Israël-Hamas: «Le risque de résurgence des actes antisémites existe» en France

Un enfant palestinien regarde la fumée s'élever à l'horizon après une frappe aérienne israélienne dans la ville de Gaza, le 13 octobre 2023. (Photo, AFP)
Un enfant palestinien regarde la fumée s'élever à l'horizon après une frappe aérienne israélienne dans la ville de Gaza, le 13 octobre 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 13 octobre 2023

Israël-Hamas: «Le risque de résurgence des actes antisémites existe» en France

  • "Le conflit israélo-palestinien est le seul qui engendre la mobilisation de dizaines de milliers de personnes dans la rue en France"
  • Il y a aujourd'hui des groupuscules qui soutiennent le Hamas, mais ils sont marginaux au sein de la mouvance pro- palestinienne

PARIS: "Le risque de résurgence des actes antisémites existe" en France en écho à la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, estime le chercheur Marc Hecker, qui souligne que ces faits augmentent sur le sol français à chaque poussée de fièvre du conflit au Proche-Orient.

Pour ce directeur de recherche à l'Institut français des relations internationales (Ifri), auteur du livre "Intifada française ? De l'importation du conflit israélo-palestinien" (2012), les actes antisémites - une centaine depuis l'attaque d'Israël samedi par le Hamas -, "ne sont souvent pas le fait de membres d'associations" pro-palestiniennes.

Comment, historiquement, le conflit au Proche-Orient a-t-il trouvé un écho sur le sol français ?

Le conflit israélo-palestinien est le seul qui engendre la mobilisation de dizaines de milliers de personnes dans la rue en France. La politique française était tendanciellement favorable à Israël de la création de cet État en 1948 jusqu'à la Guerre de Six jours en 1967. En réalité, les choses ont commencé à changer dès la fin de la Guerre d'Algérie, en 1962. La France a alors renoué progressivement avec les pays arabes et les liens avec Israël en ont pâti. Après la Guerre des Six Jours, on a commencé à avoir des mobilisations de soutien à la cause palestinienne qui se sont structurées autour de plusieurs blocs : les réseaux arabes, la sphère gaulliste avec l'Association de solidarité franco-arabe, les milieux catholiques de gauche, et l'extrême gauche anti-impérialiste.

Plus tard, des activistes islamistes se sont joints à la mobilisation. Il y a aujourd'hui des groupuscules qui soutiennent le Hamas, mais ils sont marginaux au sein de la mouvance pro- palestinienne. Dans le conflit actuel, les associations pro-palestiniennes +consensuelles+ semblent gênées: elles ne condamnent pas explicitement le Hamas, mais elles ne le soutiennent pas non plus".
 

Peut-on parler d'une importation du conflit en France ?

De la fin des années 1960 à la première Intifada (soulèvement palestinien dans les années 1980, NDLR), on était dans une phase d'exportation du conflit: des acteurs venaient du Proche-Orient pour commettre des violences, sous la forme d'attentats visant les intérêts israéliens ou d'assassinats de représentants palestiniens en France.

Au moment de la deuxième Intifada dans les années 2000, on est passé à une phase d'importation du conflit. Les violences étaient alors commises par des Français et ont surtout pris la forme d'actes antisémites: on en comptait alors plus de 900 par an. Cela se traduisait par des attaques contre des bâtiments communautaires, des jets de cocktails Molotov contre des synagogues, des agressions contre des personnes. Il y a eu ensuite de nouveaux pics en 2009 (832 actes) et 2014 (851), au moment des poussées de fièvre du conflit au Proche-Orient (lors des opérations militaires "Plomb durci" et "Bordure protectrice" menées par l'armée israélienne dans la bande de Gaza, NDLR). En juillet 2014, des incidents ont eu lieu devant la synagogue de la rue de la Roquette à Paris puis des violences urbaines à Sarcelles en marge d'une manifestation.

Les actes violents ne sont souvent pas le fait de membres d'associations. La cause palestinienne a en effet des résonances au-delà de la sphère militante traditionnelle.

Faut-il craindre une nouvelle augmentation des actes antisémites en France ?

Le risque de résurgence des actes antisémites existe. Le ministère de l'Intérieur a déjà communiqué des chiffres montrant une hausse depuis le 7 octobre. Pour l'heure, on n'a pas vu d'incidents graves comme lors de précédents conflits. Il faut dire que la configuration est différente: le début de cette nouvelle flambée de violence est une attaque terroriste de grande ampleur du Hamas. Israël apparaît pour le moment comme l'agressé, alors qu'en 2009 et 2014, l'ampleur des bombardements à Gaza et des pertes civiles palestiniennes donnaient à Israël l'image de l'agresseur.

Il faut maintenant voir comment le conflit va évoluer. Par ailleurs, il y a aussi un risque terroriste qui, même s'il n'est pas avéré pour le moment, doit être pris en compte. Rappelons- nous qu'en 2012, Mohamed Merah avait attaqué une école juive à Toulouse en expliquant notamment vouloir +venger la mort d'enfants palestiniens+.


Les fortes chaleurs s'étendent, la sécheresse au cœur des préoccupations

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
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  • Canicule : 78 départements en vigilance orange, avec jusqu’à 39 °C. La chaleur devrait durer jusqu’au week-end
  • Sécheresse : 94 % de la population est concernée par des restrictions d’eau, avec des sols et cours d’eau à des niveaux critiques

PARIS: Les chaleurs caniculaires continuent de gagner du terrain mercredi, s'étendant à quasiment toute la France, tandis que le gouvernement tente de trouver des solutions à la sécheresse dramatique qui frappe le pays.

Pas moins de 78 départements de la métropole, du sud à l'ouest en passant par la Normandie, l'Ile-de-France et jusqu'aux Vosges, sont placés en vigilance orange canicule.

"Les maximales sont de l'ordre de 36°C à 39°C sur les départements placés en vigilance orange", indique Météo-France dans son bulletin de 06H00. Seule une portion du nord-est et quelques zones en altitude seront épargnées.

Au total en Europe, au moins 92 millions de personnes devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée mercredi, dont 30 millions en France, selon les calculs de l'AFP.

Mercredi soir, le ciel sera majoritairement dégagé, offrant des conditions parfaites pour observer la première éclipse solaire totale visible en Europe depuis 1999. Mais, en plus des lunettes de protection, il faudra prévoir casquettes et bouteilles d'eau.

Vers 20H00, lorsque le soleil sera momentanément obscurci par la lune, le thermomètre devrait encore afficher des valeurs "très élevées sur de nombreuses régions, en particulier à l'Ouest, souvent comprises entre 30 et 35°C, entre 25 et 28°C le long de la Manche", indique le prévisionniste national.

Jeudi, le nombre de départements français en vigilance orange canicule passera à 80 et l'intégralité des départements restants du territoire métropolitain sera en vigilance jaune canicule.

- "Fenêtres fermées" -

Dans la journée, les conditions seront encore rudes, notamment pour certains travailleurs.

"Les fours tournent à plein régime jusqu'à 12 heures ou 13 heures donc (...) on garde la chaleur", explique Eléonore, 23 ans, une boulangère de Rennes qui a souhaité garder l'anonymat, et qui ne dispose que d'un ventilateur pour se rafraichir.

Dans la boucherie d'Erwan Créach ou dans les bus de la capitale bretonne, "pas le choix", c'est climatisation obligatoire pour préserver la viande et le moteur des véhicules.

"Je fais quasiment des pauses toutes les heures et demi pour (...)  éviter que le bus ne tombe en panne. Ça me permet de m'hydrater aussi", explique Jean-Pierre, chauffeur, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Mais cette répétition épuise moralement. "A nouveau, on vit fenêtres fermées, dans le noir, et on ne peut même pas aérer la nuit tellement il fait chaud", constate, dépité, Romain Vandepitterie, un entrepreneur bordelais qui travaille chez lui.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet, qui avait d'abord principalement concerné le sud du pays.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.

Avec comme corollaire, une qualité de l'air qui se dégrade. Jeudi, la pollution à l'ozone devrait dépasser le seuil d'information-recommandation sur l'Ile de France, avertit Air Parif.

Le répit n'est pas attendu avant le weekend.

- Restrictions d'eau -

Autre conséquence du thermomètre en surchauffe et du manque de pluie, la sécheresse en France ne cesse d'empirer.

Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, selon Météo-France et l'Office français de la biodiversité (OFB).

Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94% de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP, alors que près des deux tiers des nappes phréatiques, principales réserves d'eau du pays, présentent des niveaux sous les normales.

Face à cette crise, le gouvernement réunit mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) ainsi que les préfectures de régions. Au menu: un état des lieux de la sécheresse et de ses conséquences, ainsi qu'un partage de retours d'expériences sur les mesures permettant de renforcer l'anticipation et la résilience des territoires.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi missionné mercredi quatre députés et trois sénateurs pour proposer de nouvelles mesures contre les feux de forêt, favorisés par le réchauffement climatique et la sécheresse.


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.