Sommet régional d'intérêt mondial sur la sauvegarde de la forêt amazonienne

Des indigènes colombiens posent pour une photo en attendant l'arrivée des présidents Gustavo Petro de Colombie et Luiz Inacio Lula da Silva du Brésil pour une réunion sur la protection de la forêt amazonienne, à Leticia, en Colombie, à la frontière avec le Brésil, le 8 juillet 2023. (Photo Juan BARRETO / AFP)
Des indigènes colombiens posent pour une photo en attendant l'arrivée des présidents Gustavo Petro de Colombie et Luiz Inacio Lula da Silva du Brésil pour une réunion sur la protection de la forêt amazonienne, à Leticia, en Colombie, à la frontière avec le Brésil, le 8 juillet 2023. (Photo Juan BARRETO / AFP)
Short Url
Publié le Samedi 05 août 2023

Sommet régional d'intérêt mondial sur la sauvegarde de la forêt amazonienne

  • Le sommet, qui se tiendra jusqu'à mercredi, servira également de répétition générale pour la conférence sur le Climat de l'ONU COP30, qui accueillera la communauté internationale en 2025 dans cette ville de l'Etat amazonien du Para
  • Les dirigeants discuteront des stratégies de lutte contre la déforestation et le crime organisé, ainsi que du développement durable de cette région habitée par 50 millions de personnes, y compris des centaines de peuples indigènes

BELÉM, Brésil : Les pays d'Amazonie se réunissent à partir de mardi à Belém, dans le nord du Brésil, pour un sommet régional d'intérêt mondial : adopter des objectifs communs pour sauver la plus grande forêt tropicale du monde.

Le sommet, qui se tiendra jusqu'à mercredi, servira également de répétition générale pour la conférence sur le Climat de l'ONU COP30, qui accueillera la communauté internationale en 2025 dans cette ville de l'Etat amazonien du Para.

Le sommet régional de la semaine prochaine réunira pour la première fois depuis 2009 les huit pays membres de l'Organisation du traité de coopération amazonienne (OTCA), créée en 1995 pour préserver la forêt tropicale : Bolivie, Brésil, Colombie, Equateur,  Guyana, Pérou, Suriname et Venezuela.

A l'exception de l'Equateur et du Suriname, qui sont représentés par des ministres, les chefs d'Etat des autres pays ont confirmé leur présence, a indiqué le gouvernement hôte.

Considérée depuis des années comme une des principales réserves de carbone de la planète, l'Amazonie se dirige, selon les scientifiques, vers un point de non-retour : elle émettra alors plus de carbone qu'elle n'en absorbera, ce qui aggravera le réchauffement de la planète.

En raison principalement de la déforestation, les émissions de dioxyde de carbone de ce vaste territoire ont augmenté de 117% en 2020 par rapport à la moyenne 2010-2018, selon les données de l'Institut national de recherche spatiale (INPE) du Brésil.

- «Déclaration de Belem» -

Lula, qui est revenu au pouvoir en janvier en promettant d'éradiquer la déforestation illégale d'ici à 2030, a déclaré que lui et ses homologues amazoniens chercheraient des moyens de se développer «sans détruire» le biome, dont 60% se trouve en territoire brésilien.

Les dirigeants discuteront des stratégies de lutte contre la déforestation et le crime organisé, ainsi que du développement durable de cette région habitée par 50 millions de personnes, y compris des centaines de peuples indigènes dont le rôle est considéré comme essentiel pour sauver la forêt.

Une déclaration commune devrait sceller leurs engagements.

La «Déclaration de Belém» sera «ambitieuse» et établira «un agenda qui guidera les pays pour les années à venir», a déclaré Gisela Padovan, secrétaire du ministère brésilien des Affaires étrangères pour l'Amérique latine et les Caraïbes.

L'un des principaux défis sera de parvenir à un engagement commun pour éradiquer la déforestation.

Les terres déboisées sont le plus souvent transformées en pâturage pour le bétail.

Ce fléau a déjà consommé 20% de l'Amazonie brésilienne, cœur du secteur de l'élevage du géant sud-américain, premier producteur et exportateur mondial de viande et de soja.

Mais après une déforestation de 75% supérieure à la moyenne de la décennie précédente sous le gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), les coupes d'arbres montrent des signes de ralentissement.

Entre janvier et juillet, la déforestation a chuté de 42,5%, par rapport à la même période l'année dernière, selon les dernières données officielles.

- Aide internationale -

A la veille du sommet, plus de 50 ONG ont appelé les gouvernements de l'ACTO à adopter, dans un délai de deux ans, un protocole «pour empêcher l'Amazonie d'atteindre le point de non-retour».

Lula a déclaré jeudi qu'il espérait que «pour la première fois, de manière conjointe et cohérente», les pays amazoniens «prendraient la responsabilité de combattre» la criminalité dans la région, notamment la déforestation et de l'exploitation minière illégale.

Le président brésilien a également appelé le monde à aider à «préserver l'Amazonie et à la développer», estimant qu'il se devait de convaincre la communauté internationale «qu'investir dans la forêt préservée est un investissement rentable».

La Norvège et l'Allemagne, donateurs du Fonds brésilien pour l'Amazonie qui finance des projets environnementaux, ont été invitées au sommet, tout comme la France, qui possède également un territoire amazonien avec la Guyane française et qui enverra son ambassadrice à Brasília, Brigitte Collet.

La déforestation «n'est pas seulement la responsabilité des pays amazoniens (...) Elle est ancrée dans une agro-industrie mondiale qui génère des profits dans le Nord. Ces connexions plus éloignées, vers l'Europe, l'Australie, l'Amérique du Nord, devraient faire partie du débat», a déclaré Paola Arias, professeur à l'université d'Antioquia, en Colombie.

Le Brésil a également invité des représentants de la République démocratique du Congo et de l'Indonésie, dont les territoires abritent des forêts tropicales. Des autochtones d'Amazonie, des représentants de la société civile, des scientifiques et des organisations internationales participeront également au sommet.


L'attaque américaine «totalement stupide» en pleine négociation 

Short Url
  • Le 26 février, Washington et Téhéran ont tenu des négociations indirectes à Genève sur le programme nucléaire iranien. Les médiateurs omanais avaient alors fait état de "progrès significatifs"
  • M. Bahreini, qui a assisté à une partie de ces négociations, a rappelé que "tout le monde était optimiste" et que les États-Unis "avaient accepté de poursuivre les négociations" à Vienne cette semaine

GENEVE: Les États-Unis ont pris une décision "totalement stupide" en attaquant l'Iran, alors que les deux pays menaient des pourparlers, a estimé mardi l'ambassadeur iranien auprès des Nations unies.

Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran.

"La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu).

"Personne ne doit s'attendre à ce que l'Iran fasse preuve de retenue face à une agression. Nous poursuivrons notre défense jusqu'à ce que cette agression cesse", a-t-il ajouté.

Le 26 février, Washington et Téhéran ont tenu des négociations indirectes à Genève sur le programme nucléaire iranien. Les médiateurs omanais avaient alors fait état de "progrès significatifs".

M. Bahreini, qui a assisté à une partie de ces négociations, a rappelé que "tout le monde était optimiste" et que les États-Unis "avaient accepté de poursuivre les négociations" à Vienne cette semaine.

Mais selon M. Bahreini, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a convaincu le président américain Donald Trump de sacrifier la diplomatie et d'attaquer l'Iran.

"C'était une décision totalement stupide. Ils comprendront plus tard à quel point cette décision était stupide. Ils le comprendront tous les deux, car l'Iran déterminera fermement le cours et l'issue de cette guerre", a-t-il soutenu.

"Tous nos voisins sont aujourd'hui déçus par la trahison des États-Unis, car tout le monde œuvrait pour la voie diplomatique, en particulier Oman. Les États-Unis ont trahi tout le monde", a encore insisté M. Bahreini.

Quand aux frappes de Téhéran contre des pays de la région abritant des bases américaines, il ne s'agit pas selon lui de représailles. "C'est un acte de légitime défense", a-t-il assuré.

"Nous ne pouvons en aucun cas permettre que ces bases soient utilisées pour mener des opérations militaires contre l'Iran", a ajouté M. Bahreini, assurant que les opérations iraniennes visaient "exclusivement "les installations militaires américaines.

Mardi, Trump a affirmé que les dirigeants iraniens "veulent discuter", mais M. Bahreini a affirmé qu'aucune démarche n'avait été entreprise auprès de Washington : "Il n'y a eu aucun contact de notre côté" depuis le début du conflit, a assuré le diplomate iranien.


L'Iran sous le feu israélo-américain, «trop tard» pour discuter selon Trump

De nouvelles puissantes explosions résonnent à Téhéran mardi au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump avertissant qu'il est "trop tard" pour discuter. (AFP)
De nouvelles puissantes explosions résonnent à Téhéran mardi au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump avertissant qu'il est "trop tard" pour discuter. (AFP)
Short Url
  • Radio-télévision publique, sites de production de missiles balistiques, aéroport Mehrabad de la capitale: Israël "continue à frapper l'Iran avec force", a lancé son Premier ministre Benjamin Netanyahu
  • En représailles, l'Iran multiplie de son côté ses attaques contre ses voisins du Golfe, visant des sites clefs, diplomatiques, militaires ou économiques, souvent liés aux intérêts américains

TEHERAN: De nouvelles puissantes explosions résonnent à Téhéran mardi au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump avertissant qu'il est "trop tard" pour discuter.

"Leur défense aérienne, leur armée de l'air, leur marine et leur commandement sont anéantis. Ils veulent discuter. J'ai dit: Trop tard !" a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

A Téhéran, ville fantôme désertée par ses habitants,  les frappes de mardi ont selon les médias iraniens notamment touché l'institution chargée d'élire un nouveau guide suprême pour succéder à Ali Khamenei, tué samedi au début de ce conflit sans précédent.

Une vidéo diffusée par l'agence de presse Tasnim montre un nuage de fumée s'élever dans le ciel dans le centre de Téhéran, où se trouvent de nombreux bâtiments gouvernementaux.

"J'ai peur de marcher dans les rues désertes car les bombes continuent de tomber du ciel", témoigne Samireh, une infirmière de 33 ans.

Radio-télévision publique, sites de production de missiles balistiques, aéroport Mehrabad de la capitale: Israël "continue à frapper l'Iran avec force", a lancé son Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le Golfe cible de nouvelles attaques 

En représailles, l'Iran multiplie de son côté ses attaques contre ses voisins du Golfe, visant des sites clefs, diplomatiques, militaires ou économiques, souvent liés aux intérêts américains.

Dans la capitale saoudienne où plusieurs détonations ont été entendues par un journaliste de l'AFP et des témoins, l'ambassade américaine a fermé ses portes après une attaque de drone ayant provoqué un incendie.

A Bahreïn, une base aérienne américaine a été visé par des drones et de missiles, et à Oman et aux Emirats arabes unis, ce sont des installations pétrôlières qui ont été visées.

Comme à Ryad, l'ambassade américaine au Koweït et à Bahrein ont fermé par précaution jusqu'à nouvel ordre, et Washington a ordonné le départ de tout son personnel diplomatique non essentiel d'Irak, de Jordanie et du Bahreïn.

Embrasement 

Depuis le début de la guerre, six militaires américains ont été tués, selon le Pentagone. En Israël d'après les services de secours, dix personnes ont été tuées dans des frappes iraniennes.

Côté iranien, le Croissant-Rouge a annoncé un bilan de plus de 780 personnes tuées depuis le début de l'attaque samedi, un chiffre que l'AFP n'a pu vérifier.

Le Moyen-Orient dans son ensemble s'embrase: au Liban en une journée, le Hezbollah pro-iranien a annoncé des attaques de roquettes contre quatre bases militaires israéliennes de l'autre côté de la frontière.

Une "réponse", a-t-il dit, aux frappes israéliennes qui ont fait 52 morts selon les autorités, et qui faisaient suite à des tirs du Hezbollah.

Selon l'ONU, quelques 30.000 personnes ont été déplacées au Liban, où les ordres d'évacuation israéliens se succèdent.

Et l'agence de l'Union européenne pour l'asile redoute un scénario de "flux de réfugiés d'une ampleur sans précédent" en provenance d'Iran, qui compte près de 90 millions d'habitants.

"Le déplacement de ne serait-ce que 10% de la population iranienne suffirait à rivaliser avec les plus importants flux de réfugiés de ces dernières décennies", a-t-elle averti.

"Viser l'Amérique" 

Au début de l'attaque, qui s'est soldée par la mort de plusieurs hauts responsables iraniens, Donald Trump avait appelé le peuple à renverser la République islamique en place depuis 1979.

Si les Etats-Unis souhaitent la chute du pouvoir actuel, le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a assuré que ce n'était pas "l'objectif" de la guerre, qui pourrait durer des semaines, voire "beaucoup plus", selon Washington.

Il s'agit avant tout d'empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dement - et de détruire ses capacités balistiques, selon Israël.

Après la guerre de douze jours en juin 2025, les Iraniens "ont commencé à construire de nouveaux sites, des bunkers souterrains qui auraient rendu leurs programmes de missiles balistiques et leurs programmes d'arme atomique intouchables d'ici quelques mois", a assuré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Et alors ils auraient pu viser l'Amérique", a-t-il ajouté.

"M. Rubio a admis ce que nous savions tous: les Etats-Unis sont entrés dans une guerre choisie par et au nom d'Israël. Il n'y a jamais eu de soi-disant +menace+ iranienne", lui a répondu sur X son homologue iranien, Abbas Araghchi.

Inquiétude des marchés 

Face à l'extension de ce conflit protéiforme, l'inquiétude gagne les marchés: les Bourses mondiales creusent leurs pertes, lestées par la flambée des prix du pétrole. Les prix du gaz européen s'envolent aussi, affectés par l'arrêt de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) au Qatar et la paralysie du détroit d'Ormuz.

Les Gardiens de la révolution ont revendiqué lundi l'attaque d'un pétrolier, présenté comme lié aux Etats-Unis, dans ce stratégique détroit qui sépare l'Iran de la Péninsule arabique.

Et un général a menacé de "brûler tout navire" qui tenterait de franchir le détroit, par où transitent 20% du pétrole et du GNL mondiaux.

Quant aux touristes bloqués au Moyen-Orient, certains ont commencé à rentrer dès que l'espace aérien a rouvert.

Tout juste arrivé à l'aéroport de Roissy lundi soir, Aurélien, cadre bancaire de 43 ans, raconte comment l'escale d'une heure à Abou Dhabi que devait faire sa famille après un séjour en Thaïlande "s'est transformée en séjour de trois jours".

"On a entendu beaucoup d'avions de chasse passer... Le bruit des interceptions de missiles iraniens, des débris...", explique-t-il, alors que la France se prépare à affréter des vols pour rapatrier des ressortissants vulnérables.

 


Berlin, Paris et Londres prêts à des «actions défensives» pour «détruire» les capacités militaires de l'Iran

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
Short Url
  • Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours
  • Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale

BERLIN: Les dirigeants allemands, français et britanniques se sont dit prêts dimanche à des "actions défensives nécessaires et proportionnées" face aux ripostes iraniennes afin de "détruire à la source" les capacités militaires de Téhéran.

"Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région", potentiellement en empêchant la République islamique de tirer des missiles et des drones, a mis en garde le groupe E3, qui rassemble les trois puissances, dans une déclaration commune.

Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale.

Les frappes "ont ciblé nos alliés proches et menacent notre personnel militaire et nos civils dans toute la région", ajoute le communiqué.

Berlin, Paris et Londres discuteront de ces mesures défensives avec les États-Unis et leurs alliés dans la région.

Dimanche, Washington a aussi fait état des premiers soldats américains tués dans le cadre de l'opération qui a mené à la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

L'Iran ne se fixe "aucune limite" dans son droit à se défendre, a déclaré dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans un entretien avec la chaîne de télévision américaine ABC. "Ce que font les États-Unis est un acte d'agression. Ce que nous faisons, c'est nous défendre. C'est très différent", a-t-il insisté.