Les zoonoses, maladies transmises par les animaux, toujours plus nombreuses

Le chercheur Omar Garcia travaille avec une chauve-souris (Sturnira lilium) dans le cadre d'études sur la prévention des zoonoses dans un ranch de la communauté d'El Corral à Tzucacab, dans l'État du Yucatan, au Mexique, le 29 mars 2023. À la tombée de la nuit, dans la jungle mexicaine du Yucatan, le vétérinaire Omar Garcia a prélevé du sang et des fluides sur une chauve-souris dans le cadre d'une étude visant à prévenir la prochaine pandémie potentielle. L'objectif du projet franco-mexicain est de détecter les maladies - appelées zoonoses - transmises de l'animal à l'homme dans les climats tropicaux. (Photo, AFP)
Le chercheur Omar Garcia travaille avec une chauve-souris (Sturnira lilium) dans le cadre d'études sur la prévention des zoonoses dans un ranch de la communauté d'El Corral à Tzucacab, dans l'État du Yucatan, au Mexique, le 29 mars 2023. À la tombée de la nuit, dans la jungle mexicaine du Yucatan, le vétérinaire Omar Garcia a prélevé du sang et des fluides sur une chauve-souris dans le cadre d'une étude visant à prévenir la prochaine pandémie potentielle. L'objectif du projet franco-mexicain est de détecter les maladies - appelées zoonoses - transmises de l'animal à l'homme dans les climats tropicaux. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 07 avril 2023

Les zoonoses, maladies transmises par les animaux, toujours plus nombreuses

  • Les zoonoses sont des maladies ou infections qui se transmettent des animaux vertébrés à l'humain, et vice versa
  • Apparues il y a des milliers d'années, les zoonoses se sont multipliées ces vingt ou trente dernières années

PARIS: Variole du singe, Sras, Mers, Ebola, grippe aviaire, zika, VIH et sans doute Covid-19... Les zoonoses, maladies transmises à l'homme par des animaux, se sont multipliées ces dernières années, laissant craindre de nouvelles pandémies.

Qu'est-ce qu'une zoonose ? 

Les zoonoses sont des maladies ou infections qui se transmettent des animaux vertébrés à l'humain, et vice versa. Les pathogènes en cause peuvent être des bactéries, des virus ou des parasites.

La transmission de ces maladies se fait soit directement, lors d'un contact entre un animal et un humain, soit indirectement par voie alimentaire ou par l'intermédiaire d'un vecteur (insecte, araignée, acariens...).

Certaines finissent par devenir spécifiquement humaines, à l'instar du Covid-19.

D'après l'Organisation mondiale de la santé animale, 60% des maladies infectieuses humaines sont zoonotiques.

Quels types de maladies sont concernées ?

Le terme "zoonoses" regroupe des maladies très variées: certaines touchent le système digestif comme la salmonellose, d'autres le système respiratoire comme la grippe aviaire et porcine ainsi que le Covid, d'autres encore le système nerveux comme la rage.

La gravité de ces maladies chez l'humain est très variable selon la maladie elle-même, l'agent pathogène responsable pouvant être plus ou moins virulent, mais également selon la personne infectée, qui peut présenter une sensibilité particulière à ces pathogènes.

Quels sont les animaux en cause ? 

Les chauves-souris jouent le rôle de réservoir pour un grand nombre de virus qui touchent les humains. Certains sont connus de longue date, comme le virus de la rage, mais beaucoup ont émergé ces dernières décennies: Ebola, le coronavirus du Sras, le Sars-CoV-2 ou encore le virus Nipah, apparu en Asie en 1998.

Les blaireaux, furets, visons, ou encore les belettes sont souvent mis en cause dans les zoonoses virales, et en particulier celles provoquées par des coronavirus.

D'autres mammifères (bovins, cochons, chiens, renards, dromadaires, rongeurs) jouent aussi souvent le rôle d'hôte intermédiaire.

Tous les virus responsables des grandes pandémies grippales avaient une origine aviaire, directe ou indirecte.

Enfin, les insectes tels que les tiques sont vecteurs de nombreuses maladies virales qui affectent les humains.

Pourquoi la fréquence des zoonoses a-t-elle augmenté ? 

Apparues il y a des milliers d'années, les zoonoses se sont multipliées ces vingt ou trente dernières années.

En cause, l'intensification des voyages, qui leur permet de se diffuser plus rapidement.

En occupant des zones du globe de plus en plus larges, l'humain contribue aussi à perturber l'écosystème et à favoriser la transmission des virus.

L'intensification des élevages industriels accroît ainsi le risque de propagation de pathogènes entre les animaux. Le commerce d'animaux sauvages augmente aussi l'exposition humaine aux microbes qu'ils sont susceptibles de porter. La déforestation renforce, elle, le risque de contacts entre la faune sauvage, les animaux domestiques et les populations humaines.

Doit-on craindre une prochaine pandémie ?

Le dérèglement climatique va pousser nombre d'animaux à fuir leurs écosystèmes pour des contrées plus vivables, a alerté une étude parue dans Nature en 2022. Or, en se mélangeant plus, les espèces se transmettront davantage leurs virus, ce qui favorisera l'émergence de nouvelles maladies potentiellement transmissibles à l'homme.

Les pandémies vont "émerger plus souvent, se répandre plus rapidement, tuer plus de gens", a averti en octobre 2020 le groupe d'experts de l'ONU sur la biodiversité (IPBES).

Le réservoir est immense: selon des estimations publiées dans la revue Science en 2018, il existerait 1,7 million de virus inconnus chez les mammifères et les oiseaux, et 540 000 à 850 000 d'entre eux "auraient la capacité d'infecter les humains".

Mais surtout, l'expansion des activités humaines et les interactions accrues avec la faune sauvage augmentent le risque que des virus capables d'infecter l'être humain "trouvent" leur hôte.


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.