Pris au piège, les civils soudanais en situation d'urgence humanitaire/node/373226/monde-arabe
Pris au piège, les civils soudanais en situation d'urgence humanitaire
Le Soudan souffrait déjà de problèmes accrus avant la flambée de violence de la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
Le Soudan souffrait déjà de problèmes accrus avant la flambée de violence de la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
Le Soudan souffrait déjà de problèmes accrus avant la flambée de violence de la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
Le Soudan souffrait déjà de problèmes accrus avant la flambée de violence de la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 24 avril 2023
Rawan Radwan
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Pris au piège, les civils soudanais en situation d'urgence humanitaire
Des millions de civils avaient déjà désespérément besoin d'assistance bien avant la dernière flambée de violence
Les troubles politiques, les difficultés économiques, les violences intercommunautaires et la sécheresse avaient déjà mis le Soudan au bord du gouffre
Publié le Lundi 24 avril 2023
Rawan Radwan
DJEDDAH: Après des décennies de conflits et de troubles politiques, la récente et soudaine reprise des combats au Soudan entre factions militaires rivales menace de faire basculer des pans entiers de la population dans une catastrophe humanitaire encore plus grave.
Le 15 avril, après des semaines de tensions, des affrontements ont éclaté dans la capitale Khartoum entre les forces armées soudanaises d'Abdel Fattah Al-Burhan et les Forces de soutien rapide de Mohammed Hamdan Dagalo, dit Hemedti.
Des vidéos montrent des avions de ligne en feu sur les aires de trafic de l'aéroport international de la ville, et des avions de chasse survolant la ville. Des bâtiments sont criblés de balles et le grondement de l'artillerie se fait entendre dans toute la capitale.
«La flambée de violence a perturbé la vie dans la capitale», a déclaré Abdullah Mukhtar, un habitant de Khartoum, à Arab News. Sa maison familiale est privée d'électricité depuis le début des combats.
«Entre 70 et 80% des habitants de la capitale sont des travailleurs journaliers, et s'ils perdent leur revenu, ils devront se débrouiller pour subvenir à leurs besoins, et comme nous l'avons entendu et vu, il y a beaucoup de pillage», a-t-il ajouté, indiquant que le quartier est plongé dans l'obscurité la plus totale, tout comme les zones voisines.
Le Soudan était déjà confronté à de graves problèmes humanitaires avant le déclenchement des violences à la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
«Les supermarchés sont déserts et pillés, et les gens souffrent les uns après les autres. Franchement, il n'y a pas la moindre aide apportée dans la ville, si ce n'est par des initiatives citoyennes. C'est une zone de guerre et c'est très dangereux.»
«Je n'ai vu aucun des deux camps apporter de l'aide humanitaire, ni même les organisations internationales, ce qui est compréhensible. Comment peuvent-elles atteindre la capitale alors que l'aéroport a été jugé techniquement impropre à l'atterrissage?», s’est-il interrogé.
Des millions de civils soudanais, désormais pris entre les feux des deux factions rivales, avaient déjà désespérément besoin d'une aide humanitaire, dont une grande partie a été suspendue depuis le coup d'État militaire de 2021.
Des milliers de personnes ont quitté la capitale et beaucoup tentent encore de fuir les violences. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a déclaré jeudi qu'entre 10 000 et 20 000 personnes avaient fui la région du Darfour, à l'ouest du Soudan, au cours des derniers jours, pour se réfugier au Tchad, pays voisin qui accueille déjà plus de 370 000 réfugiés soudanais du Darfour.
Le Soudan connaît depuis des années une situation humanitaire fragile en raison de décennies de sanctions, de la dégradation de l'économie, des violences intercommunautaires, des phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique et des crises politiques.
Le Soudan était déjà confronté à de graves problèmes alimentaires avant le déclenchement des violences à la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) estime que, même avant les derniers combats, environ 15,8 millions de personnes sur les 45,6 millions d'habitants du Soudan (2021) auront besoin d'une aide humanitaire en 2023, contre 1,5 million en 2021.
Parmi ces personnes, environ 11 millions ont besoin d'une aide urgente pour des raisons de santé physique et mentale qui mettent leur vie en danger.
Les organismes d'aide craignent à présent que la situation ne s'aggrave encore.
«Je crains surtout que le conflit actuel ne dégénère en une véritable guerre civile et que d'autres acteurs régionaux ne s'impliquent et ne fournissent d'autres armes. Cela entraînerait non seulement davantage de morts parmi les civils, mais bloquerait également l'accès à l'aide pour des millions de personnes déjà dans le besoin», a déclaré à Arab News Daniel Sullivan, directeur de Refugees International pour l'Afrique, l'Asie et le Moyen-Orient.
«Les combats, les tirs d'obus et les bombardements aériens dans les zones urbaines ont causé la mort d'un grand nombre de civils et privé les populations de nourriture, d'eau et d'accès aux soins médicaux. Des progrès avaient été réalisés dans la distribution de l'aide, l'obligation de rendre des comptes et la préparation du retour à un régime civil, mais les dernières violences ont anéanti toute dynamique positive. Plus inquiétant encore, le conflit aempêché les organismes d'aide d'atteindre des millions de personnes ayant déjà besoin d'assistance», a-t-il ajouté.
EN CHIFFRES
45,6 millions d'habitants au Soudan en 2021
15,8 millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë
3,6 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays
En tant qu'organisation de plaidoyer, Refugees International ne mène pas d'opération humanitaire au Soudan. M. Sullivan a fait part de son inquiétude pour les groupes partenaires locaux et internationaux qui ont été contraints de suspendre leurs activités et, dans certains cas, se sont retrouvés directement sous les feux de l'ennemi.
«Les combats au Soudan ont interrompu la livraison de nourriture et poussé les organisations humanitaires à suspendre leurs activités, ce qui pourrait mettre des millions de personnes en danger d'insécurité alimentaire», a-t-il indiqué.
Le 19 avril, les responsables du ministère soudanais de la Santé ont mis en garde contre un «effondrement total», 16 hôpitaux étant hors service. Selon l'OCHA, les hôpitaux de Khartoum manquent de matériel médical en raison des pillages et de l'interruption des livraisons.
«Le gouvernement, l'État, fournit à 1% de la population les services de base, de soins médicaux et de santé, parce que l'État lui-même se trouve dans une situation fragile, sans pour autant être un État failli. Il ne répond pas aux besoins du peuple soudanais», a déclaré à Arab News Ahmed Gurashi, rédacteur en chef de la chaîne Al Arabiya News.
«La pénurie et les lacunes du système existaient déjà auparavant. Mais maintenant, nous prévoyons une crise dans la foulée. Dieu seul sait quand les Soudanais pourront surmonter cette crise. Après la crise, les conséquences se feront sentir. Ce sera énorme, c'est une catastrophe qui se prépare», s’est-il désolé.
Asma Yassin, volontaire médicale soudanaise à Khartoum, a indiqué à Arab News que la situation était difficile car «la plupart du personnel hospitalier a évacué les hôpitaux et les patients ont été renvoyés dans leurs familles».
Parallèlement, toutes les activités bénévoles ont été interrompues, les rues étant jugées dangereuses.
Des personnes remplissent des barils d'eau dans le sud de Khartoum, le 22 avril 2023, dans un contexte de pénurie d'eau causée par les batailles en cours entre les forces rivales de deux généraux soudanais (Photo, AFP).
«Nous apprenons qu'il y a une pénurie de médicaments vitaux tels que l'insuline et la Ventoline, ainsi qu'une pénurie de ventilateurs et d'oxygène.»
«Plusieurs cliniques de fortune ont été mises en place dans des maisons privées pour fournir ces médicaments aux patients, et certains Soudanais de l'étranger ont même transféré de l'argent pour assurer la distribution des médicaments.»
«Mais c'est très difficile car la plupart des districts (de Khartoum) sont privés d'électricité et d'eau depuis samedi, car les stations d'eau ont été touchées et les travailleurs ne sont pas en mesure de les atteindre pour les remettre en état de marche», a noté Mme Yassin.
Malgré les efforts des agences d'aide et des organisations non gouvernementales, Mme Yassin a souligné que les bénévoles soudanais faisaient de leur mieux pour livrer de l’eau par camion dans certains quartiers. «Mais tout le monde n'a pas cette chance», a-t-elle ajouté.
«Lorsque l'on parle de catastrophe, certains diront qu'il s'agit d'une exagération décrivant la réalité même du peuple soudanais», a déclaré M. Gurashi. «Si les blessés n'ont pas accès (aux services), ils mourront. Quant aux besoins essentiels, même si vous avez de l'argent, vous ne pouvez pas les trouver, vous ne pouvez pas vous les procurer.»
«Si ce conflit se termine à Khartoum, au cœur de Khartoum, nous y trouverons beaucoup de personnes âgées mortes à cause du manque d'accès aux médicaments et aux soins de santé. D'autres personnes blessées ou ayant besoin d'aide pendant cette période mourront certainement parce qu'aucun service ne leur sera fourni et qu'aucun accès aux services ne sera possible. C'est le problème le plus délicat», a-t-il affirmé.
La distribution de l'aide internationale a été interrompue cette semaine après que trois employés du Programme alimentaire mondial (PAM) ont été tués au cours des combats, ce qui a conduit l'organisme soutenu par les Nations unies à suspendre ses opérations.
Dans un communiqué publié à la suite des décès, la directrice exécutive du PAM, Cindy McCain, a déclaré: «Les travailleurs humanitaires sont neutres et ne devraient jamais être pris pour cible.»
Cindy McCain (Photo, Fournie).
Cindy McCain
Au cours de la majeure partie de son histoire, le Soudan a été en proie à des conflits internes, notamment deux des plus longues guerres civiles du continent africain et les conflits du Darfour, du Kordofan méridional et du Nil Bleu.
Ces conflits ont détruit les infrastructures du pays, perturbé son secteur agricole et menacé la santé publique, en particulier en matière de nutrition et de sécurité alimentaire.
Bien avant le début des combats le 16 avril, les denrées alimentaires, les médicaments et les projets de développement social étaient limités, ce qui a nécessité une aide d'urgence extérieure chaque année depuis 1984.
La situation s'est aggravée en raison des profondes inégalités dans la répartition des richesses et du pouvoir entre le centre et la périphérie, des déplacements massifs de population et du fléau quasi permanent de la sécheresse.
Le Soudan a subi des sécheresses répétées et prolongées de 1980 à 1984, de 1985 à 1993, en 1996, en 2001 et, plus récemment, l'année dernière, qui ont entraîné de graves pénuries alimentaires et détruit les moyens de subsistance des travailleurs agricoles. Le secteur de l'agriculture fournit non seulement de la nourriture, mais permet également d'atténuer la pauvreté.
Sur cette photo du 9 octobre 2019, des Soudanais font la queue pour recevoir de l'aide humanitaire dans un camp pour personnes déplacées à l'intérieur du pays à Niyala, capitale de l'État du Darfour. Le personnel des organisations humanitaires fuient la guerre au Soudan, ce qui risque d'aggraver la crise humanitaire (Photo, AFP).
Selon la Banque mondiale, l'agriculture génère 35 à 40% du produit intérieur brut du Soudan et emploie entre 70 et 80% de la main-d'œuvre dans les zones rurales, où vit environ 65% de la population.
En l'absence de revenus pétroliers, la croissance s'est essoufflée, tandis que le problème de la dette du pays n'est toujours pas résolu. La pauvreté et la malnutrition, déjà importantes, se sont aggravées.
Après le coup d'État militaire de 2019 qui a renversé Omar el-Béchir, un gouvernement de transition a pris le relais, menant d'ambitieuses réformes économiques et sociales et engageant des négociations de paix avec les groupes armés.
En 2021, le Soudan a reçu l'approbation du Fonds monétaire international pour un allègement de plus de 56 milliards de dollars de sa dette et un nouveau financement d'une valeur de 2,5 milliards de dollars sur une période de trois ans.
L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont également convenu d'envoyer une aide d'une valeur de 3 milliards de dollars, dont 500 millions de dollars déposés à la banque centrale soudanaise et le reste versé sous forme de nourriture, de médicaments et de marchandises.
Toutefois, ce début prometteur a été rapidement interrompu en 2021 lorsque les militaires ont lancé un nouveau coup d'État, entraînant la suspension des programmes de développement et d'allègement de la dette et un retour à l'impasse politique.
Les agences d'aide craignent que les dernières violences n'entraînent de nouveaux déplacements de population. Selon l'OCHA, le Soudan accueille environ 1,1 million de réfugiés d'autres pays, ce qui constitue l'une des plus importantes populations de réfugiés en Afrique.
Parmi eux, figurent plus de 800 000 Sud-Soudanais et environ 126 000 Érythréens.
Cependant, le Soudan compte également environ 3,6 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays, principalement dans la région du Darfour, qui connaît une instabilité et des épisodes de nettoyage ethnique depuis près de vingt ans. Quelque 4 millions de Soudanais vivent dans l'Égypte voisine.
Selon le New York Times, plus de 15 000 personnes ont déjà fui la région du Darfour pour se réfugier au Tchad.
Pour les habitants de Khartoum comme Mukhtar, pris entre deux feux, fuir le pays est peut-être la seule option pour garantir leur sécurité, un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre, ni un risque que tout le monde est prêt à prendre.
«Tout le monde est sur le qui-vive et la situation est à son comble pour les habitants de la ville», raconte Mukhtar, sur fond de coups de feu.
«Ceux qui ont réussi à s'en sortir sont en sécurité. Ce sont ceux qui ne peuvent pas partir, les malades, qui souffriront le plus à cause du manque de services de santé, et les défavorisés.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
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Publié le 03 avril 2025
Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée
Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays
Publié le Jeudi 03 avril 2025
AFP
03 avril 2025
DAMAS: Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.
"Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie", a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée.
Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.
Le ministère syrien a affirmé que l'aéroport avait été "presque entièrement détruit" et évoqué des "dizaines de blessés civils et militaires".
"Protectorat turc"
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l'aéroport de Hama.
Un correspondant de l'AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.
Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l'AFP.
En Israël, l'armée a affirmé avoir "frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d'autres infrastructures militaires dans la région de Damas".
Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l'AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d'établir des "positions militaires" en Syrie dont une "à l'intérieur de la base T4".
Lors d'une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie "un rôle négatif en Syrie" et "au Liban". "Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc", a-t-il dit.
Appels au combat
A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l'incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l'AFP.
Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l'ouest de Deraa, ayant suivi une "incursion israélienne" dans la région, "où les forces de l'occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément".
Selon l'OSDH, il s'agit d'habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l'avancée des troupes israéliennes.
L'armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été "éliminés" dans des frappes terrestres et aériennes.
"La présence d'armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l'Etat d'Israël", a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l'armée "ne permettrait pas l'existence d'une menace militaire en Syrie".
Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.
Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu'il qualifie de "jihadistes".
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février "la démilitarisation totale du sud de la Syrie" et affirmé qu'il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.
Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
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Publié le 03 avril 2025
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.
"L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X
Publié le Jeudi 03 avril 2025
AFP
03 avril 2025
GAZA: La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.
Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré que les frappes avaient visé plusieurs maisons dans le quartier de Choujaiya, dans la ville de Gaza. "Il y a encore un certain nombre de personnes piégées sous les décombres", a-t-il ajouté.
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.
"L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X.
"Vous devez évacuer ces zones immédiatement et vous rendre dans les abris connus dans l'ouest de la ville de Gaza", a-t-il ajouté.
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
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Publié le 03 avril 2025
Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore
Publié le Jeudi 03 avril 2025
AFP
03 avril 2025
JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.
Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.
Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat
Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.
"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Critiques des familles d'otages
Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.
"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"
De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".
"Où est le monde?"
La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.
Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.
En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.
Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.
"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.
L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".
Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.
Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.
"Guerre sans limite"
De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.
La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.
Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.
Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.
A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.
Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.