Arabie saoudite: Comment les coutumes islamiques se mêlent aux traditions locales pendant le ramadan

La vieille ville d'AlUla, avec son marché et sa vue sur les montagnes (Photo fournie).
La vieille ville d'AlUla, avec son marché et sa vue sur les montagnes (Photo fournie).
Des étals de nourriture parsèment Al-Balad, le quartier historique de Djeddah, pendant le mois du ramadan (Photo, SPA).
Des étals de nourriture parsèment Al-Balad, le quartier historique de Djeddah, pendant le mois du ramadan (Photo, SPA).
Des Saoudiens achètent des dattes séchées dans la ville côtière saoudienne de Djeddah (Photo, AFP).
Des Saoudiens achètent des dattes séchées dans la ville côtière saoudienne de Djeddah (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 30 mars 2023

Arabie saoudite: Comment les coutumes islamiques se mêlent aux traditions locales pendant le ramadan

  • Les 13 régions d’Arabie saoudite renouent avec leurs habitudes et leurs coutumes locales uniques et appréciées pendant le mois sacré
  • Les rassemblements de l'Iftar font la part belle aux plats, aux décorations et aux jeux spécifiques à la région, et impliquent souvent la communauté élargie

DJEDDAH: Depuis des siècles, les musulmans du monde entier partagent des traditions communes pendant le mois sacré du Ramadan, qui découlent de pratiques islamiques telles que la rupture du jeûne avec des dattes, de l'eau ou du laban (petit-lait), comme le faisait le prophète Mohammed.

Toutefois, certaines traditions locales, propres à une nation ou à une région particulière, ont trouvé leur place dans les habitudes, les fêtes et les célébrations qui marquent le mois sacré. L'Arabie saoudite, avec ses nombreuses régions, n'est pas différente.

Chaque année, au cours du neuvième mois du calendrier islamique Hijri, les 13 régions d’Arabie saoudite, les centaines de villes et de villages, ainsi que les zones rurales, renouent avec leurs habitudes et coutumes locales uniques et appréciées.

Dans les grandes villes, les rues sont généralement bondées de piétons et de véhicules, les acheteurs se précipitent pour faire des achats de dernière minute, tandis que les fidèles trouvent un espace au milieu de l'agitation pour prier régulièrement et lire des passages du Coran.

La convivialité est un thème important du ramadan : les familles, les amis et même des communautés entières se réunissent autour de longues tables pour partager le festin de l'iftar, chaque jour après le coucher du soleil, dans des maisons décorées de lumières et de lanternes scintillantes.

Les plats servis lors de ces rassemblements, et lorsque des fêtes importantes ont lieu, sont souvent distincts d'une culture culinaire locale particulière et de la disponibilité d'ingrédients spécifiques.

Plats traditionnels à une table du sud de l’Arabie saoudite (Photo fournie).

Dans la province orientale de l'Arabie saoudite, de nombreux membres de la communauté se réunissent avant le ramadan pour partager un dernier repas composé de plats familiers peu courants pendant le mois sacré. Le «ghabgah» (rassemblement) a généralement lieu la nuit précédant le ramadan ou quelques jours avant.

Au cours du mois, on peut déguster les plats populaires de la région tels que le balalit (vermicelles sucrés et œufs), l'asida (morceau de pâte composée de farine de blé à d'eau bouillante, parfois additionnée de beurre ou de miel), les samosas et le pudding de sagou.

Vers le milieu du mois sacré, dans la province orientale et dans d'autres parties de la région du Golfe, les enfants portent des vêtements traditionnels et font du porte-à-porte dans leur quartier, chantant des chansons en échange de noix et de bonbons, selon une tradition connue sous le nom de «gergean» ou «frapper à la porte».

Un commerçant prépare une commande de douceurs traditionnelles pour un client dans la capitale Riyad, le 27 mars 2023 (Photo, AFP).

De l'autre côté de la péninsule, dans la région occidentale du Hijaz, la tradition de l'échange de plats est encore vivante aujourd'hui. «Al-to'ma» est une coutume qui dure toute l'année et qui consiste à ne jamais rendre une assiette vide. Tout est échangé, des soupes et samosas aux desserts traditionnels tels que les qatayef, le basboosa ou le pudding de sagou.

De nombreuses familles partagent également la subya, une boisson spécialement préparée pendant le ramadan pour étancher la soif, à base d'orge ou de pain trempé pendant une nuit avec des épices telles que la cannelle, la cardamome, du sucre et des raisins secs, ce qui lui donne sa couleur rouge caractéristique.

«C'est le secret le mieux gardé de la famille», a déclaré à Arab News Umm Khalid Machadi, une habitante de Médine.

Des Saoudiens achètent des boissons traditionnelles pendant le mois du ramadan à Riyad (Photo, AFP).

«Mon mari est fier de préparer cette boisson chaque année et nous la partageons avec nos voisins, même ceux qui ont déménagé, car c'était ainsi à l'époque. Aujourd'hui, beaucoup de gens préfèrent l'acheter dans le commerce, mais vous les trouverez toujours en train de suivre leurs recettes familiales», a indiqué Machadi.

Elle souligne l'importance de la famille lors des rassemblements du ramadan. «Une table Hijazi n'est jamais dépourvue d'une famille supplémentaire», a-t-elle affirmé.

«Le calme qui précède la rupture du jeûne est courant, car chaque foyer est occupé à faire ses prières ou à lire le Coran dans la dernière heure avant le coucher du soleil, l'heure dorée. Ce faisant, même les enfants prennent cette habitude et s'y adaptent, pour la transmettre par la à leurs enfants.»

Le foul (fèves cuites en purée) accompagné de tamis (pain traditionnel cuit dans un tandoor) sont également deux aliments de base populaires qui vont de pair sur une table Hijazi.

Des ouvriers préparent les douceurs traditionnelles «Qatayef», une crêpe pliée remplie de crème ou de noix, dans un magasin de Riyad (Photo, AFP).

On trouve également sur les tables saoudiennes pendant le ramadan des dattes de toutes formes et couleurs, de la soupe d'avoine, des samosas à la viande et au fromage, des luqaimat (pâte frite), de la boisson Vimto et de la kunafa.

Ces rassemblements ne se limitent toutefois pas à la nourriture. Les jeux et autres activités familiales sont aussi des traditions importantes. Un carrom, tradition venue d'Inde il y a plusieurs décennies, est souvent utilisé après le repas et les prières de Tarāwīḥ, tandis que d'autres préfèrent jouer au football.

Aujourd'hui, de nombreux jeunes hommes et femmes aiment se retrouver après les prières du soir pour jouer au baloot, un jeu de cartes populaire dans la région, semblable à la belote française.

EN BREF

• Pour ce ramadan, la Grande Mosquée de La Mecque a lancé une initiative de bienvenue pour les pèlerins et les visiteurs de la Omra arrivant en Arabie Saoudite.

• La Grande Mosquée dispose de 120 aires de prière et de 12 000 conteneurs d'eau Zamzam pour garantir le confort des pèlerins.

• Les souks d'Arabie saoudite sont le meilleur endroit pour acheter les produits de base du ramadan et pour vivre l'effervescence du mois sacré.

• Al-Balad est le plus ancien quartier de Djeddah, fondé au VIIe siècle après J.-C., et abrite de nombreux marchés traditionnels parmi les plus anciens.

Dans la région centrale du Royaume, de nombreux hommes des familles du Najd rompent généralement le jeûne à la mosquée locale, où ils apportent des plats de chez eux.

Des travailleurs étrangers rompent leur jeûne pendant le mois du ramadan dans un parc de Riyad, le 27 mars 2023 (Photo, AFP).

Cette tradition serait due à l'éloignement de la région et à la rudesse de l'environnement, où les familles à faibles revenus avaient du mal à subvenir à leurs besoins.

Les familles les plus privilégiées partageaient leurs repas et les distribuaient aux nécessiteux, conformément à la coutume du mois sacré qui consiste à aider les plus démunis.

Bien que cela puisse sembler un peu différent aujourd'hui, nombreux sont ceux qui pensent qu'une fois que les gens s'assoient ensemble à la table, la classe sociale à laquelle ils appartiennent n'a plus d'importance, car ils sont tous égaux.

Un Saoudien offre de l'eau de Zamzam aux pèlerins musulmans à leur arrivée dans la ville sainte de La Mecque (Photo, AFP).

«Peu importe la famille ou le clan auquel on appartient. Le mois apporte ses bénédictions et nous les partageons avec notre famille et les autres», a expliqué à Arab News Umm Walid, 72 ans, résidente de Riyad et originaire de Haïl.

«Notre grand-mère nous a appris que pour être bénis, nous devions partager. Peu importe l'endroit où l'on se trouve. Nos enseignements islamiques se sont fondus dans nos traditions locales et sont devenus un élément essentiel de notre communauté», a-t-elle ajouté.

Dans la région septentrionale, proche de la frontière avec l'Irak et la Jordanie, de nombreux ménages partagent leurs traditions avec leurs voisins, en se concentrant sur les grandes réunions de famille et d'amis, les enfants servant leurs aînés le long de la soirée.

Comme la subya au Hijaz, le lait de chamelle est un ingrédient de base de plusieurs plats de la région, tels que le tarchrib (morceaux de pain trempés dans du bouillon et de la viande), le jarich, l'al-mlehiya et le tharid.

Dans le sud-ouest du Royaume, de nombreuses familles ont gardé la tradition de rompre le jeûne à la mosquée et de ne prendre un vrai repas qu'après la prière du soir, une fois rentrées chez elles.

Un coup de fusil est traditionnellement tiré pour annoncer l'appel à la prière du Maghrib dans les régions situées sur les hauteurs des montagnes de l'Asir.

À travers l'Arabie saoudite, les traditions islamiques du ramadan complètent les cultures et les coutumes locales. La communauté saoudienne, très soudée, est fière d'honorer les anciens modes de célébration et d'en incorporer de nouveaux qui s'intègrent bien dans une société en constante évolution.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les frappes israéliennes au Liban ont fait 380 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) libanaise a annoncé mardi la mort de six personnes lundi dans un bombardement aérien israélien contre Kfar Dounine, dans le sud du Liban. (AFP)
L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) libanaise a annoncé mardi la mort de six personnes lundi dans un bombardement aérien israélien contre Kfar Dounine, dans le sud du Liban. (AFP)
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  • L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) libanaise a annoncé mardi la mort de six personnes lundi dans un bombardement aérien israélien contre Kfar Dounine, dans le sud du Liban
  • "Des avions de combat ennemis ont frappé hier soir une maison habitée à Kfar Dounine, faisant six morts et sept blessés, qui ont été transportés vers des hôpitaux de Tyr"

BEYROUTH: Les frappes israéliennes au Liban ont fait 380 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu 

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) libanaise a annoncé mardi la mort de six personnes lundi dans un bombardement aérien israélien contre Kfar Dounine, dans le sud du Liban.

"Des avions de combat ennemis ont frappé hier soir une maison habitée à Kfar Dounine, faisant six morts et sept blessés, qui ont été transportés vers des hôpitaux de Tyr", a écrit l'Ani. Malgré une trêve théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, Israël a poursuivi le pilonnage de plusieurs régions du Liban, et le mouvement pro-iranien Hezbollah continue de revendiquer des attaques contre des cibles israéliennes.

 


Cisjordanie: 70 enfants palestiniens tués depuis le début des opérations israéliennes 

Soixante-dix enfants palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis le début des opérations israéliennes en janvier 2025, a dénoncé mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), qui précise que 93% d'entre eux ont été tués par les forces israéliennes. (AFP)
Soixante-dix enfants palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis le début des opérations israéliennes en janvier 2025, a dénoncé mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), qui précise que 93% d'entre eux ont été tués par les forces israéliennes. (AFP)
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  • "La plupart de ceux qui ont été tués ou blessés l'ont été par des balles réelles", a encore relevé le porte-parole de l'Unicef
  • Il a souligné que l'Unicef appelle les autorités israéliennes à "prendre des mesures immédiates et décisives pour empêcher que d'autres enfants palestiniens ne soient tués ou mutilés, et pour protéger leurs foyers, leurs écoles et leur accès à l'eau

GENEVE: Soixante-dix enfants palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis le début des opérations israéliennes en janvier 2025, a dénoncé mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), qui précise que 93% d'entre eux ont été tués par les forces israéliennes.

"Les enfants paient un prix intolérable en raison de l'escalade des opérations militaires et des attaques des colons menées dans toute la Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est", a déclaré un porte-parole de l'Unicef, James Elder, lors d'un point presse à Genève.

"Ainsi, entre janvier 2025 et aujourd'hui, au moins un enfant palestinien a été tué en moyenne chaque semaine en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem sous contrôle israélien. Cela représente 70 enfants palestiniens tués sur cette période, a-t-il ajouté, indiquant qu'il y a eu également 850 autres enfants blessés sur la même période.

Il a précisé que 93% des enfants tués l'ont été "par les forces israéliennes".

"La plupart de ceux qui ont été tués ou blessés l'ont été par des balles réelles", a encore relevé le porte-parole de l'Unicef.

Il a souligné que l'Unicef appelle les autorités israéliennes à "prendre des mesures immédiates et décisives pour empêcher que d'autres enfants palestiniens ne soient tués ou mutilés, et pour protéger leurs foyers, leurs écoles et leur accès à l'eau, conformément au droit international".

"L'Unicef appelle également les États membres disposant d'une influence à user de leur poids pour garantir le respect du droit international", a-t-il dit.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis le début de la guerre à Gaza déclenchée par l'attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 sur le sud d'Israël. En janvier 2025, l'armée israélienne a lancé une "opération antiterroriste" visant principalement les camps de réfugiés palestiniens de Cisjordanie.


Liban: six morts dans un bombardement israélien, selon l'agence officielle

Des habitants inspectent les décombres d’un bâtiment dans le village libanais de Kfar Dounine, dans le sud du Liban, le 25 janvier 2026, après qu’il a été touché par une frappe israélienne. (photo d’archive AFP)
Des habitants inspectent les décombres d’un bâtiment dans le village libanais de Kfar Dounine, dans le sud du Liban, le 25 janvier 2026, après qu’il a été touché par une frappe israélienne. (photo d’archive AFP)
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  • Une frappe aérienne israélienne sur une maison à Kfar Dounine, dans le sud du Liban, a fait six morts et sept blessés malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril
  • Israël poursuit ses bombardements tandis que le Hezbollah continue ses attaques contre des cibles israéliennes, alors que de nouvelles discussions entre les deux pays sont prévues à Washington cette semaine

BEYROUTH: L'Agence nationale d'information (ANI, officielle) libanaise a annoncé la mort de six personnes lundi dans un bombardement aérien israélien contre Kfar Dounine, dans le sud du Liban.

"Des avions de combat ennemis ont frappé hier soir une maison habitée à Kfar Dounine, faisant six morts et sept blessés, qui ont été transportés vers des hôpitaux de Tyr", a écrit l'ANI mardi.

Par ailleurs, l'armée israélienne a ordonné sur les réseaux sociaux aux habitants de la petite ville de Sohmor, dans la vallée de la Bekaa (est), d'évacuer en prévision de bombardements.

Malgré une trêve théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, Israël a poursuivi le pilonnage de plusieurs régions du Liban, et le mouvement pro-iranien Hezbollah continue de revendiquer des attaques contre des cibles israéliennes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans une nouvelle guerre le 2 mars en attaquant Israël au moyen de roquettes pour venger la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre Téhéran. Israël a répondu en menant des frappes massives et une incursion terrestre dans le sud.

Le dernier bilan des frappes israéliennes, actualisé lundi par le ministère libanais de la Santé, s'élève à 2.869 morts depuis le début de la guerre, dont des dizaines de personnes tuées depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

De nouvelles discussions sont prévues jeudi et vendredi à Washington entre le Liban et Israël.