Pourquoi Creme Egg, le produit emblématique de Pâques, conserve-t-il des adeptes fidèles au Moyen-Orient?

C’est Creme Egg, le produit emblématique de la société chocolatière britannique Cadbury (Photo, fournie).
C’est Creme Egg, le produit emblématique de la société chocolatière britannique Cadbury (Photo, fournie).
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Publié le Dimanche 09 avril 2023

Pourquoi Creme Egg, le produit emblématique de Pâques, conserve-t-il des adeptes fidèles au Moyen-Orient?

  • Creme Egg a fait ses débuts en 1971, mais tout a commencé en 1824 lorsque John Cadbury a ouvert un magasin à Birmingham
  • Creme Egg est disponible dans des supermarchés tels que Tamimi Markets et Carrefour en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis

LONDRES: Il a la taille d'un modeste œuf de poule, mais pèse 40 g et fournit 177 kilocalories – plus qu’un œuf véritable – composées presque exclusivement de graisses et de sucres…

C’est Creme Egg, le produit emblématique de la société chocolatière britannique Cadbury, rachetée en 2010 par le géant américain de l'alimentation et des boissons Mondelez International pour quelque 19,5 milliards de dollars (1 dollar = 0,92 euro).

Avec son épaisse coquille de chocolat au lait fourrée d'un fondant blanc gluant et d'un «jaune», l'œuf emballé dans du papier d'aluminium est un produit «Marmite». Avec l'équivalent de six cuillères à café de sucre dans chaque œuf, soit vous le trouvez trop sucré pour le digérer, soit vous êtes accro à l'énorme apport calorique qu'il procure.

Quoi qu'il en soit, dans les pays chrétiens, le Creme Egg prend tout son sens à Pâques, mais il compte également de nombreux adeptes dans le monde entier, y compris au Moyen-Orient.

Il est disponible dans des supermarchés tels que Tamimi Markets et Carrefour en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, où il est particulièrement apprécié comme friandise pendant le ramadan, qui coïncide cette année avec Pâques.

Au Royaume-Uni, Pâques est la saison des bêtises pour des médias obsédés par tout ce qui est «eggcellent», et le fait que le Creme Egg au fondant soit souvent la vedette de nombreux articles à cette époque de l'année témoigne de l'engouement qu'il suscite. Voici quelques exemples de titres qui datent de la semaine dernière: «La police a résolu l'affaire des 200 000 Creme Eggs volés»; «J'ai cuisiné un Cadbury's Creme Egg dans une friteuse et c'est la meilleure recette de Pâques que j'ai essayée»; «Un bar à cocktails de l'est de Londres trempe des frites dans un Cadbury Creme Egg»; «Un homme ingère accidentellement un œuf Cadbury Creme Egg d'une valeur de 10 000 livres sterling».

Au Royaume-Uni, Pâques est la saison des bêtises pour des médias obsédés par tout ce qui est «eggcellent»
Au Royaume-Uni, Pâques est la saison des bêtises pour des médias obsédés par tout ce qui est «eggcellent» (Photo, fournie).

Ce dernier mérite un «eggsplication».

Dans le cadre d'une promotion de Pâques qui se poursuivra jusqu'au 9 avril, Cadbury a disséminé 280 œufs en chocolat mi-blanc, mi-lait, en édition limitée, dans les magasins du Royaume-Uni, avec le slogan «Cadbury Creme Egg, How Do You Not Eat Yours?» («Cadbury Creme Egg: comment n’avez-vous pas mangé le vôtre?» Les œufs gagnants doivent rester intacts pour que l'acheteur remporte le prix.

Malheureusement, le YouTubeur Adam Davis, sur sa chaîne Adz Ventures, a involontairement englouti un œuf en direct devant la caméra avant que les téléspectateurs ne lui fassent remarquer sa coûteuse erreur.

On pourrait soupçonner que l'une ou l'autre de ces histoires – ou toutes, en réalité, et bien d'autres encore, à cette époque de l'année – provienne du service des relations publiques de Cadbury.

Mais, même si c'était le cas, l'empressement des médias grand public à les reproduire telles quelles donne la mesure de l'intérêt pour une confiserie qui est un best-seller au Royaume-Uni depuis plus d'un demi-siècle.

Le Creme Egg Cadbury a fait ses débuts en 1971, mais son histoire a commencé en 1824, lorsque John Cadbury, fils d'une riche famille de quakers, a ouvert une épicerie à Birmingham et a commencé à vendre du cacao et du chocolat chaud.

Le Creme Egg Cadbury a fait ses débuts en 1971, mais son histoire a commencé en 1824 (Photo, fournie).
Le Creme Egg Cadbury a fait ses débuts en 1971, mais son histoire a commencé en 1824 (Photo, fournie).

Dès le départ, les valeurs de l'entreprise reflètent les convictions de Cadbury comme membre des quakers, une secte chrétienne fondée sur la croyance que «chaque individu peut faire l'expérience de la lumière intérieure, ou de la voix de Dieu, sans avoir besoin d'un prêtre ou de la Bible».

Les quakers désapprouvaient l'usage du tabac et de l'alcool – comme ils le font encore aujourd'hui – et la société Cadbury affirme que les produits de son fondateur «n'étaient pas seulement inspirés par ses goûts», mais qu’«ils étaient guidés par ses croyances». Le thé, le café, le cacao et le chocolat chaud étaient considérés comme des alternatives saines et délicieuses à l'alcool, que les quakers jugeaient mauvais pour la société.

Il y a ici deux paradoxes.

Le premier est que le sucre et les produits à base de sucre, comme le chocolat, sont désormais également considérés comme déplorables pour la santé. Afin de réduire la consommation de sucre des enfants dans le cadre de la lutte contre le problème croissant de l'obésité en Grande-Bretagne, le gouvernement britannique devrait introduire cette année des initiatives destinées à restreindre la publicité pour les aliments riches en sucre, tandis que la présence des bonbons et des chocolats aux caisses a déjà été proscrite.

(Getty/Cadbury)
(Getty/Cadbury)

Le deuxième réside dans le fait que, alors que des quakers comme John Cadbury prêchaient qu'il n'y avait «pas besoin d'églises, de rituels, de jours saints ou de sacrements pour pratiquer la religion», l'œuf en chocolat créé par son entreprise est aujourd'hui inextricablement lié à Pâques, l'une des principales fêtes de l'Église chrétienne.

Que ceux qui sont déroutés par l'association des œufs en chocolat et des poussins et lapins de Pâques sachent qu’il ne s'agit pas seulement d'une exploitation commerciale cynique d'une fête chrétienne qui marque la renaissance du Christ.

En réalité, l'association des œufs, des poussins et des lapins avec l'ancêtre païen de Pâques est antérieure à l'ère chrétienne.

En réalité, l'association des œufs, des poussins et des lapins avec l'ancêtre païen de Pâques est antérieure à l'ère chrétienne (Getty/Cadbury).
En réalité, l'association des œufs, des poussins et des lapins avec l'ancêtre païen de Pâques est antérieure à l'ère chrétienne (Getty/Cadbury).

Pour l'Église chrétienne, le jour de Pâques, qui tombe cette année le dimanche 9 avril, marque le début de cinquante jours de célébration de la résurrection de Jésus-Christ. Mais le mot même de «Pâques» reflète l'influence des croyances et pratiques paganistes préchrétiennes sur le calendrier religieux chrétien.

Les universitaires et les théologiens continuent à débattre de l'origine précise du mot. Mais beaucoup affirment qu'il est dérivé d'«Eostre», le nom d'une déesse de la fertilité vénérée en Grande-Bretagne par les Anglo-Saxons préchrétiens et, sous divers noms similaires, par les païens germaniques du nord de l'Europe.

Selon cet argument, la fête chrétienne de Pâques était à l'origine une célébration païenne du retour du printemps, reprise à titre de compromis par une église chrétienne primitive désireuse de gagner des convertis aux anciennes coutumes.

Cette association a été faite pour la première fois au VIIIe siècle par le moine anglais connu sous le nom de «Bède le Vénérable». Dans son traité The Reckoning of Time, il décrit certains des calendriers de l'Ancien Monde, dont celui des Anglo-Saxons, pour qui le mois d'«Eosturmonath», qui correspond au mois d'avril, portait le nom de la déesse païenne.

Quant à l'Église d'Angleterre d'aujourd'hui, elle reconnaît que «les œufs que nous donnons et recevons à Pâques ont de nombreux symboles différents qui leur sont attachés». En tout cas, ajoute-t-elle, «ils représentent une nouvelle vie».

John Cadbury prend sa retraite en 1861 et confie la direction de l'entreprise à ses deux fils, Richard et George. En 1878, inspirés par les principes quakers et la conscience sociale de leur famille, ils entreprennent la construction d'une nouvelle usine, à la campagne et loin de l'environnement sordide de l’établissement d'origine, situé au centre de Birmingham.

Ils l'ont baptisée «Bournville», un modèle d'«usine dans un jardin», avec des logements pour les ouvriers. «Aucun homme ne devrait être condamné à vivre dans un endroit où une rose ne peut pas pousser», disait George Cadbury.

Aujourd'hui, l'usine de Bournville est toujours en activité et produit en moyenne 1,5 million de Creme Eggs par jour.

Le Cadbury Creme Egg a été commercialisé pour la première fois en 1963 sous l’appellation «Fry's Creme Egg», du nom d'une autre entreprise britannique, J.S. Fry & Sons of Bristol, qui a fusionné avec Cadbury en 1919. En 1971, il a été rebaptisé «Cadbury Creme Egg».

Un autre article, Fry's Turkish Delight, lancé en 1914, a conservé son nom d'origine, mais, heureusement, Cadbury a abandonné depuis longtemps la publicité offensante qu’elle diffusait au sujet de ce produit.

En effet, dans une publicité diffusée à la télévision britannique dans les années 1960, un «cheikh» enturbanné, assisté dans sa tente par des esclaves noirs, recevait en cadeau une esclave enveloppée dans un tapis. Il la libérait de ses chaînes lorsqu'elle lui offrait une barre de Fry's Turkish Delight, «exotique, délicieuse, pleine de promesses orientales».

La société est célèbre pour d'autres produits qui sont encore très vendus aujourd'hui: Bournville Chocolate (lancé en 1908), Milk Tray (1915) ou Cadbury's Flake (1920).

Mais c'est le Creme Egg, enveloppé dans son papier d'aluminium bleu, rouge et jaune, qui a conquis le cœur des amateurs de chocolat britanniques – et qui est sans doute responsable de plus d’un diabète.

Le Service national de santé britannique recommande aux adultes de ne pas consommer plus de 30 g de sucres libres par jour, ce qui équivaut à environ sept cuillères à café de sucre, soit à peu près la quantité contenue dans chaque Creme Egg.

Et, au cas où cela ne serait pas suffisamment toxique à votre goût, selon le Guinness World Records, il existe même un record du plus grand nombre de Creme Eggs mangés en une minute.

Ce record, qui reflète l'engouement international pour le produit, est détenu par le Canadien Pete Czerwinski, alias «Furious Pete», un «mangeur compétitif» qui, le 11 avril 2014, a englouti six de ces œufs en soixante secondes.

Et ce n'est pas tout.

RecordSetter est un site américain dont l'objectif est de «relever le niveau des réalisations humaines» dans divers domaines, mais il n'est pas question ici de percées médicales ou de science spatiale.

Parmi les centaines de records douteux répertoriés, il y a «la personne restée le plus longtemps assise sur un mur en tenant un poids de 10 livres à hauteur d'épaule» (trois minutes, seize secondes), «le plus grand nombre de rebonds de ballons sur les deux côtés d'une raquette de ping-pong en une minute en tenant un livre en équilibre sur la tête» (170) et le «plus grand nombre de cure-dents plantés dans un grain de raisin en trente secondes» (38).

Le site comporte également une section entière consacrée aux tentatives de record qui concernent les Creme Eggs.

Dans une vidéo particulièrement troublante filmée à Las Vegas en mars 2013 et publiée sur le site, on voit l'Américaine Miki Sudo (qui détient également le record féminin de hot-dogs, avec 40 hot-dogs mangés lors du Nathan's Famous International Hot Dog Eating Contest, à Coney Island, en 2022) consommer 50 Cadbury Creme Eggs en six minutes et quinze secondes.

Ce record particulier s'accompagne d'un avertissement sanitaire de la part de RecordSetter : «Le speed eating peut être extrêmement dangereux. Ne tentez pas ce record si vous n'avez pas plus de 18 ans et si vous n'êtes pas un mangeur professionnel.»

N'essayez surtout pas de le faire chez vous: vous risqueriez d'être «extrêmement» malade.

 


L'Otan en plein doute sur son avenir face à la tempête Trump

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
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  • Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer.
  • les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

BRUXELLES : Les tirs de barrage américains contre les pays européens de l'Otan ébranlent jusqu'aux fondements de l'Alliance atlantique, qui a cependant toutes les peines du monde à imaginer un avenir sans les États-Unis.

Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer. Un diplomate interrogé sous couvert d'anonymat décrit l'agressivité de la nouvelle administration américaine comme un « traumatisme ».

Ce changement se fera-t-il avec ou sans les États-Unis ? La question agite les couloirs du siège de l'Alliance à Bruxelles.

« On connaît la direction : moins d'États-Unis et plus d'Europe », résume un diplomate sous couvert d'anonymat. Cependant, de nombreuses questions restent en suspens.

En deux mois, Donald Trump s'en est pris au Canada qu'il entend voir devenir le 51ᵉ État américain, et au Danemark, dont il revendique l'un des territoires, le Groenland. 

Plusieurs responsables américains, dont le vice-président J. D. Vance, n'ont pas caché leur mépris à l'égard des Européens, considérés comme des « profiteurs » et des passagers clandestins d'une alliance où, dénoncent-ils, ils ne paient pas leur dû.

Depuis le 20 janvier, date du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, « l'optimisme est de moins en moins de mise », confie un diplomate. « Les États-Unis n'ont pas encore pris de décisions concrètes, mais on dirait que chaque jour est porteur d'un nouveau coup contre les fondations de l'Alliance. »

- Transition « désordonnée » -

Pour Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l'Otan et chercheur auprès de l'ECFR, trois scénarios sont possibles.

Celui de la transition ordonnée : les Américains se désengagent, mais en bon ordre, à la suite d'une négociation qui donne aux Européens le temps de se préparer. « Cela permet d'éviter les incertitudes », assure-t-il dans un entretien avec l'AFP.

Celui de la transition « désordonnée » : les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

Le retrait se fait « en mode crise », avec des « menaces et des annonces désordonnées ». C'est « le scénario dominant » aujourd'hui, estime l'analyste.

Il y a aussi le scénario cauchemar pour nombre d'Alliés : le retrait « de facto ou de jure ». Les États-Unis se désintéresseront de la défense du continent européen.

Donald Trump exige que les Européens et les Canadiens consacrent au moins 5 % de leur PIB à cette défense, alors qu'ils sont à moins de 2 % pour l'Italie ou l'Espagne. La marche est très haute. Mais tous savent qu'il faudra « annoncer » quelque chose au sommet de l'OTAN en juin, selon un diplomate.

Le Secrétaire général de l'Alliance Mark Rutte a évoqué un chiffre entre 3,5 et 3,7 %. Ce sera difficile, mais c'est une question de priorités dans les dépenses nationales, ajoute-t-il. 

Personne ne sait si ce chiffre sera suffisant pour Donald Trump.

- "Cinq ans" -

En attendant, beaucoup à Bruxelles et dans les autres capitales européennes s'interrogent sur un "après" Etats-Unis.

"Nous avons toujours su que le moment viendrait où l'Amérique se retirerait en quelque sorte et où l'Europe devrait faire davantage", rappelle ainsi Jamie Shea, ancien porte-parole de l'Otan et expert auprès du think tank londonien Chatam House.

Et le calendrier est très serré. Les Européens ont "cinq ans" pour recréer une dissuasion face à la menace russe, juge ainsi Camille Grand. Un calcul basé sur le temps jugé nécessaire, selon plusieurs services de renseignement, pour que la Russie reconstitue son armée et soit en mesure de menacer un pays de l'Otan, explique-t-il. 

Selon cet expert français, les Européens en sont capables, même si un investissement substantiel sera nécessaire pour combler l'apport américain en termes de renseignement, de satellites ou de logistique. « Il n'y a pas de raison que 500 millions d'Européens ne puissent pas dissuader 140 millions de Russes », assure-t-il.

Plusieurs pays en doutent. « Les États-Unis restent indispensables pour une dissuasion crédible », estime ainsi un diplomate européen auprès de l'Otan.


Le Wisconsin, théâtre d'une première défaite électorale pour Trump et Musk

 Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin,
  • En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias

WASHINGTON : Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin, un scrutin habituellement d'ampleur locale, marqué cette fois-ci par la forte implication d'Elon Musk.

Selon les projections de plusieurs médias américains, Susan Crawford, soutenue par les démocrates, a remporté un siège pour dix ans à la Cour suprême de cet État de la région des Grands Lacs.

Elle faisait face à Brad Schimel, soutenu par Donald Trump et par le multimilliardaire Elon Musk, et dont la victoire aurait fait basculer la haute instance du Wisconsin du côté conservateur.

En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias.

Mardi soir, le président a mis à profit sa plateforme Truth Social pour se féliciter des deux « larges » victoires de son camp en Floride, mettant en avant son « soutien » aux candidats.

Il n'a en revanche pas commenté le résultat pour la Cour suprême du Wisconsin, préférant y retenir l'adoption, par un référendum organisé le même jour, d'une mesure obligeant les électeurs à présenter une pièce d'identité avec photo afin de pouvoir voter.

« C'est une grande victoire pour les républicains, peut-être la plus grande de la soirée », a-t-il écrit.

« Le plus important » 

Elon Musk n'a pas non plus réagi à la défaite de Brad Schimel, et a plutôt salué l'issue du référendum local. « C'était le plus important », a-t-il affirmé sur son réseau social X.

Le patron de Tesla et Space X s'inquiétait d'un potentiel rééquilibrage par la Cour suprême locale dans le découpage des circonscriptions électorales, en faveur des démocrates. État pivot, le Wisconsin avait été remporté par Donald Trump à la présidentielle de novembre.

« C'est l'une de ces situations étranges où une petite élection en apparence pourrait déterminer le destin de la civilisation occidentale », avait lancé Elon Musk mardi.

Le président républicain avait, lui, publié lundi sur Truth Social un message de soutien à Brad Schimel. Il s'en était surtout pris à Susan Crawford, qui serait, selon lui, « un désastre pour le Wisconsin et pour les États-Unis d'Amérique ».

Un peu plus de deux mois après le début de son mandat, les enquêtes d'opinion indiquent une baisse relative de la popularité de Donald Trump. Ces élections dans le Wisconsin et en Floride étaient les premières véritables épreuves auxquelles il faisait face dans les urnes depuis novembre.

Campagne onéreuse 

Mardi, le trumpiste Randy Fine a bien remporté le siège en jeu à la Chambre des représentants face au démocrate Josh Weil, mais avec une avance bien plus mince qu'il y a quelques mois.

Ces résultats ont « de quoi donner des sueurs froides à mes collègues républicains », a déclaré sur la chaîne MSNBC Hakeem Jeffries, responsable de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. Cela fait écho à la difficulté de l'opposition à se faire entendre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Dans le Wisconsin, les deux camps avaient sorti l'artillerie lourde pour une élection qui, d'ordinaire, passe inaperçue dans le reste du pays.

Selon le Centre Brennan de l'université de New York, c'est « le scrutin judiciaire le plus coûteux de l'histoire américaine », avec plus de 98 millions de dollars déversés dans la campagne, dont 53 millions en faveur du candidat conservateur.

Elon Musk n'est pas étranger à cela.

« Il a dépensé plus de 25 millions de dollars pour essayer de m'empêcher de siéger à la Cour suprême du Wisconsin », a lancé dimanche Susan Crawford lors d'un rassemblement.

Son équipe de campagne avait récemment accusé Elon Musk de vouloir « acheter un siège à la Cour suprême du Wisconsin afin d'obtenir une décision favorable » dans des poursuites engagées par Tesla, son entreprise de véhicules électriques, contre les autorités du Wisconsin.


Amnesty International demande à la Hongrie d'arrêter M. Netanyahou

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
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  • Le Premier ministre israélien doit se rendre cette semaine dans un pays membre de la Cour pénale internationale
  • Cette visite " ne doit pas devenir un indicateur de l'avenir des droits humains en Europe "

LONDRES : Amnesty International a demandé à la Hongrie d'arrêter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, à la suite d'informations selon lesquelles il se rendra dans cet État membre de l'UE mercredi à l'invitation de son homologue hongrois Viktor Orban.

M. Netanyahou fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré en novembre par la Cour pénale internationale en raison de la conduite d'Israël à Gaza.

M. Orban, proche allié de M. Netanyahu, a déclaré qu'il n'exécuterait pas le mandat. En tant qu'État membre, la Hongrie est tenue d'exécuter tout mandat d'arrêt délivré par la CPI.