Pris au piège, les civils soudanais en situation d'urgence humanitaire/node/373226/monde-arabe
Pris au piège, les civils soudanais en situation d'urgence humanitaire
Le Soudan souffrait déjà de problèmes accrus avant la flambée de violence de la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
Le Soudan souffrait déjà de problèmes accrus avant la flambée de violence de la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
Le Soudan souffrait déjà de problèmes accrus avant la flambée de violence de la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
Le Soudan souffrait déjà de problèmes accrus avant la flambée de violence de la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
Le Soudan souffrait déjà de problèmes accrus avant la flambée de violence de la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
Le Soudan souffrait déjà de problèmes accrus avant la flambée de violence de la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 24 avril 2023
Rawan Radwan
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Pris au piège, les civils soudanais en situation d'urgence humanitaire
Des millions de civils avaient déjà désespérément besoin d'assistance bien avant la dernière flambée de violence
Les troubles politiques, les difficultés économiques, les violences intercommunautaires et la sécheresse avaient déjà mis le Soudan au bord du gouffre
Publié le Lundi 24 avril 2023
Rawan Radwan
DJEDDAH: Après des décennies de conflits et de troubles politiques, la récente et soudaine reprise des combats au Soudan entre factions militaires rivales menace de faire basculer des pans entiers de la population dans une catastrophe humanitaire encore plus grave.
Le 15 avril, après des semaines de tensions, des affrontements ont éclaté dans la capitale Khartoum entre les forces armées soudanaises d'Abdel Fattah Al-Burhan et les Forces de soutien rapide de Mohammed Hamdan Dagalo, dit Hemedti.
Des vidéos montrent des avions de ligne en feu sur les aires de trafic de l'aéroport international de la ville, et des avions de chasse survolant la ville. Des bâtiments sont criblés de balles et le grondement de l'artillerie se fait entendre dans toute la capitale.
«La flambée de violence a perturbé la vie dans la capitale», a déclaré Abdullah Mukhtar, un habitant de Khartoum, à Arab News. Sa maison familiale est privée d'électricité depuis le début des combats.
«Entre 70 et 80% des habitants de la capitale sont des travailleurs journaliers, et s'ils perdent leur revenu, ils devront se débrouiller pour subvenir à leurs besoins, et comme nous l'avons entendu et vu, il y a beaucoup de pillage», a-t-il ajouté, indiquant que le quartier est plongé dans l'obscurité la plus totale, tout comme les zones voisines.
Le Soudan était déjà confronté à de graves problèmes humanitaires avant le déclenchement des violences à la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
«Les supermarchés sont déserts et pillés, et les gens souffrent les uns après les autres. Franchement, il n'y a pas la moindre aide apportée dans la ville, si ce n'est par des initiatives citoyennes. C'est une zone de guerre et c'est très dangereux.»
«Je n'ai vu aucun des deux camps apporter de l'aide humanitaire, ni même les organisations internationales, ce qui est compréhensible. Comment peuvent-elles atteindre la capitale alors que l'aéroport a été jugé techniquement impropre à l'atterrissage?», s’est-il interrogé.
Des millions de civils soudanais, désormais pris entre les feux des deux factions rivales, avaient déjà désespérément besoin d'une aide humanitaire, dont une grande partie a été suspendue depuis le coup d'État militaire de 2021.
Des milliers de personnes ont quitté la capitale et beaucoup tentent encore de fuir les violences. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a déclaré jeudi qu'entre 10 000 et 20 000 personnes avaient fui la région du Darfour, à l'ouest du Soudan, au cours des derniers jours, pour se réfugier au Tchad, pays voisin qui accueille déjà plus de 370 000 réfugiés soudanais du Darfour.
Le Soudan connaît depuis des années une situation humanitaire fragile en raison de décennies de sanctions, de la dégradation de l'économie, des violences intercommunautaires, des phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique et des crises politiques.
Le Soudan était déjà confronté à de graves problèmes alimentaires avant le déclenchement des violences à la fin de la semaine dernière (Photo, AFP).
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) estime que, même avant les derniers combats, environ 15,8 millions de personnes sur les 45,6 millions d'habitants du Soudan (2021) auront besoin d'une aide humanitaire en 2023, contre 1,5 million en 2021.
Parmi ces personnes, environ 11 millions ont besoin d'une aide urgente pour des raisons de santé physique et mentale qui mettent leur vie en danger.
Les organismes d'aide craignent à présent que la situation ne s'aggrave encore.
«Je crains surtout que le conflit actuel ne dégénère en une véritable guerre civile et que d'autres acteurs régionaux ne s'impliquent et ne fournissent d'autres armes. Cela entraînerait non seulement davantage de morts parmi les civils, mais bloquerait également l'accès à l'aide pour des millions de personnes déjà dans le besoin», a déclaré à Arab News Daniel Sullivan, directeur de Refugees International pour l'Afrique, l'Asie et le Moyen-Orient.
«Les combats, les tirs d'obus et les bombardements aériens dans les zones urbaines ont causé la mort d'un grand nombre de civils et privé les populations de nourriture, d'eau et d'accès aux soins médicaux. Des progrès avaient été réalisés dans la distribution de l'aide, l'obligation de rendre des comptes et la préparation du retour à un régime civil, mais les dernières violences ont anéanti toute dynamique positive. Plus inquiétant encore, le conflit aempêché les organismes d'aide d'atteindre des millions de personnes ayant déjà besoin d'assistance», a-t-il ajouté.
EN CHIFFRES
45,6 millions d'habitants au Soudan en 2021
15,8 millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë
3,6 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays
En tant qu'organisation de plaidoyer, Refugees International ne mène pas d'opération humanitaire au Soudan. M. Sullivan a fait part de son inquiétude pour les groupes partenaires locaux et internationaux qui ont été contraints de suspendre leurs activités et, dans certains cas, se sont retrouvés directement sous les feux de l'ennemi.
«Les combats au Soudan ont interrompu la livraison de nourriture et poussé les organisations humanitaires à suspendre leurs activités, ce qui pourrait mettre des millions de personnes en danger d'insécurité alimentaire», a-t-il indiqué.
Le 19 avril, les responsables du ministère soudanais de la Santé ont mis en garde contre un «effondrement total», 16 hôpitaux étant hors service. Selon l'OCHA, les hôpitaux de Khartoum manquent de matériel médical en raison des pillages et de l'interruption des livraisons.
«Le gouvernement, l'État, fournit à 1% de la population les services de base, de soins médicaux et de santé, parce que l'État lui-même se trouve dans une situation fragile, sans pour autant être un État failli. Il ne répond pas aux besoins du peuple soudanais», a déclaré à Arab News Ahmed Gurashi, rédacteur en chef de la chaîne Al Arabiya News.
«La pénurie et les lacunes du système existaient déjà auparavant. Mais maintenant, nous prévoyons une crise dans la foulée. Dieu seul sait quand les Soudanais pourront surmonter cette crise. Après la crise, les conséquences se feront sentir. Ce sera énorme, c'est une catastrophe qui se prépare», s’est-il désolé.
Asma Yassin, volontaire médicale soudanaise à Khartoum, a indiqué à Arab News que la situation était difficile car «la plupart du personnel hospitalier a évacué les hôpitaux et les patients ont été renvoyés dans leurs familles».
Parallèlement, toutes les activités bénévoles ont été interrompues, les rues étant jugées dangereuses.
Des personnes remplissent des barils d'eau dans le sud de Khartoum, le 22 avril 2023, dans un contexte de pénurie d'eau causée par les batailles en cours entre les forces rivales de deux généraux soudanais (Photo, AFP).
«Nous apprenons qu'il y a une pénurie de médicaments vitaux tels que l'insuline et la Ventoline, ainsi qu'une pénurie de ventilateurs et d'oxygène.»
«Plusieurs cliniques de fortune ont été mises en place dans des maisons privées pour fournir ces médicaments aux patients, et certains Soudanais de l'étranger ont même transféré de l'argent pour assurer la distribution des médicaments.»
«Mais c'est très difficile car la plupart des districts (de Khartoum) sont privés d'électricité et d'eau depuis samedi, car les stations d'eau ont été touchées et les travailleurs ne sont pas en mesure de les atteindre pour les remettre en état de marche», a noté Mme Yassin.
Malgré les efforts des agences d'aide et des organisations non gouvernementales, Mme Yassin a souligné que les bénévoles soudanais faisaient de leur mieux pour livrer de l’eau par camion dans certains quartiers. «Mais tout le monde n'a pas cette chance», a-t-elle ajouté.
«Lorsque l'on parle de catastrophe, certains diront qu'il s'agit d'une exagération décrivant la réalité même du peuple soudanais», a déclaré M. Gurashi. «Si les blessés n'ont pas accès (aux services), ils mourront. Quant aux besoins essentiels, même si vous avez de l'argent, vous ne pouvez pas les trouver, vous ne pouvez pas vous les procurer.»
«Si ce conflit se termine à Khartoum, au cœur de Khartoum, nous y trouverons beaucoup de personnes âgées mortes à cause du manque d'accès aux médicaments et aux soins de santé. D'autres personnes blessées ou ayant besoin d'aide pendant cette période mourront certainement parce qu'aucun service ne leur sera fourni et qu'aucun accès aux services ne sera possible. C'est le problème le plus délicat», a-t-il affirmé.
La distribution de l'aide internationale a été interrompue cette semaine après que trois employés du Programme alimentaire mondial (PAM) ont été tués au cours des combats, ce qui a conduit l'organisme soutenu par les Nations unies à suspendre ses opérations.
Dans un communiqué publié à la suite des décès, la directrice exécutive du PAM, Cindy McCain, a déclaré: «Les travailleurs humanitaires sont neutres et ne devraient jamais être pris pour cible.»
Cindy McCain (Photo, Fournie).
Cindy McCain
Au cours de la majeure partie de son histoire, le Soudan a été en proie à des conflits internes, notamment deux des plus longues guerres civiles du continent africain et les conflits du Darfour, du Kordofan méridional et du Nil Bleu.
Ces conflits ont détruit les infrastructures du pays, perturbé son secteur agricole et menacé la santé publique, en particulier en matière de nutrition et de sécurité alimentaire.
Bien avant le début des combats le 16 avril, les denrées alimentaires, les médicaments et les projets de développement social étaient limités, ce qui a nécessité une aide d'urgence extérieure chaque année depuis 1984.
La situation s'est aggravée en raison des profondes inégalités dans la répartition des richesses et du pouvoir entre le centre et la périphérie, des déplacements massifs de population et du fléau quasi permanent de la sécheresse.
Le Soudan a subi des sécheresses répétées et prolongées de 1980 à 1984, de 1985 à 1993, en 1996, en 2001 et, plus récemment, l'année dernière, qui ont entraîné de graves pénuries alimentaires et détruit les moyens de subsistance des travailleurs agricoles. Le secteur de l'agriculture fournit non seulement de la nourriture, mais permet également d'atténuer la pauvreté.
Sur cette photo du 9 octobre 2019, des Soudanais font la queue pour recevoir de l'aide humanitaire dans un camp pour personnes déplacées à l'intérieur du pays à Niyala, capitale de l'État du Darfour. Le personnel des organisations humanitaires fuient la guerre au Soudan, ce qui risque d'aggraver la crise humanitaire (Photo, AFP).
Selon la Banque mondiale, l'agriculture génère 35 à 40% du produit intérieur brut du Soudan et emploie entre 70 et 80% de la main-d'œuvre dans les zones rurales, où vit environ 65% de la population.
En l'absence de revenus pétroliers, la croissance s'est essoufflée, tandis que le problème de la dette du pays n'est toujours pas résolu. La pauvreté et la malnutrition, déjà importantes, se sont aggravées.
Après le coup d'État militaire de 2019 qui a renversé Omar el-Béchir, un gouvernement de transition a pris le relais, menant d'ambitieuses réformes économiques et sociales et engageant des négociations de paix avec les groupes armés.
En 2021, le Soudan a reçu l'approbation du Fonds monétaire international pour un allègement de plus de 56 milliards de dollars de sa dette et un nouveau financement d'une valeur de 2,5 milliards de dollars sur une période de trois ans.
L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont également convenu d'envoyer une aide d'une valeur de 3 milliards de dollars, dont 500 millions de dollars déposés à la banque centrale soudanaise et le reste versé sous forme de nourriture, de médicaments et de marchandises.
Toutefois, ce début prometteur a été rapidement interrompu en 2021 lorsque les militaires ont lancé un nouveau coup d'État, entraînant la suspension des programmes de développement et d'allègement de la dette et un retour à l'impasse politique.
Les agences d'aide craignent que les dernières violences n'entraînent de nouveaux déplacements de population. Selon l'OCHA, le Soudan accueille environ 1,1 million de réfugiés d'autres pays, ce qui constitue l'une des plus importantes populations de réfugiés en Afrique.
Parmi eux, figurent plus de 800 000 Sud-Soudanais et environ 126 000 Érythréens.
Cependant, le Soudan compte également environ 3,6 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays, principalement dans la région du Darfour, qui connaît une instabilité et des épisodes de nettoyage ethnique depuis près de vingt ans. Quelque 4 millions de Soudanais vivent dans l'Égypte voisine.
Selon le New York Times, plus de 15 000 personnes ont déjà fui la région du Darfour pour se réfugier au Tchad.
Pour les habitants de Khartoum comme Mukhtar, pris entre deux feux, fuir le pays est peut-être la seule option pour garantir leur sécurité, un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre, ni un risque que tout le monde est prêt à prendre.
«Tout le monde est sur le qui-vive et la situation est à son comble pour les habitants de la ville», raconte Mukhtar, sur fond de coups de feu.
«Ceux qui ont réussi à s'en sortir sont en sécurité. Ce sont ceux qui ne peuvent pas partir, les malades, qui souffriront le plus à cause du manque de services de santé, et les défavorisés.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
Le ministre Français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
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Arlette Khouri
Publié le 01 juin 2026
La diplomatie française se mobilise pour venir en aide à un pays dont la situation est une véritable plaie pour ses habitants
Pour Paris, l’objectif de cette réunion est clair : il ne s’agit pas tant d’arracher une résolution, peu probable en raison des équilibres au Conseil de sécurité, que de « remettre la pression » et de replacer le Liban au cœur de l’attention international
Publié le Lundi 01 juin 2026
Arlette Khouri
01 juin 2026
PARIS: Soucieuse des évolutions alarmantes de la situation au Liban, Paris a appelé à une réunion urgente du Conseil de sécurité, alors que l’envoyé spécial du président français, Jean-Yves Le Drian, doit se rendre à Beyrouth demain mercredi.
La diplomatie française se mobilise pour venir en aide à un pays dont la situation est une véritable plaie pour ses habitants, notamment les centaines de milliers de déplacés disséminés à travers le territoire au gré des ordres d’évacuation israéliens.
Derrière cette initiative, une question centrale se pose : à quoi peut encore servir une réunion d’urgence à l’ONU dans un contexte où les rapports de force semblent verrouillés ?
Pour Paris, l’objectif de cette réunion est clair : il ne s’agit pas tant d’arracher une résolution, peu probable en raison des équilibres au Conseil de sécurité, que de « remettre la pression » et de replacer le Liban au cœur de l’attention internationale, alors que les regards sont largement tournés vers l’Iran.
Il est clair, pour la diplomatie française, que la situation a franchi un seuil critique ces derniers jours. D’autant que, déjà fragile, le cessez-le-feu apparaît désormais vidé de sa substance.
Les frappes se poursuivent, les menaces israéliennes s’intensifient, y compris contre Beyrouth, et les conditions minimales d’un dialogue crédible semblent s’effondrer.
Canal de discussion entre le Liban et Israël
On ne peut même plus parler de cessez-le-feu, reconnaît-on en substance du côté français, et cette dégradation inquiète d’autant plus qu’elle intervient au moment où un canal de discussion s’est ouvert entre le Liban et Israël sous médiation américaine.
Un choix jugé courageux par la diplomatie française, mais qui place Beyrouth dans une position extrêmement délicate car, faute de réciprocité sur le terrain, ces négociations risquent de perdre toute crédibilité.
Paris insiste sur ce point : si l’on veut que les autorités libanaises puissent avancer dans ces discussions, encore faut-il leur en laisser la possibilité. Or, l’intensification des opérations militaires israéliennes réduit cet espace politique à néant.
Pire encore, elle pourrait renforcer les acteurs que ces négociations cherchent précisément à contenir, au premier rang desquels figure le Hezbollah.
Dans cette équation, la France tente de défendre une approche pragmatique. Elle continue de rappeler la responsabilité du Hezbollah dans l’engrenage du conflit, tout en soulignant que la stratégie actuelle d’Israël est contre-productive, estimant que, s’il fallait saboter les discussions, on ne s’y prendrait pas autrement.
Dès lors, la priorité affichée est le rétablissement d’un cessez-le-feu « robuste », condition indispensable à toute avancée politique, ainsi que la réactivation et l’amélioration du mécanisme mis en place fin 2024, aujourd’hui largement inopérant.
Paris insiste sur le fait que, sans cadre crédible de vérification et de désescalade, les initiatives diplomatiques risquent de rester lettre morte.
Mais au-delà de l’urgence immédiate, la France travaille sur une stratégie de plus long terme qui repose notamment sur un renforcement de l’État libanais, à commencer par son armée. L’objectif est d’aider le Liban à retrouver progressivement sa souveraineté en limitant l’influence des acteurs armés non étatiques.
Cela passe par un soutien accru — financier, logistique mais aussi politique — aux forces armées libanaises, sans pour autant leur demander une confrontation directe avec le Hezbollah, jugée irréaliste dans le contexte actuel. Il s’agit plutôt de renforcer leur présence sur le terrain, de contrôler les flux logistiques et financiers et de sécuriser des zones clés, notamment la frontière avec la Syrie.
Sur ce dernier point, Paris voit un levier important car, contrairement aux années précédentes, un certain niveau de coopération avec les autorités syriennes semble possible, ouvrant la voie à un meilleur contrôle des flux qui alimentent le Hezbollah.
Autre chantier majeur du point de vue français : l’avenir de la présence internationale au Liban. Le retrait annoncé de la FINUL d’ici à la fin de l’année suscite de vives inquiétudes.
Les leviers de la France demeurent limités
La France estime qu’un tel vide sécuritaire serait dangereux et plaide donc pour une réflexion rapide sur un nouveau dispositif, potentiellement plus adapté aux réalités actuelles.
Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large consistant à remobiliser les partenaires internationaux. À ce propos, Paris travaille étroitement avec plusieurs pays de la région, notamment l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Qatar, ainsi qu’avec certains partenaires européens, afin de tenter de recréer une dynamique collective autour du Liban.
Reste toutefois une réalité difficile à contourner : les leviers de la France demeurent limités face au rôle central des États-Unis dans la médiation. La diplomatie française s’efforce néanmoins de peser indirectement en multipliant les échanges avec Washington et en délivrant un message constant : sans cessez-le-feu, aucune avancée durable n’est possible.
Par ailleurs, Paris explore d’autres pistes de pression, notamment au niveau européen. Le débat sur l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël pourrait ainsi évoluer sous l’effet conjugué des situations à Gaza, en Cisjordanie et désormais au Liban.
Enfin, la mission de l’envoyé spécial Jean-Yves Le Drian à Beyrouth revêt une dimension politique essentielle puisque, au-delà du soutien affiché, il s’agira pour lui de dialoguer avec l’ensemble des forces politiques libanaises afin de favoriser un minimum de cohésion interne.
Un enjeu jugé crucial par la diplomatie française dans un pays profondément fragmenté, où les divisions communautaires affaiblissent toute stratégie nationale.
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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AFP
Publié le 01 juin 2026
"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême
Publié le Lundi 01 juin 2026
AFP
01 juin 2026
JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.
Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.
"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.
Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.
Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).
Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.
Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.
La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.
"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".
Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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Publié le 01 juin 2026
"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté
Publié le Lundi 01 juin 2026
AFP
01 juin 2026
JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.
בעקבות ההפרות החוזרות ונשנות של הפסקת האש בלבנון על ידי ארגון הטרור חיזבאללה והמתקפות נגד ערינו ואזרחינו, ראש הממשלה בנימין נתניהו ואני הנחינו את צה"ל לתקוף מטרות טרור ברובע הדאחייה בביירות.
— ישראל כ”ץ Israel Katz (@Israel_katz) June 1, 2026
"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.
"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.
Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.
L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.
M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".
Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.