES par an
  • Le projet illustre l’explosion des besoins énergétiques liés à l’IA, tout en soulevant de fortes inquiétudes environnementales et sanitaires malgré les engagements climatiques d’Amazon

WASHINGTON: Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz qui pourrait devenir la plus importante source d'émission de gaz à effet de serre des Etats-Unis, a confirmé vendredi le géant technologique américain.

Le projet, nommé GW Ranch, est destiné à alimenter en électricité d'immenses centres de données et ne sera pas connecté au réseau électrique, une solution de plus en plus utilisée par les géants de la tech pour satisfaire à la hâte l'énergie requise par le boom lié à l'IA.

Le projet prévoit 35 turbines pour une capacité totale de 7,65 gigawatts, selon des permis, plus de quatre fois la puissance du réacteur nucléaire EPR de Flamanville en France, et plus que n'importe quelle centrale à gaz actuellement en activité aux Etats-Unis.

La centrale a l'autorisation d'émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, plus que n'importe quelle autre infrastructure dans le pays.

A l'aide d'images satellites, le cabinet spécialisé du secteur Cleanview a fait le lien entre ce projet de centrale et trois permis de centres de données déposés cette semaine par Amazon dans cette zone aride du Texas, près de la frontière mexicaine.

Un porte-parole du géant américain a confirmé l'information, en insistant: "Amazon tient à payer intégralement le coût réel de l'alimentation de nos opérations."

"C'est exactement ce que fait notre nouveau projet de centres de données dans le comté de Pecos: il sera alimenté par une centrale dédiée qui n'augmentera pas les prix de l'électricité pour les foyers texans", a-t-il ajouté, sur fond d'inquiétude politique sur une hausse des factures.

L'entreprise affirme qu'elle "explore les possibilités" d'ajouter de l'énergie solaire au site et qu'elle utilisera de l'eau non-potable pour éviter de siphonner le réseau local. Le géant américain affirme aussi maintenir son objectif de bilan carbone neutre d'ici à 2040.

La soif d'électricité des centres de données est telle que, depuis quelques années, de plus en plus d'infrastructures installent, directement près de leurs serveurs, des centrales dédiées et hors-réseau, comme d'immenses groupes électrogènes.

Si elles sont moins polluantes que les centrales à charbon, celles à gaz restent des sources importantes d'émissions responsables du réchauffement climatique, d'autant plus que la production de gaz naturel provoque des fuites de méthane, un gaz au très puissant effet de serre.

Ces centrales émettent aussi des gaz toxiques et des particules fines qui peuvent représenter des dangers pour la santé.


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Short Url
  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.