Aucun signe de paix à l’horizon entre la Russie et l’Ukraine après une année de guerre

En janvier, un tir de missile sur un bâtiment à Dnipro, en Ukraine, a fait cinq morts et 39 blessés (Photo, AFP).
En janvier, un tir de missile sur un bâtiment à Dnipro, en Ukraine, a fait cinq morts et 39 blessés (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 24 février 2023

Aucun signe de paix à l’horizon entre la Russie et l’Ukraine après une année de guerre

  • Des millions de personnes ont été déplacées et des centaines de milliers ont été tuées depuis le début de la guerre, le 24 février 2022
  • Les pays du CCG se sont abstenus d'exprimer leur soutien à l'une ou l'autre des parties et ont préféré privilégier la diplomatie

DUBAÏ: Il y a exactement un an, la Russie a envoyé des troupes au-delà de sa frontière, dans le nord, l'est et le sud de l'Ukraine, dans le but d'encercler rapidement la capitale, Kiev, et de destituer le gouvernement de Volodymyr Zelensky.

Le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré que cette «opération militaire spéciale» avait pour but de «démilitariser» et de «dénazifier» le pays afin de protéger les Russes de souche, d'empêcher Kiev de rejoindre l'Otan et de maintenir l’Ukraine dans la sphère d'influence russe.

Les forces russes se sont heurtées à une forte résistance de la part du peuple et de l'armée ukrainiens, qui ont repoussé l'avancée sur la capitale et forcé des divisions entières à se retirer des villes de Kharkiv au nord-est et de Kherson au sud.

Douze mois plus tard, la guerre, probablement estimée ne durer que quelques jours par les stratèges militaires russes, est devenue une impasse amère, les armées adverses étant retranchées le long d'une ligne de front s'étendant sur 1 500 km du nord au sud, dans l'est de l'Ukraine.

Bien que la Russie ait tenté d'annexer quatre provinces ukrainiennes – Louhansk et Donetsk à l'est et Kherson et Zaporizhzhia au sud – elle ne contrôle pas entièrement ces zones. Et comme les événements de l'année dernière l'ont montré, même la Crimée, annexée par la Russie en 2014, demeure vulnérable.

Depuis que la Russie a lancé son «opération militaire spéciale» le 24 février, quelque 8 millions d'Ukrainiens ont été déplacés en Europe et ailleurs, tandis que des milliers de soldats sont morts dans les deux camps. Diverses sources occidentales estiment que le conflit a fait 150 000 victimes de part et d'autre, les militaires russes pouvant être responsables de 150 000 de ces décès.

Des millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis l'invasion russe en février de l'année dernière (Photo, AFP).

«La Russie applique les tactiques de guerre de colonisation du XIXe siècle au XXIe siècle. Cela ne fonctionne pas – ni les outils, ni les moyens, ni la cause», a déclaré Dmytro Senik, ambassadeur d'Ukraine aux Émirats arabes unis, à Arab News avant le premier anniversaire du début du conflit russo-ukrainien.

Alors que la guerre s'éternise, Moscou a été contraint de s'approvisionner en armes et en munitions auprès d'alliés sympathisants, notamment l’Iran, généralement accusée de fournir à l’armée russe la même marque de drones kamikazes utilisés et donnés à des groupes mandataires au Moyen-Orient.

De nombreux drones de ce type ont été utilisés ces derniers mois pour attaquer des infrastructures civiles, notamment des centrales électriques et des bâtiments résidentiels dans les villes ukrainiennes.

«Alors que la Russie continue d'échouer sur le champ de bataille, les généraux russes le confirmant, ils ont commencé à cibler les infrastructures vitales de l'Ukraine et les centrales thermiques dans le but de priver les Ukrainiens de chauffage, d'alimentation électrique et de pompage de l'eau», a indiqué Senik.

«Les Russes prétendent être venus à la “rescousse”. Mais, au contraire, ils tuent et détruisent des vies. Ils avaient l'intention de nous faire mourir de froid, de rendre nos conditions de vie misérables. Cela va à l'encontre de l'article 2 de la Convention sur le génocide. Encore et encore, la Russie viole le droit international.»

Parlant des récits russes sur le nazisme, Senik a expliqué: «Pour le Kremlin, chaque pays voisin qui planifie son propre avenir de construction nationale et refuse de devenir une colonie d'un empire russe, devient, aux yeux des Russes, un nazi.»

Pour leur part, des voix pro-russes ont exhorté le Kremlin à faire monter la barre pour atteindre les objectifs stratégiques de la guerre.

Après qu'une explosion a endommagé le pont de Kertch reliant la Russie à la Crimée en octobre dernier, Margarita Simonyan, directrice de la chaîne d'information russe RT, financée par l'État, s'est demandée ouvertement sur les réseaux sociaux quelle serait la réponse de Moscou, en demandant: «Ensuite?»

Qualifiant les opérations militaires russes d'acte illégal d'agression, l'Occident a imposé une série de sanctions aux responsables du Kremlin, à l'économie russe et à son industrie des hydrocarbures, ce qui a contribué en partie à la crise de l'inflation mondiale et à la flambée des prix du carburant.

Une autre conséquence néfaste de la guerre a été la perturbation de l'agriculture régionale et de la navigation sur la mer Noire. Par conséquent, la peur d’une pénurie mondiale de céréales a entraîné une flambée des prix des produits alimentaires, notamment dans les pays du Moyen-Orient et d'Afrique qui dépendent des importations, forçant ainsi l'ONU à intervenir en tant que médiateur.

En Chffres

- 150 000: Nombre estimé de victimes militaires de chaque côté, selon les sources occidentales.

- 21 000: Estimation du nombre de civils ukrainiens tués ou blessés, selon l'ONU.

- 8 millions d'Ukrainiens ont été contraints de fuir depuis le début de la guerre, selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés.

- 5 millions d'Ukrainiens déplacés à l'intérieur du pays. Le même nombre aurait cherché refuge en Russie.

- 65 000 personnes soupçonnées de crimes de guerre, selon le commissaire européen à la justice, Didier Reynders.

Alors que les exportations de céréales ukrainiennes ont repris en juillet dernier grâce à un accord conclu entre Kiev et Moscou sous l'égide des Nations unies, certains pays ont dû attendre des mois avant de recevoir leurs cargaisons, tandis que d'autres, comme l'Égypte, la Tunisie, le Yémen et le Liban, ont eu du mal à stabiliser le prix du pain à cause de l'inflation.

Fredrick Kempe, président de l'Atlantic Council, a qualifié la guerre de «signal d’alarme» pour les décideurs politiques, qui constitue un «point d'inflexion dans l'histoire» où les dirigeants ont la possibilité de prendre des décisions qui auront «une influence démesurée» sur les générations futures.

Toutefois, l'implication de l'Occident dans la guerre, notamment la fourniture d'armes, de munitions et, plus récemment, de chars de combat modernes à l'Ukraine, a poussé les relations entre Moscou et Washington à leur niveau le plus bas depuis la guerre froide.

Dans son discours sur l'état de la nation mardi, Poutine a déclaré que son pays suspendait le traité New Start – le dernier traité de contrôle des armes nucléaires encore en vigueur, signé par la Russie et les États-Unis en 2010 – et qu’il est prêt à reprendre les essais nucléaires. Néanmoins, le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé que Moscou continuerait à respecter strictement les restrictions quantitatives et à informer les États-Unis des lancements d'essai prévus de missiles balistiques intercontinentaux.

Ce lundi, le président américain, Joe Biden, a effectué une visite inopinée à Kiev, sa première dans le pays depuis le début de la guerre, où il a promis le maintien du soutien de Washington à l'Ukraine lors d'une rencontre avec Zelensky.

Ce mercredi, Biden a également rencontré les dirigeants de l'Otan et de l'Europe dans la capitale polonaise, Varsovie. Les alliés se sont engagés à «consolider notre posture de dissuasion et de défense sur l'ensemble du flanc oriental, de la Baltique à la mer Noire».

Pendant ce temps, Poutine s'entretenait avec le haut diplomate chinois Wang Yi, en visite à Moscou après que Washington et l'Otan ont exprimé leur inquiétude quant à la possibilité que la Chine se prépare à fournir des armes à la Russie, ce que Pékin dément.

Les pays occidentaux, dont l'Allemagne et le Royaume-Uni, ont fourni à l'Ukraine des véhicules de combat (Photo, AFP).

«Nous ne nous laisserons pas submerger par les menaces et les pressions de tierces parties», a prévenu Wang, selon un compte rendu de la réunion, qui le cite également disant que la Chine est prête à «approfondir la confiance politique» et à «renforcer la coordination stratégique» avec la Russie.

Pékin a cherché à se positionner comme une partie neutre dans la guerre, tout en maintenant des relations étroites avec son allié stratégique, la Russie. Elle s'est dite «profondément préoccupée» et a averti que le conflit «s'intensifie et devient même hors de contrôle».

À la suite de la réunion, Moscou a déclaré que Pékin avait présenté son point de vue sur les approches d'un «règlement politique» en Ukraine.

Pendant ce temps, à New York, l'Assemblée générale des Nations unies s'est réunie mercredi avec Kiev et ses alliés pour recueillir le soutien d'une résolution appelant à une «paix juste et durable».

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a décrit le conflit comme «une insulte à notre conscience collective», qualifiant cet anniversaire «d'étape sombre pour le peuple ukrainien et pour la communauté internationale».

La communauté internationale reste divisée sur la guerre. En octobre de l'année dernière, 143 États membres de l'Assemblée générale ont voté pour condamner l'annexion de certaines parties de l'Ukraine. La Russie, le Belarus, la Syrie et la Corée du Nord se sont opposés à la motion, tandis que l'Inde et la Chine faisaient partie des 35 États qui se sont abstenus.

Les pays du Conseil de coopération du Golfe, dont l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, se sont abstenus d'exprimer leur soutien à l'une ou l'autre des parties au conflit, appelant plutôt à la diplomatie afin de mettre fin à cette crise. Ils ont toutefois soutenu des résolutions appelant au respect de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de l'Ukraine.

Depuis que la Russie a lancé son «opération militaire spéciale» le 24 février, quelque 8 millions d'Ukrainiens ont été déplacés en Europe et ailleurs (Photo, AFP).

Ayant servi d'intermédiaire dans un échange de prisonniers et entretenu des relations avec toutes les parties au conflit, l’Arabie saoudite reste bien placée pour jouer le rôle de médiateur entre la Russie, d'une part, et l'Ukraine et les pays occidentaux, d'autre part.

Malgré l'épuisement apparent des deux camps, les responsables de Kiev, de Washington et d'autres capitales occidentales craignent que la Russie ne profite du premier anniversaire de la guerre pour lancer une nouvelle offensive avec des centaines de milliers de soldats afin de sortir de l'impasse. De son côté, Senik, n'est pas inquiet à ce sujet.

«Je ne pense pas que les chiffres comptent. Il s'agit de qualité et non de quantité», a-t-il souligné. «L'armée russe était confiante mais dysfonctionnelle, menant des tactiques de la Seconde Guerre mondiale consistant à utiliser les hommes comme chair à canon. La Russie a perdu plus de 20 000 soldats en essayant de prendre la petite ville de Soledar, une ville de 9 000 civils. Poutine ne se soucie pas de son peuple.»

Selon Senik, les Ukrainiens sont tout aussi prêts à se battre. «Pendant des siècles, la Russie a essayé d'éradiquer la culture ukrainienne. Même après trois cent ans, le combat se poursuit encore», a-t-il déclaré à Arab News.

«Nous avons tenu tête à ce que l'on croyait être la deuxième armée la plus puissante du monde. Nous continuons à nous battre et à faire preuve de résilience. Nous vaincrons. Nous préférons rester sans lumière et sans chauffage, mais jamais avec la Russie.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.


L'Iran met en garde contre toute nouvelle attaque américaine après les propos de Trump

 M. Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.  Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord. (AFP)
M. Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran. Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord. (AFP)
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  • "Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui"
  • Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des EAU

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre la République islamique, après que le président Donald Trump a dit avoir suspendu une nouvelle offensive.

Dans le même temps, le Qatar a appelé mardi à donner "plus de temps" à la diplomatie pour tenter de trouver un règlement, au-delà du fragile cessez-le feu, à ce conflit qui a fait des milliers de morts et gravement perturbé l'économie mondiale.

La veille, M. Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a répondu mardi le porte-parole de l'armée iranienne, Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Positions éloignées 

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes lancées le 28 février par les Etats-Unis et Israël, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord, mais les positions de Washington et Téhéran restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique. Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé".

Pétrole en repli 

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a prévenu le président américain.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" formulées par les Etats-Unis dans leur dernière offre. Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Mardi, le Qatar a affirmé que les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran avaient besoin de "plus de temps" pour aboutir.

"Nous soutenons les efforts diplomatiques menés par le Pakistan (...) pour rapprocher les parties et trouver une solution, et nous pensons qu'ils nécessitent plus de temps", a affirmé le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

"Nous voulons protéger les populations de la région, qui seraient les principales perdantes" en cas d'escalade, a-t-il ajouté.

Dans le Golfe, Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour les commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens.

La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale et fait flamber les cours du pétrole. Toujours à un niveau élevé, ceux-ci se sont toutefois calmés mardi, les marchés préférant retenir les déclarations optimistes de M. Trump: vers 09H40 GMT (11H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, perdait 1,55% à 110,36 dollars.

 


Cuba prévient d'un «bain de sang» en cas d'attaque américaine, nouvelles sanctions de Washington

La Havane accuse Washington de préparer le terrain politique en vue d'une intervention militaire contre l'île, qui, si elle se matérialisait, "provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables", a dénoncé sur X M. Diaz-Canel. (AFP)
La Havane accuse Washington de préparer le terrain politique en vue d'une intervention militaire contre l'île, qui, si elle se matérialisait, "provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables", a dénoncé sur X M. Diaz-Canel. (AFP)
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  • Cuba a acquis plus de 300 drones militaires et évalue de possibles scénarios de leur utilisation près de la base américaine de Guantanamo, dans l'est de l'île
  • Selon Axios, ces informations ont suscité des inquiétudes à Washington, où des responsables mettent en garde contre une "menace croissante" du fait de la proximité de ces capacités

LA HAVANE: Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a averti lundi qu'une attaque américaine contre l'île provoquerait "un bain de sang", tandis que Washington a annoncé avoir sanctionné le renseignement cubain et une dizaine de hauts responsables de l'île communiste.

Miguel Diaz-Canel a aussi souligné le droit "légitime" de son pays à riposter à une éventuelle agression des Etats-Unis, sur fond de fortes tensions entre La Havane et Washington.

Cuba a acquis plus de 300 drones militaires et évalue de possibles scénarios de leur utilisation près de la base américaine de Guantanamo, dans l'est de l'île, a affirmé dimanche le média américain Axios, en citant des renseignements classifiés.

Selon Axios, ces informations ont suscité des inquiétudes à Washington, où des responsables mettent en garde contre une "menace croissante" du fait de la proximité de ces capacités.

Le dirigeant cubain a réaffirmé que son pays "ne représent(ait) pas une menace et n'a(vait) ni plans ni intentions agressives" envers d'autres nations.

La Havane accuse Washington de préparer le terrain politique en vue d'une intervention militaire contre l'île, qui, si elle se matérialisait, "provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables", a dénoncé sur X M. Diaz-Canel.

Sans directement évoquer la détention présumée de drones par son pays, le chef de l'Etat a revendiqué "le droit absolu et légitime de se défendre face à une offensive militaire".

Dans le même temps, le ministère américain des Finances a annoncé lundi avoir ajouté le principal service de renseignement cubain, la Direccion de Inteligencia, ainsi qu'une dizaine de hauts responsables du pays à sa liste des entités et personnes sous sanction.

Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a précisé que le président de l'Assemblée nationale cubaine et du Conseil d'Etat, Estaban Lazo, ainsi que trois ministres, de la Justice, de l'Energie et des Communications, sont visés.

Quatre généraux cubains, dont le chef du contre-espionnage militaire, Jose Miguel Gomez del Vallin, également député, font aussi partie des nouvelles personnes inscrites sur la liste.

Une inscription à la liste de l'OFAC interdit à toute personne ou entreprise américaine, ou ayant une filiale aux Etats-Unis, de commercer ou faire des affaires avec les personnes ou entreprises sanctionnées.

Cela s'applique également aux entreprises ou citoyens étrangers dès lors que les échanges sont réalisés en dollar. Elle entraîne par ailleurs le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement ou indirectement aux Etats-Unis.

Aide mexicaine 

Outre l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington - qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime à La Havane - impose à l'île depuis janvier un blocus pétrolier total, ayant autorisé l'arrivée d'un seul pétrolier russe.

Début mai, M. Trump a aussi approuvé un nouveau paquet de sanctions contre l'île.

Près de quatre mois après la mise en place du blocus, la situation économique et énergétique de l'île s'est fortement dégradée.

La semaine dernière, le gouvernement a reconnu qu'il n'avait plus de diesel ni de fioul pour alimenter les groupes électrogènes qui complètent la production électrique des sept centrales thermoélectriques du pays.

Cette situation a encore aggravé les délestages électriques, avec des coupures qui peuvent dépasser la vingtaine d'heures par jour dans la capitale et durer des journées entières en province.

Ces interminables coupures ont provoqué des manifestations de mécontentement dans plusieurs quartiers de La Havane.

Dans ce contexte particulièrement tendu, une nouvelle cargaison d'aide humanitaire en provenance du Mexique est arrivée lundi à Cuba. Il s'agit du cinquième envoi d'aide humanitaire par Mexico depuis février.

La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, avait annoncé cet envoi la semaine dernière, en précisant que le chargement ne comprenait pas de pétrole.

Le président Donald Trump considère que l'île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de la Floride, constitue "une menace exceptionnelle" pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Il a multiplié les menaces de "prendre le contrôle" de Cuba et a même évoqué l'envoi d'un porte-avions.

Dans ce contexte, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu jeudi à La Havane pour une rencontre exceptionnelle avec de hauts responsables cubains, alors que les deux pays poursuivent leurs discussions, à l'un des moments les plus tendus de leurs relations bilatérales.