L’immigration, soutien essentiel d’une France vieillissante

Ekrame Boubtane, maître de conférence à l'Université Clermont-Auvergne, économiste et spécialiste des migrations. (Photo fournie).
Ekrame Boubtane, maître de conférence à l'Université Clermont-Auvergne, économiste et spécialiste des migrations. (Photo fournie).
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Publié le Mardi 21 novembre 2023

L’immigration, soutien essentiel d’une France vieillissante

  • Les spécialistes et les démographes le confirment: l’immigration est indispensable au fonctionnement d’une société vieillissante
  • «On observe que l’immigration contribue à maintenir une dynamique dans la vie active et participe au financement des dépenses de protection sociale orientée vers les personnes âgées»

PARIS: Intitulée «Démographie en France: conséquences pour l'action publique de demain», https://www.institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/eclairage-demographie-en-france_0.pdfla note publiée par l’Institut Montaigne à la fin du mois d’août 2023 révèle que l’immigration aura une importance capitale pour la démographie française dans les années à venir et qu’elle deviendra de plus en plus incontournable pour son économie.

«Le vieillissement de la population prend depuis quelques années une trajectoire ascendante alors que le taux de natalité des Français est en berne. Cette double dynamique a un impact direct sur la richesse nationale produite, les comptes sociaux, l’emploi et les salaires dans notre pays», écrit Bruno Tertrais, expert en géopolitique, relations internationales et démographie, auteur de la note de l’Institut Montaigne.

Un faible taux d’emploi pour la population immigrée

Selon l’auteur de la note, la population immigrée, dont une grande partie est moins diplômée, est mal insérée dans le marché de l’emploi. «La France se singularise par une immigration plutôt moins qualifiée, en moyenne, que celle des autres pays industrialisés, ce qui contribue à élever le taux du chômage», affirme M. Tertrais. Selon la même source, le taux d’employabilité au sein de la population immigrée est de 10 points inférieurs à celui des personnes non issues de l’immigration en France.

Les spécialistes et les démographes le confirment: l’immigration est indispensable au fonctionnement d’une société vieillissante. Selon Bruno Tertrais, le renouvellement de la force de travail, en France, est lié à l’apport de l’immigration. «Du fait de la chute de la fécondité, l'économie française va manquer de bras et de cerveaux», écrit-il, en précisant que «pour assurer la stabilisation du ratio entre la population active et la population de plus de 65 ans, il faudrait une immigration massive, évaluée à 2 millions de personnes, entre 2025 et 2050».

 

EN BREF

 

Pour rappel, selon les données de l’Insee, la France comptait, en 2022, 7 millions d’immigrés (soit 10,3% de sa population), dont 64% d’étrangers (4,5 millions) et 35% de Français par acquisition (2,5 millions). (Source immigrés et descendants d’immigrés, Insee, mars 2023)

Dans une interview accordée à Arab News en français, Ekrame Boubtane, économiste, maître de conférences en sciences économiques à l’université Clermont-Auvergne, et spécialiste des questions liées aux migrations internationales, explique, elle aussi, que «l’immigration est importante dans la démographie française».

Évoquant les études qui révèlent le vieillissement de la population et la baisse de la population en âge de travailler en France, comme en Europe, l’universitaire affirme que «l’immigration est essentielle pour l’économie française, car elle permet de ralentir et d’atténuer les tendances du vieillissement de la population et la diminution de la population en âge de travailler». Selon elle, «la contribution des immigrés passe principalement par l’intégration de ces derniers dans le marché du travail» qu’elle considère comme «complémentaire à celle des nationaux». Mme Boubtane rappelle que «contrairement à ce qui est dit, leur contribution par le travail est plus importante que la part des dépenses publiques dont ils bénéficient».

Une dynamique dans la vie active

«On observe que l’immigration contribue à maintenir une dynamique dans la vie active et participe au financement des dépenses de protection sociale orientée vers les personnes âgées», souligne Ekrame Boubtane. «Ce rôle va se renforcer dans les années à venir, même si on part de l’hypothèse qu’il n’y aura pas d’augmentation dans notre politique d’immigration.»

Quant à «la nécessité d’une immigration massive» comme le mentionne la note de l’Institut Montaigne, l’économiste est plus mitigée. «Je ne suis pas d’accord avec cela, car nous ne savons pas quelle sera l’économie de demain. C’est très incertain. Il est très difficile de faire des projections sur les besoins de l’économie sur des horizons aussi lointains. La démographie est plus facile à prévoir. Le chiffrage dépendra d’autres paramètres, d’autres variables que nous aurons à retenir et qui influenceraient les besoins», conclut-elle.


Ormuz: la France va prendre «une initiative» à l'ONU sur sa proposition de mission «neutre», dit Macron

La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
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  • La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique"
  • "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran"

NAIROBI: La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale.

"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Il a déploré "une escalade dans les déclarations" côtés américain et iranien.

 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.