Tunisie: Le paradoxe sfaxien

Le Tunisien Yeft Benazzouz qui dirige une école de langues dans la capitale Tunis, donne un cours d'allemand le 1er février 2022. (AFP).
Le Tunisien Yeft Benazzouz qui dirige une école de langues dans la capitale Tunis, donne un cours d'allemand le 1er février 2022. (AFP).
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Publié le Vendredi 29 septembre 2023

Tunisie: Le paradoxe sfaxien

  • Sfax détient le record des succès au baccalauréat depuis pas moins de neuf années consécutives
  • Un rapport de l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives révèle que 10% des jeunes âgés de 15 à 19 ans font partie de la catégorie «NEET» (Not in Education, Employment or Training)

TUNIS: Sfax, la capitale économique du sud du pays, compte à la fois le taux le plus élevé de réussite au baccalauréat et celui d’abandons scolaires. Ces records sont établis dans le paysage tunisien depuis si longtemps que les Tunisiens ont oublié à quand ils remontent.

En réalité, Sfax détient le record des succès au baccalauréat depuis pas moins de neuf années consécutives. En 2023, la capitale du sud du pays a occupé, une fois de plus, la première place dans le classement, avec un taux de réussite de 56,5% pour Sfax 1, suivie de Sfax 2 en deuxième place (51,31%) – des taux nettement supérieurs à celui du pays (36,38%). Le podium est complété par la ville de Sousse, avec un taux de 50,76%.

À quoi est due cette réussite? «Beaucoup attribuent ce succès à un mode de vie différent de celui des autres gouvernorats, et plus particulièrement au fait que Sfax ne dispose pas d'une large gamme d’activités de distraction», observe Lamia Louati Besbès, qui écarte néanmoins d’un revers de main cette idée largement répandue.

Pour cette professeure de français, ce record national des réussites au baccalauréat détenu par Sfax est le fruit «d'une culture qui donne beaucoup d'importance à l'enseignement». «À Sfax, les parents sont beaucoup plus disponibles pour accompagner leurs enfants dans leurs parcours. Par ailleurs, la notion du travail est bien ancrée, dès le jeune âge, si ce n'est dès l’enfance, dans l'esprit des Sfaxiens, qui se distinguent par leur sérieux et leur discipline. Très tôt, l’enfant commence à exercer de petits boulots pour gagner son argent de poche et être ainsi en mesure de subvenir à ses besoins et atteindre l’indépendance financière», explique-t-elle.

En somme, «l’éducation portant essentiellement sur le travail en tant qu’objectif primordial de la vie, les jeunes n’ont pas d’autre choix que de bosser et de réussir haut la main», ajoute Mme Louati Besbès.

Mais la médaille sfaxienne a un revers: le deuxième gouvernorat le plus peuplé (avec près de 950 000 habitants) après Tunis (qui compte un peu plus d’un million d’habitants) détient un autre record, celui des abandons scolaires. Dans le seul district de Sfax 2 – le gouvernement est divisé en deux sur les plans éducatif et électoral –, on compte 330 cas d’abandon scolaire dans le primaire et 1 150 dans le secondaire.

D’après Lamia Louati Besbès, l’interruption prématurée du cursus scolaire «est le résultat de la pauvreté qui touche une bonne partie des citoyens». «Les conditions familiales ne permettent pas à l'élève de poursuivre ses études parce qu'il a besoin de soutenir ses parents. En fait, il abandonne souvent ses études à leur demande pour développer une activité professionnelle. Ce phénomène est particulièrement observé chez les élèves dont les parents exercent de petits métiers comme celui de cordonnier, d’agriculteur, de menuisier, de forgeron, de maçon, etc.», souligne la professeure de français.  

Mais ce problème n’est pas le propre de Sfax. Il concerne toutes les régions du pays et tend même à s’aggraver sur le plan national au fil des ans. Jusqu’en 2021, le nombre d’élèves ayant arrêté leur scolarité était inférieur à 70 000. L’année suivante, il a atteint la barre des 100 000 et, depuis 2010, on estime à plus d’un million le nombre d’abandons scolaires.

Un rapport de l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ) datant d’avril 2022 met en exergue la gravité de ce phénomène. Il révèle qu’environ 5% des enfants sont encore dans le primaire, alors que le reste se trouve en dehors du système éducatif, bien que l’école soit obligatoire jusqu’à l’âge 16 ans en Tunisie. Le rapport souligne, par ailleurs, que 50 000 adolescents âgés de 11 à 14 ans ne sont pas scolarisés, contre 55 000 qui le sont, mais qui courent le risque de décrochage. Enfin, 10% des jeunes âgés de 15 à 19 ans, soit près de 93 000 individus, font partie de la catégorie «NEET» (Not in Education, Employment or Training), c’est-à-dire qu’ils sont non scolarisés, sans formation et sans emploi.


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.


L'Iran dit avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats

L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire. (AFP)
L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire. (AFP)
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  • "Ce matin, l'armée a frappé au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d'équipement et les hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït"
  • Aux Emirats, "les systèmes radar de l'armée américaine" ont été visés sur la base aérienne al-Minhad par des missiles et drones, a ajouté cette source

TEHERAN: L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire.

"Ce matin, l'armée a frappé au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d'équipement et les hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", indique un communiqué militaire relayé par la télévision d'Etat.

Aux Emirats, "les systèmes radar de l'armée américaine" ont été visés sur la base aérienne al-Minhad par des missiles et drones, a ajouté cette source.