Marionnettiste: quand un cadeau de Noël devient la passion d'une vie

Le petit Augusto, qui vit à Turin, dans le nord-ouest de l'Italie, est doué. «Je faisais un spectacle, ils me faisaient aller dans toutes les classes de l'école primaire parce que les enfants s'amusaient tellement» (Photo, AFP)
Le petit Augusto, qui vit à Turin, dans le nord-ouest de l'Italie, est doué. «Je faisais un spectacle, ils me faisaient aller dans toutes les classes de l'école primaire parce que les enfants s'amusaient tellement» (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 16 décembre 2020

Marionnettiste: quand un cadeau de Noël devient la passion d'une vie

  • Le petit théâtre blanc et or est aujourd'hui précieusement emballé dans l'une des innombrables boîtes en plastique devant rejoindre le Musée international de la Marionnette
  • Il propose des spectacles pour enfants et adultes, notamment des œuvres lyriques comme la Flûte enchantée de Mozart ou le Barbier de Séville de Rossini

TURIN: A 80 ans, quand Augusto Grilli se remémore ce cadeau reçu près de trois quarts de siècle plus tôt, ses yeux brillent encore d'émotion: un petit théâtre et douze marionnettes, qui deviendront son métier mais surtout la passion d'une vie.  

« C'était en 1946, le premier Noël après la Guerre, un moment de fête, de joie, une atmosphère très particulière. Je me suis réveillé et parmi les cadeaux de +l'Enfant Jésus+ il y avait cette grosse boîte avec à l'intérieur un petit théâtre et des marionnettes: ça a été un coup de foudre immédiat », raconte l'octogénaire italien, en cravate bleu et gilet élégant. 

Le petit Augusto, qui vit à Turin, dans le nord-ouest de l'Italie, est doué. « Je faisais un spectacle, ils me faisaient aller dans toutes les classes de l'école primaire parce que les enfants s'amusaient tellement », se rappelle-t-il. 

S'il prête volontiers ses jouets, pas question en revanche que l'on approche ses précieuses créatures: « Aucun enfant n'avait le droit de les toucher », explique Augusto, pour qui « le théâtre a toujours été un lieu sacré ». 

Le petit théâtre blanc et or est aujourd'hui précieusement emballé dans l'une des innombrables boîtes en plastique devant rejoindre le Musée international de la Marionnette (Mimat), qui doit ouvrir en 2023 au milieu d'un parc de Turin. 

La famille Grilli possède une collection de plus de 20.000 objets - théâtres, marionnettes (à fils et à mains), ombres chinoises, silhouettes... - venant du monde entier, dont 2.000 d'Orient, et remontant jusqu'au XVIIIe siècle. 

Outre des expositions, le Musée accueillera des spectacles dans un théâtre de 120 places, et disposera d'ateliers de restauration et d'un centre de documentation. 

L'idée d'un tel musée est née il y a 20 ans dans la tête d'Augusto et de sa femme Mariarosa, 78 ans, mais le projet s'est accéléré récemment, porté par leur fils Marco, marionnettiste lui aussi. 

« Nous voulons que naisse une Fondation pour que ce patrimoine ne soit pas dispersé » et que « la tradition ne se perde pas », explique l'octogénaire. 

Flûte enchantée  

« En Italie, avant la Seconde Guerre mondiale, 40.000 compagnies de marionnettistes tournaient à travers l'Italie, tout de suite après la guerre leur nombre s'est réduit à 7.000. Aujourd'hui, il y a seulement 2-3 marionnettistes travaillant avec les marionnettes à fils. Et 400/500 marionnettistes se produisant avec des marionnettes à mains, mais seulement dix-vingt valant la peine d'être vus », souligne-t-il. 

« Expliquer ce que je ressens quand je suis sur scène est impossible à décrire, c'est tellement profond. Le marionnettiste fait partie de la marionnette qui fait elle-même partie du marionnettiste », sourit ce passionné de marionnettes à fils. 

En raison des « exigences paternelles », il suit des études d'ingénierie mécanique et ne s'adonne initialement à sa passion que devant ses amis ou dans les écoles. Mais en 1978, il décide de se lancer professionnellement, avec comme mantra le respect de la tradition. 

Il propose des spectacles pour enfants et adultes, notamment des œuvres lyriques comme la Flûte enchantée de Mozart ou le Barbier de Séville de Rossini. 

Dans son petit atelier à deux pas de l'Alfa Teatro, théâtre ouvert il y a tout juste 30 ans avec sa femme, Augusto restaure les précieuses créatures. Dans un tiroir reposent des dizaines de têtes, une vieille boîte en bois abrite des myriades d'yeux. 

« A force d'être utilisées, les marionnettes s'abîment », explique-t-il en montrant la chaussure râpée de l'une d'elles. 

Plongé dans cet univers magique dès sa petite enfance, leur fils Marco a attrapé le virus à 14 ans en présentant son premier spectacle public. 

Pour se différencier de la figure paternelle, il a choisi les marionnettes à mains, incarnation du « divertissement, expression de notre part d'enfant et de notre désir de continuer à jouer ». 

« C'est aussi l'expression pure de l'acteur qui décide de sacrifier son égocentrisme en faisant passer les émotions via les marionnettes », souligne l'artiste de 47 ans, couronné « marionnettiste avec marionnettes à mains d'Italie » en 2010. 

« Quand tu commences à fréquenter ce monde, tu ne lâches plus », explique Marco, qui a à cœur de « porter le concept de marionnette dans le futur ». 


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Short Url
  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
Short Url
  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.


Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais

Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais
Short Url
  • Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale
  • Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros)

HIGASHIOSAKA: Pris de vertiges après être arrivé au travail à vélo sous la chaleur écrasante de l'été japonais, Isao Tabuchi, 51 ans, se dirige vers la dernière acquisition de son entreprise: un réfrigérateur pour humains.

"J'ai vraiment pu récupérer grâce à ça. Une fois qu'on l'utilise, c'est vraiment très frais", explique-t-il à l'AFP à la sortie de la machine, dans la ville industrielle de Higashiosaka (ouest du Japon), écrasée par le soleil d'août.

L'engin de la taille d'une cabine téléphonique, où des jets d'air à 5°C maintiennent une température froide, n'a été commercialisé que cette année mais rencontre déjà un vif succès dans un pays confronté à une hausse constante des températures.

Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros). Ses clients les installent notamment sur des chantiers, des usines et des entrepôts.

Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale.

"Il est grand, cher, et ce n'est pas le genre de produit que l'on peut expliquer simplement avec des mots" pour convaincre les clients. "Il y avait donc beaucoup d'incertitudes", explique-t-elle.

Selon les scientifiques, le changement climatique causé par l'activité humaine accroît la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur extrême. En 2025, le Japon a connu l'été le plus chaud de son histoire.

Cette année, l'Agence météorologique japonaise a même introduit un nouveau terme, "kokushobi" ("jour de chaleur cruelle"), lorsque la température atteint 40°C, appelant la population à considérer la chaleur extrême comme une catastrophe naturelle.

Deux minutes pour sécher 

A Tokyo, près de 120 décès liés à la chaleur ont été enregistrés entre mi-juillet et mi-août. À l'échelle nationale, près de 63.000 personnes ont nécessité des soins d'urgence cet été.

Depuis l'an dernier, les entreprises japonaises sont soumises à des obligations renforcées pour protéger les salariés travaillant dans la chaleur. Les chantiers doivent notamment fournir des vêtements adaptés, comme des vestes ventilées, ainsi que des espaces de repos climatisés et des zones ombragées.

L'impact économique est déjà tangible. Selon une enquête de Teikoku Databank publiée en juillet, 50% des entreprises estiment que la chaleur intense perturbe leurs activités, tandis que près de 88% ont renforcé leurs mesures de protection des salariés.

Le réfrigérateur humain, branché sur une prise électrique classique, consomme environ 16 yens d'électricité par heure selon son fabricant. Afin d'éviter tout usage excessif, il s'arrête automatiquement au bout de 20 minutes.

Pour Yutaka Kono, de l'entreprise Konoe, où travaille Isao Tabuchi, investir dans la lutte contre la chaleur est devenu indispensable pour conserver les effectifs et attirer de nouveaux employés.

"J'ai été vraiment surpris par ce concept consistant à faire entrer les gens dans une sorte de réfrigérateur. J'ai trouvé très séduisante l'idée qu'une personne puisse y faire baisser instantanément sa température corporelle à un niveau sûr", explique-t-il.

Taichi Konishi, 24 ans, l'utilise environ trois fois par jour. Après avoir déplacé à la main de lourdes caisses d'outils et de pièces métalliques, il entre dans la cabine et s'assoit.

"C'est vraiment agréable", confie-t-il à l'AFP. "Je n'y suis resté qu'environ deux minutes, mais cela a suffi pour faire sécher toute ma transpiration."