Un musée révèle les secrets de la préservation du passé

Ina Baumeister, technicienne en conservation du papier et de la photographie à la Tate de Londres, a organisé un bref atelier pour montrer comment les gens peuvent conserver dans les meilleures conditions des documents ou des photographies de valeur chez eux. (Photo AN)
Ina Baumeister, technicienne en conservation du papier et de la photographie à la Tate de Londres, a organisé un bref atelier pour montrer comment les gens peuvent conserver dans les meilleures conditions des documents ou des photographies de valeur chez eux. (Photo AN)
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Publié le Vendredi 04 août 2023

Un musée révèle les secrets de la préservation du passé

  • Il faut prendre toutes les précautions nécessaires lors du déplacement d'objets précieux, que ce soit à leur arrivée dans un musée ou lors de leur transfert d'un lieu à un autre 
  • La préservation de ces matériaux est non seulement cruciale pour le musée et le grand public, mais aussi pour les artistes et les propriétaires originaux des œuvres 

RIYAD: Nos connaissances actuelles sur l’Antiquité proviennent du déchiffrement des pétroglyphes, des écritures sur le cuir et d’autres supports, qui nous donnent un aperçu de ceux qui nous ont précédés et de la façon dont ils vivaient. 

La variante moderne se présente sous forme de livres, d’œuvres d’art et d’objets. 

Le Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques a récemment organisé une conférence soulignant les aspects cruciaux de la préservation, du stockage et de l’archivage des documents, sous le thème «Livres, boîtes et présentoirs: Exploration des aspects cachés de la conservation du papier». 

«Si nous évoquons la préservation, nous avons certainement établi de nombreuses procédures pour conserver les documents papier au cours de nos quarante années d’expérience», déclare Racha AlFawaz, directrice du département des actifs et des musées du centre. 

«Nous disposons également d’une collection d’art islamique comprenant 580 articles provenant de l’ensemble du monde islamique.» 

Mercredi, le centre a célébré son 40e anniversaire. Il a commencé son activité de musée en 1985 avec une exposition d’art islamique. La plus grande de ses 6 collections comprend 128 000 manuscrits originaux. 

Le centre possède également une collection de près de 680 pièces qui commémorent la vie et le patrimoine du roi Faisal ben Abdelaziz. 

Sa plus importante collection de cassettes audio célèbre les récits oraux de l’Arabie saoudite. Les 900 cassettes ont été rassemblées par l’anthropologue Saad al-Sowayan et présentent une variété de poésie Nabati des années 1980, également connue sous le nom de «poésie bédouine». 

«Les collections du musée passent par de nombreuses étapes. Il ne s’agit pas seulement de ce que les visiteurs voient lorsqu’ils se rendent à une exposition», précise la directrice du département. 

«Elles subissent diverses procédures de conservation et de stockage. Les niveaux d’humidité et de chaleur variant en permanence grâce à nos appareils spécialisés. Nos décennies d’expérience nous ont donné un aperçu de la manière de stocker, de prêter, de transporter et de garantir la sécurité de nos pièces.» 

Selon Ina Baumeister, technicienne en conservation du papier et de la photographie à la Tate de Londres, il est essentiel de parler de l’importance de la préservation du patrimoine

«Tous ceux qui travaillent dans cet environnement souhaitent un dialogue avec le plus grand nombre de personnes possible», déclare-t-elle à Arab News. 

«Nous devons le faire avec tous nos collègues, pas seulement les commissaires, mais aussi les conservateurs, les concepteurs d’expositions, les responsables de registres, les archivistes, les bibliothécaires, les gestionnaires d’art.» 

«Ici, au centre de recherche, il y a une richesse incroyable de manuscrits très anciens. C’est pour cela que je suis venue, parce que je ne les connais pas très bien et que je voulais en savoir plus.» 

La technicienne est également relieuse au Book Works Studio, une entreprise qui propose des services spécialisés et sur mesure aux artistes et aux galeries. Elle anime régulièrement des ateliers de reliure à Riyad, en collaboration avec le Misk Art Institute. 

Les spécialistes doivent suivre de près les nouvelles innovations et techniques, déclare-t-elle. 

«Dans le domaine de la conservation en particulier, il y a des choses dont nous n’étions pas conscients et les sciences nous ont aidés à en savoir plus sur les objets dont nous nous occupons.» 

Réfléchissant aux propos de Gaston Bachelard (philosophe français) selon lesquels «la mémoire est un espace ancré», la relieuse pense que les manuscrits, les livres et les œuvres d’art nous aident à revisiter le passé. 

Elle souligne également l'importance de prendre toutes les précautions nécessaires lors du déplacement d'objets précieux, que ce soit à leur arrivée dans un musée ou lors de leur transfert d'un lieu à un autre. 

«Nous en prenons le plus grand soin, comme s’ils étaient des enfants. Nous les manions avec précaution et les enveloppons pour les protéger des chocs», explique-t-elle. 

«Pour tous ceux qui veulent profiter de ces collections, livres et œuvres d’art, rien ne nous plaît plus que de les partager. Si nous en prenons soin, c'est pour pouvoir vous les présenter ainsi qu’aux générations futures.» 

De nombreux musées et bibliothèques à travers le monde, comme la British Library, disposent d’un espace d’archivage transparent, aménagé derrière des baies vitrées. C’est en partie pour faire savoir que ces pièces et manuscrits sont accessibles et inviter le public à s’intéresser à cette Histoire retrouvée. 

La préservation de ces matériaux est non seulement cruciale pour le musée et le grand public, mais aussi pour les artistes et les propriétaires originaux des œuvres. 

«Le papier est très important pour moi», déclare Fatma Abdelhadi, une artiste du Misk Art Institute qui a récemment dirigé une résidence de livres d’artistes. 

«La façon dont nous imprimons et travaillons le papier est vraiment délicate, mais le fait de rassembler ces éléments dans un livre, que l'artiste présente ensuite au public, est une expérience unique.» 

Parallèlement au débat public, Ina Baumeister a organisé un bref atelier pour montrer comment les gens peuvent conserver dans les meilleures conditions des documents ou des photographies de valeur chez eux. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Pour ses 80 ans, l'iconique Vespa retrouve la Ville éternelle

Des passionnés de Vespa venus du monde entier participent au défilé des Vespa World Days, organisé à l'occasion du 80ᵉ anniversaire de la célèbre marque italienne de scooters, à Rome, le 27 juin 2026. (AFP)
Des passionnés de Vespa venus du monde entier participent au défilé des Vespa World Days, organisé à l'occasion du 80ᵉ anniversaire de la célèbre marque italienne de scooters, à Rome, le 27 juin 2026. (AFP)
  • La Vespa célèbre ses 80 ans à Rome, réunissant plus de 10 000 passionnés venus du monde entier pour rendre hommage à cette icône du style et du savoir-faire italiens
  • Symbole de liberté, de mobilité et d’émancipation sociale depuis 1946, la Vespa a dépassé le statut de simple scooter pour devenir un véritable phénomène culturel mondial

ROME: De "Vacances romaines" à "Journal intime" en passant par "La Dolce vita", elle est devenue à l'écran une icône mondiale du mode de vie à l'italienne: la légendaire Vespa, un scooter né en même temps que la République italienne, fête ce week-end ses 80 ans à Rome.

Samedi dans la matinée, des milliers de Vespa ont envahi les rues de la capitale italienne, créant un chaos coloré et bon enfant.

Qui en blouson de motard, défiant la chaleur romaine, qui en tee-shirt, en couple ou seul sur la selle, ces amoureux du célèbre scooter ont défilé dans le centre, y compris dans des rues d'ordinaire fermées au trafic de véhicules privés.

"Nous avons amené notre Vespa depuis les États-Unis. Nous sommes passés par l’Allemagne, puis par Vienne (...) et j’ai ensuite roulé avec ma Vespa de l’Autriche à Rome, pendant deux semaines", a déclaré à l'AFP-TV David Baamonde, un habitant du Texas.

"Pour moi, la Vespa, c’est un art de vivre, une insouciance, profiter de l’instant présent, découvrir les paysages — c’est un mode de vie", déclare pour sa part l'Italien Andrea Musco.

"L'histoire de la Vespa, qui accompagne littéralement la naissance et l'essor de l'Italie après la Deuxième Guerre mondiale, est en quelque sorte un symbole iconique de notre histoire, de notre culture", avait rappelé le maire de la capitale italienne, Roberto Gualtieri, à l'occasion de la présentation des festivités.

La Vespa, qui signifie "guêpe" en italien - une référence au bruit du moteur de son prototype -, est née le 23 avril 1946, lorsque le premier brevet sur sa fabrication a été déposé en Italie par Piaggio. Elle continue depuis d'être produite notamment sur le site de Pontedera, en Toscane (centre-nord de l'Italie).

- "La Vespa, c’est spécial" -

Plus de 10.000 "Vespistes" en provenance du monde entier sont attendus sur leurs engins de toutes les époques, reconnaissables à leurs lignes arrondies, leur carrosserie en métal aux couleurs éclatantes et leur phare rond monté sur le guidon.

Parmi eux, Andrew Ward, 57 ans, et sa soeur Julie Stover, 63 ans, qui ont fait le déplacement depuis les Etats-Unis. Les deux Californiens ont loué une Vespa à Rome pour pouvoir participer au défilé.

"Nous avons eu des scooters et des motos toute notre vie. Mais j'ai toujours voulu une Vespa. (...) Maintenant, j'en ai deux", explique à l'AFP Andrew, coutumier des rassemblements de "Vespistes" dans son pays.

"C'est un scooter de grande qualité. Et il est associé à un certain statut. C'est classe, vous voyez. Ce n'est pas comme les petits scooters bon marché qu'on voit tout le temps sur la route. La Vespa, c'est spécial", poursuit sa soeur.

- Emancipation sociale -

Conçue pour être un moyen de transport populaire et accessible, la Vespa - qui a bénéficié de toutes sortes d'innovations dérivées de l'aviation, le coeur de métier de Piaggio - est aussi devenue le symbole d'une certaine émancipation sociale.

Son histoire est entremêlée avec "l'histoire d'un pays qui sort de l'après‑guerre, qui veut bouger, qui veut se relever", a commenté Matteo Colaninno, le président exécutif du groupe Piaggio, à la présentation des célébrations.

"Et ce désir de bouger n'est pas seulement une mobilité physique", c'est aussi "une sorte d'élan vers la mobilité économique et surtout la mobilité sociale", a-t-il expliqué.

"Aujourd'hui, la Vespa est devenue un phénomène mondial, nous sommes à l'aube des 20 millions de véhicules produits" depuis 1946, a relevé M. Colaninno.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni photographiée jeudi assise sur une Vespa blanche dans les salons du Palazzo Chigi, sa résidence officielle, a salué dans le fameux scooter non seulement "une excellence industrielle" mais aussi "l'une des icônes italiennes les plus appréciées au monde, symbole de la créativité et du style italiens".

Mais pour Illac Diaz, originaire des Philippines, le plus "beau avec la Vespa", ce sont les amitiés qu'elle fait naître.

"Il n'y a aucun endroit où tu te gares sans que les gens deviennent des amis. Donc, la Vespa, c'est comme une famille", souligne cet homme de 52 ans, qui vient tout juste d'acheter une maison à Trieste, dans le nord de l'Italie, où il prévoit d'acquérir au plus vite... une nouvelle Vespa.


Asir modernise ses parcs en amont de l’afflux touristique estival

La municipalité d’Asir a commencé les préparatifs pour la saison touristique estivale 2026. (SPA)
La municipalité d’Asir a commencé les préparatifs pour la saison touristique estivale 2026. (SPA)
La municipalité d’Asir a commencé les préparatifs pour la saison touristique estivale 2026. (SPA)
La municipalité d’Asir a commencé les préparatifs pour la saison touristique estivale 2026. (SPA)
La municipalité d’Asir a commencé les préparatifs pour la saison touristique estivale 2026. (SPA)
La municipalité d’Asir a commencé les préparatifs pour la saison touristique estivale 2026. (SPA)
  • Le maire d’Asir, Abdullah Al-Jali, a indiqué qu’une équipe de 1 500 agents mène des opérations de nettoyage et de maintenance sur plus de 16 millions de mètres carrés d’espaces urbains

ABHA : La municipalité d’Asir a intensifié ses préparatifs pour la saison touristique estivale 2026, en procédant à la modernisation des routes, des infrastructures publiques et de son réseau de 671 parcs.

Le maire d’Asir, Abdullah Al-Jali, a précisé qu’une équipe de 1 500 agents est mobilisée pour des opérations de nettoyage et de maintenance couvrant plus de 16 millions de mètres carrés d’espaces urbains, afin d’améliorer l’expérience des visiteurs.

Pour faire face à une hausse attendue de la demande de services de plus de 40 % durant les pics de la saison estivale, des unités spécialisées ont été déployées, notamment le département de maintenance de l’éclairage avec 194 employés et 47 équipements, le département d’auto-maintenance avec 93 employés, ainsi que le département des équipements et des opérations avec 305 agents sur le terrain. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La compositrice saoudienne Abeer Balubaid remporte le Concours de musique d'AlUla

La lauréate du Concours de musique d'AlUla, Abeer Balubaid, a reçu son prix des mains du maestro et président du jury Hany Farahat, du Dr Abdulrahman Alsuhaibani, vice-président de la Culture à la Commission royale pour AlUla, et de Hamad Alhomeidan, directeur des Arts et des Industries créatives à la Commission royale pour AlUla. (Photo fournie)
La lauréate du Concours de musique d'AlUla, Abeer Balubaid, a reçu son prix des mains du maestro et président du jury Hany Farahat, du Dr Abdulrahman Alsuhaibani, vice-président de la Culture à la Commission royale pour AlUla, et de Hamad Alhomeidan, directeur des Arts et des Industries créatives à la Commission royale pour AlUla. (Photo fournie)
  • Un événement destiné à célébrer et soutenir les talents musicaux du Royaume
  • Abeer Balubaid remporte le Concours de musique d'AlUla avec une œuvre inspirée de l'histoire, du patrimoine et des paysages emblématiques de la région

ALULA : La compositrice et pianiste saoudienne Abeer Balubaid a été désignée lauréate du Concours de musique d'AlUla lors d'une cérémonie organisée mercredi au Design Space AlUla.

En recevant son prix, Balubaid a déclaré : « C'est un honneur immense. Savoir que des visiteurs venus du monde entier découvriront cette composition en arrivant à AlUla est à la fois émouvant et inspirant.

« Cette œuvre établit un lien durable avec une destination d'une immense richesse culturelle. »

Le concours a été créé afin de célébrer et de soutenir les talents musicaux du Royaume, tout en encourageant les compositeurs à puiser leur inspiration dans la nature exceptionnelle, le patrimoine et l'identité culturelle d'AlUla.

Lancé par Arts AlUla, le pôle artistique et culturel de la Commission royale pour AlUla, le concours invitait les citoyens et résidents saoudiens à soumettre des compositions originales d'une durée de 30 à 60 secondes.

La composition gagnante de Balubaid sera diffusée sur la Route musicale d'AlUla, permettant aux visiteurs d'interagir avec une œuvre inspirée du site dès leur arrivée.

Le concours a attiré plus de 150 candidatures venues de tout le Royaume. Les deux finalistes étaient Ghida Knio et Abeer Balubaid.

Cette initiative a offert aux citoyens et résidents saoudiens une occasion unique de mettre en valeur leur créativité tout en contribuant à renforcer l'identité culturelle du Royaume.

Le jury était composé de Hany Farahat, président du jury, ainsi que d'Ines Abdeldayem, Mamdouh Saif et Hesham Nazih.

S'adressant à Arab News, Hany Farahat est revenu sur le processus de sélection et la manière dont le jury est parvenu à sa décision.

« Au total, 280 morceaux nous ont été transmis, à moi-même et aux membres du jury.

Nous ne savions pas à qui appartenaient ces œuvres. Nous ignorions s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme, d'un citoyen saoudien ou d'un résident. Chacun a voté individuellement sur la plateforme de Live Nation.

Une fois les 280 morceaux évalués, nous nous sommes réunis. Live Nation nous a présenté les résultats, révélant que nous avions tous retenu les mêmes dix meilleures œuvres. C'était une véritable surprise. Sans nous consulter ni connaître les candidats, nous étions parvenus au même classement : les dix, puis les cinq, ensuite les trois finalistes, avant de désigner le lauréat.

Ce qui m'a particulièrement réjoui, c'est qu'au final, je ne savais pas que la gagnante était une femme, qu'elle était saoudienne, ni même qu'elle avait été mon élève au sein de l'orchestre saoudien. »

Balubaid a expliqué à Arab News comment elle avait composé cette œuvre et en quoi AlUla l'avait inspirée.

« Cette composition évoque l'histoire d'AlUla. Il fallait transmettre cette énergie afin que les visiteurs puissent la ressentir avant même d'y entrer.

Je me suis donc plongée dans l'essence d'AlUla. J'ai étudié son histoire, ses montagnes, ses sculptures, sa beauté, sa profondeur et les histoires humaines qui s'y rattachent. J'ai ressenti une grande intensité.

Cette œuvre est très spéciale pour moi. Je l'ai écrite en 2019, après le décès de mon père. Qu'il repose en paix. Elle s'intitule "Le Passage de la lumière" (Tariq Al-Noor). On y ressent les différentes transitions émotionnelles qui la traversent.

J'ai immédiatement pensé qu'elle correspondait parfaitement à l'esprit d'AlUla. »

Elle a ajouté : « J'espère que cette musique suscitera chez les visiteurs un sentiment d'attente, de curiosité et de connexion émotionnelle. Plus que tout, j'espère qu'elle leur offrira une introduction mémorable à AlUla et qu'elle reflétera la créativité ainsi que la richesse culturelle qui caractérisent cette destination. »

Hany Farahat a conclu : « La scène musicale et artistique saoudienne se porte très bien. Elle est prometteuse et possède un potentiel immense.

Nos jeunes artistes débordent d'idées remarquables. Cette initiative constitue une véritable graine pour de nombreux projets futurs, d'où émergeront des talents dont nous serons fiers. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com