Les producteurs saoudiens passent de l'agriculture traditionnelle à l'agriculture verticale

Jana Farm by Mowreq vise à fournir aux habitants des produits propres, sans pesticides, sains et nutritifs. (Instagram/janafarmsa)
Jana Farm by Mowreq vise à fournir aux habitants des produits propres, sans pesticides, sains et nutritifs. (Instagram/janafarmsa)
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Publié le Jeudi 15 juin 2023

Les producteurs saoudiens passent de l'agriculture traditionnelle à l'agriculture verticale

  • Le secteur agricole du pays s’est progressivement orienté vers des systèmes de production plus durables et plus rentables, comme l’agriculture verticale
  • Avec l’augmentation de la population et la diminution des terres arables disponibles, l’agriculture verticale offre des avantages environnementaux et de production majeurs par rapport aux méthodes traditionnelles

DJEDDAH: La seule voie possible est celle du progrès dans la mesure où les cultivateurs saoudiens entreprenants font de plus en plus le saut technologique qui consiste à passer des méthodes agricoles traditionnelles aux méthodes d’agriculture verticale.
Bien que les diverses conditions météorologiques du Royaume fassent du pays le lieu idéal pour cultiver une large variété de produits, l’agriculture traditionnelle reste très saisonnière.
En conséquence, le secteur agricole du pays s’est progressivement orienté vers des systèmes de production plus durables et plus rentables, comme l’agriculture verticale, pour offrir des rendements tout au long de l’année.
Lorsque Dana Enany a pris conscience des lacunes du marché des produits locaux, elle a décidé d’explorer l’agriculture verticale dans son exploitation baptisée «Jana», basée à Djeddah.
Elle déclare à Arab News: «J’ai toujours été intriguée par le concept de la ferme à la table et je voulais rendre cette expérience accessible en Arabie saoudite.»

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Dana Enany, directrice générale de Mowreq Specialized Agriculture. (Photo fournie)

Jana Farm by Mowreq, une entreprise agricole spécialisée, vise à fournir aux habitants des produits propres, sans pesticides, sains et nutritifs.
Mme Enany indique avoir choisi la méthode d’agriculture verticale, «parce qu’elle utilise un environnement contrôlé au sein duquel les produits sont réguliers et sans saisonnalité».
Plus de cent vingt cultures différentes ont été testées avant qu’une gamme finale de produits ne soit définie. Pour démontrer que les cultures pouvaient être cultivées dans les conditions les plus difficiles, le projet a débuté à Djeddah, où le climat aride pose des défis majeurs à l’agriculture.
Jana Farm exploite un système d’irrigation hydroponique intérieur qui utilise jusqu’à dix fois moins d’eau que les méthodes de culture traditionnelles et recycle au moins 90% de l’eau, conformément aux objectifs de durabilité du Royaume.
Cette technique utilise des solutions de nutriments minéraux à base d’eau plutôt que de terre.

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Jana Farm by Mowreq vise à fournir aux habitants des produits propres, sans pesticides, sains et nutritifs. (Instagram/janafarmsa)

«En faisant pousser les récoltes localement en Arabie saoudite et en les fournissant exclusivement au marché saoudien, nos produits parcourent beaucoup moins de kilomètres que les produits importés. Par conséquent, notre empreinte carbone est beaucoup plus faible», ajoute la directrice.
Avec l’augmentation de la population et la diminution des terres arables disponibles, l’agriculture verticale offre des avantages environnementaux et de production majeurs par rapport aux méthodes traditionnelles.

Produits frais de la ferme
Elle poursuit: «Comme la plupart des agriculteurs qui utilisent cette technique, nous n’aimons pas être qualifiés de “bio” parce que nous pensons que les produits que nous cultivons sont de meilleure qualité que le bio.»
En plus des salades, la ferme cultive également de la roquette sauvage, des fleurs comestibles, des micropousses et des herbes comme le basilic, le thym, l’origan, le romarin, l’aneth et la ciboulette.
Les produits frais de la ferme peuvent être achetés tout au long de l’année dans les supermarchés de Djeddah et au moyen de plates-formes en ligne.
Bien qu’elle n’ait jamais étudié l’agriculture, Dana Enany a toujours été attirée par ce secteur.
Elle déclare: «J’ai toujours été passionnée d’agriculture et attirée par l’idée de durabilité dans ce secteur.»
L’obtention d’un master en gestion d’entreprises de la London Business School a été «une révélation» pour elle en tant qu’entrepreneuse dans le secteur agricole.
«Je pense que la demande de produits locaux de qualité en Arabie saoudite est élevée, d’autant plus que nous importons plus de 80% de nos aliments», note-t-elle.

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Fleurs comestibles. (Photo fournie)

En 2021, le ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Agriculture a alloué 100 millions de riyals saoudiens (1 riyal saoudien = 0,25 euro) pour développer et localiser les technologies d’agriculture verticale afin non seulement de suivre le rythme de la demande, mais aussi de réduire la désertification.

Accord de coentreprise
En décembre, Mowreq a signé un accord de coentreprise avec YesHealth Group, une société disposant de plusieurs exploitations agricoles verticales en Asie et en Europe.
Outre Mme Enany, Vertical Farms Co. est détenue par trois partenaires saoudiens partageant une vision commune. Il s’agit d’Obeid ben Zagr, qui a de l’expérience dans l’agriculture et l’industrie des biens de consommation en évolution rapide; Khader al-Ghamdi, informaticien et Modar Nazer, qui a travaillé dans les soins de santé, le conseil et les banques.
«Nous sommes tous très enthousiastes à l’idée d’apporter une contribution positive à notre pays», soutient Dana Enany.
La coentreprise établira un réseau de fermes verticales dans toute l’Arabie saoudite, en commençant par une première ferme à la périphérie de Riyad. Elle couvrira 4 500 mètres carrés de surface au sol et elle sera haute de seize mètres, ce qui équivaut à une superficie de 20 000 mètres carrés pour faire pousser des cultures.

Ferme verticale
«Ce sera la ferme verticale la plus haute du Moyen-Orient et l’une des plus grandes en termes de productivité», précise-t-elle.
Les nouvelles fermes verticales seront opérationnelles au quatrième trimestre de cette année.
Mme Enany déclare: «Le marché saoudien est immense et nous avons besoin de nombreuses fermes pour répondre à la demande. Nous sommes heureux de voir que le secteur privé investit également dans l’agriculture en environnement contrôlé.»
«Mowreq est le premier acteur de l’industrie agricole verticale en Arabie saoudite, ce qui nous a permis d’acquérir beaucoup d’expérience et de confiance. C’est le moment propice pour élargir notre présence à travers l’Arabie saoudite.»
«Nous avons prouvé comment cette méthode peut fonctionner avec succès dans notre pays. Bien que chaque entreprise et ferme verticale ait ses propres normes, nous avons adapté les technologies étrangères à ce qui fonctionne réellement dans le Royaume et nous avons développé des connaissances spécifiques dans ce domaine», ajoute-t-elle.

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Jana Farm by Mowreq vise à fournir aux habitants des produits propres, sans pesticides, sains et nutritifs. (Instagram/janafarmsa)

La ferme dépendra également de l’utilisation d’une technologie agricole intelligente, qui génère un climat, un éclairage et une nutrition contrôlés nécessaires à l’environnement le plus efficace et le plus durable possible pour la croissance des plantes.
«Toutes les dernières technologies – l’éclairage LED, Gelponics, les logiciels pour analyser toutes les données de l’environnement contrôlé, l’automatisation et la robotique – sont utilisées dans nos exploitations.»
«Nous appliquerons un substrat de gel à base d’eau pour faire pousser nos cultures de manière durable, en minimisant les déchets», affirme Dana Enany.

Agriculture intelligente
La ferme de Riyad aura une capacité de production maximale de deux tonnes par jour, soit 900 tonnes par an. Le calcul se base sur le poids des laitues, mais la ferme cultivera également des cultures plus légères comme les herbes, ce qui aura une incidence sur la capacité de production réelle.
Dans le même temps, le Fonds public d’investissement (PIF) d’Arabie saoudite a signé un accord de coentreprise avec la société américaine AeroFarms pour créer une société à Riyad qui construira et exploitera des fermes verticales au sein du Royaume et dans la région élargie du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
Cet accord permettra à la coentreprise d’utiliser la plate-forme technologique d’agriculture intelligente exclusive d’AeroFarms, AgTech, pour produire des cultures de haute qualité tout au long de l’année.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Qatar: Les attaques contre les installations énergétiques au Moyen-Orient auront des «répercussions à travers le monde» 

Plusieurs fortes explosions ont été entendues mardi à Doha, capitale du Qatar, ont rapporté des journalistes de l'AFP, l'Iran poursuivant ses attaques de représailles contre ses voisins du Golfe abritant des bases militaires américaines. (AFP)
Plusieurs fortes explosions ont été entendues mardi à Doha, capitale du Qatar, ont rapporté des journalistes de l'AFP, l'Iran poursuivant ses attaques de représailles contre ses voisins du Golfe abritant des bases militaires américaines. (AFP)
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  • "Les attaques contre les installations énergétiques qui ont eu lieu, des deux côtés, constituent un précédent dangereux (...) elles auront des répercussions à travers le monde"
  • Dans un communiqué publié sur X, le ministère de la Défense a dit avoir "intercepté une attaque de missile". Le ministère de l'Intérieur a de son côté fait état d'un "niveau de menace sécuritaire élevé"

DOHA: Le Qatar a mis en garde mardi contre les conséquences économiques mondiales des attaques contre les infrastructures énergétiques, au onzième jour de la guerre au Moyen-Orient.

"Les attaques contre les installations énergétiques qui ont eu lieu, des deux côtés, constituent un précédent dangereux (...) elles auront des répercussions à travers le monde", a affirmé le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

 

 


L'Iran défie les Etats-Unis, menace Donald Trump

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  • "Les forces armées iraniennes (...) n'autoriseront pas l'exportation d'un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi et ses partenaires jusqu'à nouvel ordre", a déclaré Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution
  • Le pouvoir iranien contrôle de facto le très stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL)

TEHERAN: L'Iran a menacé mardi le président américain, en rejetant ses avertissements de la veille et en promettant que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient "jusqu'à nouvel ordre".

"L'Iran n'a pas peur de vos menaces vides. Des plus puissants que vous ont essayé d'éliminer la nation iranienne et n'ont pas réussi. Faites attention à ne pas être éliminé vous-même!", a écrit Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, sur X.

La République islamique a balayé les propos lundi de Donald Trump, qui parlait de guerre "quasiment" terminée et jurait de frapper "plus fort" si Téhéran continuait de paralyser la circulation du pétrole dans la région.

Une perspective qui angoisse les marchés, face à un conflit qui embrase le Moyen-Orient depuis le 28 février.

"Les forces armées iraniennes (...) n'autoriseront pas l'exportation d'un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi et ses partenaires jusqu'à nouvel ordre", a déclaré Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique.

Le pouvoir iranien contrôle de facto le très stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Et il affiche sa détermination après avoir désigné dimanche l'ayatollah Mojtaba Khamenei nouveau guide suprême, dix jours après la mort de son père par des frappes israélo-américaines dans lesquelles il a lui même été blessé.

Les efforts "pour réduire et contrôler le prix du pétrole et du gaz seront ponctuels et vains. En temps de guerre, le commerce est tributaire de la sécurité régionale", a assuré le porte-parole des Gardiens, selon l'agence de presse Tasnim.

Ces derniers ont même promis de laisser transiter par le précieux passage "tout pays arabe ou européen qui expulserait les ambassadeurs israélien et américain de son territoire".

Des propos qui tranchent singulièrement avec ceux de Donald Trump la veille. "La guerre va se terminer bientôt", avait-il assuré, pour sa première conférence de presse depuis le début du conflit.

Laissant, comme souvent, planer le doute sur ses projets, il a menacé de frapper l'Iran "beaucoup plus fort" si Téhéran "prenait le monde en otage" en bloquant le détroit d'Ormuz.

Le dirigeant américain a aussi annoncé qu'il allait lever certaines sanctions sur le pétrole "afin de réduire les prix" qui se sont envolés ces derniers jours. Sans préciser pour autant de quelles sanctions il s'agissait, ni quels pays étaient concernés.

Volatilité "rare" des marchés 

De fait, l'or noir était sur toutes les lèvres mardi.

La reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz est "absolument cruciale", a affirmé le PDG de la compagnie pétrolière saoudienne Aramco, mettant en garde contre de potentielles "conséquences catastrophiques" d'un blocage prolongé sur les marchés pétroliers.

Le Qatar a dénoncé des attaques contre les installations énergétiques "des deux côtés", qui constituent selon lui "un précédent dangereux".

L'Inde a fait le même constat de la perturbation de l'acheminement du gaz et décidé de l'affecter en priorité à la consommation des ménages et aux transports.

En attendant d'y voir plus clair, les marchés mondiaux ont fait volte-face après la panique de lundi. Les prix du pétrole ont reculé de 5% en fin d'échanges asiatiques et le gaz européen a perdu 15%.

Les Bourses européennes, au diapason, se sont redressées à l'ouverture. Paris, Francfort et Londres ont repris entre 1,29 et 2,04%, dans la foulée du regain des bourses asiatiques (Séoul +5,35%, Tokyo +2,88%).

Les analystes ont pourtant du mal à s'y retrouver, entre déclarations contradictoires et frappes tous azimuts. "Il est rare que les marchés connaissent une telle volatilité", constate Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Les propos de Donald Trump ont permis d'enrayer la chute des marchés. Mais le conflit se poursuit "à plein régime (...) et les intentions des Etats-Unis dans cette guerre restent floues".

"Briser les os" 

Israël "brisera les os" du pouvoir iranien, mais n'en a "pas encore fini" avec lui, a déclaré de son côté le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Son armée a annoncé une nouvelle série de frappes sur Téhéran, où des journalistes de l'AFP ont entendu peu après des explosions.

Elle frappe aussi toujours le Liban, disant viser les fiefs du mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud et l'est du pays, victime collatérale de la guerre avec l'Iran.

Les forces israéliennes ont prévenu de frappes sur Tyr et Saïda (sud) contre le mouvement, appelant les habitants de plusieurs immeubles à évacuer leur logement.

Un scénario désormais courant, notamment pour Beyrouth, dont la banlieue sud a été quasiment vidée. Plus de 667.000 personnes ont été déplacées par les frappes israéliennes sur son voisin, dont 100.000 en 24 heures, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Les monarchies du Golfe tentent elles tant bien que mal de protéger des infrastructures d'hydrocarbures constamment visées.

Les Emirats arabes unis ont indiqué qu'une attaque de drone avait provoqué un incendie dans une zone industrielle. Koweït et Arabie saoudite ont dit avoir eux même abattu des aéronefs sans pilote, omniprésents dans le conflit. Et Bahreïn a déploré deux morts dans la frappe d'un immeuble résidentiel.

Dernier avatar en date du risque d'extension régionale du conflit, un second missile iranien a été intercepté lundi au-dessus de la Turquie. Le président iranien Massoud Pezeshkian a proposé à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan qu'une "équipe conjointe" enquête sur ces incidents, selon les médias iraniens.

Sans confirmer, la Turquie a annoncé le déploiement d'un système de défense antiaérien Patriot dans le centre du pays "pour soutenir la protection de (son) espace aérien".


L'Iran poursuivra ses attaques «aussi longtemps que nécessaire»

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mardi qu'Israël "brisait les os" du pouvoir iranien lors de son offensive et n'en avait "pas encore fini". (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mardi qu'Israël "brisait les os" du pouvoir iranien lors de son offensive et n'en avait "pas encore fini". (AFP)
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  • Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé mardi qu'il était prêt à se battre "aussi longtemps que nécessaire" contre les Etats-Unis et Israël
  • Une explosion a été entendue mardi matin à Jérusalem, où les sirènes d'alerte ont retenti après une alerte aux missiles iraniens de l'armée israélienne, ont rapporté des journalistes de l'AFP

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé mardi qu'il était prêt à se battre "aussi longtemps que nécessaire" contre les Etats-Unis et Israël, contredisant le président américain Donald Trump qui avait assuré la veille que la guerre allait "se terminer bientôt".

"Nous sommes prêts à poursuivre les frappes de missiles contre eux aussi longtemps que nécessaire et chaque fois que cela sera nécessaire", a déclaré le ministre iranien à la chaîne américaine PBS News, ajoutant que des négociations avec Washington "ne sont plus à l'ordre du jour".