Pourquoi Creme Egg, le produit emblématique de Pâques, conserve-t-il des adeptes fidèles au Moyen-Orient?

C’est Creme Egg, le produit emblématique de la société chocolatière britannique Cadbury (Photo, fournie).
C’est Creme Egg, le produit emblématique de la société chocolatière britannique Cadbury (Photo, fournie).
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Publié le Dimanche 09 avril 2023

Pourquoi Creme Egg, le produit emblématique de Pâques, conserve-t-il des adeptes fidèles au Moyen-Orient?

  • Creme Egg a fait ses débuts en 1971, mais tout a commencé en 1824 lorsque John Cadbury a ouvert un magasin à Birmingham
  • Creme Egg est disponible dans des supermarchés tels que Tamimi Markets et Carrefour en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis

LONDRES: Il a la taille d'un modeste œuf de poule, mais pèse 40 g et fournit 177 kilocalories – plus qu’un œuf véritable – composées presque exclusivement de graisses et de sucres…

C’est Creme Egg, le produit emblématique de la société chocolatière britannique Cadbury, rachetée en 2010 par le géant américain de l'alimentation et des boissons Mondelez International pour quelque 19,5 milliards de dollars (1 dollar = 0,92 euro).

Avec son épaisse coquille de chocolat au lait fourrée d'un fondant blanc gluant et d'un «jaune», l'œuf emballé dans du papier d'aluminium est un produit «Marmite». Avec l'équivalent de six cuillères à café de sucre dans chaque œuf, soit vous le trouvez trop sucré pour le digérer, soit vous êtes accro à l'énorme apport calorique qu'il procure.

Quoi qu'il en soit, dans les pays chrétiens, le Creme Egg prend tout son sens à Pâques, mais il compte également de nombreux adeptes dans le monde entier, y compris au Moyen-Orient.

Il est disponible dans des supermarchés tels que Tamimi Markets et Carrefour en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, où il est particulièrement apprécié comme friandise pendant le ramadan, qui coïncide cette année avec Pâques.

Au Royaume-Uni, Pâques est la saison des bêtises pour des médias obsédés par tout ce qui est «eggcellent», et le fait que le Creme Egg au fondant soit souvent la vedette de nombreux articles à cette époque de l'année témoigne de l'engouement qu'il suscite. Voici quelques exemples de titres qui datent de la semaine dernière: «La police a résolu l'affaire des 200 000 Creme Eggs volés»; «J'ai cuisiné un Cadbury's Creme Egg dans une friteuse et c'est la meilleure recette de Pâques que j'ai essayée»; «Un bar à cocktails de l'est de Londres trempe des frites dans un Cadbury Creme Egg»; «Un homme ingère accidentellement un œuf Cadbury Creme Egg d'une valeur de 10 000 livres sterling».

Au Royaume-Uni, Pâques est la saison des bêtises pour des médias obsédés par tout ce qui est «eggcellent»
Au Royaume-Uni, Pâques est la saison des bêtises pour des médias obsédés par tout ce qui est «eggcellent» (Photo, fournie).

Ce dernier mérite un «eggsplication».

Dans le cadre d'une promotion de Pâques qui se poursuivra jusqu'au 9 avril, Cadbury a disséminé 280 œufs en chocolat mi-blanc, mi-lait, en édition limitée, dans les magasins du Royaume-Uni, avec le slogan «Cadbury Creme Egg, How Do You Not Eat Yours?» («Cadbury Creme Egg: comment n’avez-vous pas mangé le vôtre?» Les œufs gagnants doivent rester intacts pour que l'acheteur remporte le prix.

Malheureusement, le YouTubeur Adam Davis, sur sa chaîne Adz Ventures, a involontairement englouti un œuf en direct devant la caméra avant que les téléspectateurs ne lui fassent remarquer sa coûteuse erreur.

On pourrait soupçonner que l'une ou l'autre de ces histoires – ou toutes, en réalité, et bien d'autres encore, à cette époque de l'année – provienne du service des relations publiques de Cadbury.

Mais, même si c'était le cas, l'empressement des médias grand public à les reproduire telles quelles donne la mesure de l'intérêt pour une confiserie qui est un best-seller au Royaume-Uni depuis plus d'un demi-siècle.

Le Creme Egg Cadbury a fait ses débuts en 1971, mais son histoire a commencé en 1824, lorsque John Cadbury, fils d'une riche famille de quakers, a ouvert une épicerie à Birmingham et a commencé à vendre du cacao et du chocolat chaud.

Le Creme Egg Cadbury a fait ses débuts en 1971, mais son histoire a commencé en 1824 (Photo, fournie).
Le Creme Egg Cadbury a fait ses débuts en 1971, mais son histoire a commencé en 1824 (Photo, fournie).

Dès le départ, les valeurs de l'entreprise reflètent les convictions de Cadbury comme membre des quakers, une secte chrétienne fondée sur la croyance que «chaque individu peut faire l'expérience de la lumière intérieure, ou de la voix de Dieu, sans avoir besoin d'un prêtre ou de la Bible».

Les quakers désapprouvaient l'usage du tabac et de l'alcool – comme ils le font encore aujourd'hui – et la société Cadbury affirme que les produits de son fondateur «n'étaient pas seulement inspirés par ses goûts», mais qu’«ils étaient guidés par ses croyances». Le thé, le café, le cacao et le chocolat chaud étaient considérés comme des alternatives saines et délicieuses à l'alcool, que les quakers jugeaient mauvais pour la société.

Il y a ici deux paradoxes.

Le premier est que le sucre et les produits à base de sucre, comme le chocolat, sont désormais également considérés comme déplorables pour la santé. Afin de réduire la consommation de sucre des enfants dans le cadre de la lutte contre le problème croissant de l'obésité en Grande-Bretagne, le gouvernement britannique devrait introduire cette année des initiatives destinées à restreindre la publicité pour les aliments riches en sucre, tandis que la présence des bonbons et des chocolats aux caisses a déjà été proscrite.

(Getty/Cadbury)
(Getty/Cadbury)

Le deuxième réside dans le fait que, alors que des quakers comme John Cadbury prêchaient qu'il n'y avait «pas besoin d'églises, de rituels, de jours saints ou de sacrements pour pratiquer la religion», l'œuf en chocolat créé par son entreprise est aujourd'hui inextricablement lié à Pâques, l'une des principales fêtes de l'Église chrétienne.

Que ceux qui sont déroutés par l'association des œufs en chocolat et des poussins et lapins de Pâques sachent qu’il ne s'agit pas seulement d'une exploitation commerciale cynique d'une fête chrétienne qui marque la renaissance du Christ.

En réalité, l'association des œufs, des poussins et des lapins avec l'ancêtre païen de Pâques est antérieure à l'ère chrétienne.

En réalité, l'association des œufs, des poussins et des lapins avec l'ancêtre païen de Pâques est antérieure à l'ère chrétienne (Getty/Cadbury).
En réalité, l'association des œufs, des poussins et des lapins avec l'ancêtre païen de Pâques est antérieure à l'ère chrétienne (Getty/Cadbury).

Pour l'Église chrétienne, le jour de Pâques, qui tombe cette année le dimanche 9 avril, marque le début de cinquante jours de célébration de la résurrection de Jésus-Christ. Mais le mot même de «Pâques» reflète l'influence des croyances et pratiques paganistes préchrétiennes sur le calendrier religieux chrétien.

Les universitaires et les théologiens continuent à débattre de l'origine précise du mot. Mais beaucoup affirment qu'il est dérivé d'«Eostre», le nom d'une déesse de la fertilité vénérée en Grande-Bretagne par les Anglo-Saxons préchrétiens et, sous divers noms similaires, par les païens germaniques du nord de l'Europe.

Selon cet argument, la fête chrétienne de Pâques était à l'origine une célébration païenne du retour du printemps, reprise à titre de compromis par une église chrétienne primitive désireuse de gagner des convertis aux anciennes coutumes.

Cette association a été faite pour la première fois au VIIIe siècle par le moine anglais connu sous le nom de «Bède le Vénérable». Dans son traité The Reckoning of Time, il décrit certains des calendriers de l'Ancien Monde, dont celui des Anglo-Saxons, pour qui le mois d'«Eosturmonath», qui correspond au mois d'avril, portait le nom de la déesse païenne.

Quant à l'Église d'Angleterre d'aujourd'hui, elle reconnaît que «les œufs que nous donnons et recevons à Pâques ont de nombreux symboles différents qui leur sont attachés». En tout cas, ajoute-t-elle, «ils représentent une nouvelle vie».

John Cadbury prend sa retraite en 1861 et confie la direction de l'entreprise à ses deux fils, Richard et George. En 1878, inspirés par les principes quakers et la conscience sociale de leur famille, ils entreprennent la construction d'une nouvelle usine, à la campagne et loin de l'environnement sordide de l’établissement d'origine, situé au centre de Birmingham.

Ils l'ont baptisée «Bournville», un modèle d'«usine dans un jardin», avec des logements pour les ouvriers. «Aucun homme ne devrait être condamné à vivre dans un endroit où une rose ne peut pas pousser», disait George Cadbury.

Aujourd'hui, l'usine de Bournville est toujours en activité et produit en moyenne 1,5 million de Creme Eggs par jour.

Le Cadbury Creme Egg a été commercialisé pour la première fois en 1963 sous l’appellation «Fry's Creme Egg», du nom d'une autre entreprise britannique, J.S. Fry & Sons of Bristol, qui a fusionné avec Cadbury en 1919. En 1971, il a été rebaptisé «Cadbury Creme Egg».

Un autre article, Fry's Turkish Delight, lancé en 1914, a conservé son nom d'origine, mais, heureusement, Cadbury a abandonné depuis longtemps la publicité offensante qu’elle diffusait au sujet de ce produit.

En effet, dans une publicité diffusée à la télévision britannique dans les années 1960, un «cheikh» enturbanné, assisté dans sa tente par des esclaves noirs, recevait en cadeau une esclave enveloppée dans un tapis. Il la libérait de ses chaînes lorsqu'elle lui offrait une barre de Fry's Turkish Delight, «exotique, délicieuse, pleine de promesses orientales».

La société est célèbre pour d'autres produits qui sont encore très vendus aujourd'hui: Bournville Chocolate (lancé en 1908), Milk Tray (1915) ou Cadbury's Flake (1920).

Mais c'est le Creme Egg, enveloppé dans son papier d'aluminium bleu, rouge et jaune, qui a conquis le cœur des amateurs de chocolat britanniques – et qui est sans doute responsable de plus d’un diabète.

Le Service national de santé britannique recommande aux adultes de ne pas consommer plus de 30 g de sucres libres par jour, ce qui équivaut à environ sept cuillères à café de sucre, soit à peu près la quantité contenue dans chaque Creme Egg.

Et, au cas où cela ne serait pas suffisamment toxique à votre goût, selon le Guinness World Records, il existe même un record du plus grand nombre de Creme Eggs mangés en une minute.

Ce record, qui reflète l'engouement international pour le produit, est détenu par le Canadien Pete Czerwinski, alias «Furious Pete», un «mangeur compétitif» qui, le 11 avril 2014, a englouti six de ces œufs en soixante secondes.

Et ce n'est pas tout.

RecordSetter est un site américain dont l'objectif est de «relever le niveau des réalisations humaines» dans divers domaines, mais il n'est pas question ici de percées médicales ou de science spatiale.

Parmi les centaines de records douteux répertoriés, il y a «la personne restée le plus longtemps assise sur un mur en tenant un poids de 10 livres à hauteur d'épaule» (trois minutes, seize secondes), «le plus grand nombre de rebonds de ballons sur les deux côtés d'une raquette de ping-pong en une minute en tenant un livre en équilibre sur la tête» (170) et le «plus grand nombre de cure-dents plantés dans un grain de raisin en trente secondes» (38).

Le site comporte également une section entière consacrée aux tentatives de record qui concernent les Creme Eggs.

Dans une vidéo particulièrement troublante filmée à Las Vegas en mars 2013 et publiée sur le site, on voit l'Américaine Miki Sudo (qui détient également le record féminin de hot-dogs, avec 40 hot-dogs mangés lors du Nathan's Famous International Hot Dog Eating Contest, à Coney Island, en 2022) consommer 50 Cadbury Creme Eggs en six minutes et quinze secondes.

Ce record particulier s'accompagne d'un avertissement sanitaire de la part de RecordSetter : «Le speed eating peut être extrêmement dangereux. Ne tentez pas ce record si vous n'avez pas plus de 18 ans et si vous n'êtes pas un mangeur professionnel.»

N'essayez surtout pas de le faire chez vous: vous risqueriez d'être «extrêmement» malade.

 


L'Iran ne compte pas discuter à nouveau avec les Etats-Unis

Téhéran ne compte pas participer à de nouvelles négociations avec Washington, a rapporté la télévision d'Etat iranienne, même si une délégation américaine doit arriver lundi au Pakistan afin de relancer les pourparlers de paix à deux jours de l'expiration du cessez-le-feu. (AFP)
Téhéran ne compte pas participer à de nouvelles négociations avec Washington, a rapporté la télévision d'Etat iranienne, même si une délégation américaine doit arriver lundi au Pakistan afin de relancer les pourparlers de paix à deux jours de l'expiration du cessez-le-feu. (AFP)
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  • La télévision d'Etat iranienne (Irib), a affirmé que Téhéran n'avait "actuellement pas de plans de participer à la prochaine session de discussions Iran-Etats-Unis"
  • Plusieurs médias iraniens avancent en outre qu'une levée du blocus naval américain serait une condition préalable à ces pourparlers

TEHERAN: Téhéran ne compte pas participer à de nouvelles négociations avec Washington, a rapporté la télévision d'Etat iranienne, même si une délégation américaine doit arriver lundi au Pakistan afin de relancer les pourparlers de paix à deux jours de l'expiration du cessez-le-feu.

La télévision d'Etat iranienne (Irib), a affirmé que Téhéran n'avait "actuellement pas de plans de participer à la prochaine session de discussions Iran-Etats-Unis", tandis que l'agence officielle Irna a affirmé qu'il n'existe "aucune perspective claire de négociations fructueuses".

Plusieurs médias iraniens avancent en outre qu'une levée du blocus naval américain serait une condition préalable à ces pourparlers.

Une question rendue encore plus compliquée avec l'annonce dimanche de la saisie par la marine américaine d'un cargo iranien dans le golfe d'Oman.

"Mal lui en a pris" 

Le cargo Touska, battant pavillon iranien, "a tenté de franchir notre blocus maritime, et mal lui en a pris", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Téhéran, par la voix du porte-parole de l'état-major, a promis de son côté de "riposter bientôt" contre cet "acte de piraterie armée".

Malgré l'incertitude d'une participation iranienne, Donald Trump avait annoncé dimanche envoyer au Pakistan le vice-président JD Vance, qui avait déjà mené la délégation à Islamabad le 11 avril pour des discussions à un niveau inédit, celles-ci s'étant conclues par un échec.

Annonçant l'arrivée de la délégation pour lundi soir, le président américain a affirmé sur sa plateforme Truth Social offrir à l'Iran un "deal raisonnable" et qu'en cas de refus, "les Etats-Unis détruiraient toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran".

Face au regain de tensions, les prix du pétrole se sont à nouveau envolés lundi en début d'échanges asiatiques, le baril de WTI bondissant notamment de plus de 8%.

Barricades 

Dans l'attente d'une confirmation ou non de la tenue des pourparlers, la sécurité a été visiblement renforcée dimanche à Islamabad avec la multiplication de routes fermées, barbelés et barricades, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Au-delà des négociations, Washington et Téhéran continuent de s'affronter autour du détroit d'Ormuz, et de dénoncer réciproquement des violations du cessez-le-feu.

Avant l'annonce de la saisie du cargo, Donald Trump avait dénoncé des attaques attribuées à l'Iran contre plusieurs navires commerciaux qui tentaient de franchir le détroit.

Un navire de la CMA CGM a ainsi fait l'objet samedi de "tirs de semonce", a indiqué dimanche à l'AFP le groupe français de transport maritime.

L'Iran avait annoncé samedi reprendre "le strict contrôle" du détroit, revenant sur sa décision de la veille de le rouvrir en raison du blocus américain.

Dimanche, les passages du détroit étaient réduits à zéro, selon le site Marine Traffic.

"Suspicion" 

Téhéran pensait, en ouvrant le détroit vendredi, que "les Etats-Unis répondraient en levant le blocus", relève Vali Nasr, professeur en relations internationales à l'université américaine Johns Hopkins.

Mais son maintien "n'a fait que nourrir la suspicion de l'Iran" sur le fait que les discussions d'Islamabad "ne sont qu'une ruse diplomatique avant une autre attaque militaire", ajoute-t-il sur X.

D'autant que les positions restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire, au coeur du différend. Selon Donald Trump, l'Iran a accepté de remettre son uranium hautement enrichi, un enjeu crucial, ce qu'a démenti Téhéran.

"Trump dit que l'Iran ne doit pas faire usage de ses droits nucléaires (...) Qu'est-ce qui lui prend de vouloir priver l'Iran de ses droits?", a lancé dimanche le président Massoud Pezeshkian, cité par l'agence Isna.

Téhéran, qui nie vouloir se doter de la bombe atomique, défend son droit au nucléaire civil.

"Toute sa force" 

Au Liban, l'autre front de la guerre, la situation demeure très instable malgré un cessez-le-feu de 10 jours entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, que les deux parties se sont accusées de violer.

L'armée israélienne a reçu pour instruction d'utiliser "toute sa force" si les troupes faisaient l'objet d'une "quelconque menace", selon le ministre de la Défense, Israël Katz.

Il a affirmé à plusieurs reprises qu'Israël démolirait des maisons le long de la frontière en vue d'établir une "zone de sécurité" et de fait, les destructions se poursuivent dans des localités frontalières, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

"Nous ne savons pas ce qu'il va advenir, je ne sais pas si je dois réparer mon magasin ou si les bombardements vont reprendre", témoigne Ali Assi, dans sa boutique de vêtements à Nabatieh (sud).

 


La marine américaine a pris le contrôle d'un cargo iranien

La marine militaire américaine a ouvert le feu dimanche sur un cargo iranien qui tentait de forcer le blocus des ports iraniens par les Etats-Unis et en a pris le contrôle, a affirmé dimanche Donald Trump. (AFP)
La marine militaire américaine a ouvert le feu dimanche sur un cargo iranien qui tentait de forcer le blocus des ports iraniens par les Etats-Unis et en a pris le contrôle, a affirmé dimanche Donald Trump. (AFP)
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  • Le cargo Touska, battant pavillon iranien, "a tenté de franchir notre blocus maritime, et mal lui en a pris", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Un destroyer américain a intercepté le cargo "dans le golfe d'Oman et lui a ordonné de s'arrêter", mais l'équipage ayant refusé d'obéir, le navire de guerre l'a immobilisé en tirant sur la salle des machines

WASHINGTON: La marine militaire américaine a ouvert le feu dimanche sur un cargo iranien qui tentait de forcer le blocus des ports iraniens par les Etats-Unis et en a pris le contrôle, a affirmé dimanche Donald Trump.

Le cargo Touska, battant pavillon iranien, "a tenté de franchir notre blocus maritime, et mal lui en a pris", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Un destroyer américain a intercepté le cargo "dans le golfe d'Oman et lui a ordonné de s'arrêter", mais l'équipage ayant refusé d'obéir, le navire de guerre l'a immobilisé en tirant sur la salle des machines et "les Marines américains ont maintenant le contrôle du navire", selon Donald Trump.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X avoir sommé l'équipage du navire d'évacuer la salle des machines avant d'endommager son système de propulsion par plusieurs salves d'obus.

Des Marines ont ensuite abordé le navire, "qui reste sous contrôle américain", selon le texte.

 


L'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz face au blocus américain

Une vue aérienne par drone montre le pétrolier battant pavillon maltais Agios Fanourios I, ayant traversé le détroit d’Ormuz, arrivant dans les eaux territoriales de l’Irak au large de Bassora, le 17 avril 2026. (REUTERS)
Une vue aérienne par drone montre le pétrolier battant pavillon maltais Agios Fanourios I, ayant traversé le détroit d’Ormuz, arrivant dans les eaux territoriales de l’Irak au large de Bassora, le 17 avril 2026. (REUTERS)
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  • L’Iran rétablit un contrôle strict du détroit d’Ormuz, accusant les États-Unis de violer leurs engagements en maintenant le blocus maritime malgré des signes d’ouverture
  • Les tensions persistent malgré des efforts diplomatiques et des cessez-le-feu fragiles, avec un impact direct sur le trafic maritime, les marchés pétroliers et la stabilité régionale

TEHERAN: L'Iran a annoncé samedi reprendre "le strict contrôle" du détroit d'Ormuz en réaction au maintien du blocus américain des ports iraniens, revenant sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime stratégique.

Téhéran avait "accepté de bonne foi d'autoriser le passage d'un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux" mais les Américains, violant leur engagement, "continuent de se livrer à des actes de piraterie sous couvert du soi-disant blocus", a dénoncé le commandement des forces armées iraniennes.

"Pour cette raison", la situation est revenue "à son état antérieur, et ce passage stratégique est désormais placé sous le contrôle strict" de l'Iran, a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient en plein ballet diplomatique pour essayer de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au-delà du cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur le 8 avril entre Iran et Etats-Unis.

Plus tôt samedi matin, le site MarineTraffic montrait une timide reprise du trafic commercial dans le détroit: plus d'une dizaine de bâtiments y circulaient, dont plusieurs pétroliers, mais au moins deux semblaient faire demi-tour vers 09H00 GMT.

Un paquebot de croisière, le Celestyal Discovery, a franchi la voie maritime sans passagers pour relier Dubaï à Mascate, une première depuis le début des hostilités le 28 février, selon la même source.

Avant la guerre, quelque 120 bâtiments franchissaient quotidiennement ce goulet, d'après le journal spécialisé Lloyd's List.

- 21 navires bloqués -

Après l'annonce par Téhéran de la réouverture du détroit vendredi, Donald Trump avait affirmé que le blocus américain des ports iraniens demeurerait "totalement en vigueur" jusqu'à la fin des négociations, et qu'il "continuerait" si aucun accord n'était atteint à l'issue des négociations.

"Depuis le début du blocus, 21 navires ont obtempéré aux directives des forces américaines leur ordonnant de faire demi-tour et de retourner en Iran", a indiqué samedi sur X le commandement central américain.

En Iran, le journal conservateur Kayhan avait manifesté son hostilité au processus de détente, jugeant qu'"ouvrir l'artère vitale d'Ormuz avant d'avoir reçu des dédommagements, la levée totale des sanctions (...) donne à l'ennemi perfide la possibilité de reprendre des forces en plein milieu de la bataille".

La reprise du trafic dans le détroit avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du pétrole, alors qu'un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent habituellement par cette voie maritime.

- Diplomatie pakistanaise -

Vendredi, M. Trump a déclaré à l'AFP qu'un accord de paix était "très proche" et affirmé que l'Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un point clé des négociations alors que les Etats-Unis et Israël accusent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique - ce qu'elle dément.

Mais Téhéran a nié avoir accepté le transfert de ces stocks de matière fissile.

Le chef de l'armée et le Premier ministre pakistanais ont annoncé samedi avoir bouclé des visites diplomatiques distinctes dans le cadre des efforts de paix, en Iran d'une part et en Arabie Saoudite, au Qatar et en Turquie d'autre part.

"Je quitte Antalya (Turquie) (...) avec une détermination renouvelée (...) à poursuivre notre étroite coopération visant à promouvoir le dialogue et la diplomatie pour une paix et une stabilité durables dans la région", a tweeté le chef du gouvernement, Shehbaz Sharif.

Des pourparlers directs entre Iran et Etats-Unis, les premiers en personne à un tel niveau depuis la Révolution islamique de 1979, se sont tenus le 11 avril à Islamabad mais ont échoué. De nouvelles discussions pourraient avoir lieu au Pakistan dans les jours qui viennent.

Parmi les signes de retour à la normale, l'Iran a annoncé la réouverture partielle samedi de son espace aérien, fermé depuis l'offensive israélo-américaine contre son territoire le 28 février, ainsi que de plusieurs aéroports dont les deux les plus importants de Téhéran.

- "Accord permanent" espéré par le Liban -

Au Liban, l'autre front de la guerre, de nombreux déplacés ont pris la route pour regagner leurs foyers, dans le sud du pays ou la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

La cessation des hostilités entre Israël et le mouvement pro-iranien a débuté vendredi à minuit (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit qui a fait côté libanais près de 2.300 morts et jeté sur les routes plus d'un million de personnes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu qu'Israël n'avait "pas encore fini" le travail pour obtenir le désarmement du Hezbollah. L'armée israélienne reste présente au Liban dans une bande de dix kilomètres de profondeur depuis la frontière.

Mais Donald Trump, qui a arraché cette trêve de dix jours, a haussé le ton à l'égard de son allié: "Israël ne bombardera plus le Liban. Ils ont INTERDICTION de le faire de la part des Etats-Unis. Ça suffit !!!", a-t-il martelé.

Le Liban travaille désormais à "un accord permanent" avec Israël, selon son président Joseph Aoun, qui a promis de "sauvegarder les droits" du peuple et de ne pas "céder un iota du territoire national" dans les discussions.

Le Hezbollah, qui a attaqué Israël début mars en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, a prévenu que ses combattants gardaient le "doigt sur la gâchette" et se méfiaient "de la traîtrise de l'ennemi".