La Slovénie revendique des sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU pour les Arabes et les Africains

Tanja Fajon a affirmé que l’une des priorités de son pays était de renforcer l’efficacité de l’ONU. (Photo, ONU)
Tanja Fajon a affirmé que l’une des priorités de son pays était de renforcer l’efficacité de l’ONU. (Photo, ONU)
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Publié le Mercredi 07 juin 2023

La Slovénie revendique des sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU pour les Arabes et les Africains

  • Les réformes pourraient inclure l’augmentation du nombre de membres permanents et non permanents pour aider à mieux relever les défis complexes et en constante évolution à la paix et à la sécurité internationales
  • La Slovénie, qui est membre de l’Union européenne et de l’Otan, a obtenu 153 voix à l’Assemblée générale, battant aisément la Biélorussie

NEW YORK: Toute négociation sur les réformes du Conseil de sécurité de l’ONU doit inclure des discussions sur les sièges permanents de l’Union africaine et de la Ligue arabe, a déclaré mardi la vice-Première ministre et ministre des Affaires étrangères de Slovénie à Arab News.

Tanja Fajon a tenu ces propos au siège de l’ONU à New York à la suite d’un vote de l’Assemblée générale qui a élu son pays parmi les cinq nouveaux membres non permanents du conseil – l’organe de l’ONU chargé de maintenir la paix et la sécurité mondiales.

Elle a affirmé que l’une des priorités de son pays était de renforcer l’efficacité de l’ONU.

«Le simple fait que 80% de l’ordre du jour» soit dédié au Conseil de sécurité sur les questions africaines sans que le continent dispose d’un siège permanent véhicule «un message important», celui de la nécessité de «trouver des compromis» et de prendre des mesures pour «réformer le conseil en vue de le rendre plus efficace».

Les discussions et les débats à l’ONU se sont intensifiés ces derniers mois, surtout depuis le début de la guerre en Ukraine. Ils portent sur la nécessité de mettre en place des réformes importantes au sein du conseil pour tenir compte de l’évolution des besoins de la gouvernance mondiale en matière de paix et de sécurité, notamment les appels croissants des pays du Sud pour une présence plus efficace.

Les réformes pourraient inclure l’augmentation du nombre de membres permanents et non permanents pour aider à mieux relever les défis complexes et en constante évolution à la paix et à la sécurité internationales.

Outre les nombreux défis en Afrique qui sont à l’ordre du jour du conseil, il existe plusieurs questions arabes importantes sur lesquelles peu de progrès ont été réalisés ces dernières années. Notons que certaines d’entre elles se trouvent dans une impasse, notamment celles qui concernent la Syrie, le Yémen et le conflit entre les Palestiniens et les Israéliens.

Arab News a demandé à Tanja Fajon si, en plus de l’Union africaine, la Ligue arabe méritait un siège permanent au Conseil de sécurité, et si elle plaiderait pour une telle décision lorsque le mandat de la Slovénie en tant que membre non permanent commencera, en janvier 2024. La ministre a répondu en ces termes: «Oui, si nous parlons d’élargissement, il faudrait l’appliquer dans les deux catégories. Nous devons trouver un compromis.»

Elle a rappelé que son pays était déterminé à poursuivre les réformes de l’organe le plus puissant de l'ONU et a ajouté: «Nous avons une bonne expertise, nous savons comment aller de l’avant et nous continuerons à renforcer le dialogue avec nos partenaires.»

«Nous devons rendre cette organisation plus efficace. Je suis consciente des défis. J’ai parlé avec de nombreux collègues de la nécessité de la réforme. Nous travaillerons donc à cet égard pour trouver des compromis sur la manière de réformer le Conseil de sécurité pour le rendre plus efficace.»

La Slovénie, qui est membre de l’Union européenne et de l’Otan, a obtenu 153 voix à l’Assemblée générale, battant aisément la Biélorussie, qui a obtenu 38 voix dans ce vote à bulletin secret. Les deux pays étaient en compétition pour le siège du conseil attribué à l’Europe de l’Est.

Les autres pays élus pour un mandat de deux ans au conseil sont le Guyana (191 voix), la Sierra Leone (188), l’Algérie (184) et la Corée du Sud (180). Leurs mandats débuteront le 1er janvier en remplacement de l’Albanie, du Brésil, du Gabon, du Ghana et des Émirats arabes unis, dont le mandat de deux ans prendra fin le 31 décembre.

À la question de savoir si la Slovénie, en tant que membre de l’Otan, serait influencée au Conseil de sécurité par la position des États-Unis, la ministre a répondu: «Pour simplifier les choses, nous désirons avoir une chance de prouver que nous sommes capables de travailler avec tout le monde, que nous sommes très confiants dans notre politique étrangère et que nous travaillerons dur pour appréhender les besoins de tous.»

Par ailleurs, elle a précisé que, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, elle a rencontré l’année dernière plus de 150 représentants de gouvernements mondiaux. Les Slovènes «ont suffisamment confiance en eux et nous disposons d’un réseau diplomatique solide pour faire ce que nous estimons être le mieux non seulement pour la Slovénie et notre région, mais pour le monde».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Suni Williams, l'astronaute bloquée neuf mois dans l'ISS, prend sa retraite

 L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa. (AFP)
L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa. (AFP)
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  • Les deux vétérans de l'espace avaient vu leur séjour s'éterniser en raison des problèmes détectés sur le système de propulsion du vaisseau spatial Boeing Starliner, qui effectuait avec eux son premier vol habité
  • La situation avait conduit la Nasa à décider à l'été 2024 de ramener le vaisseau de Boeing à vide sur Terre et de faire revenir les deux astronautes par l'entremise de SpaceX, l'entreprise du multimilliardaire Elon Musk

WASHINGTON: L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa.

L'astronaute était devenue célèbre avec son collègue Butch Wilmore quand leur voyage aller-retour vers la Station spatiale internationale (ISS), qui devait durer huit jours en juin 2024, s'était prolongé au-delà de neuf mois, bien plus longtemps que les rotations classiques d'environ six mois.

Les deux vétérans de l'espace avaient vu leur séjour s'éterniser en raison des problèmes détectés sur le système de propulsion du vaisseau spatial Boeing Starliner, qui effectuait avec eux son premier vol habité.

La situation avait conduit la Nasa à décider à l'été 2024 de ramener le vaisseau de Boeing à vide sur Terre et de faire revenir les deux astronautes par l'entremise de SpaceX, l'entreprise du multimilliardaire Elon Musk.

Les deux astronautes avaient pu finalement revenir sur Terre en mars 2025 après 286 jours dans l'espace.

Leur périple avait pris une tournure politique avec le retour au pouvoir du président républicain Donald Trump, ce dernier accusant son prédécesseur démocrate Joe Biden d'avoir volontairement "abandonné" les deux infortunés.

Suni Williams, 60 ans, avait rejoint la Nasa en 1998. Elle a été "une pionnière des vols spatiaux habités, façonnant l'avenir de l'exploration grâce à son leadership à bord de la station spatiale", a déclaré Jared Isaacman, directeur de la Nasa, dans un communiqué.

Suni Williams a participé à trois missions à bord de l'ISS, la première ayant eu lieu en 2006.

Au cours de sa carrière, Suni Williams a passé 608 jours dans l'espace, ce qui représente le deuxième plus long temps cumulé passé dans l'espace dans l'histoire de la Nasa, a indiqué l'agence spatiale.

Elle a également enregistré le plus long temps de sortie extravéhiculaire de toutes les femmes astronautes, soit 62 heures et 6 minutes, ce qui représente le quatrième plus long temps de tous les astronautes de la Nasa.


Les tensions au Moyen-Orient occupent le devant de la scène à Davos

Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
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  • Pour sa 56e édition, la réunion annuelle du WEF devrait attirer environ 3 000 participants de plus de 130 pays
  • La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, partagera les expériences réussies du Royaume dans le cadre de Vision 2030

DAVOS : Des dirigeants mondiaux, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires arrivent dans la ville suisse de Davos, recouverte de neige, pour le Forum économique mondial 2026, que les organisateurs ont qualifié de "l'un des rassemblements de plus haut niveau de l'histoire de l'événement".

La réunion de cette année, qui se tiendra du 19 au 23 janvier, abordera une série de défis géopolitiques urgents, de la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, où de nombreux points chauds à Gaza, au Liban et sur la mer Rouge ont ravivé les craintes d'une escalade régionale plus large.

Placé sous le thème "Un esprit de dialogue", le forum se tient à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, d'inégalités économiques croissantes et de changements technologiques perturbateurs, offrant une plateforme pour favoriser la coopération mondiale afin de faire face aux grandes incertitudes.

Le forum de cette année devrait attirer un nombre record de participants gouvernementaux : 400 dirigeants politiques de premier plan, six dirigeants du G7, près de 850 PDG et présidents de conseils d'administration parmi les plus importants au monde, et près de 100 licornes et pionniers de la technologie de premier plan sont attendus.

Le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, le président syrien Ahmad Al-Sharaa et Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement marocain, figurent parmi les 65 chefs d'État qui participeront à cet événement de premier plan.

La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, comprendra la princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d'Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid Al-Falih, ministre de l'investissement, Bandar Alkhorayef, ministre de l'industrie et des ressources minérales, Ahmed Al-Khateeb, ministre du tourisme, Faisal Alibrahim, ministre de l'économie et de la planification, Abdullah Al-Swaha, ministre des communications et des technologies de l'information, et Mohammed Al-Jadaan, ministre des finances.

Les ministres engageront un dialogue avec des leaders mondiaux, tout en partageant les expériences réussies du Royaume dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, selon un communiqué du ministère de l'économie et de la planification.

En marge du WEF, le ministère accueillera pour la deuxième année consécutive le pavillon de la Maison saoudienne, qui réunira des leaders d'opinion internationaux pour plus de 20 sessions axées sur les principales tendances et les défis qui façonnent l'économie mondiale.

Borge Brende, président-directeur général du FEM, a déclaré que la réunion de cette année serait "l'une des plus importantes", soulignant que "le dialogue n'est pas un luxe en période d'incertitude ; c'est une nécessité urgente".

Le forum mondial "offrira un espace à un mélange inégalé de dirigeants et d'innovateurs mondiaux pour dépasser les divisions, se faire une idée d'un paysage mondial en évolution rapide et proposer des solutions aux défis les plus importants et les plus pressants d'aujourd'hui et de demain", a ajouté M. Brende.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.