Emeutes: Prison ferme après la dégradation d'un théâtre de Roubaix

Un jeune homme de 20 ans a été condamné jeudi à Lille à un an de prison ferme et un autre à six mois de prison aménagés sous bracelet électronique pour avoir notamment participé à la dégradation du théâtre Le Colisée de Roubaix (Photo d'illustration, AFP).
Un jeune homme de 20 ans a été condamné jeudi à Lille à un an de prison ferme et un autre à six mois de prison aménagés sous bracelet électronique pour avoir notamment participé à la dégradation du théâtre Le Colisée de Roubaix (Photo d'illustration, AFP).
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Publié le Vendredi 04 août 2023

Emeutes: Prison ferme après la dégradation d'un théâtre de Roubaix

  • Identifiés grâce à la vidéosurveillance et à des prélèvements biologiques, ces deux personnes avaient été placées en garde à vue mardi
  • Le Colisée de Roubaix, où de nombreuses vitres ont été brisées dans la nuit du 29 au 30 juin

LILLE: Un jeune homme de 20 ans a été condamné jeudi à Lille à un an de prison ferme et un autre à six mois de prison aménagés sous bracelet électronique pour avoir notamment participé à la dégradation du théâtre Le Colisée de Roubaix (Nord) fin juin lors des émeutes suivant la mort de Nahel.

Jugés en comparution immédiate devant le tribunal de Lille, l'un a été condamné à 18 mois de prison dont six avec sursis et le second à 15 mois de prison dont neuf avec sursis et le reste sous bracelet électronique. Les deux ont également été condamnés à 140 heures de travaux d’intérêt général.

Identifiés grâce à la vidéosurveillance et à des prélèvements biologiques, ces deux personnes avaient été placées en garde à vue mardi avec une troisième, mineure, déférée jeudi en vue d’une convocation devant le tribunal pour enfants.

Le Colisée de Roubaix, où de nombreuses vitres ont été brisées dans la nuit du 29 au 30 juin, se situe dans le quartier défavorisé de l'Epeule. La Ville estime à environ 200.000 euros le préjudice lié à ces dégradations.

Effet de groupe

Dans le cadre de l'enquête, "ils sont cinq ou six à avoir été identifiés" alors qu'ils étaient "entre 40 et 50 le soir des faits", a affirmé lors de sa plaidoirie Me Mathilde Delwaulle, l'avocate de l'un des prévenus. "C'est eux qui vont trinquer pour tout le monde", a-t-elle regretté.

Son client a jugé à l'audience que ses actes avaient été "ridicules". "A la base je voulais juste manifester" après la mort de Nahel tué par un policier à Nanterre le 27 juin lors d'un contrôle routier, "mais j'ai été pris par le mouvement", se justifie le jeune homme également poursuivi pour avoir jeté un mortier en direction de la police.

Jugé à ses côtés, le second prévenu, accusé notamment d'avoir jeté un pavé sur une vitre du théâtre, a estimé que son comportement avait été "complètement idiot". "C'est l'effet de groupe, je me suis laissé emporter" après "un sentiment d'injustice", a-t-il expliqué.

Le "drame de Nanterre" dont "les circonstances méritent d'être éclaircies" a créé "un émoi populaire et c'est normal", a affirmé le procureur lors de ses réquisitions. "Mais à quel moment on dégrade son propre cadre de vie, celui de sa famille, de ses copains ?", a-t-il questionné s'adressant aux prévenus.


Paris entend résoudre les tensions avec Alger « sans aucune faiblesse »

le chef de la diplomatie française, chef de la diplomatie française (Photo AFP)
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  • Le chef de la diplomatie française a assuré mardi que Paris entendait résoudre les tensions avec Alger « avec exigence et sans aucune faiblesse ».
  • « L'échange entre le président de la République (Emmanuel Macron, ndlr) et son homologue algérien (Abdelmadjid Tebboune) a ouvert un espace diplomatique qui peut nous permettre d'avancer vers une résolution de la crise », a-t-il ajouté.

PARIS : Le chef de la diplomatie française a assuré mardi que Paris entendait résoudre les tensions avec Alger « avec exigence et sans aucune faiblesse ». Il s'exprimait au lendemain d'un entretien entre les présidents français et algérien, qui visait à renouer le dialogue après huit mois de crise diplomatique sans précédent.

« Les tensions entre la France et l'Algérie, dont nous ne sommes pas à l'origine, ne sont dans l'intérêt de personne, ni de la France, ni de l'Algérie. Nous voulons les résoudre avec exigence et sans aucune faiblesse », a déclaré Jle chef de la diplomatie française devant l'Assemblée nationale, soulignant que « le dialogue et la fermeté ne sont en aucun cas contradictoires ».

« L'échange entre le président de la République (Emmanuel Macron, ndlr) et son homologue algérien (Abdelmadjid Tebboune) a ouvert un espace diplomatique qui peut nous permettre d'avancer vers une résolution de la crise », a-t-il ajouté.

Les Français « ont droit à des résultats, notamment en matière de coopération migratoire, de coopération en matière de renseignement, de lutte contre le terrorisme et au sujet bien évidemment de la détention sans fondement de notre compatriote Boualem Sansal », a affirmé le ministre en référence à l'écrivain franco-algérien condamné jeudi à cinq ans de prison ferme par un tribunal algérien. 


Algérie: Macron réunit ses ministres-clés au lendemain de la relance du dialogue

Emmanuel Macron, président français (Photo AFP)
Emmanuel Macron, président français (Photo AFP)
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  • Emmanuel Macron  réunit mardi plusieurs ministres en première ligne dans les relations avec l'Algérie, dont Bruno Retailleau, Gérald Darmanin et Jean-Noël Barrot, au lendemain de l'appel avec son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune
  • Le président français a décidé, à la suite de ce coup de fil, de dépêcher le 6 avril à Alger le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot afin de « donner rapidement » un nouvel élan aux relations bilatérales.

PARIS : Emmanuel Macron  réunit mardi à 18H00 plusieurs ministres en première ligne dans les relations avec l'Algérie, dont Bruno Retailleau, Gérald Darmanin et Jean-Noël Barrot, au lendemain de l'appel avec son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune pour relancer le dialogue, a appris l'AFP de sources au sein de l'exécutif.

Le président français a décidé, à la suite de ce coup de fil, de dépêcher le 6 avril à Alger le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot afin de « donner rapidement » un nouvel élan aux relations bilatérales après des mois de crise, selon le communiqué conjoint publié lundi soir.

Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, effectuera de même une visite prochainement pour relancer la coopération judiciaire.

Le communiqué ne mentionne pas en revanche le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, figure du parti de droite Les Républicains, partisan d'une ligne dure à l'égard de l'Algérie ces derniers mois, notamment pour obtenir une nette augmentation des réadmissions par le pays de ressortissants algériens que la France souhaite expulser.

Bruno Retailleau sera présent à cette réunion à l'Élysée, avec ses deux collègues Barrot et Darmanin, ainsi que la ministre de la Culture, Rachida Dati, et celui de l'Économie, Éric Lombard, ont rapporté des sources au sein de l'exécutif.

 Dans l'entourage du ministre de l'Intérieur, on affirme à l'AFP que si la relance des relations décidée par les deux présidents devait bien aboutir à une reprise des réadmissions, ce serait à mettre au crédit de la « riposte graduée » et du « rapport de force » prônés par Bruno Retailleau. 


Algérie: la relance de la relation décriée par la droite

Cette photo prise le 25 août 2022 montre les drapeaux français et algérien avant l'arrivée du président français à Alger pour une visite officielle  afin d'aider à rétablir les liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
Cette photo prise le 25 août 2022 montre les drapeaux français et algérien avant l'arrivée du président français à Alger pour une visite officielle afin d'aider à rétablir les liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
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  • La droite a dénoncé mardi la relance de la relation bilatérale avec l'Algérie en minimisant son impact sur les obligations de quitter le territoire (OQTF).
  • Selon l'élu des Alpes-Maritimes, cette conversation entre les deux chefs d'État signifie « que les ministres n'ont aucun pouvoir, M. Retailleau en premier ».

PARIS : La droite a dénoncé mardi la relance de la relation bilatérale avec l'Algérie en minimisant son impact sur les obligations de quitter le territoire (OQTF), Laurent Wauquiez déplorant « une riposte très provisoire » et Éric Ciotti, allié du RN, dénonçant une relation « insupportable » entre les deux pays.

« La riposte était très graduée et en plus très provisoire », a réagi Laurent Wauquiez sur X au lendemain de la conversation entre les présidents français Emmanuel Macron et algérien Abdelmadjid Tebboune, qui ont acté une relance de la relation bilatérale, après des mois de crise.

Lors de la réunion du groupe des députés LR, l'élu de Haute-Loire, qui brigue la présidence du parti face au ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, s'est dit convaincu que les autorités algériennes n'accepteront pas les OQTF.

« On va se retrouver dans 90 jours avec les OQTF dangereux qui seront dans la nature. Nous ne pouvons pas l'accepter », a déploré le député de Haute-Loire.

De son côté, Éric Ciotti, l'ancien président des LR alliés avec le RN, a directement ciblé le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau sur CNews, lui reprochant de n'avoir montré que « des petits muscles face à Alger ».

Selon l'élu des Alpes-Maritimes, cette conversation entre les deux chefs d'État signifie « que les ministres n'ont aucun pouvoir, M. Retailleau en premier ».

« La relation privilégiée Macron-Algérie depuis 2016 perdure. Et cette relation est insupportable, parce qu'elle traduit un recul de notre pays. »

Les deux présidents, qui se sont entretenus le jour de l'Aïd el-Fitr marquant la fin du ramadan, ont marqué « leur volonté de renouer le dialogue fructueux », selon un communiqué commun.

La reprise des relations reste toutefois subordonnée à la libération de l'écrivain Boualem Sansal et à des enjeux de politique intérieure dans les deux pays.