Le monde arabe est-il prêt à entrer dans l'ère incertaine des outils web menés par l'IA?

Des milliers de personnes ont assisté à la conférence Leap 2023 qui s'est tenue en février à Riyad (Photo fournie).
Des milliers de personnes ont assisté à la conférence Leap 2023 qui s'est tenue en février à Riyad (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 09 mars 2023

Le monde arabe est-il prêt à entrer dans l'ère incertaine des outils web menés par l'IA?

  • «Points de basculement» en matière d'intelligence artificielle, ChatGPT et Bard sont porteurs de défis et de possibilités inédits
  • Les pays arabes devront faire face au potentiel des outils de chatbot en matière de suppression et de création d’emplois

DUBAI/RIYAD: La startup OpenAI de la Silicon Valley a fait sensation en lançant ChatGPT, un outil de chatbot mené par l'intelligence artificielle et capable de formuler des réponses détaillées, semblables à celles d'un être humain, sur une gamme apparemment illimitée de sujets. Rétrospectivement, ce n'était que le début annonciateur d’un renouveau en matière d’IA.

Google a depuis annoncé son propre outil web, Bard, dans le but de concurrencer le succès viral de ChatGPT. Les deux outils reposent sur de grands modèles de langage, formés à partir de vastes quantités de données de manière à générer des réponses impressionnantes aux questions des utilisateurs.

Les conversations avec ChatGPT – GPT signifie «transformeur génératif pré-entraîné» – montrent que le programme est capable d'expliquer des concepts scientifiques complexes, d'écrire des pièces de théâtre et de la poésie, de composer des dissertations universitaires et même de créer des lignes de code informatique fonctionnelles.

Ces programmes peuvent tenir une conversation avec n'importe quel utilisateur humain, quelle que soit son expérience ou sa formation en informatique. Ils ont rédigé de faux rapports scientifiques suffisamment convaincants pour tromper les scientifiques et ont même été utilisés pour écrire un livre pour enfants.

Décrit par certains experts comme un «point de basculement» dans la technologie de l'intelligence artificielle, ChatGPT répond à des «questions en langage naturel sur n'importe quel sujet et donne des réponses approfondies qui se lisent comme si elles avaient été écrites par un humain», selon le Forum économique mondial.

Les conversations avec ChatGPT – GPT signifiant «transformeur génératif pré-entraîné» – montrent que le programme est capable d'expliquer des concepts scientifiques complexes (Photo, AFP).

Cependant, les outils Web d'OpenAI et de Google, soutenus par Microsoft, ont suscité des craintes quant à leur utilisation potentielle pour diffuser de la désinformation, orchestrer des escroqueries sophistiquées de type hypertrucage «deep fake», tricher aux examens scolaires et même supprimer des emplois d'écrivain, rendant les auteurs, les journalistes et les professionnels du marketing inutiles.

La façon dont la technologie est accueillie, réagit et est finalement réglementée sera suivie de près par plusieurs pays arabes du Golfe, dont beaucoup ont lancé leurs propres stratégies nationales d'adoption et d'investissement dans l'IA.

L'Arabie saoudite a lancé sa stratégie nationale pour les données et l'intelligence artificielle en octobre 2020, visant à faire du pays un leader mondial dans ce domaine, alors qu'il cherche à attirer 20 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,95 euro) d'investissements étrangers et nationaux d'ici 2030.

L’Arabie saoudite vise également à transformer sa main-d'œuvre en formant et en développant des équipes de 20 000 spécialistes de l'IA et des données.

Les Émirats arabes unis ont également fait de l’investissement dans l'IA une priorité absolue, devenant le premier pays au monde à nommer un ministre d'État chargé de l'intelligence artificielle. Omar Sultan al-Olama a pris ses fonctions en octobre 2017 dans le but de diriger l'économie numérique en expansion des Émirats arabes unis.

Le Moyen-Orient devrait bénéficier de 2% des avantages mondiaux de l'IA d'ici la fin de la décennie, soit 320 milliards de dollars. L'IA devrait apporter plus de 135,2 milliards de dollars à l'économie saoudienne, selon le réseau britannique PwC.

Le robot humanoïde Ameca accueille les visiteurs au musée du futur de Dubaï (Photo, AFP).

Fondée fin 2015, OpenAI est dirigée par Sam Altman, un entrepreneur de 37 ans et ancien président de l'incubateur de startups Y Combinator. L'entreprise est surtout connue pour ses logiciels de création automatisée GPT-3 pour la génération de textes et DALL-E pour la génération d'images.

OpenAI a longtemps compté sur le soutien financier de leaders de l'industrie technologique, notamment le cofondateur de LinkedIn, Reid Hoffman, l'investisseur Peter Thiel et le patron de Tesla, Elon Musk, qui a siégé au Conseil d'administration de la start-up jusqu'en 2018.

En janvier de cette année, la multinationale Microsoft a augmenté son investissement initial de 2019 dans l'entreprise de 1 milliard de dollars à 10 milliards de dollars, ce qui signifie que l'entreprise OpenAI est maintenant évaluée à environ 29 milliards de dollars.

Le produit phare de Google – le moteur de recherche en ligne – serait confronté à son plus grand défi depuis son lancement en 1996. Des rapports affirment que l'énorme attention suscitée par ChatGPT a incité la direction de Google à déclarer une situation de «code rouge» pour son activité de recherche.

ChatGPT est utilisé pour obtenir des réponses à des questions que de nombreuses personnes auraient auparavant cherché sur l'outil de recherche phare de Google. Le mois dernier, Microsoft a annoncé que la prochaine version de son moteur de recherche Bing serait menée par OpenAI. Une nouvelle version du navigateur web Edge est également prévue, avec une technologie de chat OpenAI dans une fenêtre pour aider les utilisateurs à naviguer et à comprendre les pages web.

Malheureusement pour Google, Bard a connu des débuts embarrassants au début du mois de février, lorsqu'une vidéo de démonstration du chatbot a montré qu'il donnait une mauvaise réponse à une question sur le télescope spatial James Webb.

«ChatGPT est en effet très intéressant», a déclaré à Arab News Noaman Sayed, un professionnel de la technologie basé à Dubaï et cofondateur du site d'achat en ligne DeenSquare.

«Dans le passé, chaque innovation et chaque progrès a fait l'objet de discussions en rapport avec les préoccupations, qu'il s'agisse des avions, des voitures, des téléphones portables, de l'internet, de Google, de YouTube, des réseaux sociaux et bien d'autres choses encore.

«Avec le recul, nous pouvons tous dire qu'ils nous ont non seulement facilité la vie, mais qu'ils sont également considérés comme la norme aujourd'hui. Je suis très optimiste et je crois qu'avec le temps et le développement, ChatGPT nous facilitera également la vie et deviendra la norme.»

Cependant, tout le monde n'est pas aussi optimiste que Sayed. Compte tenu de la rapidité des changements technologiques en cours, de nombreux travailleurs craignent que leurs emplois professionnels ne soient bientôt entièrement remplacés par des machines, de la même manière que les précédentes vagues d'automatisation ont éliminé des emplois agricoles et manufacturiers.

De nombreux experts du secteur estiment que ces pertes d'emploi seront probablement compensées par une augmentation du nombre de nouveaux rôles qualifiés dans la conception, la construction et l'entretien des produits d'IA, ce qui nécessitera un changement dans le type d'éducation que les gouvernements devraient fournir à leur future main-d'œuvre.

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EN CHIFFRES

- 119,78 milliards de dollars: la valeur estimée du marché mondial de l'IA en 2022.

 

- 15,7 milliards de dollars: la contribution attendue de l'IA à l'économie mondiale d'ici 2030.

 

- 13x la croissance prévue de l'industrie de l'IA au cours des 8 prochaines années.

 

- 97 millions: le nombre prévu de personnes travaillant dans le domaine de l'IA d'ici 2024.

Bien que Sayed reconnaisse que l'IA modifiera la façon dont les gens interagissent et communiquent, il est convaincu que les humains «apprendront à s'adapter aux changements au fil du temps», de la même façon qu'ils ont accepté et se sont adaptés aux avancées technologiques passées. À bien des égards, c'est déjà le cas.

«Au cours des dernières années, certains d'entre nous ont peut-être déjà été confrontés à une forme de produit d'IA, consciemment ou inconsciemment, lors de nos discussions avec les centres d'appels, les chatbots des sites web, les opérations chirurgicales dans les hôpitaux, Siri, Alexa, certains produits Google, certains constructeurs automobiles et bien d'autres encore», a-t-il précisé.

Au-delà du futur marché de l'emploi, les chatbots créent également des maux de tête pour les établissements d'enseignement. Certains établissements d'enseignement supérieur ont réintroduit des tests sur papier afin d’empêcher les étudiants d'utiliser l'IA pendant les examens, après que certains d'entre eux ont été surpris en train d'utiliser des chatbots pour répondre à des questions d'examen.

Le département de l'éducation de la ville de New York a interdit ChatGPT sur ses réseaux en raison de «préoccupations concernant les effets négatifs sur l'apprentissage des élèves». Un groupe d'universités australiennes a également déclaré qu'il modifierait les formats d'examen pour empêcher la tricherie par IA.

Le 27 janvier, l’Institut d'études politiques de Paris, l'une des plus prestigieuses universités françaises, a annoncé que tout étudiant (e) ayant utilisé le chatbot s'exposerait à des «sanctions pouvant aller jusqu'à l’exclusion de l'établissement, voire de l'enseignement supérieur».

Grâce aux données recueillies sur le web, ChatGPT a même pu passer des examens à la faculté de droit de l'université du Minnesota après avoir rédigé des dissertations sur des sujets allant du droit constitutionnel à la fiscalité et à la responsabilité civile – il aurait obtenu une note de C+.

Certaines entreprises commercialisent désormais des programmes qu'elles prétendent capables d'intercepter un texte rédigé par l'intelligence artificielle afin d'empêcher la tricherie.

Le Moyen-Orient devrait bénéficier de 2% des retombées mondiales de l'IA d'ici la fin de la décennie, ce qui équivaut à 320 milliards de dollars (Photo, Shutterstock).

Malgré la tentation de compter sur ces programmes pour répondre aux questions d'examen, remplacer les moteurs de recherche existants ou fournir une couverture médiatique impartiale, Jenna Burrell, directrice de recherche à Data & Society, un organisme de recherche indépendant à but non lucratif basé en Californie, estime qu'il faut prendre les réponses de ChatGPT avec un léger sentiment d'incrédulité.

«ChatGPT simplifie les choses et il est amusant à utiliser. Il peut être très utile pour les journalistes», a indiqué Burrell lors d'un récent webinaire sur l'impact de la technologie sur le travail des professionnels des médias. Cependant, les informations qu'il fournit «ne sont pas à jour... (et) le besoin de vérification des faits s’impose».

Selon Burrell, l'IA ne pourra pas remplacer tous les emplois professionnels, puisqu’elle ne peut pas complètement imiter l'innovation, la créativité, le scepticisme et le raisonnement humain.

En outre, ChatGPT, qui est basé sur des «grands modèles de langage», n'est pas la seule forme émergente d'IA – et il n’est pas nécessairement la forme la plus sophistiquée. L'apprentissage par renforcement, les réseaux antagonistes génératifs (RAG) et l'IA symbolique sont autant de modèles alternatifs qui le suivent de près.

«Les grands modèles de langage sont entraînés en y introduisant des milliards de mots de textes quotidiens, provenant de sources allant des livres aux tweets et à tout ce qui existe entre les deux. Les grands modèles de langage s'appuient sur tout ce matériel pour prédire des mots et des phrases dans certaines séquences», ont clarifié Dan Milmo et Alex Hern, rédacteurs techniques du journal britannique Guardian, dans un article récent.

«Les grands modèles de langage ne comprennent pas les choses au sens classique du terme, et leur qualité et leur précision dépendent des informations qui leur sont fournies. Ce sont essentiellement des machines qui font correspondre des modèles. La question n'est pas de savoir si le résultat est “vrai”, tant qu'il correspond au modèle.»

Interrogé directement par Arab News pour savoir s'il envisageait à terme de remplacer les rédacteurs humains, ChatGPT s'est montré rassurant, semblant reconnaître ses propres limites créatives et analytiques sur un ton qui pourrait être interprété comme de la modestie.

«Mes capacités se limitent à générer du texte sur la base de modèles et de schémas que j'ai vus au cours de ma formation sur les données textuelles», a répondu ChatGPT.

«Les auteurs humains apportent une créativité, une émotion et une perspective personnelle que je ne suis pas en mesure de reproduire. En outre, les auteurs humains sont capables d'interpréter, d'analyser et d'apporter leur propre point de vue et leur propre vision à un texte.»

ChatGPT a affirmé qu'il était programmé pour «aider» à la création de contenu sur les réseaux sociaux, les blogs et les sites web et pour rédiger des plans d'affaires, des rapports, des courriels et des présentations, des documents juridiques tels que des contrats, des rapports et des résumés médicaux, ainsi que des réponses aux demandes de renseignements et aux réclamations des clients.

Malgré ses nombreuses applications possibles, du divertissement au diagnostic médical, et son immense potentiel d'investissement, avec des prévisions évaluées à des milliers de milliards de dollars, l'ère de l'IA reste marquée par l'inquiétude.

Scott Nowson, responsable de l'intelligence artificielle chez PwC Moyen-Orient, a déclaré à Arab News lors de la conférence technologique Leap qui s'est tenue à Riyad début février: «La confiance est la clé d'une expansion sûre de l'utilisation des solutions d'IA dans le monde.»

Si certaines compétences et certaines tâches se prêtent mieux à l'automatisation grâce à la technologie, l'utilisation de l'IA «dépend toujours de l'intelligence et de la conscience humaines», a-t-il ajouté.

Nowson a ajouté: «L'IA suscite autant d'optimisme que de pessimisme. Les gens pensent que l'IA nous remplacera complètement, alors que je ne le crois pas du tout. Je pense que plusieurs générations nous séparent du moment où l'IA dépassera les capacités humaines.»

Alors que les pays du Golfe poursuivent leurs stratégies nationales en matière d'IA et créent des écoles pour former la prochaine génération de développeurs technologiques, ce n'est qu'une question de temps avant que des produits similaires ne fassent leur apparition sur le marché régional.

Sayed, cofondateur de DeenSquare, s'attend à ce que les gouvernements, les entreprises et les développeurs technologiques du Golfe suivent avec intérêt la croissance et les applications des outils menés par l'IA.

 «Je suis certain que lors de leurs prochaines réunions d'examen de la stratégie, les dernières tendances seront discutées afin de voir comment elles peuvent contribuer aux stratégies des pays du golfe à tirer profit de ces technologies», a-t-il soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

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L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".

 


Kushner doit rencontrer le Hamas en Egypte

Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
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  • Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas

LE CAIRE: Des sources au sein du Hamas ont indiqué dimanche que l'émissaire américain Jared Kushner allait rencontrer des dirigeants du mouvement islamiste palestinien en Egypte, avant sa visite en Israël, au moment les Etats-Unis cherchent à faire avancer le plan de paix à Gaza.

L'entretien, qui n'a pas été confirmé par les Etats-Unis, devrait se tenir à Al-Alamein, dans le nord de l'Egypte, un pays qui fait office depuis des années de médiateur dans le conflit israélo-palestinien.

M. Kushner, également gendre du président Donald Trump, s'est déjà entretenu dimanche à Al-Alamein avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors que le chef du Hamas, Khalil al-Hayya, a rencontré de son côté le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad.

Ces rencontres surviennent au moment où les Etats-Unis tentent d'aplanir les divergences entre Israël et le Hamas sur la mise en oeuvre du plan du président américain Donald Trump pour mettre fin durablement à la guerre à Gaza.

Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas.

Visite américaine en Israël 

"Les médiateurs ont informé le Hamas que l'émissaire américain Jared Kushner rencontrerait sa direction, en présence de responsables égyptiens et qataris", a déclaré une source du Hamas, qui a demandé à garder l'anonymat, sans donner de date.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent parmi les organisations terroristes et qui a mené l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël, déclenchant la guerre de Gaza.

Une deuxième source du Hamas a indiqué que les Etats-Unis avaient demandé au mouvement des précisions sur plusieurs points, notamment sur "la collecte, le regroupement et le stockage des armes de manière réelle, et non simplement symbolique, ainsi que sur le renoncement total du Hamas à gouverner Gaza".

Le Hamas, qui gouverne Gaza depuis 2007, a annoncé début juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe créé par le "Conseil de Paix" composé de technocrates palestiniens et chargé d'assurer la transition dans le territoire palestinien.

Lors de la rencontre entre M. Sissi et Jared Kushner, il a été "rappelé la nécessité pour toutes les parties de respecter leurs obligations au titre de l'accord de cessez-le-feu" à Gaza, a déclaré le porte-parole de M. Sissi, Mohamed al-Chennawi, dans un communiqué.

De son côté, la délégation dirigée par Khalil al-Hayya, dont c'est la première visite en Egypte depuis sa nomination fin juillet, "a réaffirmé son engagement à mener à bien le plan" américain, selon l'agence officielle égyptienne Mena.

La réunion avec M. Rachad portait sur "les efforts déployés pour contraindre Israël à respecter l'accord, qui comprend la feuille de route en 15 points, et à entamer sa mise en œuvre", a précisé un responsable du mouvement islamiste palestinien à l'AFP.

Le "Conseil de Paix", chargé de mettre en œuvre le plan de paix, avait indiqué que M. Kushner devait, outre l'Egypte, se rendre la semaine prochaine en Israël avec Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza de cet organe créé par M. Trump.

Blessés dans des frappes 

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d'octobre 2025 dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

Sur le terrain, plusieurs personnes ont été blessées dimanche après des frappes israéliennes sur une maison dans le centre de la bande de Gaza, a rapporté Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas.

L'armée israélienne a déclaré qu'elle répondait à une menace émanant du Jihad islamique.

D'autres personnes ont été blessées après des tirs israéliens sur des tentes abritant des personnes déplacées dans le sud, selon la même source.

Au moins 1.262 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.