Australie: la police ne diffusera pas la vidéo de la nonagénaire maîtrisée au taser

Ci-dessus, Clare Nowland fait un saut en parachute à Canberra, en Australie, le 6 avril 2008. Clare Nowland, aujourd'hui âgée de 95 ans, est dans un état critique deux jours après que la police lui a administré une décharge électrique. (Australian Broadcasting Corp. via AP)
Ci-dessus, Clare Nowland fait un saut en parachute à Canberra, en Australie, le 6 avril 2008. Clare Nowland, aujourd'hui âgée de 95 ans, est dans un état critique deux jours après que la police lui a administré une décharge électrique. (Australian Broadcasting Corp. via AP)
Short Url
Publié le Samedi 20 mai 2023

Australie: la police ne diffusera pas la vidéo de la nonagénaire maîtrisée au taser

  • La vieille dame, Clare Nowland, est hospitalisée dans un état critique, trois jours après avoir reçu une décharge de taser lors d'une intervention qui a choqué les Australiens et fait les gros titres de journaux internationaux
  • Les policiers affirment avoir exhorté Mme Nowland à lâcher son couteau mais elle s'est dirigée vers eux «à un rythme lent» à l'aide d'un déambulateur, ce qui a incité l'un des agents à lui tirer dessus avec son taser

SYDNEY : La police australienne ne compte pas rendre publiques les images de la caméra-piéton d'un de ses agents qui a employé un taser contre une femme de 95 ans atteinte de démence, a déclaré samedi une cheffe de la police.

La vieille dame, Clare Nowland, est hospitalisée dans un état critique, trois jours après avoir reçu une décharge de taser lors d'une intervention qui a choqué les Australiens et fait les gros titres de journaux internationaux.

Les policiers ont été appelés mercredi dans une maison de retraite de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud (sud-est) pour maîtriser une femme "armée d'un couteau", a indiqué la police dans un communiqué.

Les policiers affirment avoir exhorté Mme Nowland à lâcher son couteau mais elle s'est dirigée vers eux "à un rythme lent" à l'aide d'un déambulateur, ce qui a incité l'un des agents à lui tirer dessus avec son taser.

Interrogée lors d'une conférence de presse sur les appels politiques en faveur de la diffusion des images de l'intervention, Karen Webb, commissaire de police de la Nouvelle-Galles du Sud, a déclaré: "Je ne vois pas très bien pourquoi ils veulent les voir."

Citant des "exigences légales" relatives aux appareils de surveillance, Mme Webb a précisé ne pas avoir "l'intention de les divulguer à moins qu'il n'y ait un processus à la fin (de la procédure) qui permette de les divulguer".

L'enquête sur l'utilisation du taser "prendra du temps", a-t-elle estimé.

Le sénateur australien David Shoebridge a demandé à la police de rendre publiques les images de la caméra-piéton.

"Le public a le droit de savoir ce que la police a fait et cela ne peut pas être caché dans une enquête privée où la police enquête sur la police", a-t-il souligné.

Mme Webb a promis que l'enquête, qui sera menée par la brigade des homicides de la police de l'Etat et supervisée par une commission sur la conduite des forces de l'ordre, suivrait une "procédure appropriée".

Le pronostic de Mme Nowland, qui a 24 petits-enfants et 31 arrière-petits-enfants, est incertain, a fait savoir Mme Webb, après avoir passé du temps avec sa famille à l'hôpital vendredi.


La diplomatie israélienne, la France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s'adresse aux journalistes à son arrivée au siège de l'UE, en marge du Conseil des affaires étrangères de l'UE à Bruxelles, le 24 février 2025. (Photo JOHN THYS / AFP)
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s'adresse aux journalistes à son arrivée au siège de l'UE, en marge du Conseil des affaires étrangères de l'UE à Bruxelles, le 24 février 2025. (Photo JOHN THYS / AFP)
Short Url
  • Le ministre israélien a souligné que l'Iran constituait une menace pour toute la région, et pas seulement pour Israël.
  • le ministre français des Affaires étrangères avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, « une confrontation militaire » serait « presque inévitable ».

PARIS : « Notre objectif commun est de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire », a déclaré jeudi le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré son homologue français Jean-Noël Barrot dans la matinée, a souligné que l'Iran constituait une menace pour toute la région, et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël entretient des discussions avec la France et le Royaume-Uni, ainsi qu'un « dialogue plus intense » avec les États-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, M. Saar n'a toutefois pas souhaité se prononcer. « Nous n'excluons pas la voie diplomatique », a-t-il dit. Les Iraniens « ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les États-Unis, et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait ». 

Mercredi, le ministre français des Affaires étrangères avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, « une confrontation militaire » serait « presque inévitable ».

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre de négociation d'un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

« Il existe une coopération entre l'Iran, le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien. Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils », a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Concernant la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace que le groupe islamiste palestinien Hamas représente. 

Il a en outre assuré que son gouvernement était « engagé à faire libérer tous les otages ». Il a balayé l'idée que celui-ci « sacrifiait » les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages régulièrement et qu'elles ne partageaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Mardi, le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu de « sacrifier » les otages à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans le nord de la Palestine, après un appel à évacuer lancé par l'armée israélienne. 

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth malgré le fragile cessez-le-feu conclu il y a quatre mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité dans ce pays, mais qu'il ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah « se réarmer ».

« Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban », a-t-il assuré. « C'est peut-être prématuré du point de vue libanais », a-t-il reconnu, tout en indiquant qu'un début de processus de négociations « sur certaines problématiques » avait été engagé. « Nous avons une équipe qui négocie les différends à la frontière », a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir « un dialogue continu » avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu « prochainement ».  


L'Otan en plein doute sur son avenir face à la tempête Trump

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
Short Url
  • Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer.
  • les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

BRUXELLES : Les tirs de barrage américains contre les pays européens de l'Otan ébranlent jusqu'aux fondements de l'Alliance atlantique, qui a cependant toutes les peines du monde à imaginer un avenir sans les États-Unis.

Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer. Un diplomate interrogé sous couvert d'anonymat décrit l'agressivité de la nouvelle administration américaine comme un « traumatisme ».

Ce changement se fera-t-il avec ou sans les États-Unis ? La question agite les couloirs du siège de l'Alliance à Bruxelles.

« On connaît la direction : moins d'États-Unis et plus d'Europe », résume un diplomate sous couvert d'anonymat. Cependant, de nombreuses questions restent en suspens.

En deux mois, Donald Trump s'en est pris au Canada qu'il entend voir devenir le 51ᵉ État américain, et au Danemark, dont il revendique l'un des territoires, le Groenland. 

Plusieurs responsables américains, dont le vice-président J. D. Vance, n'ont pas caché leur mépris à l'égard des Européens, considérés comme des « profiteurs » et des passagers clandestins d'une alliance où, dénoncent-ils, ils ne paient pas leur dû.

Depuis le 20 janvier, date du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, « l'optimisme est de moins en moins de mise », confie un diplomate. « Les États-Unis n'ont pas encore pris de décisions concrètes, mais on dirait que chaque jour est porteur d'un nouveau coup contre les fondations de l'Alliance. »

- Transition « désordonnée » -

Pour Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l'Otan et chercheur auprès de l'ECFR, trois scénarios sont possibles.

Celui de la transition ordonnée : les Américains se désengagent, mais en bon ordre, à la suite d'une négociation qui donne aux Européens le temps de se préparer. « Cela permet d'éviter les incertitudes », assure-t-il dans un entretien avec l'AFP.

Celui de la transition « désordonnée » : les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

Le retrait se fait « en mode crise », avec des « menaces et des annonces désordonnées ». C'est « le scénario dominant » aujourd'hui, estime l'analyste.

Il y a aussi le scénario cauchemar pour nombre d'Alliés : le retrait « de facto ou de jure ». Les États-Unis se désintéresseront de la défense du continent européen.

Donald Trump exige que les Européens et les Canadiens consacrent au moins 5 % de leur PIB à cette défense, alors qu'ils sont à moins de 2 % pour l'Italie ou l'Espagne. La marche est très haute. Mais tous savent qu'il faudra « annoncer » quelque chose au sommet de l'OTAN en juin, selon un diplomate.

Le Secrétaire général de l'Alliance Mark Rutte a évoqué un chiffre entre 3,5 et 3,7 %. Ce sera difficile, mais c'est une question de priorités dans les dépenses nationales, ajoute-t-il. 

Personne ne sait si ce chiffre sera suffisant pour Donald Trump.

- "Cinq ans" -

En attendant, beaucoup à Bruxelles et dans les autres capitales européennes s'interrogent sur un "après" Etats-Unis.

"Nous avons toujours su que le moment viendrait où l'Amérique se retirerait en quelque sorte et où l'Europe devrait faire davantage", rappelle ainsi Jamie Shea, ancien porte-parole de l'Otan et expert auprès du think tank londonien Chatam House.

Et le calendrier est très serré. Les Européens ont "cinq ans" pour recréer une dissuasion face à la menace russe, juge ainsi Camille Grand. Un calcul basé sur le temps jugé nécessaire, selon plusieurs services de renseignement, pour que la Russie reconstitue son armée et soit en mesure de menacer un pays de l'Otan, explique-t-il. 

Selon cet expert français, les Européens en sont capables, même si un investissement substantiel sera nécessaire pour combler l'apport américain en termes de renseignement, de satellites ou de logistique. « Il n'y a pas de raison que 500 millions d'Européens ne puissent pas dissuader 140 millions de Russes », assure-t-il.

Plusieurs pays en doutent. « Les États-Unis restent indispensables pour une dissuasion crédible », estime ainsi un diplomate européen auprès de l'Otan.


Le Wisconsin, théâtre d'une première défaite électorale pour Trump et Musk

 Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
Short Url
  • Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin,
  • En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias

WASHINGTON : Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin, un scrutin habituellement d'ampleur locale, marqué cette fois-ci par la forte implication d'Elon Musk.

Selon les projections de plusieurs médias américains, Susan Crawford, soutenue par les démocrates, a remporté un siège pour dix ans à la Cour suprême de cet État de la région des Grands Lacs.

Elle faisait face à Brad Schimel, soutenu par Donald Trump et par le multimilliardaire Elon Musk, et dont la victoire aurait fait basculer la haute instance du Wisconsin du côté conservateur.

En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias.

Mardi soir, le président a mis à profit sa plateforme Truth Social pour se féliciter des deux « larges » victoires de son camp en Floride, mettant en avant son « soutien » aux candidats.

Il n'a en revanche pas commenté le résultat pour la Cour suprême du Wisconsin, préférant y retenir l'adoption, par un référendum organisé le même jour, d'une mesure obligeant les électeurs à présenter une pièce d'identité avec photo afin de pouvoir voter.

« C'est une grande victoire pour les républicains, peut-être la plus grande de la soirée », a-t-il écrit.

« Le plus important » 

Elon Musk n'a pas non plus réagi à la défaite de Brad Schimel, et a plutôt salué l'issue du référendum local. « C'était le plus important », a-t-il affirmé sur son réseau social X.

Le patron de Tesla et Space X s'inquiétait d'un potentiel rééquilibrage par la Cour suprême locale dans le découpage des circonscriptions électorales, en faveur des démocrates. État pivot, le Wisconsin avait été remporté par Donald Trump à la présidentielle de novembre.

« C'est l'une de ces situations étranges où une petite élection en apparence pourrait déterminer le destin de la civilisation occidentale », avait lancé Elon Musk mardi.

Le président républicain avait, lui, publié lundi sur Truth Social un message de soutien à Brad Schimel. Il s'en était surtout pris à Susan Crawford, qui serait, selon lui, « un désastre pour le Wisconsin et pour les États-Unis d'Amérique ».

Un peu plus de deux mois après le début de son mandat, les enquêtes d'opinion indiquent une baisse relative de la popularité de Donald Trump. Ces élections dans le Wisconsin et en Floride étaient les premières véritables épreuves auxquelles il faisait face dans les urnes depuis novembre.

Campagne onéreuse 

Mardi, le trumpiste Randy Fine a bien remporté le siège en jeu à la Chambre des représentants face au démocrate Josh Weil, mais avec une avance bien plus mince qu'il y a quelques mois.

Ces résultats ont « de quoi donner des sueurs froides à mes collègues républicains », a déclaré sur la chaîne MSNBC Hakeem Jeffries, responsable de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. Cela fait écho à la difficulté de l'opposition à se faire entendre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Dans le Wisconsin, les deux camps avaient sorti l'artillerie lourde pour une élection qui, d'ordinaire, passe inaperçue dans le reste du pays.

Selon le Centre Brennan de l'université de New York, c'est « le scrutin judiciaire le plus coûteux de l'histoire américaine », avec plus de 98 millions de dollars déversés dans la campagne, dont 53 millions en faveur du candidat conservateur.

Elon Musk n'est pas étranger à cela.

« Il a dépensé plus de 25 millions de dollars pour essayer de m'empêcher de siéger à la Cour suprême du Wisconsin », a lancé dimanche Susan Crawford lors d'un rassemblement.

Son équipe de campagne avait récemment accusé Elon Musk de vouloir « acheter un siège à la Cour suprême du Wisconsin afin d'obtenir une décision favorable » dans des poursuites engagées par Tesla, son entreprise de véhicules électriques, contre les autorités du Wisconsin.