Visite du pape à Marseille: La Méditerranée et les migrations au menu

Le pape François à la sortie de l'audience générale hebdomadaire sur la place Saint-Pierre comme au Vatican (Photo, AFP).
Le pape François à la sortie de l'audience générale hebdomadaire sur la place Saint-Pierre comme au Vatican (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 14 juin 2023

Visite du pape à Marseille: La Méditerranée et les migrations au menu

  • La semaine précédant la venue du pape François, sont prévus un festival avec expositions, concerts, veillées et soirées de prières
  • Le pape, dont l'entourage «tiendra compte de l'état de santé», fera l'aller-retour le même jour

MARSEILLE: Messe, programme, hommage aux migrants : le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille a précisé mardi le déroulé de la visite du pape le 23 septembre dans la cité phocéenne.

Il s'agit non pas d'un "voyage d'État officiel", mais d'un "pèlerinage méditerranéen" du souverain pontife, 86 ans, "dix ans après son premier voyage à Lampedusa", a déclaré Mgr Aveline à Paris devant les journalistes de l'Association des journalistes d'information sur les religions (Ajir), faisant référence à l'île italienne porte d'entrée des migrants africains en Europe.

François viendra conclure les Rencontres méditerranéennes, auxquelles participeront une soixantaine de représentants d'Eglises des cinq rives de la Méditerranée.

Déroulé de la journée

François, dont l'entourage "tiendra compte de l'état de santé", fera l'aller-retour le même jour.

Est d'abord prévue une prière mariale à Notre-Dame-de-la-Garde, avec dépôt de bougie. "C'est bien que le pape fasse le même geste que les Marseillais", souligne Mgr Aveline.

Puis, à l'extérieur, il aura un temps de "recueillement" œcuménique et interreligieux devant la stèle en hommage aux disparus en mer et aux migrants morts en mer, en présence d'associations qui s'occupent des migrants.

La visite se poursuivra au Palais du Pharo, où il échangera avec 70 jeunes et 70 évêques de Méditerranée, avec l'épiscopat français, le corps diplomatique etc.

Enfin une messe aura lieu au stade Vélodrome. "Un symbole" : "c'est comme s'il allait voir les Marseillais chez eux", souligne l'archevêque. "Vu l’engouement, le stade (plus de 67.000 personnes, ndlr) va être vite plein". Mgr Aveline a évoqué l'idée d'"extensions", sous forme de "fans zones" ou d'un "parcours 'barriéré'" que le souverain pontife pourrait emprunter.

Thématiques de travail, message aux migrants 

Sur la Méditerranée, quatre "défis majeurs" ont été identifiés : les "disparités socio-économiques très fortes entre et dans les pays", le défi "environnemental et climatique", les "défis liés aux flux migratoires" et enfin les "tensions géo-politico-religieuses".

S'agissant de la question migratoire, "ce n'est pas dans l'intention" du pape "de favoriser une posture politique", selon Mgr Aveline.

Il n'entend pas aborder "le problème uniquement" comme une "question (de) flux migratoires, mais (entend) le prendre dans son contexte - celui des tensions géopolitiques, des problèmes socio-économiques, etc", a-t-il dit.

"Le message du pape est clair - ainsi que le message de la journée du migrant 2023, (qui) a pour titre 'Choisir de migrer ou ne de pas migrer'. Ça veut dire s'engager à travailler à ce que les conditions d'une non-migration soient possibles".

 Macron: viendra, viendra pas ? 

"Emmanuel Macron a l’intention de venir", a indiqué Mgr Aveline. "Viendra-t-il à (l'aéroport de, ndlr) Marignane, (...) au Pharo, (...) à la messe ? Quand viendra-t-il ? Je ne le sais pas. Pour l'instant, l’Élysée n’a pas communiqué".

Les à-côtés : le «off»

La semaine précédant sa venue, sont prévus un festival avec expositions, concerts, veillées, soirées de prières, rencontres entre croyants de multiples confessions, entre théologiens, recteurs de sanctuaires, ou encore des conférences - dont l'une sur le thème de l'eau qui aura lieu... sur l'archipel du Frioul.

Quelques 2.000 bénévoles sont attendus.

Pour les hébergements, un paquebot de la Norway, avec 4.800 places sera affrété pour la nuit de samedi 23 au dimanche 24. Ainsi qu'un ferry de la Corsica Linea de 1.600 places de jeudi à dimanche.

L'organisation de l'évènement, qui a lieu en pleine Coupe du monde de rugby en France, a donné lieu à des discussions. Une négociation a notamment été menée avec la compagnie d'assurance de la pelouse du Vélodrome, qui réclamait initialement 800.000 euros, a indiqué Mgr Aveline. Selon lui, "ils ont lâché la semaine dernière", grâce à l'action conjointe de l'OM, du ministère des Sports, du diocèse.

Comment obtenir une place au vélodrome ?

En se renseignant auprès des paroisses ou des sites de pèlerinages, a indiqué l'archevêque.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».