Retraites: Le gouvernement accélère au Sénat, Macron ferme avec les syndicats

Le président français Emmanuel Macron regarde lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre britannique dans le cadre du sommet franco-britannique qui s'est tenu à l'Elysée à Paris, le 10 mars 2023 (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron regarde lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre britannique dans le cadre du sommet franco-britannique qui s'est tenu à l'Elysée à Paris, le 10 mars 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 11 mars 2023

Retraites: Le gouvernement accélère au Sénat, Macron ferme avec les syndicats

  • Emmanuel Macron a sobrement souhaité que la réforme puisse «aller à son terme» au Parlement
  • Mais, au Parlement comme au gouvernement, les regards sont déjà tournés vers la semaine prochaine, vraisemblablement décisive pour l'avenir de cette réforme phare du second mandat d'Emmanuel Macron

PARIS: Coup de théâtre au Sénat: le gouvernement a demandé vendredi un vote unique sur l'ensemble de sa réforme des retraites, donnant un coup d'accélérateur aux débats, tandis qu'Emmanuel Macron a confirmé cette fermeté en n'acceptant pas de rencontrer les syndicats.

Pour contrer l'"opposition méthodique" de la gauche, le ministre du Travail Olivier Dussopt a dégainé vendredi, avec l'assentiment de la majorité de droite, l'arme constitutionnelle du vote unique devant le Sénat qui va devoir se prononcer en une seule fois sur l'ensemble du projet de loi.

"Aveu de faiblesse", "coup de force": la gauche s'est aussitôt élevée contre ce recours.

Si les amendements ne peuvent pas être débattus ni votés, ils peuvent toutefois être simplement présentés par leurs auteurs.

Dans ces conditions, les sénateurs ont traité 262 amendements dans la journée, examinant notamment l'article 10 qui porte sur la revalorisation des petites retraites.

Selon le LR Roger Karoutchi, qui a présidé la séance, il reste désormais 763 amendements à traiter avant l'échéance prévue dimanche à minuit.

"Gouverner dans la brutalité pour imposer une réforme dont les Français ne veulent pas: voilà leur unique objectif!", a dénoncé sur Twitter la cheffe de file des députés du RN Marine Le Pen.

En retour, Emmanuel Macron a sobrement souhaité que la réforme puisse "aller à son terme" au Parlement, "dans un climat de calme, de respect des accords et des désaccords", lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre britannique Rishi Sunak à l'Elysée.

Et il n'a pas proposé de rendez-vous aux syndicats, en réponse à leur demande écrite de les recevoir en "urgence". Il a expliqué vouloir "préserver le temps parlementaire" même si le gouvernement "est à (leur) écoute" et si lui-même "ne sous-estime pas le mécontentement" ni "les angoisses exprimées", à la veille d'une nouvelle journée de manifestations.

«Politique fiction»

Mais, au Parlement comme au gouvernement, les regards sont déjà tournés vers la semaine prochaine, vraisemblablement décisive pour l'avenir de cette réforme phare du second mandat d'Emmanuel Macron qui prévoit le report de 62 à 64 ans de l'âge de départ en retraite.

Un groupe de sénateurs et de députés doit d'abord se réunir mercredi au sein d'une commission mixte paritaire (CMP) pour bâtir un projet de compromis entre les deux chambres qui devront ensuite voter séparément le lendemain sur ce texte.

L'approbation de l'Assemblée, où le gouvernement ne dispose que d'une majorité relative et où la droite est divisée, semble de plus en plus incertaine.

La Première ministre Elisabeth Borne "va avoir un choix cornélien: c'est la roulette russe" d'un vote à l'Assemblée ou "la grosse Bertha" avec l'article 49.3 de la Constitution qui permet l'adoption d'un texte sans vote mais porte le risque d'une censure du gouvernement, a mis en garde Bruno Retailleau, le chef de file des sénateurs Les Républicains.

Un vote positif est possible mais "ça va être ric-rac" à l'Assemblée, admet un ministre.

Le chef de l'Etat n'a toutefois pas voulu faire de "politique fiction" sur le 49.3, même si, selon son entourage, il reste un outil à disposition étant donné que le président "ne veut pas que le pays soit bloqué".

«Escalade»

Pour le leader de la CGT Philippe Martinez, un recours à cet outil serait "très grave y compris pour la démocratie" et justifierait la poursuite du mouvement voire son amplification.

"On tire la sonnette d’alarme. Quand des millions de personnes sont dans la rue (…), quand il y a des grèves et qu'en face il n'y a rien, silence, les gens se disent +qu’est-ce qu’il faut faire de plus pour être entendu+", a affirmé M. Martinez.

Alors que les syndicats espèrent réussir une nouvelle journée de mobilisation samedi pour exiger le retrait du texte, le vote bloqué au Sénat pourrait mener à une "escalade de la colère", a prévenu la fédération CGT Energie, en indiquant que les grèves se poursuivaient, notamment dans les centrales de production d'électricité.

Côté carburants, la raffinerie Esso-ExxonMobil de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) est à nouveau bloquée depuis vendredi après-midi, comme celle de TotalEnergies de Donges, près de Saint-Nazaire.

La CGT Energie a évoqué également de nouvelles coupures de courant volontaires et des grèves de gaziers dans l'ensemble des terminaux méthaniers et des stockages de gaz.

Côté transports, la SNCF prévoyait un trafic toujours "fortement perturbé" vendredi et le week-end.

Pour la RATP, le trafic sera normal samedi sur la plupart des lignes de métro parisien, seuls les RER A et B restant "perturbés", a annoncé la Régie.

Même si les blocages ne touchent pas tous les secteurs, la CPME, au nom des petites entreprises, a jugé "inadmissible" de "prétendre vouloir mettre la France à l’arrêt".


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.


Après les annonces fracassantes de Trump, Macron réunit les filières concernées en France

 Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump.
Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump.
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  • Parmi les secteurs les plus exposés figurent l'aéronautique (avec 9 milliards d'euros en 2024, il représente un cinquième des exportations françaises vers les États-Unis), le luxe et les spiritueux.
  • « La première chose à faire est de dresser un bilan prévisionnel des attaques et de leurs effets sur l'ensemble des filières, a déclaré jeudi sur RTL la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.

PARIS : Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump. Une riposte européenne est attendue de la part de Bruxelles.

Les États-Unis sont le quatrième marché à l'exportation de la France, derrière l'Allemagne, l'Italie et la Belgique, selon les douanes françaises.

Parmi les secteurs les plus exposés figurent l'aéronautique (avec 9 milliards d'euros en 2024, il représente un cinquième des exportations françaises vers les États-Unis), le luxe et les spiritueux.

Sont notamment attendus à la réunion les représentants des secteurs de l'aéronautique (dont Airbus), de l'industrie et de la chimie (dont la patronne d'Eramet), de l'agriculture et de la viticulture, ainsi que du secteur automobile, qui sera touché par une surtaxe spécifique de 25 % sur les voitures importées. 

« La première chose à faire est de dresser un bilan prévisionnel des attaques et de leurs effets sur l'ensemble des filières. Ensuite, nous verrons comment soutenir nos industries de production », a déclaré jeudi sur RTL la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.

« On voit bien que tous les marchés d'exportation, notamment ceux des vins et spiritueux, sont en train de se fermer. Il va falloir soutenir notre production européenne », a-t-elle ajouté.

Le président américain a signé un décret généralisant des droits de douane minimum de 10 % sur toutes les importations arrivant aux États-Unis et de 20 % pour les produits provenant de l'UE.

Le Premier ministre François Bayrou a jugé que cette décision était une « immense difficulté » pour l'Europe et une « catastrophe » pour les États-Unis. 

Face au « choc » des tarifs douaniers américains, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a appelé, sur la radio RMC, à un « front économique et politique uni », disant craindre la disparition de petites et moyennes entreprises.

Jeudi en milieu de matinée, la Bourse de Paris perdait 1,70 %, affichant ainsi une tendance largement dans le rouge, à l'instar de la plupart des autres places mondiales.

Chez Airbus, un porte-parole a indiqué jeudi à l'AFP que le groupe avait évalué « les impacts potentiels ».

« Nous vendons aux États-Unis, nous y fabriquons, nous y assemblons et nous y développons, comme peu d'autres entreprises », avait expliqué en février le PDG Guillaume Faury. 

En 2024, ce sont quelque 2,4 milliards d'euros de « vins de raisin » qui ont traversé l'Atlantique pour les États-Unis, auxquels il faut ajouter 1,5 milliard d'euros de « boissons alcoolisées distillées », notamment le cognac ou l'armagnac.

La Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) craint « un recul des exportations de 800 millions d'euros aux États-Unis », ce qui aurait « un impact énorme sur l'emploi et l'économie du secteur ».

Donald Trump semble toutefois avoir abandonné l'idée d'une taxation à 200 % des alcools européens qu'il avait envisagée à la mi-mars.

La France dépend moins des exportations américaines que d'autres pays européens, comme l'Allemagne (3,8 % de son PIB contre 1,6 % pour la France).


Manifestation RN: Tondelier promet une mobilisation à gauche dimanche

La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
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  • "Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations"
  • Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser"

PARIS: La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative.

"Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations", a-t-elle déclaré.

Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser, mais qui sont tout aussi choqués".

"Nous sommes en train d'y travailler sérieusement et il se passera quelque chose dimanche", a affirmé Marine Tondelier.

Mercredi soir, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon avait expliqué qu'une initiative pourrait être prise "peut être même dès ce dimanche à la place de la République" à Paris. C'est "une chose qui est en train de se discuter, je ne veux pas anticiper d'une quelconque manière", avait-il précisé lors d'une conférence diffusée sur les réseaux sociaux.

Le Rassemblement national a annoncé dès lundi, lorsque Marine le Pen a été condamnée pour détournement de fonds notamment à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate, l'empêchant de se présenter à la présidentielle, qu'il organiserait un rassemblement de soutien place Vauban à Paris.

Le président du parti d'extrême droite Jordan Bardella a assuré mercredi qu'il ne s'agirait pas d'un "coup de force".

"Je ne veux pas que dimanche, sur toutes les chaînes de télé, la seule chose qu'on leur donne à voir, c'est la grande entreprise de victimisation de Marine Le Pen", a expliqué Marine Tondelier.

"Quelqu'un qui veut être présidente de la République, qui détourne 4,1 millions d'euros et qui, alors qu'elle prône des mesures beaucoup plus ferme et une justice moins laxiste pour tous les Français, ah, quand ça lui arrive à elle, là, c'est très compliqué", s'est-elle agacée.

Prévu depuis plusieurs semaines, un meeting de Renaissance viendra également en concurrence de celui du Rassemblement national. Le président du parti, Gabriel Attal, le Premier ministre François Bayrou et le candidat à la présidentielle Édouard Philippe doivent y intervenir.