Les célébrations du ramadan dans le monde numérique ne cessent de prendre de l’ampleur

Environ 50% des personnes interrogées en Arabie saoudite indiquent qu’elles passent une à trois heures sur leur smartphone chaque jour pendant le ramadan (Photo fournie)
Environ 50% des personnes interrogées en Arabie saoudite indiquent qu’elles passent une à trois heures sur leur smartphone chaque jour pendant le ramadan (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 12 avril 2023

Les célébrations du ramadan dans le monde numérique ne cessent de prendre de l’ampleur

  • Pendant le ramadan, les musulmans font de nombreuses recherches et naviguent sur le Web plus qu’à tout autre moment de l’année
  • Ils trouvent non seulement des sources de divertissement dans le monde virtuel pendant le mois sacré mais aussi de la spiritualité

DUBAÏ: Le ramadan est une période d’introspection, de spiritualité et où les liens familiaux se resserrent. De nombreux musulmans modifient leurs habitudes quotidiennes pendant le mois sacré, non seulement en jeûnant de l’aube au crépuscule, mais en faisant également preuve de plus de charité et en consacrant plus de temps à la prière.

Ce changement d’habitudes s’étend de plus en plus au monde virtuel. En effet, de nombreuses personnes passent plus de temps en ligne à la recherche d’offres saisonnières, ainsi que de contenu divertissant et spirituel.

Les chercheurs ont découvert que le temps total que les utilisateurs de la région passent en ligne augmente considérablement pendant le ramadan. Ils font de nombreuses recherches et naviguent sur le Web plus qu’à tout autre moment de l’année.

«Selon une étude récente, six consommateurs sur dix affirment que leur utilisation du téléphone portable augmente pendant le ramadan», assure George Maktabi, PDG de la société de médias et de technologie Webedia Group Mena, dans un entretien accordé à Arab News. 

Environ 50% des personnes interrogées en Arabie saoudite indiquent qu’elles passent une à trois heures sur leur smartphone chaque jour pendant le ramadan, selon une enquête réalisée par la plate-forme publicitaire AdColony et la société de recherche GlobalWebIndex.

«La région Mena, et plus particulièrement l’Arabie saoudite, compte l’une des plus grandes proportions d’utilisateurs payants au monde. Pendant le ramadan, les revenus et les utilisateurs actifs quotidiens augmentent», ajoute M. Maktabi.

Environ 74% des musulmans des Émirats arabes unis (EAU), d’Arabie saoudite, de la Jordanie, d’Irak et du Liban soutiennent qu’ils utiliseraient leur smartphone autant ou plus que d’habitude pendant le ramadan cette année, selon une étude menée en 2022 par Statista.

Il n’est peut-être pas surprenant que l’utilisation des smartphones pendant le ramadan ait augmenté régulièrement ces derniers temps, mais il convient d’en examiner les raisons.

«L’année dernière, des pics notables dans les recherches en matière de mode et de beauté (en particulier le maquillage), de nourriture (notamment les recettes rapides, les desserts et les petits appareils ménagers), d’offres en ligne, de cadeaux et de spiritualité ont été enregistrés pendant le ramadan», précise M. Maktabi.

En Arabie saoudite, poursuit-il, on assiste à une forte augmentation du nombre de personnes intéressées par un contenu avec des nouveautés.

Près de 90% des utilisateurs interrogés aux EAU et 86% en Arabie saoudite ont utilisé les réseaux sociaux à la fois pour faire de nouvelles découvertes et partager leurs vœux pendant le ramadan, selon une étude menée par Statista. Et 84% des sondés en Arabie saoudite et 77% aux Émirats ont également regardé des vidéos en ligne, soit pour apprendre à faire quelque chose ou se divertir.

Les personnes trouvent non seulement un sentiment d’appartenance et des sources de divertissement dans le monde virtuel pendant le mois sacré mais aussi de la spiritualité. Lire le Coran avant l’iftar est une activité populaire, avec des niveaux significatifs de participation à l’activité chez les hommes (68%) et les femmes (46%), selon Statista, qui révèle également que 48% des personnes en Arabie saoudite ont acheté des accessoires en lien avec la religion avant le ramadan.

Selon un rapport de 2022 de Google, les demandes concernant la prière ont atteint un niveau record pour l’année au cours des deux semaines précédant le ramadan et le plus grand nombre de téléchargements d’applications religieuses a eu lieu au cours de la première semaine du mois.

«Les thèmes centraux du mois sacré, la spiritualité, le don et la gentillesse, peuvent également être détectés grâce à des recherches», explique M. Maktabi. «Nous avons constaté une augmentation de 100% de l’intérêt de recherche sur YouTube pour les "dons" et les "dons de bienfaisance" en Arabie saoudite pendant les quatre semaines du ramadan en 2021 par rapport à tous les autres mois de l’année.»

Ces tendances sont particulièrement évidentes sur les réseaux sociaux. Les reels Instagram et les audios TikTok en top tendance à cette période de l’année sont généralement ceux abordant des thèmes islamiques, selon Sohaib Mazhar, cofondateur de Brand Agency et spécialiste des réseaux sociaux chez BMB Group.

«Il existe des versions remixées ou ralenties, dans le style TikTok, d’anachid ou de qawwalis (types de musique), que de nombreuses marques choisissent également d’utiliser pour leur contenu du ramadan», mentionne-t-il.

TikTok, le réseau social dont la croissance est actuellement la plus rapide, est sans surprise l’une des plates-formes les plus populaires pour les messages et les célébrations pendant le mois sacré.

L’année dernière, les vidéos publiées avec le hashtag #Ramadan2022 ont été vues 3,9 milliards de fois sur la plate-forme, tandis que les vidéos publiées avec les hashtags #RamadanPreps et #RamadanHealth ont été vues respectivement 551 millions et 439 millions de fois.

«D’autres catégories populaires qui ont littéralement donné matière à réflexion et suscité la créativité des utilisateurs étaient #WhereToEat, avec 371 millions de vidéos visionnées, et #ModestFashion, avec 156 millions de vidéos visionnées», indique à Arab News Sacha el-Jurdi, responsable de la programmation du contenu de TikTok Mena. «Nous voyons aussi beaucoup de contenu avec le hashtag #MyFamily, dans lequel nous retrouvons des vlogs qui réchauffent le cœur et qui montrent les membres de la famille célébrant l’esprit du ramadan ensemble.»

Par ailleurs, la consommation de contenu divertissant augmente sur TikTok pendant le ramadan, en particulier en Arabie saoudite, en Égypte et aux EAU, car les utilisateurs se tournent vers la plate-forme pour trouver de l’inspiration et des idées sur des sujets comme  les tendances en matière de bricolage pour les décorations du ramadan, la mode modeste et les recettes populaires, ajoute M. El-Jurdi.

Par exemple, 57% des utilisateurs de TikTok affirment que les créateurs de contenu les ont incités à essayer de nouveaux produits ménagers pendant le ramadan, et 85% ont passé plus de temps à regarder des vidéos de cuisine pendant le mois, selon une étude réalisée par TikTok.

TikTok n’est toutefois pas le seul réseau social à connaître une hausse d’utilisation pendant le ramadan. Les internautes du Moyen-Orient passent également près de cinquante-huit millions d’heures de plus que d’habitude sur Facebook pendant le mois, soit une augmentation de 5%, selon Google.

En 2022, lors d’une enquête menée avant le ramadan auprès d’utilisateurs de Twitter en Arabie saoudite, aux EAU et en Égypte, 60% des utilisateurs ont confié que Twitter était leur plate-forme de choix pour découvrir ce qui se passait pendant le mois sacré.

En outre, YouTube était l’application vidéo la plus populaire en Arabie saoudite pendant le ramadan 2022, avec 18,1 millions d’utilisateurs actifs, soit une augmentation de 190 000 utilisateurs par rapport à l’année précédente.

Selon M. Mazhar, la hausse de l’activité en ligne s’est accompagnée d’une modification des heures d’utilisation. «L’activité en ligne augmente considérablement à l’heure du shour et après minuit, ainsi qu’après l’iftar, lorsque les personnes attendent les prières de l’icha», remarque-t-il.

Les dépenses des consommateurs en ligne pendant le ramadan ont été évaluées à 6,2 milliards de dollars (1 dollar = 0,91 euro) en 2022, ce qui représente une hausse de 39% par rapport à 2021, selon Statista. Selon une étude menée par Google et Kantar cette année, la quasi-totalité des consommateurs saoudiens déclarent effectuer des recherches en ligne sur les produits avant de les acheter. Google est la première option pour ce type de recherche, 74% des acheteurs saoudiens l’utilisant pour vérifier les informations sur les produits, tandis que 52% consultent YouTube dans le même but.

Le shopping est l’un des principaux moteurs de l’activité en ligne pendant le ramadan, révèlent des études. Cette année, l’activité des consommateurs en Arabie saoudite pendant le ramadan devrait augmenter de 44% par rapport à 2022, selon une étude récente menée par Toluna, un prestataire d’études de marché et de données sur les consommateurs.

«On constate une augmentation dans tous les secteurs, y compris celui du divertissement (44% de plus que l’année dernière), des courses (+51%), des voyages à l’étranger (+35 %), des séjours locaux (+42%), de la livraison de nourriture (+39%) et des soins de beauté (+ 31%)», observe M. Maktabi.

Le ramadan et la fête de l’Aïd qui s’ensuit sont des périodes particulières au cours desquelles le shopping ne concerne pas seulement les besoins personnels, mais aussi les cadeaux.

L’enquête de Toluna indique que la majorité des personnes interrogées (91%) prévoient d’offrir des cadeaux pour l’Aïd cette année, les enfants (66%), les parents (56%) et les amis (37%) étant les principaux destinataires.

De plus, 46% des personnes interrogées envisagent d’augmenter leurs dépenses pour les cadeaux de l’Aïd cette année, tandis que 39% ont exprimé le désir de rendre l’occasion plus spéciale pour compenser les années de pandémie plus calmes, en se faisant plaisir et en faisant plaisir à leurs proches, selon la même étude.

Bien que près de la moitié des sondés aient constaté une montée en flèche des prix cette année, elles comptent toujours dépenser davantage pour les cadeaux. Plus d’un tiers d’entre elles ont même dit avoir l’intention d’offrir des cadeaux à un plus grand nombre de personnes cette année.

Le ramadan et l’Aïd sont des périodes très importantes de l’année pour les musulmans du Moyen-Orient et du monde entier, et les canaux numériques offrent de plus en plus de moyens de rapprocher les personnes les unes des autres et des choses qui les passionnent.

Comme l’a souligné M. Maktabi, il est remarquable que le plus grand changement dans le comportement en ligne pendant le ramadan ne concerne pas les habitudes d’achat des gens, mais leur engagement accru dans des activités spirituelles et religieuses.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.


Visite du président libanais à Washington: le Hezbollah dénonce une «soumission» à un pouvoir étranger

Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
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  • Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais
  • Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud

BEYROUTH: Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère".

Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

Cet accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe une partie du sud du pays désignée comme "zone de sécurité" - sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

La formation pro-iranienne, qui s'oppose à l'accord, a déploré dans un communiqué que la visite de M. Aoun n'avait "débouché sur aucun engagement américain" sur un retrait de l'armée israélienne du sud du Liban, ni n'avait mis fin aux tirs israéliens, ni permis un retour sûr des déplacés dans cette région.

"Dans la série ininterrompue des concessions" du pouvoir, cette visite a révélé "l’ampleur de la dépendance et de la soumission à une tutelle étrangère", a ajouté le Hezbollah.

Pendant l'entrevue, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de l'accord.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran, a réitéré son refus des négociations directes entre Israël et le Liban.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans le village de Zawtar al-Gharbiya dont l'armée israélienne contrôlait les abords.

Le chef de l'armée, Rodolphe Haykal, s'est rendu jeudi sur place où il "a passé en revue les mesures prises" afin de " garantir le retour en sécurité des habitants", selon un communiqué de l'armée.

Un photographe de l'AFP a vu des équipes de secours entrer dans cette localité, qui reste interdite d'accès aux habitants.

Elles ont récupéré trois corps, et poursuivent des opérations de recherche, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais de la guerre régionale.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud.

L'ANI a rapporté une "forte explosion" dans la localité frontalière d'al-Tiri, l'attribuant à l'armée israélienne. Des tirs israéliens dans une autre localité du sud ont blessé un travailleur syrien, a ajouté l'agence.

Des secouristes affiliés au Hezbollah ont rapporté qu'une frappe israélienne près de Nabatiyé al-Fawqa avait visé une ambulance qui se rendait sur le site d'une précédente frappe, et blessé deux secouristes.


La coopération saoudo-américaine peut-elle faire émerger un « Aramco du nucléaire » ?

L’accord s’appuie sur neuf décennies de coopération énergétique, tandis que Washington soutient les ambitions à long terme du Royaume en matière de nucléaire civil. (Getty Images)
L’accord s’appuie sur neuf décennies de coopération énergétique, tandis que Washington soutient les ambitions à long terme du Royaume en matière de nucléaire civil. (Getty Images)
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  • L’accord repose sur près de neuf décennies de coopération énergétique, alors que Washington apporte son soutien aux ambitions de long terme de l’Arabie saoudite dans le domaine du nucléaire civil
  • Des experts estiment que la profonde confiance stratégique et les intérêts commerciaux communs ont rendu possible ce partenariat historique

LONDRES : Bien que les détails techniques et les conditions politiques de l’accord nucléaire conclu entre l’Arabie saoudite et les États-Unis n’aient pas encore été entièrement dévoilés, la nouvelle a été accueillie de manière largement positive par les experts et les observateurs des deux pays.

Comme l’a souligné mercredi le ministère saoudien de l’Énergie dans un communiqué, cet accord ne sort pas de nulle part.

L’Accord de coopération sur les usages pacifiques de l’énergie nucléaire, indique le ministère, « s’inscrit dans le prolongement du partenariat stratégique historique entre les deux pays amis ».

Plus récemment, il fait suite à l’annonce effectuée lors de la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane aux États-Unis l’an dernier, concernant « l’aboutissement des négociations sur la coopération bilatérale dans les usages pacifiques de l’énergie nucléaire ».

Historiquement, la coopération énergétique entre Washington et Riyad a donné naissance à des avancées majeures. Les fondations de ce qui deviendra Aramco, aujourd’hui la plus grande compagnie pétrolière au monde, ont été posées en 1933, lorsque l’Arabie saoudite a signé un accord de concession avec la Standard Oil Company of California.

Le ministère ajoute que cet accord « reflète la vision commune des deux pays visant à renforcer leur coopération dans les domaines de l’énergie et des technologies d’avenir, tout en soutenant le développement durable ».

Mais l’ancienneté de cette vision pourrait surprendre plus d’un. 

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Un puits de pétrole à Ain Dar, en Arabie saoudite, en 1952. (Photo : Touring Club Italiano/Marka/Universal Images Group via Getty Images)

En avril 1986, deux chercheurs du département de génie nucléaire de l’Université Roi-Abdelaziz de Djeddah se sont rendus à l’aéroport international de Pittsburgh afin de participer à une conférence consacrée à la théorie et aux applications de la modélisation et de la simulation informatiques dans plusieurs disciplines.

Le titre de la communication présentée par A.F. Abdul-Fattah et W.H. Abulfaraj lors de cette conférence de deux jours organisée à l’Université de Pittsburgh était : « Évaluation technologique des réacteurs nucléaires de recherche pour l’Arabie saoudite ».

Quarante ans plus tard, ce document rappelle que, loin d’être le résultat d’une course précipitée vers l’énergie nucléaire, le nouvel accord annoncé avec les États-Unis constitue simplement la dernière pièce d’un puzzle énergétique que le Royaume assemble avec patience depuis au moins quatre décennies. 

Michael Ratney, ancien ambassadeur des États-Unis à Riyad et conseiller principal au Center for Strategic and International Studies (CSIS) à Washington, a déclaré à Arab News que l’accord nucléaire entre les États-Unis et l’Arabie saoudite était, sans aucun doute, « un accord historique ».

« Les Saoudiens réfléchissent à ce projet depuis très longtemps », a-t-il expliqué. « Le processus s’est accéléré avec la Vision 2030 en raison de son objectif de diversification économique et de la volonté de bâtir une économie viable pour l’après-pétrole.

« Et cela ne signifie pas seulement une économie qui ne dépend plus des exportations de pétrole. Cela signifie aussi une économie qui ne dépend plus du pétrole pour répondre à ses propres besoins énergétiques. »

Selon lui, le nucléaire constitue un élément logique d’un mix énergétique plus large basé sur les énergies renouvelables que le Royaume est en train de développer.

« L’Arabie saoudite investit déjà dans l’énergie solaire et l’énergie éolienne, et le nucléaire s’inscrit dans un bouquet énergétique décarboné. C’est d’ailleurs le même débat qui se déroule actuellement en Europe et aux États-Unis.

« Les Saoudiens considèrent depuis longtemps l’énergie nucléaire comme une alternative aux combustibles fossiles, et cet accord représente l’occasion de concrétiser cette ambition. »

Il a ajouté que les États-Unis avaient également beaucoup à gagner de ce nouvel accord.

« Je ne participe pas directement aux négociations », a-t-il précisé. « Mais je suppose que si nous poursuivons ce projet aujourd’hui, c’est aussi parce que nous nous attendons à ce que les Saoudiens collaborent avec des entreprises américaines pour construire les réacteurs. »

Dans une publication sur X, l’homme d’affaires et commentateur saoudien Turki Al-Faisal Al-Rasheed a lui aussi estimé que les deux parties avaient beaucoup à gagner.

Selon lui, ce partenariat « vise à répondre aux besoins de l’Arabie saoudite en matière d’énergie nucléaire à des fins pacifiques, tout en offrant à Washington un levier pour éloigner Riyad de la Chine, son principal partenaire dans de nombreux projets de la Vision 2030. »

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Le prince héritier Mohammed ben Salmane lance le projet de construction du premier réacteur nucléaire de recherche d’Arabie saoudite. (Photo SPA)

La technologie et l’expertise américaines contribueraient à « maintenir des normes élevées en matière de garanties de sécurité et de non-prolifération ». Dans le même temps, « l’Arabie saoudite dispose de ressources considérables et de multiples options à l’international ; remporter ces contrats générerait des emplois, renforcerait le leadership technologique des États-Unis et accroîtrait les revenus à l’exportation des entreprises américaines. »

Toutefois, dans un entretien accordé à Arab News, Turki Al-Rasheed a rappelé que, s’il est « essentiel — voire vital — pour l’Arabie saoudite de renouveler et de diversifier ses sources d’énergie », le Royaume peut choisir de le faire avec les États-Unis ou avec d’autres partenaires, comme la France, la Chine ou la Russie.

« Les États-Unis doivent être notre priorité, mais pas notre seule priorité », a-t-il déclaré. « N’oublions pas que la Chine est notre premier partenaire commercial. Les États-Unis sont notre partenaire militaire et politique. La Russie est notre principal partenaire dans le pétrole et l’énergie. Nous devons préserver l’ensemble de ces relations. »

La confiance des États-Unis dans leur partenariat avec l’Arabie saoudite s’est manifestée non seulement à travers l’accord signé mercredi, mais aussi par la relation étroite qui s’est développée entre les hauts responsables de Washington et de Riyad.

Lors de la cérémonie de signature organisée au siège du département américain de l’Énergie, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a salué le prince Abdulaziz ben Salmane comme « l’un des analystes les plus avisés des marchés mondiaux de l’énergie », ajoutant qu’il admirait depuis longtemps sa franchise sur les grandes questions énergétiques internationales, bien avant leur première rencontre. 

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Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright. (Photo fournie)

Depuis, a-t-il expliqué, les deux hommes ont noué une relation d’amitié fondée sur la confiance, qui dépasse largement les discussions sur le pétrole, le gaz et la coopération dans le domaine du nucléaire civil.

Chris Wright a également salué le « leadership fort et fondé sur des principes » du ministre saoudien de l’Énergie, estimant qu’il avait contribué à transformer le secteur énergétique du Royaume. Selon lui, cette relation de confiance personnelle reflète une conviction plus large : celle que l’Arabie saoudite est un partenaire stratégique de long terme.

Certains observateurs ont toutefois exprimé des inquiétudes, estimant que si l’Arabie saoudite développait une capacité d’enrichissement de l’uranium, cela pourrait déclencher une course aux armements dans la région.

L’Arabie saoudite dispose d’importants gisements d’uranium. En 2019, le prince Abdulaziz avait déclaré : « Nous voulons maîtriser l’ensemble du cycle, depuis l’extraction de l’uranium jusqu’à son enrichissement, puis à son utilisation. » 

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Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz ben Salmane Al Saoud, lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, le 4 juin 2026. (AFP/Photo d’archives)

La même année, une étude conjointe menée par le Saudi Geological Survey, le Beijing Research Institute of Uranium Geology et la China National Nuclear Corporation a identifié trois grands gisements, situés dans le centre et le nord-ouest du pays, susceptibles de produire jusqu’à 90 000 tonnes d’uranium.

« Je pense qu’il est normal que cela suscite des inquiétudes lorsque d’autres pays commencent à développer une capacité d’enrichissement nucléaire », a déclaré Michael Ratney. « Mais ce qui a été convenu dans cet accord ne donne pas à l’Arabie saoudite une arme nucléaire. Ce n’est tout simplement pas le cas.

« Il lui permet de développer un programme nucléaire civil en coopération avec les États-Unis, sous le contrôle des garanties de non-prolifération, afin que le Royaume puisse progressivement réduire sa dépendance au pétrole pour la production d’électricité. »

Selon lui, l’accord « laisse la porte ouverte » à un éventuel enrichissement de l’uranium, « mais uniquement au terme de nombreux autres accords et consultations avec les États-Unis avant d’en arriver là. Et un tel projet serait extrêmement coûteux et prendrait beaucoup de temps à mettre en œuvre. »

« Il faut déjà beaucoup de temps pour construire une centrale nucléaire. Développer une capacité d’enrichissement du combustible nucléaire prendrait encore bien plus de temps.

« En attendant, comme la plupart des pays, l’Arabie saoudite importera son combustible nucléaire, tout comme les États-Unis. Nous extrayons de l’uranium, mais nous importons également du combustible nucléaire parce que notre production ne suffit pas à alimenter l’ensemble de nos réacteurs. »

Selon Michael Ratney, l’impulsion initiale ayant conduit à l’accord actuel remonte à l’administration Biden.

« Les premières discussions ont eu lieu sous l’administration Biden, dans le cadre d’un projet d’accord global qui devait inclure un volet nucléaire, une normalisation des relations avec Israël ainsi qu’un traité de défense mutuelle avec les États-Unis.

« Ce projet a pris fin avec la fin du mandat de l’administration Biden, lorsque le processus de normalisation s’est pratiquement enlisé. Il semble désormais que l’administration Trump ait repris le volet nucléaire de cette initiative. » 

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Michael Ratney, ancien ambassadeur des États-Unis à Riyad et conseiller principal au Center for Strategic and International Studies (CSIS). (Photo fournie)

Michael Ratney estime que l’accord franchira l’étape du Congrès et qu’il est conçu pour durer.

« Il n’a pas besoin d’un vote d’approbation ; il lui suffit de survivre à un vote de désapprobation, et je pense que ce sera le cas. Je suis donc convaincu qu’il entrera en vigueur et je doute qu’une future administration cherche à le remettre en cause. »

Alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran se poursuivent, Ratney estime que l’accord comporte également une dimension politique.

« Cela fait probablement partie de la réflexion saoudienne : montrer à leurs voisins que l’Iran n’est pas le seul pays capable de développer un programme nucléaire, et que l’Arabie saoudite peut poursuivre un tel programme non pas de manière illicite, comme l’Iran est parfois accusé de le faire, mais en coopération avec une superpuissance mondiale. »

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Lors de la visite du secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, au laboratoire national de l’Idaho, le 25 juin 2026. (AFP) (AFP)

En réponse à une demande de commentaire, un porte-parole de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué que l’agence « est informée des discussions entre le Royaume d’Arabie saoudite et les États-Unis en vue de conclure un accord bilatéral de coopération dans le domaine du nucléaire civil, ainsi que du projet de demander à l’AIEA de mettre en œuvre des mesures de vérification dans le cadre de cet accord.

« Nous attendons avec intérêt de recevoir cette demande de vérification et de collaborer avec les États-Unis et le Royaume d’Arabie saoudite afin de garantir la mise en œuvre de ces mesures.

« Celles-ci devront s’accompagner des mécanismes de vérification prévus par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et par l’Accord de garanties généralisées applicable à l’Arabie saoudite.

« Une fois que les deux pays auront présenté cette demande, et conformément aux procédures de l’Agence, le Directeur général la soumettra au Conseil des gouverneurs afin d’obtenir l’autorisation nécessaire à sa mise en œuvre. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com