Croissance: Le Maroc fera mieux que la moyenne mondiale

Le FMI a salué les autorités marocaines pour «la réponse politique très forte» qui a atténué l’impact social et économique des récents chocs négatifs. (Photo, AFP)
Le FMI a salué les autorités marocaines pour «la réponse politique très forte» qui a atténué l’impact social et économique des récents chocs négatifs. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 22 février 2023

Croissance: Le Maroc fera mieux que la moyenne mondiale

  • Le FMI salue, dans son dernier rapport sur l’économie marocaine, les efforts du gouvernement et les initiatives du pays pour faire face aux répercussions de la guerre en Ukraine et à la sécheresse
  • L’année 2023 démarre sous de bons auspices, en particulier grâce aux mesures prises en 2022, et ce même si ces mesures, comme l’augmentation des subventions, ont provoqué une hausse importante des dépenses courantes

CASABLANCA: Le Maroc fera mieux que la moyenne mondiale cette année en matière de performance économique. La croissance du Royaume atteindra 3% en 2023 et 3,1% l’année prochaine, alors que la croissance mondiale sera respectivement de 2,9% et 3,1%. C’est ce qui ressort des dernières projections du Fonds monétaire international (FMI). L’institution de Bretton Woods salue, dans son dernier rapport sur l’économie marocaine, les efforts du gouvernement et les initiatives du pays pour faire face aux répercussions de la guerre en Ukraine et à la sécheresse. Une riposte qui fera gagner au Maroc plusieurs points de croissance en comparaison avec des économies développées telles que celles des États-Unis et de la zone euro dont le produit intérieur brut (PIB) ne croîtra respectivement que de 1,4% et 0,7% cette année. Des taux de croissance qui resteront timides en 2024 (1% pour les États-Unis et 1,6% pour la zone euro).

«La croissance du PIB marocain devrait s'accélérer pour atteindre 3% en 2023, principalement tirée par le rebond de la production agricole et ses retombées positives sur le reste de l'économie. L'inflation devrait diminuer progressivement pour atteindre près de 4% en 2023, à mesure que l’inflation des prix des matières premières se dissipe progressivement et que l'orientation monétaire devient moins accommodante», souligne le FMI. Le déficit du compte courant devrait, de son côté, se resserrer pour revenir à un taux acceptable de 3% du PIB à moyen terme, dopé par les réformes structurelles du gouvernement. Toutefois, les projections de base émises par l’institution financière internationale sont soumises à une incertitude «inhabituellement élevée», alerte le FMI, principalement liée à une aggravation des conditions mondiales et à de plus grandes retombées de la guerre en Ukraine.

«La croissance du PIB marocain devrait s'accélérer pour atteindre 3% en 2023, principalement tirée par le rebond de la production agricole et ses retombées positives sur le reste de l'économie.»

En tout cas, malgré ces incertitudes, le gouvernement marocain est sur le qui-vive pour anticiper d’éventuels facteurs exogènes qui risqueraient de freiner la croissance. En 2022, les nombreuses mesures d’urgence prises par l’exécutif pour pallier l’aggravation de l’impact de l’inflation sur l’économie ont été salvatrices. Le FMI a ainsi salué les autorités marocaines pour «la réponse politique très forte» qui a atténué l’impact social et économique des récents chocs négatifs. L’institution a en outre estimé que les risques pesant sur les perspectives économiques sont réduits cette année, grâce à «la poursuite de politiques vigoureuses et une mise en œuvre rapide des réformes qui sont de nature à soutenir l’activité économique à l’avenir». D’ailleurs, l’esprit de la loi de finances 2023 répond à ces contraintes et «établit un équilibre entre la nécessité de réduire le déficit, d’atténuer l’impact social et économique des chocs et de financer les réformes structurelles», note le FMI.

L’année 2023 démarre sous de bons auspices, en particulier grâce aux mesures prises en 2022, et ce même si ces mesures, comme l’augmentation des subventions, ont provoqué une hausse importante des dépenses courantes, compensée par ailleurs par la bonne performance à la fois des recettes fiscales et non fiscales. De même, le ratio de la dette publique/PIB est projeté à quelque 69% à la fin de l’année 2022, précise le FMI. Un ratio qui reste soutenable et acceptable, ce qui permet au Maroc de disposer d’une marge de manœuvre confortable pour ses prochains emprunts.


Le pétrole accentue sa flambée après de nouvelles frappes en Iran

L'armée américaine a mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran lundi, tandis que le président américain Donald Trump a rétabli un blocus du transport maritime iranien et proposé d'imposer une redevance de 20 % pour assurer la protection du détroit d'Ormuz. (Shutterstock)
L'armée américaine a mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran lundi, tandis que le président américain Donald Trump a rétabli un blocus du transport maritime iranien et proposé d'imposer une redevance de 20 % pour assurer la protection du détroit d'Ormuz. (Shutterstock)
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  • Le pétrole bondit après de nouvelles frappes en Iran et l'annonce du retour du blocus des ports iraniens
  • Les tensions autour d'Ormuz renforcent les craintes pour l'approvisionnement mondial

LONDRES: Les cours du pétrole accélèrent mardi leur ascension, après de nouvelles frappes en Iran, à quelques heures du rétablissement du blocus naval des ports iraniens annoncé par Donald Trump, qui a aussi dit vouloir de mettre en place un péage sur le détroit d'Ormuz.

En pleine escalade militaire entre Téhéran et Washington, les autorités locales ont rapporté de nouveaux bombardements américains sur la ville portuaire de Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire d'Iran, et au sud-ouest du pays, dans une zone pétrolifère proche de l'Irak et du Koweït.

Peu après avoir brièvement pris plus de 5%, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, montait de 4,93% à 87,41 dollars vers 10H55 GMT (12H55 à Paris). Celui de son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en août, progressait de 3,75% à 81,07 dollars.

Les deux références du brut ont atteint mardi des prix inédits depuis mi-juin, après s'être envolées jusqu'à plus de 10% la veille.

Le président américain a annoncé lundi sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz, avec la mise en place d'un nouveau blocus des ports iraniens, qui doit entrer en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

"La perte de pétrole brut iranien, qui a représenté en moyenne 2% de la demande mondiale depuis la signature du protocole d'accord" entre Washington et Téhéran le 17 juin - qui s'était traduit par la levée du précédent blocus - "se fera sentir sur les marchés mondiaux", note Vivek Dhar, de CBA.

L'analyste estime qu'environ 40 à 50% du pétrole ayant quitté le détroit d'Ormuz depuis le 18 juin est attribuable à l'Iran, contre une part de 10 à 15% avant la guerre.

"La véritable inconnue est la réaction de l'offre non iranienne" selon lui, car la République islamique "est désormais fortement incitée à rétablir son propre blocus".

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, Donald Trump a aussi dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Pour l'association d'armateurs Bimco, "le surcoût qui en résulterait constituerait un frein supplémentaire au transit" via Ormuz.

"Un tournant extraordinaire des événements est en train de se jouer au Moyen-Orient", résume John Evans, de PVM Energy, qui constate que "cette dégradation de la diplomatie et cette accélération des échanges de tirs ont pris le marché quelque peu de court".

Mais Donald Trump tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible", les consultations avec les médiateurs se poursuivant selon la diplomatie iranienne.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.