AlUla dévoile les noms des architectes chargés de la conception de deux musées dans la ville antique

Les architectes Lina Ghotmeh et Asif Khan seront responsables de la conception des deux futurs musées à AlUla,  qui constituent les premiers de quinze biens culturels. (Photo fournie)
Les architectes Lina Ghotmeh et Asif Khan seront responsables de la conception des deux futurs musées à AlUla, qui constituent les premiers de quinze biens culturels. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 19 mai 2023

AlUla dévoile les noms des architectes chargés de la conception de deux musées dans la ville antique

  • Lina Ghotmeh sera responsable de la conception du musée d’Art contemporain et Asif Khan de celle du musée de la Route de l’encens
  • Le musée d’Art contemporain présentera une collection d’œuvres d’artistes issus des régions limitrophes de la mer Rouge, de la mer d’Oman et de la Méditerranée orientale

VENISE: La Commission royale pour AlUla a annoncé que Lina Ghotmeh, qui est née à Beyrouth et vit à Paris, et Asif Khan, un talentueux Britannique, seraient les architectes de deux futurs musées à construire dans l’ancienne ville-oasis.

Lina Ghotmeh sera responsable de la conception du musée d’Art contemporain et Asif Khan de celle du musée de la Route de l’encens, dans le cadre d’une myriade de biens culturels qui reflètent les plans ambitieux de la région.

Les deux architectes ont été choisis par un jury international composé d’acteurs clés et de spécialistes de l’architecture, du paysage et de la muséologie. Le jury est soutenu par un comité technique et présidé par le Dr Khaled Azzam, l’homme à l’origine du plan directeur Journey Through Time d’AlUla.

«Nous sommes ravis de faire part des noms des architectes choisis pour ces deux musées importants, qui constituent les premiers des quinze biens culturels en cours de développement dans le cadre du plan directeur Journey Through Time d’AlUla», indique le Dr Azzam.

«AlUla est un paysage de découverte spectaculaire, où le patrimoine, les œuvres de la nature et l’humanité s’associent pour donner naissance à une relation longue et intime entre les gens et leur environnement. Ce plan directeur guidera la revitalisation d’AlUla en établissant un nouvel héritage culturel, avec en outre la mise en œuvre d’une économie circulaire qui devrait créer 38 000 nouveaux emplois», poursuit-il.

M. Khan a reçu l’ordre de l’Empire britannique pour ses services dans le domaine de l’architecture. Il travaille actuellement sur la rénovation du Barbican Center à Londres et du nouveau London Museum. Il est connu pour son approche unique de l’architecture, qui fusionne l’histoire et le patrimoine avec l’avenir grâce à une inclusion stimulante de matériaux.

«AlUla m’a profondément touché, tout comme les membres de la communauté locale que j’ai rencontrés. La conception prend la forme d’un espace public, et non d’un musée entre quatre murs, situé dans le village d’Al-Jadidah, avec des galeries et des espaces pour les expériences sensorielles et l’apprentissage», explique-t-il.

«Les montagnes constituent un arrière-plan constant et les dunes s’étendent jusqu’aux bords du musée, tandis que les terrasses en escalier des jardins servent de nouvelle interface entre le village et l’oasis.»

«Je suis content de la manière dont le musée de la Route de l’encens peut être intégré à la mémoire collective du monde et devenir un atout transformateur pour la communauté locale», ajoute-t-il.

Lina Ghotmeh a conçu le Serpentine Pavilion de Londres. Elle est connue pour sa capacité à faire fusionner les domaines de l’art, de l’architecture et du design.

«L’architecture du musée d’Art contemporain d’AlUla plonge les visiteurs dans un voyage créatif de l’étendue désertique à l’oasis culturelle luxuriante d’AlUla, qui entremêle l’environnement naturel, l’agriculture et l’art pour révéler le cœur de la culture contemporaine», précise-t-elle.

«À travers une série de pavillons de jardin, le musée présente une interaction constante entre l’art et la nature, et capture ainsi l’essence de ce lieu unique. Les galeries offrent des perspectives surprenantes et solidement ancrées sur les nombreuses facettes d’AlUla – des microclimats de l’oasis à l’étendue du désert – et évoquent un profond sentiment d’attachement à la terre et à son patrimoine», poursuit-elle.

Le musée d’Art contemporain présentera une collection d’œuvres d’artistes issus des régions limitrophes de la mer Rouge, de la mer d’Oman et de la Méditerranée orientale. Il constituera ainsi le principal musée d’art d’AlUla.

La durabilité fera également partie intégrante de sa structure et de son programme. Le musée comprendra une série adjacente de jardins conçus par des artistes. Intégré dans l’oasis caractéristique d’AlUla, au milieu de jardins potagers, de palmeraies, de chaînes de montagnes et d’une ancienne colonie, le musée explorera une conception environnementale sensible et fonctionnera comme catalyseur pour le renouvellement de l’environnement et la régénération de l’oasis.

Le musée de la Route de l’encens sera le premier musée au monde consacré au réseau millénaire des principales routes commerciales terrestres et maritimes.

Il vise à donner vie aux histoires anciennes et modernes qui ont fait d’AlUla un carrefour pour le commerce, la culture et l’échange de connaissances, tout en offrant une présentation dynamique des fouilles en cours à AlUla, à travers les découvertes de ses différents sites archéologiques et l’importance culturelle de la route de l’encens.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Qu’est-ce qui fait de la rose de Taïf un produit de parfumerie aussi précieux ?

La participation des artisans parfumeurs s'inscrit dans le cadre de l'initiative du Festival de Jazan visant à redynamiser l'artisanat traditionnel. (SPA)
La participation des artisans parfumeurs s'inscrit dans le cadre de l'initiative du Festival de Jazan visant à redynamiser l'artisanat traditionnel. (SPA)
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  • La rose de Taïf est l’un des produits de parfumerie naturels les plus précieux du Royaume, reconnue pour son arôme exceptionnel et son lien étroit avec le patrimoine, l’agriculture et le tourisme de la région
  • Cultivée sur plus de 910 fermes, sa production repose sur une récolte manuelle très brève (45 jours), nécessitant environ 12 000 roses pour obtenir un seul tola d’huile

TAÏF : Réputées pour leur arôme exceptionnel et le soin minutieux exigé à chaque étape de leur culture, de leur récolte et de leur transformation, les roses de Taïf comptent parmi les produits naturels de parfumerie les plus précieux du Royaume. Elles constituent également des symboles agricoles et culturels majeurs, profondément liés au patrimoine et au tourisme de la région.

Les fermes de roses de Taïf — plus de 910 exploitations réparties entre Al-Hada, Al-Shafa, Wadi Muharram, Al-Wahat, Al-Wahit et Wadi Liya — abritent environ 1 144 000 rosiers, cultivés sur près de 270 hectares de terres agricoles.

Ces exploitations produisent près de 550 millions de roses chaque année, toutes récoltées sur une période très courte n’excédant pas 45 jours, de début mars à fin avril.

Cette récolte permet d’obtenir environ 20 000 tolas d’huile de rose de Taïf. La production d’un seul tola nécessite près de 12 000 roses, cueillies manuellement à l’aube puis distillées dans les 24 heures afin de préserver la pureté et la qualité du parfum avant sa mise sur le marché. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Real Madrid et l'Atletico Madrid arrivent à Djeddah pour la Supercoupe d'Espagne

 Les joueurs du Real Madrid et de l'Atletico Madrid sont arrivés mardi à Djeddah pour les demi-finales et la finale de la Supercoupe d'Espagne. (Arab News)
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  • Les rivaux madrilènes joueront les demi-finales jeudi
  • Les joueurs ont été accueillis avec le traditionnel café arabe à leur arrivée à l'aéroport international King Abdulaziz


DJEDDAH : Les joueurs du Real Madrid et de l'Atletico Madrid sont arrivés mardi à Djeddah pour les demi-finales et la finale de la Supercoupe d'Espagne.

Les rivaux madrilènes joueront les demi-finales jeudi.

Les joueurs ont été accueillis avec le traditionnel café arabe à leur arrivée à l'aéroport international King Abdulaziz.

L'autre demi-finale opposera Barcelone à l'Athletic Club mercredi.

Tous les matches, y compris la finale de dimanche, se dérouleront au stade Alinma Bank de King Abdullah Sport City, et les coups d'envoi seront donnés à 22 heures, heure locale.


Dans le nord du Nigeria, le cinéma de Kannywood entre censure et modernité

La tâche est complexe: l'État de Kano, carrefour culturel du nord du Nigeria ayant donné son surnom au cinéma local - "Kannywood" -, est régi par la charia (loi islamique) et une commission de censure gouvernementale contrôle la production musicale et cinématographique. (AFP)
La tâche est complexe: l'État de Kano, carrefour culturel du nord du Nigeria ayant donné son surnom au cinéma local - "Kannywood" -, est régi par la charia (loi islamique) et une commission de censure gouvernementale contrôle la production musicale et cinématographique. (AFP)
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  • De jeunes créateurs, influencés non seulement par leurs pairs du sud chrétien et libéral du pays, mais également d'autres pays jusqu'à l'Inde, cherchent à toucher un public au-delà du Nigeria, de l'Afrique de l'Ouest et même du continent
  • Mais la tâche est complexe: l'État de Kano, carrefour culturel du nord du Nigeria ayant donné son surnom au cinéma local - "Kannywood" -, est régi par la charia (loi islamique) et une commission de censure gouvernementale

KANO: Le Nigeria est réputé pour Nollywood, sa bouillonnante industrie cinématographique. Dans le nord du pays, socialement conservateur et à majorité musulmane, le secteur connaît une transformation radicale.

De jeunes créateurs, influencés non seulement par leurs pairs du sud chrétien et libéral du pays, mais également d'autres pays jusqu'à l'Inde, cherchent à toucher un public au-delà du Nigeria, de l'Afrique de l'Ouest et même du continent.

Mais la tâche est complexe: l'État de Kano, carrefour culturel du nord du Nigeria ayant donné son surnom au cinéma local - "Kannywood" -, est régi par la charia (loi islamique) et une commission de censure gouvernementale contrôle la production musicale et cinématographique.

Lors d'un récent tournage, deux acteurs prennent place devant une caméra, dans la cour intérieure d’un immeuble d’un quartier d’affaires de Kano. À quelques mètres, une autre participante au tournage, en tenue traditionnelle, révise ses répliques dans une longue robe blanche aux touches dorées.

"Coupez. C’est bien, mais on peut faire mieux. On reprend", lance quelques minutes plus tard Kamilu Ibrahim, le réalisateur.

Un jour de tournage ordinaire à Kannywood, qui produit quelque 200 films par mois.

À l’instar du cinéma du sud du Nigeria, celui du nord explore l’amour, la vengeance et la trahison, mais se distingue par le respect des codes islamiques et l’usage de la langue haoussa plutôt que de l’anglais.

Nés au début des années 1990, les films de Kannywood sont soumis à un bureau de censure gouvernemental contrôlant toute production audiovisuelle - l'Etat de Kano est soumis à la charia, la loi islamique.

"Il est interdit pour ces films de contenir des scènes de nudité ou sexuelles", ainsi que d'être "contraires aux coutumes, aux traditions et à la religion", explique Abba El-Mustapha, secrétaire exécutif du bureau de la censure à Kano, qui est également réalisateur, producteur et acteur.

Kannywood s’est imposé comme un phénomène culturel, suivi par plus de 80 millions de locuteurs haoussas en Afrique de l’Ouest. Certains professionnels veulent élargir sa portée et appellent à des changements de fond et de forme.

Viser un public plus large 

Le réalisateur Kamilu Ibrahim affirme avoir amorcé cette évolution, en ajoutant des sous-titres en anglais et en explorant "des aspects rarement présents dans les films haoussas".

"Nous n’avons pas l’habitude de voir quelqu’un poursuivre un rêve sans le consentement de sa famille. Nous remettons donc en question certains sujets sociaux importants, sans jamais aller à l’encontre de la culture ou de la religion", indique-t-il.

Ce jour-là, il a prévu de filmer plusieurs scènes de la saison 2 de la série Wata Shida ("Six mois") avec son équipe, sous une chaleur écrasante et au rythme des appels à la prière d’une mosquée voisine.

La série raconte l’histoire d’une femme qui, pour fuir un mariage forcé, conclut un mariage blanc de six mois. Ce pacte se transforme rapidement en une intrigue mêlant amour, rivalités et querelles d’héritage.

L’un des acteurs principaux, Adam Garba, espère voir Wata Shida diffusée sur des plateformes de streaming afin de toucher la diaspora haoussa et un public international. Pour l’instant, la série est diffusée sur YouTube et une chaîne locale.

Les films nigérians sur les grandes plateformes telles que Netflix ou Prime Video viennent surtout du sud, des peuples yorubas et igbos, et le haoussa y est minoritaire.

"Ils ont plus de budget, plus d’équipements, plus de sponsors, plus d’investisseurs", explique M. Garba.

Lui souhaiterait que Kannywood bénéficie un jour des mêmes opportunités, malgré la barrière linguistique.

Plateforme de streaming 

Une plateforme de streaming locale, Arewaflix, a été créée récemment pour rassembler les productions du nord du Nigeria, à l'initiative d’Abdurrahman Muhammad Amart, patron d'une société de production nigériane.

Selon ce dernier, "cette plateforme offrira des opportunités non seulement aux films haoussas, mais également à ceux réalisés dans d’autres langues du nord du Nigeria", telles que le kanouri et le nupe .

Arewaflix prévoit d’ajouter des sous-titres en anglais, puis progressivement en français et en arabe.

Ce projet n’est pas le premier du genre. En 2019, Jamilu Abdussalam, promoteur immobilier et propriétaire d’une académie de football, avait fondé la plateforme Northflix, avant de la fermer en 2023.

"Nous avons investi des centaines de millions dans cette industrie et n’avons eu d’autre choix que d’abandonner", a déploré M. Abdussalam. Northflix comptait pourtant plus de 105.000 abonnés répartis dans plus de 100 pays. Il explique sa décision par un manque de formation et de rigueur des professionnels du secteur, ce qui a freiné le développement de la plateforme.

Pour Abba El-Mustapha, la sécurité reste un défi majeur pour les plateformes locales.

"Lorsqu’un film est accessible à une centaine de personnes sur une plateforme peu sécurisée, il peut rapidement être piraté et circuler partout", prévient-il.

Il estime aussi que Kannywood a besoin de meilleurs équipements et d’un soutien financier de l’État pour accéder aux grandes plateformes internationales.

Le réalisateur Umar Abdulmalik, alias Umr Jos ou "The Youngest", insiste aussi sur l’importance d’outils de production performants pour renforcer la narration.

À 41 ans, il veille à l’authenticité de ses histoires et espère que ses productions traverseront les frontières,  comme celles de Bollywood, le cinéma indien, "que beaucoup regardent à Kano sans comprendre l’anglais et l'hindi, car ils sont transportés par les émotions des personnages ".