Pourquoi Creme Egg, le produit emblématique de Pâques, conserve-t-il des adeptes fidèles au Moyen-Orient?

C’est Creme Egg, le produit emblématique de la société chocolatière britannique Cadbury (Photo, fournie).
C’est Creme Egg, le produit emblématique de la société chocolatière britannique Cadbury (Photo, fournie).
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Publié le Dimanche 09 avril 2023

Pourquoi Creme Egg, le produit emblématique de Pâques, conserve-t-il des adeptes fidèles au Moyen-Orient?

  • Creme Egg a fait ses débuts en 1971, mais tout a commencé en 1824 lorsque John Cadbury a ouvert un magasin à Birmingham
  • Creme Egg est disponible dans des supermarchés tels que Tamimi Markets et Carrefour en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis

LONDRES: Il a la taille d'un modeste œuf de poule, mais pèse 40 g et fournit 177 kilocalories – plus qu’un œuf véritable – composées presque exclusivement de graisses et de sucres…

C’est Creme Egg, le produit emblématique de la société chocolatière britannique Cadbury, rachetée en 2010 par le géant américain de l'alimentation et des boissons Mondelez International pour quelque 19,5 milliards de dollars (1 dollar = 0,92 euro).

Avec son épaisse coquille de chocolat au lait fourrée d'un fondant blanc gluant et d'un «jaune», l'œuf emballé dans du papier d'aluminium est un produit «Marmite». Avec l'équivalent de six cuillères à café de sucre dans chaque œuf, soit vous le trouvez trop sucré pour le digérer, soit vous êtes accro à l'énorme apport calorique qu'il procure.

Quoi qu'il en soit, dans les pays chrétiens, le Creme Egg prend tout son sens à Pâques, mais il compte également de nombreux adeptes dans le monde entier, y compris au Moyen-Orient.

Il est disponible dans des supermarchés tels que Tamimi Markets et Carrefour en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, où il est particulièrement apprécié comme friandise pendant le ramadan, qui coïncide cette année avec Pâques.

Au Royaume-Uni, Pâques est la saison des bêtises pour des médias obsédés par tout ce qui est «eggcellent», et le fait que le Creme Egg au fondant soit souvent la vedette de nombreux articles à cette époque de l'année témoigne de l'engouement qu'il suscite. Voici quelques exemples de titres qui datent de la semaine dernière: «La police a résolu l'affaire des 200 000 Creme Eggs volés»; «J'ai cuisiné un Cadbury's Creme Egg dans une friteuse et c'est la meilleure recette de Pâques que j'ai essayée»; «Un bar à cocktails de l'est de Londres trempe des frites dans un Cadbury Creme Egg»; «Un homme ingère accidentellement un œuf Cadbury Creme Egg d'une valeur de 10 000 livres sterling».

Au Royaume-Uni, Pâques est la saison des bêtises pour des médias obsédés par tout ce qui est «eggcellent»
Au Royaume-Uni, Pâques est la saison des bêtises pour des médias obsédés par tout ce qui est «eggcellent» (Photo, fournie).

Ce dernier mérite un «eggsplication».

Dans le cadre d'une promotion de Pâques qui se poursuivra jusqu'au 9 avril, Cadbury a disséminé 280 œufs en chocolat mi-blanc, mi-lait, en édition limitée, dans les magasins du Royaume-Uni, avec le slogan «Cadbury Creme Egg, How Do You Not Eat Yours?» («Cadbury Creme Egg: comment n’avez-vous pas mangé le vôtre?» Les œufs gagnants doivent rester intacts pour que l'acheteur remporte le prix.

Malheureusement, le YouTubeur Adam Davis, sur sa chaîne Adz Ventures, a involontairement englouti un œuf en direct devant la caméra avant que les téléspectateurs ne lui fassent remarquer sa coûteuse erreur.

On pourrait soupçonner que l'une ou l'autre de ces histoires – ou toutes, en réalité, et bien d'autres encore, à cette époque de l'année – provienne du service des relations publiques de Cadbury.

Mais, même si c'était le cas, l'empressement des médias grand public à les reproduire telles quelles donne la mesure de l'intérêt pour une confiserie qui est un best-seller au Royaume-Uni depuis plus d'un demi-siècle.

Le Creme Egg Cadbury a fait ses débuts en 1971, mais son histoire a commencé en 1824, lorsque John Cadbury, fils d'une riche famille de quakers, a ouvert une épicerie à Birmingham et a commencé à vendre du cacao et du chocolat chaud.

Le Creme Egg Cadbury a fait ses débuts en 1971, mais son histoire a commencé en 1824 (Photo, fournie).
Le Creme Egg Cadbury a fait ses débuts en 1971, mais son histoire a commencé en 1824 (Photo, fournie).

Dès le départ, les valeurs de l'entreprise reflètent les convictions de Cadbury comme membre des quakers, une secte chrétienne fondée sur la croyance que «chaque individu peut faire l'expérience de la lumière intérieure, ou de la voix de Dieu, sans avoir besoin d'un prêtre ou de la Bible».

Les quakers désapprouvaient l'usage du tabac et de l'alcool – comme ils le font encore aujourd'hui – et la société Cadbury affirme que les produits de son fondateur «n'étaient pas seulement inspirés par ses goûts», mais qu’«ils étaient guidés par ses croyances». Le thé, le café, le cacao et le chocolat chaud étaient considérés comme des alternatives saines et délicieuses à l'alcool, que les quakers jugeaient mauvais pour la société.

Il y a ici deux paradoxes.

Le premier est que le sucre et les produits à base de sucre, comme le chocolat, sont désormais également considérés comme déplorables pour la santé. Afin de réduire la consommation de sucre des enfants dans le cadre de la lutte contre le problème croissant de l'obésité en Grande-Bretagne, le gouvernement britannique devrait introduire cette année des initiatives destinées à restreindre la publicité pour les aliments riches en sucre, tandis que la présence des bonbons et des chocolats aux caisses a déjà été proscrite.

(Getty/Cadbury)
(Getty/Cadbury)

Le deuxième réside dans le fait que, alors que des quakers comme John Cadbury prêchaient qu'il n'y avait «pas besoin d'églises, de rituels, de jours saints ou de sacrements pour pratiquer la religion», l'œuf en chocolat créé par son entreprise est aujourd'hui inextricablement lié à Pâques, l'une des principales fêtes de l'Église chrétienne.

Que ceux qui sont déroutés par l'association des œufs en chocolat et des poussins et lapins de Pâques sachent qu’il ne s'agit pas seulement d'une exploitation commerciale cynique d'une fête chrétienne qui marque la renaissance du Christ.

En réalité, l'association des œufs, des poussins et des lapins avec l'ancêtre païen de Pâques est antérieure à l'ère chrétienne.

En réalité, l'association des œufs, des poussins et des lapins avec l'ancêtre païen de Pâques est antérieure à l'ère chrétienne (Getty/Cadbury).
En réalité, l'association des œufs, des poussins et des lapins avec l'ancêtre païen de Pâques est antérieure à l'ère chrétienne (Getty/Cadbury).

Pour l'Église chrétienne, le jour de Pâques, qui tombe cette année le dimanche 9 avril, marque le début de cinquante jours de célébration de la résurrection de Jésus-Christ. Mais le mot même de «Pâques» reflète l'influence des croyances et pratiques paganistes préchrétiennes sur le calendrier religieux chrétien.

Les universitaires et les théologiens continuent à débattre de l'origine précise du mot. Mais beaucoup affirment qu'il est dérivé d'«Eostre», le nom d'une déesse de la fertilité vénérée en Grande-Bretagne par les Anglo-Saxons préchrétiens et, sous divers noms similaires, par les païens germaniques du nord de l'Europe.

Selon cet argument, la fête chrétienne de Pâques était à l'origine une célébration païenne du retour du printemps, reprise à titre de compromis par une église chrétienne primitive désireuse de gagner des convertis aux anciennes coutumes.

Cette association a été faite pour la première fois au VIIIe siècle par le moine anglais connu sous le nom de «Bède le Vénérable». Dans son traité The Reckoning of Time, il décrit certains des calendriers de l'Ancien Monde, dont celui des Anglo-Saxons, pour qui le mois d'«Eosturmonath», qui correspond au mois d'avril, portait le nom de la déesse païenne.

Quant à l'Église d'Angleterre d'aujourd'hui, elle reconnaît que «les œufs que nous donnons et recevons à Pâques ont de nombreux symboles différents qui leur sont attachés». En tout cas, ajoute-t-elle, «ils représentent une nouvelle vie».

John Cadbury prend sa retraite en 1861 et confie la direction de l'entreprise à ses deux fils, Richard et George. En 1878, inspirés par les principes quakers et la conscience sociale de leur famille, ils entreprennent la construction d'une nouvelle usine, à la campagne et loin de l'environnement sordide de l’établissement d'origine, situé au centre de Birmingham.

Ils l'ont baptisée «Bournville», un modèle d'«usine dans un jardin», avec des logements pour les ouvriers. «Aucun homme ne devrait être condamné à vivre dans un endroit où une rose ne peut pas pousser», disait George Cadbury.

Aujourd'hui, l'usine de Bournville est toujours en activité et produit en moyenne 1,5 million de Creme Eggs par jour.

Le Cadbury Creme Egg a été commercialisé pour la première fois en 1963 sous l’appellation «Fry's Creme Egg», du nom d'une autre entreprise britannique, J.S. Fry & Sons of Bristol, qui a fusionné avec Cadbury en 1919. En 1971, il a été rebaptisé «Cadbury Creme Egg».

Un autre article, Fry's Turkish Delight, lancé en 1914, a conservé son nom d'origine, mais, heureusement, Cadbury a abandonné depuis longtemps la publicité offensante qu’elle diffusait au sujet de ce produit.

En effet, dans une publicité diffusée à la télévision britannique dans les années 1960, un «cheikh» enturbanné, assisté dans sa tente par des esclaves noirs, recevait en cadeau une esclave enveloppée dans un tapis. Il la libérait de ses chaînes lorsqu'elle lui offrait une barre de Fry's Turkish Delight, «exotique, délicieuse, pleine de promesses orientales».

La société est célèbre pour d'autres produits qui sont encore très vendus aujourd'hui: Bournville Chocolate (lancé en 1908), Milk Tray (1915) ou Cadbury's Flake (1920).

Mais c'est le Creme Egg, enveloppé dans son papier d'aluminium bleu, rouge et jaune, qui a conquis le cœur des amateurs de chocolat britanniques – et qui est sans doute responsable de plus d’un diabète.

Le Service national de santé britannique recommande aux adultes de ne pas consommer plus de 30 g de sucres libres par jour, ce qui équivaut à environ sept cuillères à café de sucre, soit à peu près la quantité contenue dans chaque Creme Egg.

Et, au cas où cela ne serait pas suffisamment toxique à votre goût, selon le Guinness World Records, il existe même un record du plus grand nombre de Creme Eggs mangés en une minute.

Ce record, qui reflète l'engouement international pour le produit, est détenu par le Canadien Pete Czerwinski, alias «Furious Pete», un «mangeur compétitif» qui, le 11 avril 2014, a englouti six de ces œufs en soixante secondes.

Et ce n'est pas tout.

RecordSetter est un site américain dont l'objectif est de «relever le niveau des réalisations humaines» dans divers domaines, mais il n'est pas question ici de percées médicales ou de science spatiale.

Parmi les centaines de records douteux répertoriés, il y a «la personne restée le plus longtemps assise sur un mur en tenant un poids de 10 livres à hauteur d'épaule» (trois minutes, seize secondes), «le plus grand nombre de rebonds de ballons sur les deux côtés d'une raquette de ping-pong en une minute en tenant un livre en équilibre sur la tête» (170) et le «plus grand nombre de cure-dents plantés dans un grain de raisin en trente secondes» (38).

Le site comporte également une section entière consacrée aux tentatives de record qui concernent les Creme Eggs.

Dans une vidéo particulièrement troublante filmée à Las Vegas en mars 2013 et publiée sur le site, on voit l'Américaine Miki Sudo (qui détient également le record féminin de hot-dogs, avec 40 hot-dogs mangés lors du Nathan's Famous International Hot Dog Eating Contest, à Coney Island, en 2022) consommer 50 Cadbury Creme Eggs en six minutes et quinze secondes.

Ce record particulier s'accompagne d'un avertissement sanitaire de la part de RecordSetter : «Le speed eating peut être extrêmement dangereux. Ne tentez pas ce record si vous n'avez pas plus de 18 ans et si vous n'êtes pas un mangeur professionnel.»

N'essayez surtout pas de le faire chez vous: vous risqueriez d'être «extrêmement» malade.

 


Le G7 «uni» pour faire monter la pression sur la Russie et revenir à la stabilité au Moyen-Orient

Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.  Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine. Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
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  • Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine
  • Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février

EVIAN: Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.

Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington.

L'annonce la plus attendue est venue du président américain, qui a dit vouloir rétablir certaines sanctions pesant sur le pétrole russe, un temps suspendues pour contrer la flambée des cours du brut occasionnée par le conflit contre l'Iran.

"Nous serons bientôt en mesure" de les réintroduire, a-t-il assuré, alors que le trafic dans le détroit, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, reprend timidement. Ces exportations constituent la principale source de financement de l'effort de guerre russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

Autant de déclarations accueillies avec soulagement par ses pairs, alors que le président américain  s'est souvent montré plus à l'écoute du Russe Vladimir Poutine que de l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, qu'il avait accueilli avec une rudesse sans pareille en février 2025 dans le Bureau Ovale.

Zelensky félicité 

Les dirigeants du G7 sont "unis", "ils font le constat qu'il y a une dynamique sur le terrain" en faveur de l'Ukraine et sont d'accord pour "augmenter la pression" sur la Russie et livrer plus de moyens de défense antiaérienne à Kiev, avait esquissé auparavant une source diplomatique française.

Signe de sa bonne disposition, Donald Trump a aussi rencontré une vingtaine de minutes en aparté le président ukrainien et devait le revoir dans l'après-midi. Leur dernière rencontre remontait au 28 décembre aux Etats-Unis.

Le président américain l'a félicité pour la "performance" de l'armée ukrainienne sur le terrain et il a reconnu que la "dynamique" était ukrainienne, selon un participant.

"C'est formidable que tout le monde comprenne que la Russie ne va pas gagner et que nous devons faire pression sur Poutine pour qu'il mette un terme à cette guerre", s'est félicité le président ukrainien, qu'Emmanuel Macron a invité à rester jusqu'à la fin du sommet mercredi.

Multipliant les marques d'attention, le président français est allé à sa rencontre à son arrivée à l'hôtel Royal, sur les bords du Lac Léman, où se tenait cette année la grand-messe de ce club de grandes puissances industrialisées.

"Déminage" 

Le président américain, lui, aura les honneurs du château de Versailles mercredi pour un dîner. "Et Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd", s'est-il réjoui.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que le Royaume-Uni allait fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

Le chef du gouvernement canadien a fait de même avec des sanctions visant la flotte fantôme de pétroliers au service de la Russie, ses revenus énergétiques, son industrie de défense et les acteurs de la désinformation.

Et Friedrich Merz a offert un maillot de football allemand floqué à son nom au président américain, deux jours après son anniversaire.

Les dirigeants du G7 et leurs homologues d'Egypte, du Qatar et des Emirats arabes unis se sont ensuite félicités lors d'un déjeuner de l'accord irano-américain, un "très beau deal" selon une source diplomatique.

Ils ont insisté sur la "nécessité d'avoir de la visibilité sur la menace iranienne", de diversifier les routes d'approvisionnement en hydrocarbures pour réduire la dépendance au détroit d'Ormuz, cartes à l'appui, et d'un "effort multinational pour soutenir l'armée libanaise".

Les Etats-Unis nous "demandent de mettre des capacités de déminage" à disposition dans le détroit d'Ormuz, a indiqué une source européenne, précisant que des bateaux français et allemands étaient notamment mobilisés à cette fin.

Donald Trump s'était pourtant montré assez peu intéressé la veille par la mission maritime internationale mise en place par Paris et Londres pour garantir le retour à la liberté de circulation dans la région, une fois la paix revenue.

Mercredi, au dernier jour du sommet, le G7 recevra plusieurs "leaders de la tech mondiale" pour un déjeuner où il sera question de régulation, ou encore d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Des débats qui s'annoncent tendus avec Donald Trump.


L'accord Iran-USA doit être signé vendredi dans un complexe hôtelier suisse proche de Lucerne, annonce Berne

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf. (AFP et AP)
Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf. (AFP et AP)
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  • "A ce stade, cette signature est prévue le vendredi 19 juin au Bürgenstock", a indiqué le ministère, ajoutant que ce site, difficilement accessible et donc aisément sécurisable, "a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens
  • Pour l'instant, "il n'est pas encore possible de fournir des informations sur le déroulement et les détails de la signature prévue", a précisé le ministère

GENEVE: L'accord noué entre les Etats-Unis et l'Iran doit être signé vendredi en Suisse dans un luxueux complexe hôtelier surplombant le lac des Quatre cantons près de Lucerne, a indiqué mardi le ministère suisse des Affaires étrangères.

"A ce stade, cette signature est prévue le vendredi 19 juin au Bürgenstock", a indiqué le ministère, ajoutant que ce site, difficilement accessible et donc aisément sécurisable, "a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens, ainsi que par les Etats-Unis et l'Iran".

Pour l'instant, "il n'est pas encore possible de fournir des informations sur le déroulement et les détails de la signature prévue", a précisé le ministère.

Situé dans le petit canton de Nidwald, dans le centre de la Suisse, le complexe hôtelier du Bürgenstock est établi sur une crête montagneuse surplombant Lucerne et le lac des Quatre cantons. Il avait déjà abrité en juin 2024 une conférence de haut niveau sur la paix en Ukraine, à laquelle avait participé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf.

D'après Téhéran, ces deux derniers devraient mener les délégations de leurs pays pour cette signature en Suisse.

Le texte de l'accord n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations pour mettre fin au conflit.

Le document fait environ "une page et demie" et est "très général", a révélé sur CNN JD Vance - qui avait plus tôt évoqué la possible présence à la cérémonie de Donald Trump, actuellement au sommet du G7 du côté français du lac Léman, à Evian.


Le détroit d'Ormuz «complètement ouvert» vendredi, annonce Trump après l'accord avec l'Iran

Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain
  • "Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

TEHERAN: Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

"Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par Donald Trump, son vice-président JD Vance, et le président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le texte n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations.

Ce document "apportera la paix dans la région", a promis lundi Donald Trump. Il a laissé entendre que le texte pourrait être publié vendredi, après sa signature à Genève, qui marquera l'ouverture d'une période de soixante jours pour conclure un accord final.

"Nous avons un passif d'engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit", dans le processus de négociation et de mise en place de l'accord, a déclaré, plus circonspect, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"En même temps, nous faisons tout ce qui est possible pour créer à travers ce processus des opportunités économiques pour notre pays", a-t-il ajouté.

Fin "définitive" de la guerre 

Les premières informations sur le contenu de l'accord sont principalement venues d'Iran. Selon sa diplomatie, il prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban".

Dans le très stratégique détroit d'Ormuz, l'Iran devrait facturer des frais liés aux services aux navires, plutôt qu'instaurer un péage dont les Etats-Unis ne voulaient pas, selon la même source.

"Nous nous attendons à ce que le détroit soit rouvert sans péage à long terme", a dit le vice-président américain JD Vance à CNBC lundi.

La diplomatie iranienne a aussi assuré que "la partie américaine s'était engagée" à débloquer des fonds iraniens gelés à l'étranger et à verser des réparations pour les dégâts provoqués par la guerre.

"Ils ne recevront jamais le moindre dollar du contribuable américain. Jamais", a toutefois insisté JD Vance sur Fox News.

Aucun avoir sous sanction américaine n'a été débloqué pour l'instant, selon un haut responsable américain.

Les Etats-Unis doivent également garantir qu'Israël mette fin à la guerre au Liban, a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï.

Les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban semblaient avoir cessé, mais une frappe israélienne a tué une personne dans le sud lundi à la mi-journée. Puis le Hezbollah a annoncé y avoir "repoussé", au moyen de roquettes et de drones, une force israélienne qui tentait d'avancer.

L'armée israélienne restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire", comme en Syrie et à Gaza, a déclaré lundi soir le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Alors que l'accord irano-américain est largement perçu comme un échec pour Israël par la société et une grande partie de la classe politique, le Premier ministre israélien a affirmé que la guerre avait sauvé son pays de la menace d'une "destruction nucléaire".

Et annoncé qu'il comptait se présenter aux élections législatives d'ici la fin de l'année, malgré les critiques et son procès pour corruption. Âgé de 76 ans, il a gouverné le pays plus longtemps qu'aucun autre Premier ministre: plus de 18 années cumulées depuis 1996.

Négociations sur l'uranium iranien 

L'annonce d'un accord pour mettre fin à la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes et qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, a fait chuter les prix du pétrole de près de 5% lundi. Ils se stabilisent mardi.

Les habitants de la région semblaient eux mitigés. "Le peuple iranien n'a rien gagné avec cet accord", réagit Arya, 38 ans, professeur d'anglais à Téhéran. "Les gens ne vont pas revenir à leur vie d'avant."

Au Liban, certains déplacés envisageaient timidement un retour vers le sud dans des zones non occupées par Israël. "Même s'il ne reste que des ruines, nous y planterons une tente et nous y resterons", assure Hana al-Jamma.

Les 60 jours de négociations qui doivent s'ouvrir porteront sur quatre sujets, selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères: la levée des sanctions contre l'Iran, le nucléaire, la "reconstruction" et "le développement économique" du pays, ainsi que "la mise en place d'un mécanisme de suivi" des engagements pris.

L'Iran cherchera "à ce que l'accord final soit soutenu par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies", a précisé sa diplomatie.

Dans des déclarations au New York Times, Donald Trump a indiqué qu'un volet des négociations concernerait l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de vingt ans sur l'enrichissement d'uranium, laissant entendre qu'il pourrait transiger sur quinze ans.

En vertu du protocole d'accord, des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) seront par ailleurs autorisés à se rendre en Iran pour aider Téhéran à "détruire son stock d'uranium hautement enrichi", a annoncé JD Vance sur NBC News.