Quand le désert marocain pourrait éclairer les foyers britanniques : le projet Xlinks en discussion

L’intérieur d’une station de conversion électrique (Photo, @HVDC).
L’intérieur d’une station de conversion électrique (Photo, @HVDC).
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Publié le Lundi 03 avril 2023

Quand le désert marocain pourrait éclairer les foyers britanniques : le projet Xlinks en discussion

  • Ce câble sous-marin, d'une longueur record sera au cœur d'un mégaprojet d'interconnexion électrique entre les deux pays
  • L'électricité propre produite sera transportée via quatre câbles sous-marins sur 3 800 kilomètres, traversant le Portugal, l'Espagne et la France

CASABLANCA: Un projet d'interconnexion électrique audacieux, qui avait sombré dans les abysses de l'oubli, vient de refaire surface le 30 mars dernier, par le biais d'un document d'orientation du gouvernement britannique. Baptisé «Powering Up Britain: Energy Security Plan», ce texte remet sur la table un projet titanesque de câble sous-marin reliant le Maroc au Royaume-Uni. Alors que la volonté d’amorcer la transition énergétique est à l’agenda des puissances industrielles, les deux nations semblent disposées à conjuguer leurs efforts et à améliorer, au sens propre comme au figuré, la conductivité du courant qui passe d'une frontière à l'autre.

Ce câble sous-marin, d'une longueur record et fabriqué par la compagnie britannique XLCC, sera au cœur d'un mégaprojet d'interconnexion électrique entre les deux pays. Nécessitant un investissement de 22 milliards de dollars, ce projet représente un enjeu majeur pour la sécurité énergétique du Royaume-Uni dont l'objectif est de diversifier sa production en investissant dans les énergies renouvelables, pour assurer sa sécurité énergétique et sa souveraineté économique.

Sous l’eau, mais solaire

Le projet Xlinks prévoit la construction d'un immense parc solaire et d'un parc éolien adjacent dans la région de Guelmim-Oued Noun, au Maroc. L'électricité propre produite sera transportée via quatre câbles sous-marins sur 3 800 kilomètres, traversant le Portugal, l'Espagne et la France, pour atteindre le village d'Alverdiscott, dans le North Devon, où elle sera injectée dans le réseau électrique britannique.

Afin de réaliser ce projet d'envergure, trois chantiers navals ont déjà soumissionné pour construire un navire de plus de 200 mètres, qui assurera la pose des câbles sous-marins. Par ailleurs, un permis de construire a été accordé pour une usine à Hunterston, en Écosse, qui fabriquera le câble, prévu pour être le plus long jamais conçu.

Si le projet se concrétise, il permettra au Royaume-Uni de couvrir près de 8% de ses besoins en électricité à partir de 2030 d’après les dirigeants de la startup. Pour le Maroc, les retombées sont également prometteuses. Outre la création d'environ 10 000 emplois, dont 2 000 permanents, une part conséquente des composantes éoliennes et solaires sera fabriquée localement, renforçant ainsi les investissements étrangers au Maroc et garantissant une forte implication des entreprises marocaines.

Lorsque le courant passe…

Le projet Xlinks viendra ainsi renforcer la coopération entre le Maroc et le Royaume-Uni, en phase avec les orientations actuelles des deux pays. Il permettra au royaume chérifien, conformément à la ligne directrice des politiques menées, d’accroitre son rôle régional et d’amorcer sa transition énergétique. 

Dans l'océan des possibles, le Maroc et le Royaume-Uni ont jeté l'ancre. Comme le courant qui circulera sous les mers, leur collaboration pourrait bien créer un effet de vague stimulant pour la réussite d’une transition énergétique nécessaire au regard des rapports alarmants du GIEC.


GWEC: le Moyen-Orient dispose d’un potentiel éolien offshore de 1 400 GW

Le vent en mer est plus fort, plus régulier et moins turbulent que sur la terre ferme, ce qui permet de produire de l’énergie de manière fiable. (Shutterstock)
Le vent en mer est plus fort, plus régulier et moins turbulent que sur la terre ferme, ce qui permet de produire de l’énergie de manière fiable. (Shutterstock)
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  • Ce mode de production d'électricité est considéré comme crucial dans le processus de transition énergétique
  • Dans son rapport, le Conseil mondial de l’énergie éolienne prévoit que l’Arabie saoudite disposera d’une capacité offshore globale de 106 GW le long de ses côtes orientale et occidentale

RIYAD: Une analyse révèle que des investissements importants sont nécessaires pour exploiter le potentiel de 1 400 gigawatts (GW) d’énergie éolienne en mer au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (Mena).

Dans son dernier rapport, le Conseil mondial de l’énergie éolienne (GWEC) indique que l’Arabie saoudite, le Maroc, l’Égypte et Oman pourraient ouvrir la voie au développement de ce secteur, qui n’en est encore qu’à ses débuts, les activités offshore de la région étant principalement liées au pétrole et au gaz.

Ce mode de production d'électricité est considéré comme crucial dans le processus de transition énergétique. En effet, l’énergie éolienne en mer est bonne pour l’environnement, car elle produit de l’électricité sans brûler de combustible ni émettre de dioxyde de carbone.

En outre, le vent en mer est plus fort, plus régulier et moins turbulent que sur la terre ferme, ce qui permet de produire de l’énergie de manière fiable.

«L’important potentiel de l’énergie éolienne en mer signifie qu’elle peut (et doit) être développée au Moyen-Orient. Toutefois, cela dépend fortement de l’environnement d’investissement, des réglementations nationales et des procédures d’octroi d’autorisation, ainsi que de la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée ayant de l’expérience dans ce secteur», indique le rapport du GWEC.

Le document ajoute que le Moyen-Orient n’a pas encore connu de développement majeur dans la production d’énergie éolienne en mer en raison des investissements massifs nécessaires et des sites terrestres facilement disponibles.

«Cependant, les tendances évoluent au Moyen-Orient. Les efforts de diversification des sources d’énergie, la mise en place potentielle de liaisons sous-marines avec l’Europe et le potentiel d’exportation d’énergie et de produits verts pourraient inciter les pays de la région Mena à reconsidérer leur position initiale sur l’énergie éolienne en mer», poursuit le GWEC.

 

L’Arabie saoudite va devenir un acteur phare

Dans son rapport, le GWEC prévoit que l’Arabie saoudite disposera d’une capacité offshore globale de 106 GW le long de ses côtes orientale et occidentale.

L’analyse note également que l’attention croissante portée par l’Arabie saoudite aux sources d’énergie renouvelable catalysera la croissance de la production d’énergie éolienne à l’avenir.

«Le Royaume riche en pétrole ne dispose actuellement que d’un seul parc éolien terrestre en exploitation (Dumat al-Djandal), mais il envisage d’ambitieux projets en matière d’énergies renouvelables. D’ici à 2030, le pays vise à générer la moitié de son approvisionnement énergétique à partir de sources d’énergie renouvelables et à atteindre zéro émission nette d’ici à 2060», précise le GWEC.

D’après le rapport, les objectifs de l’Arabie saoudite en matière d’énergies renouvelables, associés à la programmation de grands projets d’hydrogène vert et à la volonté d’exporter des produits propres, devraient favoriser le développement de projets éoliens terrestres et marins.

 

Le Maroc envisage des projets éoliens en mer

Selon le GWEC, le gouvernement marocain envisage sérieusement de mettre en place des projets éoliens en mer, car le pays dépend fortement des importations d’énergie, plus de 91% de son électricité provenant de sources extérieures.

De plus, le gouvernement marocain a réalisé des progrès considérables dans le domaine des énergies renouvelables et il s’est fixé pour objectif de produire 51% de l’électricité à partir de sources vertes d’ici à la fin de la décennie.

«Bien qu’il n’y ait pas d’objectifs fixés pour le développement de l’énergie éolienne en mer, le gouvernement prend des mesures sérieuses pour envisager la possibilité d’utiliser cette technologie dans la région», souligne le GWEC.

Par ailleurs, la Banque européenne d’investissement a récemment accordé à l’Agence marocaine pour l’énergie durable une subvention de 2 milliards de dollars (1 dollar = 0,94 euro) pour la réalisation d’une étude de faisabilité sur l’énergie éolienne en mer au Maroc.

Une étude précédente menée par le GWEC avait estimé le potentiel éolien offshore du Maroc à 200 GW.

 

Perspectives mondiales

Selon le rapport, l’industrie a connecté 10,8 GW d’éoliennes offshore au réseau en 2023, ce qui représente une augmentation de 24% en glissement annuel, portant la capacité totale à 75,2 GW à l’échelle mondiale.

Pour la sixième année consécutive, la Chine est en tête du développement annuel de l’éolien en mer, avec 6,3 GW ajoutés l’année dernière.

D’autre part, l’Europe a ajouté 3,8 GW de capacité éolienne en mer grâce à onze parcs éoliens mis en service sur sept marchés, ce qui représente la majeure partie de la nouvelle capacité.

En Amérique du Nord, cependant, des turbines éoliennes ont été installées dans deux projets éoliens offshore à grande échelle aux États-Unis avant la fin de l’année dernière, mais aucune turbine n’a été mise en service en 2024.

Le rapport indique également que le secteur de l’énergie éolienne en mer connaîtra un taux de croissance annuel moyen de 25% jusqu’en 2028 et de 15% jusqu’au début des années 2030.

GWEC Market Intelligence précise qu’au moins 410 GW de capacité éolienne offshore seront ajoutés entre 2024 et 2033, dont plus de deux tiers devraient être ajoutés au cours de la seconde moitié de cette période de prévision.

«La croissance du secteur de l’éolien en mer est désormais bien plus qu’une histoire européenne, chinoise ou américaine. Cette industrie mondiale doit désormais “tracer une voie” pour la formidable croissance à venir», déclare Rebecca Williams, chef de la stratégie pour l’éolien en mer au GWEC.

«Il convient de noter que le secteur de l’éolien en mer et ses partenaires au sein des gouvernements, des institutions et de la société civile sont en train de se regrouper et de créer une dynamique en prévision de la croissance imminente du secteur et de son importance en tant que technologie d’énergie propre», souligne-t-elle.

Le rapport révèle que le nombre de membres de l’Alliance mondiale pour l’éolien en mer, une initiative diplomatique et multipartite fondée par le GWEC, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables et le Danemark, dépasse désormais les vingt pays.

Le GWEC note que ces vingt pays se sont engagés à collaborer pour installer 380 GW d’éoliennes en mer d’ici à 2030 et 2 000 GW d’ici à 2050.

«Le GWEC constate que l’industrie et les gouvernements reconnaissent largement que les principaux moteurs du secteur de l’éolien en mer sont désormais en place, qu’il s’agisse des engagements gouvernementaux, de la croissance économique durable, de l’augmentation de la demande des consommateurs ou de la décarbonisation de l’industrie», observe Mme Williams.

Enfin, le rapport souligne les progrès réalisés par les différents pays dans le secteur de l’énergie éolienne en mer.

Au Brésil, ce type d’énergie est considéré comme la source d’énergie propre de l’avenir pour son industrie lourde, tandis qu’aux Philippines, le gouvernement adopte l’éolien en mer pour répondre à la croissance rapide de la demande intérieure et au programme de développement économique durable.

«Pour la Pologne, l’éolien en mer constitue un moyen de stimuler la croissance industrielle. L’Irlande, quant à elle, a défini un futur cadre ambitieux pour la croissance de ce secteur», affirme Rebecca Williams.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 


Logiciel Kaspersky interdit aux États-Unis: le Kremlin dénonce une «concurrence déloyale»

Cette photo prise le 17 octobre 2016 montre un employé marchant derrière un mur de verre avec des symboles de codage de machine au siège du géant de la sécurité Internet Kaspersky à Moscou. (Photo de Kirill Kudryavtsev AFP)
Cette photo prise le 17 octobre 2016 montre un employé marchant derrière un mur de verre avec des symboles de codage de machine au siège du géant de la sécurité Internet Kaspersky à Moscou. (Photo de Kirill Kudryavtsev AFP)
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  • «Kaspersky Lab est une entreprise très compétitive au niveau international qui, à bien des égards, dépasse ses concurrents», a défendu le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov lors de son briefing quotidien à la presse
  • La multinationale Kaspersky fournit des antivirus et autres produits et services liés à la cybersécurité à plus 400 millions d'utilisateurs et 270.000 entreprises dans le monde, selon Washington

MOSCOU : Le Kremlin a dénoncé vendredi une «concurrence déloyale» de Washington après l'annonce la veille de l'interdiction du logiciel russe antivirus Kaspersky aux Etats-unis, qui reprochent au géant de la cybersécurité une proximité avec Moscou, que l'entreprise nie.

C'est «la technique préférée de concurrence déloyale de la part des Etats-Unis. Ils l'utilisent à chaque fois», a fustigé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

«Kaspersky Lab est une entreprise très compétitive au niveau international qui, à bien des égards, dépasse ses concurrents», a-t-il défendu lors de son briefing quotidien à la presse.

Jeudi, le département américain du Commerce avait annoncé «interdire» Kaspersky de vente de ses logiciels aux Etats-Unis «pour leur coopération avec les autorités militaires et de renseignement russes».

Cette annonce intervient alors que les tensions entre Moscou et Washington sont très fortes du fait du conflit en Ukraine, que les Etats-Unis soutiennent militairement et financièrement depuis l'assaut russe en février 2022.

Cette décision «est vitale pour notre sécurité intérieure», a justifié jeudi le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas.

Washington a donné jusqu'au 29 septembre aux clients américains de Kaspersky pour trouver une alternative.

Kaspersky Lab a de son côté condamné une décision «prise sur la base du climat géopolitique actuel et de craintes théoriques» qui «bénéficie à la cybercriminalité».

Elle se défend depuis des années de toute proximité directe avec les autorités russes, malgré les soupçons.

Karspersky «a démontré à de nombreuses reprises son indépendance de tout gouvernement» et les Etats-Unis ont «ignoré ces preuves», a affirmé le groupe dans un communiqué, qui précise que ses services d'informations sur le monde de la cybersécurité ne sont pas concernés par la décision de Washington.

L'entreprise, l'une des grandes références mondiales dans le milieu de la sécurité informatique, envisage de contester la décision en justice.

La multinationale Kaspersky fournit des antivirus et autres produits et services liés à la cybersécurité à plus 400 millions d'utilisateurs et 270.000 entreprises dans le monde, selon Washington.

Son logiciel phare avait déjà été interdit d'usage au sein des agences fédérales américaines en 2017 et plusieurs pays européens ont également exprimé leur inquiétude vis-à-vis de ce mastodonte de la cybersécurité.

Les Etats-Unis menacent par ailleurs d'interdire TikTok, un réseau social chinois très populaire mais soupçonné de manipulation et d'espionnage des utilisateurs américains par Pékin.

 


L'euro souffre d'un essoufflement de l'activité

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s'adresse à une conférence de presse à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 7 mars 2024. (Photo de Kirill KUDRYAVTSEV / AFP)
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s'adresse à une conférence de presse à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 7 mars 2024. (Photo de Kirill KUDRYAVTSEV / AFP)
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  • La reprise de l'activité du secteur privé s'est fortement essoufflée dans la zone euro en juin, l'activité manufacturière enregistrant même son plus fort repli depuis six mois
  • Après une phase inédite de durcissement monétaire, l'institution monétaire européenne a commencé début juin à abaisser ses taux directeurs

LONDRES: La monnaie unique refluait légèrement vendredi en raison d'un essoufflement de l'activité en zone euro, renforçant les attentes de nouvelles baisses de taux, entamées par la Banque centrale européenne (BCE) en juin.

Vers 09H40 GMT (11H40 à Paris), l'euro perdait 0,10% face au billet vert, à 1,0690 dollar pour un euro, et reculait d'autant face à la livre, à 84,46 pence pour un euro.

La reprise de l'activité du secteur privé s'est fortement essoufflée dans la zone euro en juin, l'activité manufacturière enregistrant même son plus fort repli depuis six mois, selon l'indice PMI Flash publié vendredi par S&P Global.

L'indice, calculé sur la base de sondages d'entreprises, a glissé à 50,8, contre 52,2 en mai. Supérieur à 50, il indique certes une progression de l'activité -un chiffre en deçà refléterait une contraction- mais à un rythme fortement ralenti.

Ces données "suggèrent qu'une reprise solide de l'économie de la zone euro n'est pas une affaire acquise", et confortent l'idée que la BCE "réduira ses taux deux fois de plus cette année", estime Franziska Palmas, de Capital Economics.

Après une phase inédite de durcissement monétaire, l'institution monétaire européenne a commencé début juin à abaisser ses taux directeurs. Servant de référence, le taux sur les dépôts est passé de 4% à 3,75%.

Or des taux réduits diminuent le rendement d'une devise et donc son attractivité aux yeux des investisseurs.

Par ailleurs, l'indice PMI composite a également baissé en juin en France, en Allemagne et au Royaume-Uni.

Bien que mentionnée par le communiqué officiel, l'influence des prochaines élections parlementaires anticipées en France sur ce résultat est à relativiser, estime Franziska Palmas, car l'indice français "avait commencé à baisser en mai, avant le début des troubles politiques".

Dans un contexte d'élections législatives au Royaume-Uni début juillet, la Banque d'Angleterre (BoE) a choisi de conserver ses taux inchangés jeudi, à 5,25%, laissant cependant monter les spéculations sur une première baisse de taux en août lors de sa prochaine décision.

La Banque nationale suisse (BNS) a de son côté de nouveau abaissé son taux directeur, d'un quart de point, pour le porter à 1,25%, l'inflation plus faible en Suisse que dans de nombreux autres pays lui donnant davantage de marge de manœuvre.

Cette "réduction inattendue" a entraîné un affaiblissement "brutal" du franc suisse, relève Dean Turner, d'UBS, qui pense cependant "qu'une fois la poussière retombée", la tendance se renversera.

En attendant, la devise helvétique poursuivait son repli, cédant 0,12% face au billet vert, à 0,8924 franc suisse pour un dollar.