Frankly Speaking: Comment expliquer le «ballet diplomatique» en Asie ?

Ci-dessus, Salmane Al-Ansari, un analyste géopolitique saoudien. (Photo, capture d'écran).
Ci-dessus, Salmane Al-Ansari, un analyste géopolitique saoudien. (Photo, capture d'écran).
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Publié le Lundi 24 juillet 2023

Frankly Speaking: Comment expliquer le «ballet diplomatique» en Asie ?

  • L'analyste géopolitique saoudien Salmane Al-Ansari estime que les liens croissants du Royaume avec les économies asiatiques ne doivent pas être considérés comme une menace par les États-Unis.
  • L'Arabie saoudite a accueilli plusieurs dirigeants asiatiques ces dernières semaines, dont le Premier ministre japonais, afin de renforcer son engagement dans la région

DUBAΪ : Le « ballet diplomatique » en cours entre le Royaume et ses voisins du nord et de l'est représente un « tournant saoudo-asiatique », selon Salmane Al-Ansari, un analyste géopolitique saoudien.

Le Royaume « connaît ce genre de marathon passionnant, et j'aimerais l'appeler le tournant saoudo-asiatique », a-t-il déclaré, à la suite de plusieurs séries de visites diplomatiques et d'accords entre Riyad et des pays asiatiques.

Lors de son passage à l'émission hebdomadaire d'Arab News « Frankly Speaking », Al-Ansari a également évoqué les raisons qui poussent le Royaume à établir des liens plus étroits avec les économies d'Asie centrale, d'Asie du Sud-Est et d'Extrême-Orient, et a expliqué comment les relations saoudiennes en plein essor avec la Chine et la Russie devraient être perçues par Washington, son allié traditionnel.

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Salman Al-Ansari, analyste géopolitique saoudien, s'entretient avec Katie Jensen, animatrice de Frankly Speaking. (Photo AN)

Mercredi, l'Arabie saoudite est devenue le 51e pays à signer le Traité d'Amitié et de Coopération avec l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est lors de la visite du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, à Djakarta.

Le TAC est un accord de paix signé en 1976 visant à établir un ensemble de lignes directrices régissant les relations interétatiques dans la région sur la base du respect mutuel de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de la non-ingérence dans les affaires intérieures des uns et des autres.

Outre les dix États membres de l'ANASE, dont les membres influents que sont l'Indonésie, la Thaïlande, la Malaisie, les Philippines et Singapour, des pays non situés en Asie du Sud-Est ont également adhéré à l'accord.

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Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane ( à gauche), la ministre indonésienne des Affaires étrangères Retno Marsudi ( à droite) et le secrétaire général de l'ANASE Kao Kim Hourn lors de la cérémonie de signature de l'adhésion de l'Arabie saoudite au Traité d'amitié et de coopération en Asie du Sud-Est (TAC) à Jakarta, le 12 juillet 2023. (AFP) 

La Chine et l'Inde ont été les premières à y adhérer en 2003, et les États-Unis et l'Union européenne l'ont rejoint en 2009. « Cet accord renforcera certainement les relations bilatérales du Royaume avec tous les membres de l'ANASE », a précisé Al-Ansari. « C'est pourquoi je l'appelle le tournant saoudo-asiatique ».

Un autre fait diplomatique marquant du mois dernier a été la tournée officielle au Moyen-Orient du Premier ministre japonais, Fumio Kishida, la première depuis son entrée en fonction en 2020. Entre le 16 et le 19 juillet, Kishida s'est rendu en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar.

Bien que la sécurité énergétique ait été l'une des priorités de la tournée de Kishida, les initiatives en matière de technologies vertes et la coopération dans le domaine des technologies et des infrastructures ont également occupé une place prépondérante.

« C'était une visite très importante », a dit Al-Ansari à l'animatrice de l'émission « Frankly Speaking », Katie Jensen. « Plus de 26 accords ont été signés entre le Japon et l'Arabie saoudite dans de nombreux domaines. Notamment, l'eau, les industries de pointe, les technologies, le secteur de la santé et le secteur financier.

« Les relations entre l'Arabie saoudite et l'Asie sont donc très dynamiques. Il ne faut pas oublier non plus que la réunion Asie centrale-CCG s'est tenue il y a quelques jours et que, pour la première fois, les deux blocs ont commencé à consolider leurs relations. »

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Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane ( à droite) rencontre le Premier ministre japonais Fumio Kishida (2e à gauche) au palais Al-Salam à Djeddah, le 16 juillet 2023. (SPA) 

Le 19 juillet, le sommet entre le Conseil de coopération du Golfe et les pays d'Asie centrale (CCG-C5) s'est déroulé dans la ville saoudienne de Djeddah, et a de nouveau renforcé les liens entre les deux blocs régionaux.

« Les pays d'Asie centrale n'ont jamais autant été dans le champ de vision saoudien qu'aujourd'hui », a déclaré Al-Ansari en faisant référence au C5, qui comprend le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et le Turkménistan.

« Ces cinq nations font partie des pays considérés comme très importants au sein de l'OPEP+. Le royaume d'Arabie saoudite, notamment par l'intermédiaire d'ACWA Power Company, gère d'énormes projets d'énergie solaire et d'électricité, en particulier en Ouzbékistan. »

« Ce sommet des cinq pays d'Asie centrale et des six pays du CCG préparera le terrain pour une coopération gagnant-gagnant plus poussée et renforcera sans aucun doute les intérêts stratégiques et économiques des deux blocs. »

« C'est le tournant saoudo-asiatique ».

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Photo de famille des dirigeants de l'Arabie saoudite, du Bahreïn, du Koweït, d'Oman, du Qatar, des Émirats arabes unis, du Kazakhstan, du Tadjikistan, de l'Ouzbékistan, du Kirghizistan et du Turkménistan lors du sommet du Conseil de coopération du Golfe et des pays d'Asie centrale (CCG-C5) à Djeddah, le 19 juillet 2023. (SPA) 

L’intérêt du Royaume pour l’Orient est en partie motivé par la montée en puissance de la Chine en sa qualité de grand importateur d'énergie et de puissance mondiale en matière d'industrie manufacturière et de technologie.

La Chine est le premier partenaire commercial de l'Arabie saoudite, tandis que le Royaume est le premier partenaire commercial de la Chine au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, avec des échanges bilatéraux dans le domaine de l'énergie et une large gamme de produits industriels.

Mais Pékin joue également un rôle de plus en plus important dans le domaine de la diplomatie au Moyen-Orient.

L'accord conclu en mars entre l'Arabie saoudite et l'Iran, qui a ouvert la voie à la normalisation des relations, a été négocié par la Chine. Est-ce le début d'un rôle plus large pour la Chine dans la région ?

« Il y a quelques années, je me souviens qu'un de mes amis, un diplomate du CCG, se trouvait à Pékin, en Chine, et je lui ai demandé pourquoi nous ne poussions pas les Chinois à faire quelque chose par rapport à l'Iran, » a poursuivi Al-Ansari.

« Il m'a dit qu'ils soulevaient toujours cette question {avec leurs} homologues chinois, et qu'ils ne parlaient jamais que de commerce. »

« C'est donc une phase très importante pour le gouvernement chinois, qui ne se concentre plus seulement sur le commerce, mais aussi sur les accords de sécurité et le parrainage politique ».

« Je pense que c'est un grand pas pour la Chine, pour l'Iran, pour les pays du CCG et l'Arabie saoudite, c'est certain ».

L'engagement plus profond de l'Arabie saoudite auprès des puissances non occidentales a suscité des spéculations de la part de politiciens et de commentateurs à Washington, selon lesquels Riyad a choisi de se ranger du côté de la Chine et de la Russie plutôt que du côté de ses alliés traditionnels américains et occidentaux.

Selon Al-Ansari, il est tout à fait naturel que l'Arabie saoudite, en tant que nation souveraine, diversifie ses relations diplomatiques et commerciales, mais cela ne signifie pas que le Royaume ait renoncé à son partenariat stratégique avec les États-Unis, qui est d'une importance vitale.

Dans le même temps, a-t-il ajouté, Washington ne devrait pas essayer de s'immiscer dans les relations de nations souveraines, ni imposer une politique de deux poids deux mesures, selon laquelle il est permis d'entretenir des relations commerciales avec la Chine tout en empêchant d'autres pays de le faire.

« Les États-Unis sont le principal partenaire commercial de la Chine.  Dicter à d'autres pays la manière dont ils doivent mener leurs affaires et avec qui ils doivent le faire n'est pas la voie à suivre », a souligné Al-Ansari.

« Il y a trente ans, la Chine était le principal partenaire commercial de vingt pays. Aujourd'hui, ce nombre s'élève à plus de 130 pays. C'est donc une réalité sur le terrain. C'est l'usine du monde. Travaillons avec la Chine. »

« La Chine n'est pas, comme on le pense, un pays maléfique. Nous ne voulons pas de cette politique de deux poids, deux mesures, ni de cette approche à somme nulle de la part des États-Unis.

Nous voulons que le monde vive en harmonie et, en même temps, nous voulons un accord gagnant-gagnant avec tout le monde, que ce soit avec la Chine, la Russie, nos amis européens ou les États-Unis, et c'est le rôle que l'Arabie saoudite veut jouer, être un égalisateur, se situer au milieu et faire des affaires avec tout le monde. »

Selon Al-Ansari, l'importance que l'Arabie saoudite accorde à l'idée de souveraineté n'est pas nouvelle et les États-Unis n'ont rien à craindre des tractations diplomatiques unilatérales de Riyad.

« Les Saoudiens ont toujours eu cette idée que la souveraineté est essentielle pour l'Arabie saoudite et pour tous les pays qui souhaitent être amis avec l'Arabie saoudite », a-t-il déclaré. « Les Saoudiens n'ont pas changé de cap en ce qui concerne le passage d'un allié à un autre. Ce n'est ni la pratique ni le style du Royaume. Les Saoudiens suivent leurs intérêts depuis leur création. Ainsi, dès le début, les Saoudiens ont travaillé avec les Américains pour faire face aux principaux conflits et adversaires dans le monde. »

Les Saoudiens et les Américains ont combattu le communisme et le terrorisme ensemble, et ils ont stabilisé l'énergie et l'économie mondiales ensemble. Et les Saoudiens sont réellement engagés dans cette relation très stratégique et importante.

« En ce qui concerne les États-Unis, ils sont actuellement considérés comme le deuxième partenaire commercial du Royaume d'Arabie saoudite et également comme le principal partenaire stratégique du Royaume en matière de sécurité, etc. Mais il y a certainement des différences, comme dans toute relation ».

Washington ne devrait pas non plus s'inquiéter de l'engagement de l'Arabie saoudite avec la Russie sur le pétrole, a indiqué Al-Ansari - une démarche qui vise uniquement à aider à stabiliser les marchés mondiaux de l'énergie dans la foulée de la guerre en Ukraine et des sanctions occidentales visant les hydrocarbures russes.

« En ce moment, les Américains sont peut-être contrariés par le fait que nous travaillons avec les Russes dans le cadre de l'OPEP+, mais je ne pense pas qu'ils devraient s’en inquiéter, car nous ne sommes pas là pour aider un pays spécifique contre un autre », a expliqué Al-Ansari.

« Nous sommes là pour stabiliser le marché de l'énergie. Et le seul et unique moyen d'y parvenir est de nous engager et de disposer d'un mécanisme unifié qui nous permette de travailler sur l'offre et la demande. »

Rejetant l'idée d'un alignement géopolitique contre les États-Unis, il a précisé : « Je pense que personne ne croit à l'idée que l'Arabie saoudite se range du côté de la Russie au travers de ses décisions au sein de l'OPEP. Il s'agit simplement d'une information dépassée qui a été lancée par l'administration américaine dans un moment de colère. Et les médias n'ont pas arrêté d'en parler ».

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


La Syrie accuse Israël de vouloir la «déstabiliser» après une incursion et des frappes meurtrières

 Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
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  • Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée
  • Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays

DAMAS: Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz,  dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.

"Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie", a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée.

Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.

Le ministère syrien a affirmé que l'aéroport avait été "presque entièrement détruit" et évoqué des "dizaines de blessés civils et militaires".

"Protectorat turc" 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l'aéroport de Hama.

Un correspondant de l'AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.

Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l'AFP.

En Israël, l'armée a affirmé avoir "frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d'autres infrastructures militaires dans la région de Damas".

Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l'AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d'établir des "positions militaires" en Syrie dont une "à l'intérieur de la base T4".

Lors d'une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie "un rôle négatif en Syrie" et "au Liban". "Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc", a-t-il dit.

Appels au combat 

A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l'incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l'ouest de Deraa, ayant suivi une "incursion israélienne" dans la région, "où les forces de l'occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément".

Selon l'OSDH, il s'agit d'habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l'avancée des troupes israéliennes.

L'armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été "éliminés" dans des frappes terrestres et aériennes.

"La présence d'armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l'Etat d'Israël", a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l'armée "ne permettrait pas l'existence d'une menace militaire en Syrie".

Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.

Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu'il qualifie de "jihadistes".

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février "la démilitarisation totale du sud de la Syrie" et affirmé qu'il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.

Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.


La Défense civile de Gaza fait état d'au moins 15 morts dans une frappe israélienne dans le nord

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
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  • L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.
  • "L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X

GAZA: La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré que les frappes avaient visé plusieurs maisons dans le quartier de Choujaiya, dans la ville de Gaza. "Il y a encore un certain nombre de personnes piégées sous les décombres", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.

"L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X.

"Vous devez évacuer ces zones immédiatement et vous rendre dans les abris connus dans l'ouest de la ville de Gaza", a-t-il ajouté.


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
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  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.