En Lorraine, des bénéficiaires du RSA luttent contre le «non-recours» aux prestations sociales

Des travailleurs sociaux aident les habitants à résoudre leurs problèmes administratifs à Béziers, dans le sud de la France, le 8 février 2022. (Photo Pascal Guyot AFP)
Des travailleurs sociaux aident les habitants à résoudre leurs problèmes administratifs à Béziers, dans le sud de la France, le 8 février 2022. (Photo Pascal Guyot AFP)
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Publié le Vendredi 29 septembre 2023

En Lorraine, des bénéficiaires du RSA luttent contre le «non-recours» aux prestations sociales

  • Concrètement, des professionnels, citoyens bénévoles et membres du tissu associatif mèneront des opérations «d'aller vers» les personnes qui n'ont pas effectué la demande de prestations sociales auxquelles elles ont droit
  • L'expérimentation concerne pour le moment des quartiers de cinq communes limitrophes de Nancy, qui ne sont pas les quartiers prioritaires de la Ville, mais vise, par la suite, à s'élargir à l'ensemble du département

ESSEY-LÈS-NANCY, France : Mêler la connaissance professionnelle à «l'expérience du vécu»: en Meurthe-et-Moselle, des travailleurs sociaux et des bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) se forment mutuellement pour mettre en place un «plan d'action» contre le non-recours aux prestations sociales.

Concrètement, des professionnels, citoyens bénévoles et membres du tissu associatif mèneront des opérations «d'aller vers» les personnes qui n'ont pas effectué la demande de prestations sociales auxquelles elles ont droit, comme le RSA, les allocations logement ou le minimum vieillesse.

A l'échelle nationale, on estime entre 30 et 40% le taux de non-recours au RSA, et même à 50% celui du minimum vieillesse.

De premiers ateliers ont débuté mardi et seront poursuivis par une coformation d'environ un mois entre des professionnels du social et des citoyens volontaires, avant de débuter, en «novembre ou décembre», l'expérimentation de l'opération «Territoire zéro non-recours» pour laquelle la Meurthe-et-Moselle a été retenue pour une durée de trois ans.

Pour le premier temps d'échange, organisé au Centre social Jéricho de Saint-Max, trois groupes (deux de professionnels du social, et un d'habitants et bénéficiaires du RSA) ont réfléchi séparément sur trois questions, pour définir le «non-recours», en expliquer les raisons et imaginer comment y mettre fin.

Lors de la restitution, Moussa, qui n'a pas donné son nom de famille, un allocataire du RSA engagé dans le projet, s'est dit «étonné de voir les points communs» entre les réponses des pros et celles des bénéficiaires, qui connaissent les freins et obstacles pour demander ces prestations.

- «Honte», «peur» -

Selon lui, ce travail est nécessaire, d'autant que les personnes du milieu «sont parfois le réceptacle des frustrations, des colères, des revendications» des demandeurs ou bénéficiaires des prestations sociales.

Mais même si les travailleurs sociaux sont investis, «font bien leur métier», ils peuvent «subir les discours politiques culpabilisant» les bénéficiaires.

Ils n'ont, par ailleurs, pas tous «l'expérience du vécu» de ces habitants, souligne Stéphane, qui n'a pas donné son nom de famille, allocataire du RSA qui est également le président du Conseil consultatif des bénéficiaires du RSA dans le département.

Engagé sur la base du volontariat dans le dispositif, il veut «témoigner» et «accompagner». Il explique que demander ces prestations sociales est une épreuve difficile, où beaucoup ont «peur». «Peur d'être jugé, stigmatisé», et finissent par «ne plus avoir envie de rien», de s'isoler, d'autant plus après le Covid-19. «Le frein, parfois, c'est la honte», souffle-t-il.

Outre les procédures, «entièrement dématérialisées», qui peuvent être complexes, Stéphane dit avoir eu, lors de sa demande, à «(se) justifier». «Parler de soi, de son vécu, ça peut être très compliqué».

Il souhaite donc, avec l'appui des travailleurs sociaux et d'associations, pouvoir «parler entre pairs», avec des personnes pouvant rencontrer les mêmes difficultés que lui auparavant, «sans jugement».

- Identifier la pauvreté -

L'expérimentation concerne pour le moment des quartiers de cinq communes limitrophes de Nancy, qui ne sont pas les quartiers prioritaires de la Ville, mais vise, par la suite, à s'élargir à l'ensemble du département.

Dans ces quartiers, «la pauvreté existe», mais de manière «parfois plus diffuse», avec «moins de grandes associations visibles», a soulevé le maire de Nancy et président de la métropole, Mathieu Klein. Quelque 22.000 personnes sont bénéficiaires du RSA en Meurthe-et-Moselle.

Ce sont «beaucoup de familles monoparentales qui sont concernées», avec «une très grande majorité de femmes», indique par ailleurs la présidente du département, Chaynesse Khirouni.

Au total, 39 collectivités ont été retenues par l'Etat pour expérimenter le dispositif, dont deux départements. Cette démarche s'inscrit dans le cadre du vaste chantier de la «solidarité à la source», par lequel l'exécutif entend lutter contre le non-recours. Une enveloppe de 18 millions d'euros est prévue pour soutenir le dispositif.

Les premières sessions d'«aller vers» pourraient se faire via «du porte à porte, sur les marchés, dans les épiceries solidaires», imagine Mme Khirouni. Mais «rien n'est figé» dans cette expérimentation.


Liban: Macron appelle Israël à "renoncer à une offensive terrestre"

Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a appelé Israël à renoncer clairement à une offensive terrestre au Liban et le Hezbollah à cesser immédiatement ses attaques
  • La France soutient les efforts du Liban pour rétablir le contrôle total de l’État, tandis que la Syrie affirme désormais appuyer la souveraineté libanaise

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi soir Israël à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

"Le Hezbollah a commis une faute majeure en forçant le Liban à l’affrontement avec Israël. Il doit immédiatement mettre fin à ses attaques. De son côté, Israël doit clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban", a-t-il affirmé dans une publication sur le réseau social X.

Israël poursuit ses attaques visant le Hezbollah au Liban, entraîné le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le mouvement pro-iranien a lancé une attaque sur Israël.

L'agence officielle Ani a fait état de nouvelles frappes mercredi soir dans le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, tandis que des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud.

Emmanuel Macron a également indiqué s'être entretenu avec son homologue syrien Ahmad al-Chareh, dont il assure qu'il "soutient les efforts des autorités libanaises pour restaurer le contrôle plein et entier de l’Etat sur leur territoire".

"Son soutien à la souveraineté libanaise marque une rupture nette avec le passé. C’est le gage de relations saines et constructives entre le Liban et la Syrie", a-t-il déclaré.

Les forces d'Ahmad al-Chareh, dont le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qu'il dirigeait et a depuis dissous, ont renversé en décembre 2024 l'ancien dirigeant syrien Bachar al-Assad, que le Hezbollah soutenait militairement.

Les présidents libanais et syrien ont convenu mardi de mieux "contrôler" leur frontière commune, au lendemain d'un incident, a annoncé Beyrouth.

Damas avait dénoncé dans la nuit précédente des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, en pleine guerre entre Israël et le mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran.


Liban: la France triple son soutien humanitaire et envoie 60 tonnes d'aide

Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
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  • "Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes"
  • Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français

PARIS: La France s'apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d'aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française

"Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile", a déclaré Jean-Noël Barrot sur TF1.

Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français, selon lui.

Paris s'apprête par ailleurs à fournir "plusieurs dizaines" de véhicules de l'avant-blindé (VAB) aux forces armées libanaises, "dont nous considérons qu'elles sont seules légitimes à assurer la sécurité du Liban", a rappelé le ministre, qui a à nouveau appelé le Hezbollah à "cesser ses attaques sur Israël" et "à rendre ses armes aux autorités libanaises".

Quelque 760.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.


Le Hezbollah doit se désarmer, Israël s'abstenir d'une opération d'envergure, selon Paris

 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
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  • La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises"
  • Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations"

PARIS: La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure".

Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations", selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle en outre Israël "à s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban, dont l'intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées".

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises", saluant leur décision le 2 mars dernier d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.

La conférence du 5 mars, annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l'armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d'équipements.

Cette aide était jugée fondamentale alors que l'armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L'armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait commencer.

En déplacement au Liban début février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait jugé positif le processus de désarmement, estimant qu'au sud du fleuve Litani, il n'y avait plus de menaces vers le nord d'Israël.

Il avait aussi demandé à l'Iran de cesser d'être une force déstabilisatrice au Liban alors qu'Israël suspectait le Hezbollah de se réarmer avec l'aide de Téhéran.

Les autorités israéliennes ont constamment jugé insuffisants les progrès dans le désarmement du groupe pro-iranien qui a fini par entraîner le Liban dans la guerre début mars.