Après leur rencontre avec Macron, les chefs des oppositions veulent du concret

Cette photographie prise le 30 août 2023 montre l'entrée de la Maison d'éducation de la Légion d'honneur avant les "Rencontres de Saint-Denis" à la Maison d'éducation de la Légion d'honneur à Saint-Denis, en banlieue de Paris. (Photo, AFP)
Cette photographie prise le 30 août 2023 montre l'entrée de la Maison d'éducation de la Légion d'honneur avant les "Rencontres de Saint-Denis" à la Maison d'éducation de la Légion d'honneur à Saint-Denis, en banlieue de Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 01 septembre 2023

Après leur rencontre avec Macron, les chefs des oppositions veulent du concret

  • Les échanges à huis clos se sont achevés à trois heures du matin, après un tour de cadran consacré à la situation internationale, aux institutions et à la cohésion de la Nation
  • Manuel Bompard a trouvé «assez grotesque» de « passer 12 heures pour n'avoir aucune réponse sérieuse, aucune mesure, aucune annonce concrète»

SAINT-DENIS: Sortis au milieu de la nuit d'une réunion de 12 heures avec Emmanuel Macron, les numéros un des partis d'opposition, de gauche comme de droite, ont réclamé jeudi matin "des annonces" rapides du chef de l'Etat pour "traduire concrètement" cette initiative.

Les échanges à huis clos se sont achevés à trois heures du matin, après un tour de cadran consacré à la situation internationale, aux institutions et à la "cohésion de la Nation".

Si personne n'a claqué la porte, les invités restent sur leur faim, à l'instar d'Eric Ciotti affirmant sur France 2 que "tout cela doit se traduire maintenant concrètement" et continuant de plaider pour un référendum sur l'immigration.

"Je ne sais pas sur quoi tout ça va déboucher", a ajouté le président des Républicains, "pour l'heure pas convaincu" par la démarche, même s'il a jugé l'exercice "opportun".

Au contraire, Manuel Bompard a trouvé "assez grotesque" de "passer 12 heures pour n'avoir aucune réponse sérieuse, aucune mesure, aucune annonce concrète".

"C'était franc, mais ça n'aboutit à ce stade sur rien", a regretté sur France Info le coordinateur de la France Insoumise, déplorant que M. Macron ait "balayé d'un revers de la main" les propositions communes de la gauche pour un blocage des prix, un référendum sur les retraites ou une hausse des salaires.

"Un échange direct mais sans conclusion. La communication en lieu et place de la décision", a déploré sur le réseau social X le patron du PS Olivier Faure.

L'entourage du président a cependant indiqué que le principe d'une conférence sociale "sur les carrières et les branches situées sous le salaire minimum" avait été "validé" dans la soirée.

"La porte n'a pas été fermée sur la question des bas salaires en-dessous du Smic ou des conditions de travail", a confirmé sur Franceinfo le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, en évoquant cette conférence sociale.

"S'il y en a une, tant mieux, je prends", a réagi sur RTL communiste Fabien Roussel, qui n'a "pas entendu" le terme de "conférence" durant cette réunion, mais considère que "s'il y a une porte qui s'ouvre, on met son pied dedans, on pousse et puis on discute".

Se revoir... ou pas

Avant lui, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, avait évoqué des débats "francs" mais était "dans l'incapacité" de préciser sur quoi ils déboucheraient.

Quant à l'idée d'un "préférendum", sorte de référendum à questions multiples, évoquée lundi par Olivier Véran, elle semble avoir été battue en brèche par le président.

M. Macron "nous a indiqué qu'il ne savait pas ce que c'était, que ça n'existait pas, que c'était l'idée d'Olivier Véran mais pas la sienne", a assuré Eric Ciotti.

Le camp présidentiel préférait voir le verre à moitié plein. M. Véran s'est ainsi félicité d'un "processus inédit" qui "pourrait bien marquer l'histoire".

Le patron de Renaissance Stéphane Séjourné, qui ne "retrouve pas forcément dans les réactions des uns et des autres", y voit "une nouvelle étape d'apaisement dans le dialogue politique", a-t-il expliqué à l'AFP.

Le président du Modem François Bayrou a lui salué sur LCI un événement "très intéressant, très original" et expliqué que le chef de l'Etat avait "accepté une grande conférence sur nos institutions", englobant notamment les sujets du référendum et de la proportionnelle.

"Tout le monde a d'ores et déjà accepté de se revoir sur le même format, dans les mêmes conditions, pour une prochaine session de travail", a assuré l'Elysée, sans avancer de date. "Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud", a simplement indiqué M. Véran. Un séminaire gouvernemental de suivi mercredi prochain est d'ores et déjà programmé.

Moins enthousiaste, M. Bompard a mis une condition: que le chef de l'Etat "fasse des annonces dans les prochaines heures", pour montrer qu'il a tenu compte des propositions" formulées.

Mais "si c'est pour faire à nouveau une longue discussion qui ne se traduit par rien, je ne vois pas l'intérêt (d'y) passer encore du temps", a-t-il prévenu.

Marine Tondelier a dit elle sur BFMTV qu'elle aurait "du mal" à aller à une nouvelle réunion "où l'écologie n'est pas à l'ordre du jour.


Manifestation RN: Tondelier promet une mobilisation à gauche dimanche

La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
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  • "Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations"
  • Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser"

PARIS: La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative.

"Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations", a-t-elle déclaré.

Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser, mais qui sont tout aussi choqués".

"Nous sommes en train d'y travailler sérieusement et il se passera quelque chose dimanche", a affirmé Marine Tondelier.

Mercredi soir, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon avait expliqué qu'une initiative pourrait être prise "peut être même dès ce dimanche à la place de la République" à Paris. C'est "une chose qui est en train de se discuter, je ne veux pas anticiper d'une quelconque manière", avait-il précisé lors d'une conférence diffusée sur les réseaux sociaux.

Le Rassemblement national a annoncé dès lundi, lorsque Marine le Pen a été condamnée pour détournement de fonds notamment à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate, l'empêchant de se présenter à la présidentielle, qu'il organiserait un rassemblement de soutien place Vauban à Paris.

Le président du parti d'extrême droite Jordan Bardella a assuré mercredi qu'il ne s'agirait pas d'un "coup de force".

"Je ne veux pas que dimanche, sur toutes les chaînes de télé, la seule chose qu'on leur donne à voir, c'est la grande entreprise de victimisation de Marine Le Pen", a expliqué Marine Tondelier.

"Quelqu'un qui veut être présidente de la République, qui détourne 4,1 millions d'euros et qui, alors qu'elle prône des mesures beaucoup plus ferme et une justice moins laxiste pour tous les Français, ah, quand ça lui arrive à elle, là, c'est très compliqué", s'est-elle agacée.

Prévu depuis plusieurs semaines, un meeting de Renaissance viendra également en concurrence de celui du Rassemblement national. Le président du parti, Gabriel Attal, le Premier ministre François Bayrou et le candidat à la présidentielle Édouard Philippe doivent y intervenir.

 


La manifestation de soutien à Le Pen «n'est pas un coup de force», dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »