Les célébrations du ramadan dans le monde numérique ne cessent de prendre de l’ampleur

Environ 50% des personnes interrogées en Arabie saoudite indiquent qu’elles passent une à trois heures sur leur smartphone chaque jour pendant le ramadan (Photo fournie)
Environ 50% des personnes interrogées en Arabie saoudite indiquent qu’elles passent une à trois heures sur leur smartphone chaque jour pendant le ramadan (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 12 avril 2023

Les célébrations du ramadan dans le monde numérique ne cessent de prendre de l’ampleur

  • Pendant le ramadan, les musulmans font de nombreuses recherches et naviguent sur le Web plus qu’à tout autre moment de l’année
  • Ils trouvent non seulement des sources de divertissement dans le monde virtuel pendant le mois sacré mais aussi de la spiritualité

DUBAÏ: Le ramadan est une période d’introspection, de spiritualité et où les liens familiaux se resserrent. De nombreux musulmans modifient leurs habitudes quotidiennes pendant le mois sacré, non seulement en jeûnant de l’aube au crépuscule, mais en faisant également preuve de plus de charité et en consacrant plus de temps à la prière.

Ce changement d’habitudes s’étend de plus en plus au monde virtuel. En effet, de nombreuses personnes passent plus de temps en ligne à la recherche d’offres saisonnières, ainsi que de contenu divertissant et spirituel.

Les chercheurs ont découvert que le temps total que les utilisateurs de la région passent en ligne augmente considérablement pendant le ramadan. Ils font de nombreuses recherches et naviguent sur le Web plus qu’à tout autre moment de l’année.

«Selon une étude récente, six consommateurs sur dix affirment que leur utilisation du téléphone portable augmente pendant le ramadan», assure George Maktabi, PDG de la société de médias et de technologie Webedia Group Mena, dans un entretien accordé à Arab News. 

Environ 50% des personnes interrogées en Arabie saoudite indiquent qu’elles passent une à trois heures sur leur smartphone chaque jour pendant le ramadan, selon une enquête réalisée par la plate-forme publicitaire AdColony et la société de recherche GlobalWebIndex.

«La région Mena, et plus particulièrement l’Arabie saoudite, compte l’une des plus grandes proportions d’utilisateurs payants au monde. Pendant le ramadan, les revenus et les utilisateurs actifs quotidiens augmentent», ajoute M. Maktabi.

Environ 74% des musulmans des Émirats arabes unis (EAU), d’Arabie saoudite, de la Jordanie, d’Irak et du Liban soutiennent qu’ils utiliseraient leur smartphone autant ou plus que d’habitude pendant le ramadan cette année, selon une étude menée en 2022 par Statista.

Il n’est peut-être pas surprenant que l’utilisation des smartphones pendant le ramadan ait augmenté régulièrement ces derniers temps, mais il convient d’en examiner les raisons.

«L’année dernière, des pics notables dans les recherches en matière de mode et de beauté (en particulier le maquillage), de nourriture (notamment les recettes rapides, les desserts et les petits appareils ménagers), d’offres en ligne, de cadeaux et de spiritualité ont été enregistrés pendant le ramadan», précise M. Maktabi.

En Arabie saoudite, poursuit-il, on assiste à une forte augmentation du nombre de personnes intéressées par un contenu avec des nouveautés.

Près de 90% des utilisateurs interrogés aux EAU et 86% en Arabie saoudite ont utilisé les réseaux sociaux à la fois pour faire de nouvelles découvertes et partager leurs vœux pendant le ramadan, selon une étude menée par Statista. Et 84% des sondés en Arabie saoudite et 77% aux Émirats ont également regardé des vidéos en ligne, soit pour apprendre à faire quelque chose ou se divertir.

Les personnes trouvent non seulement un sentiment d’appartenance et des sources de divertissement dans le monde virtuel pendant le mois sacré mais aussi de la spiritualité. Lire le Coran avant l’iftar est une activité populaire, avec des niveaux significatifs de participation à l’activité chez les hommes (68%) et les femmes (46%), selon Statista, qui révèle également que 48% des personnes en Arabie saoudite ont acheté des accessoires en lien avec la religion avant le ramadan.

Selon un rapport de 2022 de Google, les demandes concernant la prière ont atteint un niveau record pour l’année au cours des deux semaines précédant le ramadan et le plus grand nombre de téléchargements d’applications religieuses a eu lieu au cours de la première semaine du mois.

«Les thèmes centraux du mois sacré, la spiritualité, le don et la gentillesse, peuvent également être détectés grâce à des recherches», explique M. Maktabi. «Nous avons constaté une augmentation de 100% de l’intérêt de recherche sur YouTube pour les "dons" et les "dons de bienfaisance" en Arabie saoudite pendant les quatre semaines du ramadan en 2021 par rapport à tous les autres mois de l’année.»

Ces tendances sont particulièrement évidentes sur les réseaux sociaux. Les reels Instagram et les audios TikTok en top tendance à cette période de l’année sont généralement ceux abordant des thèmes islamiques, selon Sohaib Mazhar, cofondateur de Brand Agency et spécialiste des réseaux sociaux chez BMB Group.

«Il existe des versions remixées ou ralenties, dans le style TikTok, d’anachid ou de qawwalis (types de musique), que de nombreuses marques choisissent également d’utiliser pour leur contenu du ramadan», mentionne-t-il.

TikTok, le réseau social dont la croissance est actuellement la plus rapide, est sans surprise l’une des plates-formes les plus populaires pour les messages et les célébrations pendant le mois sacré.

L’année dernière, les vidéos publiées avec le hashtag #Ramadan2022 ont été vues 3,9 milliards de fois sur la plate-forme, tandis que les vidéos publiées avec les hashtags #RamadanPreps et #RamadanHealth ont été vues respectivement 551 millions et 439 millions de fois.

«D’autres catégories populaires qui ont littéralement donné matière à réflexion et suscité la créativité des utilisateurs étaient #WhereToEat, avec 371 millions de vidéos visionnées, et #ModestFashion, avec 156 millions de vidéos visionnées», indique à Arab News Sacha el-Jurdi, responsable de la programmation du contenu de TikTok Mena. «Nous voyons aussi beaucoup de contenu avec le hashtag #MyFamily, dans lequel nous retrouvons des vlogs qui réchauffent le cœur et qui montrent les membres de la famille célébrant l’esprit du ramadan ensemble.»

Par ailleurs, la consommation de contenu divertissant augmente sur TikTok pendant le ramadan, en particulier en Arabie saoudite, en Égypte et aux EAU, car les utilisateurs se tournent vers la plate-forme pour trouver de l’inspiration et des idées sur des sujets comme  les tendances en matière de bricolage pour les décorations du ramadan, la mode modeste et les recettes populaires, ajoute M. El-Jurdi.

Par exemple, 57% des utilisateurs de TikTok affirment que les créateurs de contenu les ont incités à essayer de nouveaux produits ménagers pendant le ramadan, et 85% ont passé plus de temps à regarder des vidéos de cuisine pendant le mois, selon une étude réalisée par TikTok.

TikTok n’est toutefois pas le seul réseau social à connaître une hausse d’utilisation pendant le ramadan. Les internautes du Moyen-Orient passent également près de cinquante-huit millions d’heures de plus que d’habitude sur Facebook pendant le mois, soit une augmentation de 5%, selon Google.

En 2022, lors d’une enquête menée avant le ramadan auprès d’utilisateurs de Twitter en Arabie saoudite, aux EAU et en Égypte, 60% des utilisateurs ont confié que Twitter était leur plate-forme de choix pour découvrir ce qui se passait pendant le mois sacré.

En outre, YouTube était l’application vidéo la plus populaire en Arabie saoudite pendant le ramadan 2022, avec 18,1 millions d’utilisateurs actifs, soit une augmentation de 190 000 utilisateurs par rapport à l’année précédente.

Selon M. Mazhar, la hausse de l’activité en ligne s’est accompagnée d’une modification des heures d’utilisation. «L’activité en ligne augmente considérablement à l’heure du shour et après minuit, ainsi qu’après l’iftar, lorsque les personnes attendent les prières de l’icha», remarque-t-il.

Les dépenses des consommateurs en ligne pendant le ramadan ont été évaluées à 6,2 milliards de dollars (1 dollar = 0,91 euro) en 2022, ce qui représente une hausse de 39% par rapport à 2021, selon Statista. Selon une étude menée par Google et Kantar cette année, la quasi-totalité des consommateurs saoudiens déclarent effectuer des recherches en ligne sur les produits avant de les acheter. Google est la première option pour ce type de recherche, 74% des acheteurs saoudiens l’utilisant pour vérifier les informations sur les produits, tandis que 52% consultent YouTube dans le même but.

Le shopping est l’un des principaux moteurs de l’activité en ligne pendant le ramadan, révèlent des études. Cette année, l’activité des consommateurs en Arabie saoudite pendant le ramadan devrait augmenter de 44% par rapport à 2022, selon une étude récente menée par Toluna, un prestataire d’études de marché et de données sur les consommateurs.

«On constate une augmentation dans tous les secteurs, y compris celui du divertissement (44% de plus que l’année dernière), des courses (+51%), des voyages à l’étranger (+35 %), des séjours locaux (+42%), de la livraison de nourriture (+39%) et des soins de beauté (+ 31%)», observe M. Maktabi.

Le ramadan et la fête de l’Aïd qui s’ensuit sont des périodes particulières au cours desquelles le shopping ne concerne pas seulement les besoins personnels, mais aussi les cadeaux.

L’enquête de Toluna indique que la majorité des personnes interrogées (91%) prévoient d’offrir des cadeaux pour l’Aïd cette année, les enfants (66%), les parents (56%) et les amis (37%) étant les principaux destinataires.

De plus, 46% des personnes interrogées envisagent d’augmenter leurs dépenses pour les cadeaux de l’Aïd cette année, tandis que 39% ont exprimé le désir de rendre l’occasion plus spéciale pour compenser les années de pandémie plus calmes, en se faisant plaisir et en faisant plaisir à leurs proches, selon la même étude.

Bien que près de la moitié des sondés aient constaté une montée en flèche des prix cette année, elles comptent toujours dépenser davantage pour les cadeaux. Plus d’un tiers d’entre elles ont même dit avoir l’intention d’offrir des cadeaux à un plus grand nombre de personnes cette année.

Le ramadan et l’Aïd sont des périodes très importantes de l’année pour les musulmans du Moyen-Orient et du monde entier, et les canaux numériques offrent de plus en plus de moyens de rapprocher les personnes les unes des autres et des choses qui les passionnent.

Comme l’a souligné M. Maktabi, il est remarquable que le plus grand changement dans le comportement en ligne pendant le ramadan ne concerne pas les habitudes d’achat des gens, mais leur engagement accru dans des activités spirituelles et religieuses.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Soudan : le ministre de la Défense qualifie de faux un « document des services de renseignement » après l’attaque d’un convoi

Ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun. (Photo AN)
Ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun. (Photo AN)
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  • Le général Hassan Kabroun affirme à Arab News que les accusations selon lesquelles l’armée aurait dissimulé des armes dans un convoi d’aide sont « totalement fausses »

RIYAD : Le ministre soudanais de la Défense a fermement démenti des informations attribuées aux services de renseignement soudanais, selon lesquelles un convoi ciblé au Kordofan du Nord transportait secrètement des armes sous couvert d’aide humanitaire.

Le général Hassan Kabroun a qualifié ces accusations de « fausses » et a estimé qu’il s’agissait d’une tentative de détourner l’attention de ce qu’il a décrit comme un crime commis par une milice.

La controverse a éclaté après la publication d’articles affirmant qu’un document attribué au Service général de renseignement du Soudan soutenait que le convoi frappé vendredi à Al-Rahad n’était pas une mission purement humanitaire, mais transportait en réalité « des armes et des munitions de haute qualité » destinées à des unités des Forces armées soudanaises opérant dans l’État.

Le rapport alléguait en outre que le convoi avait été présenté comme humanitaire afin d’obtenir un passage sûr à travers les zones de conflit, et que les Forces de soutien rapide (RSF) l’avaient détruit après avoir recueilli des renseignements sur son itinéraire et sa cargaison.

Kabroun a catégoriquement rejeté cette version des faits.

« Tout d’abord, nous tenons à souligner que cette information est fausse », a-t-il déclaré à Arab News. « Même le titre évoquant la sécurité de régions telles qu’Al-Dabbah n’est pas un titre que l’armée utiliserait. »

Il a qualifié le document de fabrication à motivation politique, affirmant qu’il visait à « couvrir le crime odieux qu’ils ont commis ».

Le ministre a assuré que la zone visée par des drones est entièrement sous le contrôle des Forces armées soudanaises et ne nécessite aucun transport militaire clandestin.

« Deuxièmement, nous confirmons que la région ciblée par les drones est contrôlée par l’armée et parfaitement sûre », a déclaré Kabroun. « Il n’est pas nécessaire d’y transporter du matériel militaire en utilisant des convois humanitaires comme couverture, car il s’agit d’une zone sécurisée sous contrôle de l’armée, qui dispose de capacités importantes pour acheminer l’aide humanitaire. »

Selon lui, l’armée soudanaise possède les capacités logistiques et les itinéraires sécurisés nécessaires pour déplacer du matériel ouvertement lorsque cela est requis.

« L’armée est professionnelle et n’a pas besoin d’acheminer quoi que ce soit à Kadugli ou Dalang à bord de convois d’aide », a-t-il affirmé. « La route entre Dalang et Kadugli est ouverte. Les forces soudanaises ont emprunté cette route pour entrer et prendre le contrôle de la région. La route est ouverte et, chaque fois que des camions militaires doivent livrer du matériel, ils peuvent le faire sans recourir à une quelconque forme de camouflage. »

Kabroun a également rejeté toute suggestion selon laquelle l’armée utiliserait des opérations humanitaires comme couverture.

« L’aide est transportée par des véhicules humanitaires dédiés vers les zones qui en ont besoin », a-t-il précisé. « L’aide n’est pas transportée par l’armée. L’armée et les services de sécurité n’interfèrent pas du tout avec les efforts de secours et n’escortent même pas les convois. »

Il a souligné que les Forces armées soudanaises maintiennent une séparation institutionnelle claire entre les opérations militaires et le travail humanitaire, en particulier dans le contexte de la crise que traverse le pays.

« Ce sont des accusations mensongères », a-t-il déclaré. « Cette fausse information vise à couvrir le crime odieux qu’ils ont commis. »

Le Soudan est en proie au conflit depuis avril 2023, lorsque des combats ont éclaté entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide, plongeant le pays dans ce que les Nations unies ont qualifié de l’une des pires catastrophes humanitaires au monde.

La dernière controverse autour du convoi intervient alors que les combats s’intensifient au Kordofan du Sud, région stratégique reliant le centre du Soudan aux zones contestées du Darfour et du Nil Bleu.

Le faux rapport suggérait que la surveillance des services de renseignement avait permis aux RSF de frapper ce qu’elles décrivaient comme un convoi militaire déguisé en aide humanitaire. Mais Kabroun a rejeté catégoriquement cette version.

« Les services de renseignement connaissent parfaitement leurs responsabilités », a-t-il affirmé. « L’armée soudanaise dispose de suffisamment d’armes et d’équipements pour ses opérations. Ces accusations sont totalement fausses. »

Il a estimé que le récit diffusé visait à détourner la responsabilité des attaques contre des infrastructures civiles et des mouvements humanitaires.

« Cela montre qu’ils cherchent à dissimuler les atrocités », a-t-il ajouté, en référence à la milice.

Kabroun a soutenu que l’armée a repris l’initiative sur plusieurs fronts et demeure pleinement capable de poursuivre ses opérations sans recourir à la tromperie.

« La région est sécurisée, les routes sont ouvertes et l’armée n’a pas besoin de camouflage », a-t-il conclu. « Nous opérons de manière professionnelle et transparente. »

« Ces accusations sont totalement fausses », a-t-il insisté. « L’armée soudanaise n’utilise pas de convois humanitaires à des fins militaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président somalien à Asharq Al-Awsat: Travailler avec des partenaires de l'Arabie saoudite pour annuler la reconnaissance du Somaliland par Israël

 Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
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  • M. Mohamud a souligné que l'unité de la Somalie est une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio a pris des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale
  • S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique

RIYAD: Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a dévoilé une stratégie politique et juridique à trois volets pour annuler ce qu'il a décrit comme une reconnaissance israélienne de la région sécessionniste du Somaliland, avertissant qu'une telle décision menace la souveraineté de la Somalie et la stabilité régionale.

S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique de ce qu'il a qualifié d'"escalade irréfléchie".

Sans nommer de pays en particulier, le dirigeant somalien a déclaré que certains États de la région pourraient voir dans la reconnaissance israélienne une occasion de poursuivre "des intérêts étroits et à court terme au détriment de l'unité de la Somalie et de la stabilité régionale".

"Je ne souhaite pas nommer un ou plusieurs pays en particulier", a-t-il déclaré. "Mais il est clair que certains pourraient considérer cette reconnaissance comme une occasion de réaliser des gains limités.

Il a souligné que l'unité de la Somalie était une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio avait adopté des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale. "Nous mettons en garde contre le risque d'être induits en erreur par l'aventurisme israélien imprudent", a-t-il déclaré.

Trois étapes parallèles

M. Mohamud faisait référence à la reconnaissance, annoncée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de la République autoproclamée du Somaliland en tant qu'État indépendant.

"J'affirme avec la plus grande clarté et fermeté que toute reconnaissance du Somaliland en tant qu'État indépendant constitue une violation flagrante de la souveraineté et de l'unité de la République fédérale de Somalie", a-t-il déclaré.

Il a qualifié cette démarche de grave violation du droit international, de la charte des Nations unies et des résolutions de l'Union africaine qui prônent le respect des frontières héritées de l'Afrique.

Sur cette base, la Somalie a adopté et continuera à appliquer trois mesures parallèles, a-t-il révélé.

La première consiste en une action diplomatique immédiate par l'intermédiaire des Nations unies, de l'Union africaine et de l'Organisation de la coopération islamique afin de rejeter et d'invalider juridiquement et politiquement cette reconnaissance.

M. Mohamud a déclaré que la Somalie avait demandé et obtenu une session formelle du Conseil de sécurité des Nations unies pour traiter ce qu'il a qualifié de "violation israélienne flagrante" de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Somalie.

Cette session, a-t-il ajouté, constitue une victoire diplomatique importante pour Mogadiscio, compte tenu notamment du fait que la Somalie est actuellement membre du Conseil.

Il a exprimé sa "profonde gratitude" pour les déclarations de solidarité et de condamnation émises par l'Union africaine, la Ligue arabe, l'OCI, le Conseil de coopération du Golfe, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et l'Union européenne, entre autres.

La deuxième étape consiste à coordonner une position arabe, islamique et africaine unifiée. M. Mohamud a félicité l'Arabie saoudite pour avoir été l'une des premières à publier une déclaration claire rejetant toute atteinte à l'unité de la Somalie.

Il a déclaré que la position saoudienne reflétait l'engagement de longue date du Royaume en faveur de la souveraineté de l'État et de l'intégrité territoriale, renforcé par le soutien "ferme et de principe" du cabinet saoudien à la Somalie dans ce qu'il a décrit comme un moment délicat.

La troisième étape est axée sur le renforcement du dialogue national interne afin d'aborder les questions politiques dans le cadre d'un État somalien unique, à l'abri de toute ingérence ou de tout diktat extérieur.

Sécurité régionale

M. Mohamud a prévenu que si rien n'était fait, la reconnaissance pourrait créer un "dangereux précédent et compromettre la paix et la sécurité régionales et internationales".

Il a ajouté que cela pourrait encourager les mouvements séparatistes non seulement dans la Corne de l'Afrique, mais aussi dans toute l'Afrique et le monde arabe, citant les développements dans des pays tels que le Soudan et le Yémen comme preuve du coût élevé de la fragmentation de l'État.

"Il s'agit d'une artère maritime mondiale vitale et d'un élément essentiel de la sécurité nationale arabe", a-t-il déclaré en faisant référence à la mer Rouge.

"Toute tension politique ou sécuritaire le long de la côte somalienne affectera directement le commerce international et la sécurité énergétique.

Il a ajouté que l'instabilité aurait des répercussions sur les États riverains de la mer Rouge, en particulier l'Arabie saoudite, l'Égypte, le Soudan, l'Érythrée, le Yémen et la Jordanie. "Préserver l'unité de la Somalie est la pierre angulaire de la sécurité collective de la mer Rouge", a-t-il déclaré.

Point d'appui stratégique

M. Mohamud a affirmé que l'objectif d'Israël allait au-delà de la reconnaissance politique.

"Nous pensons que l'objectif va au-delà d'un geste politique", a-t-il déclaré à Asharq Al-Awsat. "Il comprend la recherche d'un point d'appui stratégique dans la Corne de l'Afrique, près de la mer Rouge, permettant d'exercer une influence sur le détroit de Bab al-Mandeb et menaçant la sécurité nationale des États riverains de la mer Rouge.

Il a décrit cette initiative comme un test de la détermination somalienne, arabe et africaine sur les questions de souveraineté et d'unité territoriale, soulignant que l'opposition de la Somalie à la sécession est une position nationale de principe et durable largement soutenue dans les mondes arabe et africain, "en premier lieu par l'Arabie saoudite".

Il a rejeté toute tentative visant à faire de la Somalie un champ de bataille pour les rivalités régionales ou internationales. "Nous ne permettrons pas que la Somalie devienne une arène pour le règlement de conflits qui ne servent pas les intérêts de notre peuple ou la sécurité de notre région", a-t-il déclaré.

Liens avec l'Arabie saoudite

En ce qui concerne les relations entre l'Arabie saoudite et la Somalie, M. Mohamud a décrit le partenariat comme étant "profondément enraciné et stratégique, enraciné dans une histoire et une religion partagées et dans une destinée commune". L'Arabie saoudite, a-t-il déclaré, "reste un partenaire central dans le soutien à la stabilité, à la reconstruction et au développement de la Somalie, ainsi qu'à la sécurité de la mer Rouge".

Il a exprimé son admiration pour la Vision 2030 de l'Arabie saoudite et les gains économiques et de développement réalisés sous la direction du Gardien des deux saintes mosquées, le roi Salman bin Abdulaziz, et du prince Mohammed bin Salman, prince héritier et Premier ministre.

Interrogé sur la récente décision du Cabinet saoudien rejetant toute tentative de diviser la Somalie, M. Mohamud a déclaré que le gouvernement fédéral l'avait reçue avec "beaucoup d'appréciation et de soulagement."

Selon lui, cette position prolonge le soutien historique du Royaume à l'unité territoriale et à la souveraineté de la Somalie, renforce la stabilité régionale et envoie un message important à la communauté internationale sur la nécessité de respecter la souveraineté des États et de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures.


Le ministre saoudien des AE en Éthiopie pour discuter des développements régionaux

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane (AFP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane (AFP)
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  • Le prince Faisal rencontrera le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali pour "discuter des développements dans la région et des efforts déployés pour parvenir à la paix et à la stabilité régionales"
  • Cette visite fait suite à l'accueil par l'Arabie saoudite du ministre éthiopien des affaires étrangères, Gedion Timothewos, pour des entretiens à Riyad au début du mois

RIYAD: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, est arrivé mercredi dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba pour une visite officielle, a indiqué le ministère.

Le prince Faisal rencontrera le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali pour "discuter des développements dans la région et des efforts déployés pour parvenir à la paix et à la stabilité régionales", selon le communiqué publié sur X.

Cette visite fait suite à l'accueil par l'Arabie saoudite du ministre éthiopien des affaires étrangères, Gedion Timothewos, pour des entretiens à Riyad au début du mois.