L'Arabie saoudite à l'ONU appelle à une approche globale de la transformation énergétique

Le représentant permanent de l'Arabie saoudite auprès de l'ONU, Abdelaziz al-Wasil, a souligné l'importance de relever les défis du changement climatique ainsi que son impact sur le développement durable. (Twitter: @ksamissionun)
Le représentant permanent de l'Arabie saoudite auprès de l'ONU, Abdelaziz al-Wasil, a souligné l'importance de relever les défis du changement climatique ainsi que son impact sur le développement durable. (Twitter: @ksamissionun)
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Publié le Mercredi 14 juin 2023

L'Arabie saoudite à l'ONU appelle à une approche globale de la transformation énergétique

  • Les solutions proposées pour faire face au changement climatique doivent être intégratives et protéger les sociétés vulnérables, affirme le représentant du Royaume
  • Les EAU appellent le Conseil de sécurité à agir davantage sur les menaces environnementales pesant sur la paix mondiale

NEW YORK: La réduction des émissions de gaz à effet de serre doit accorder la même priorité aux trois piliers de la transformation énergétique – sécurité de la source, développement économique et changement climatique – qui assureraient la protection de toutes les nations, notamment les plus vulnérables, a affirmé mardi l'Arabie saoudite lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'Organisation des nations unies (ONU).

Le représentant permanent du Royaume auprès de l'ONU, Abdelaziz al-Wasil, a déclaré que les technologies et les solutions devaient être «intégratives.»

«Un financement devrait être assuré pour toutes les solutions prometteuses existantes, sachant que nous devrions nous concentrer sur les émissions de gaz à effet de serre sans donner la priorité à un type spécifique de source d'énergie.»

«C'est pourquoi le Royaume adopte une approche équilibrée pour réduire ces émissions et garantir une neutralité en carbone conformément à ses plans de développement. Il travaille à promouvoir sa diversité économique sans influer sur les chaînes d'approvisionnement, tout en développant des technologies qui réduisent les émissions, en coopération avec différents pays.»

La réunion a été convoquée par les Émirats arabes unis (EAU) qui assurent la présidence tournante du Conseil de sécurité pour le mois de juin.

«Le changement climatique est le défi absolu de notre époque», soutient la note de synthèse des EAU.

«Ses conséquences interdépendantes – intensification des conditions météorologiques extrêmes, élévation du niveau de la mer, insécurité alimentaire et hydrique, perte de biodiversité et risques accrus pour la santé – mettent en péril la vie humaine, les moyens de subsistance et les écosystèmes, et elles ont un impact négatif sur la stabilité nationale, régionale et mondiale. Un tel défi multidimensionnel est sans précédent.»

Les EAU, dans leur note, exhortent les participants à prendre en considération les répercussions du changement climatique sur la paix et la sécurité internationales.

M. Al-Wasil, s'exprimant au nom de l'Arabie saoudite, déclare: «Le Royaume est pleinement conscient de la nécessité d'accroître les efforts en matière de lutte contre les défis environnementaux liés au changement climatique, en particulier au cours de la décennie actuelle.»

«C'est pourquoi nous avons augmenté nos contributions nationales, en réduisant les émissions de 278 tonnes par an d'ici à 2030, ce qui équivaut à plus du double de ce que nous avions initialement annoncé en 2015.»

Il ajoute que «le Royaume a également annoncé son plan ambitieux visant à assurer une neutralité en carbone avant 2016, conformément à l'économie circulaire du carbone.

«Le Royaume a également rejoint l'engagement mondial sur le méthane, qui vise à réduire les émissions mondiales de méthane de 30% avant 2020.»

En sus de ces promesses, Abdelaziz al-Wasil a réitéré l'engagement de son pays à produire 50% de son électricité à partir de sources renouvelables d'ici à 2030.

Il indique que les défis environnementaux croissants dans le monde nécessitaient des efforts internationaux communs vers des solutions constructives. L'objectif est de protéger les sociétés exposées aux phénomènes météorologiques extrêmes, de tenir compte de l'impact de ces derniers sur le développement durable et de relever les défis économiques, sociaux et environnementaux.

M. Al-Wasil appelle à une approche internationale unifiée qui équilibre l'adaptation et l'atténuation, avec des investissements justement répartis sur les deux fronts. Cela contribuerait à la reprise de l'économie mondiale, alors que des efforts sont en cours pour mettre en œuvre la Convention-cadre des nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et l'Accord de Paris.

C'est dans cette optique, ajoute-t-il, que l'Arabie saoudite a programmé l’Initiative verte de l’Arabie saoudite ainsi que l’Initiative verte du Moyen-Orient qui s'attaquent aux défis du changement climatique, «en mettant en œuvre une économie circulaire du carbone: plantation d’arbres, réhabilitation des terres et protection des récifs coralliens, non seulement dans le Royaume, mais aussi à l’échelle régionale».

Ces initiatives reflètent également la conviction du Royaume dans l'importance de l'adaptation, souligne le représentant.

«L'Initiative verte saoudienne vise à planter 10 milliards d'arbres à travers le Royaume. Cela équivaut à la réhabilitation de 14 millions d'hectares de terres, et à l’extension des zones protégées à plus de 30% de nos terres et de nos mers.»

«En outre, le Royaume déploie des efforts sur place, tels que la création de la réserve du roi Salmane ben Abdelaziz, qui couvre 130 kilomètres carrés dans le nord de l'Arabie saoudite et cherche à rétablir les écosystèmes et à protéger la faune.»

La ministre du Changement climatique et de l'Environnement des EAU, Mariam al-Mheiri, qui a présidé la réunion, a déclaré que le Conseil devait faire davantage pour diminuer les effets du changement climatique sur la paix et la sécurité mondiales.

Mme Al-Mheiri souligne que les mesures du Conseil de sécurité étaient jusqu'à présent restées «insuffisantes» en raison de «l'ampleur et de la complexité sans précédent du changement climatique qui posent un défi très particulier à la capacité de réponse de nos systèmes multilatéraux».

Elle exhorte le Conseil à aborder les conflits «à travers une sensibilisation au climat». Elle ajoute que les missions de toutes les opérations de paix devaient intégrer les impératifs du changement climatique.

«Nous devons également éviter la polarisation autour de l'examen de cette question par le Conseil. Les enjeux sont trop importants, mesdames et messieurs, pour rejeter ou dénigrer ceux qui ont des préoccupations légitimes concernant la compétence du Conseil.»

Dubaï accueillera en novembre prochain la Conférence des nations unies sur les changements climatiques de 2023 (COP28).

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les défenses saoudiennes interceptent des drones visant le champ de Shaybah d’Aramco

Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
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  • Les forces de défense saoudiennes continuent d’intercepter des drones en direction de Shaybah
  • Le porte-parole du ministère de la Défense annonce que des drones se dirigeant vers le champ de Shaybah ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali

RIYAD : Les défenses aériennes de l’Arabie saoudite ont stoppé une nouvelle vague de frappes aériennes, cette fois ciblant le champ de Shaybah d’Aramco, a indiqué le ministère de la Défense samedi matin.

Dans une série de publications sur X, le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu’un total de 16 drones en direction du champ de Shaybah, répartis en quatre vagues, ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali.

Dans des messages distincts, Al-Maliki a aussi annoncé « l’interception et la destruction » d’un missile balistique et d’un missile de croisière tirés vers la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj.

Un autre drone a été intercepté à l’est de la capitale nationale, Riyad, a tweeté le porte-parole.

La menace de missile constitue la troisième tentative de frappe consécutive sur Al-Kharj, une zone industrielle clé située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

La tentative sur le champ de Shaybah est la première depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une campagne aérienne massive contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Téhéran contre divers objectifs dans le Golfe, y compris des raffineries et des sites industriels.

Les forces de défense saoudiennes ont continué d’intercepter les drones en approche de Shaybah, de la base aérienne Prince Sultan et de Riyad, selon un communiqué officiel du ministère samedi.

Situé au cœur de la Rub’ al-Khali, également connu sous le nom de Quart Vide, Shaybah est l’un des champs « super-géants » les plus vitaux de l’Arabie saoudite. Au-delà de ses immenses réserves pétrolières, le champ constitue une pierre angulaire de la stratégie gazière du Royaume, avec une usine de récupération high-tech fournissant des liquides de gaz naturel (LGN) essentiels au secteur pétrochimique.

Les attaques aériennes contre l’Arabie saoudite s’inscrivent dans une montée massive de l’agression aérienne dans tout le Golfe. Au cours des dernières 24 heures seulement, la région a vu les Émirats arabes unis intercepter plus de 125 drones et 6 missiles balistiques.

Vendredi, les défenses aériennes saoudiennes ont abattu cinq missiles dirigés vers la base aérienne Prince Sultan, quatre drones dans la région est de Riyad et un drone chacun dans la Province orientale et à Al-Kharj.

Jeudi, le Royaume a détruit trois missiles de croisière ciblant Al-Kharj, quelques heures seulement après qu’une attaque de drone ait été stoppée au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura dans la Province orientale.

Ces attaques se poursuivent malgré les protestations et condamnations émises par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique.

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le CCG a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre « l’agression perfide iranienne ».

Suite à une session du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré se réserver le « plein droit » de riposter. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.