Iran: pour les familles des détenus français, le combat continue

Sur cette photo d'archive prise le 13 janvier 2022, des collègues de l'universitaire franco-iranienne Fariba Adelkhah, brandissent des pancartes la représentant alors qu'ils se rassemblent devant le lycée Science-Po à Paris, afin de la soutenir suite à la décision du le gouvernement iranien de la renvoyer en prison après une période d'assignation à résidence. (Photo, AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 13 janvier 2022, des collègues de l'universitaire franco-iranienne Fariba Adelkhah, brandissent des pancartes la représentant alors qu'ils se rassemblent devant le lycée Science-Po à Paris, afin de la soutenir suite à la décision du le gouvernement iranien de la renvoyer en prison après une période d'assignation à résidence. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 12 février 2023

Iran: pour les familles des détenus français, le combat continue

  • La chercheuse, arrêtée en juin 2019, a été libérée quelques jours après l'annonce par Téhéran d'une grâce en faveur d'un «nombre important» de condamnés
  • Mais cette annonce vendredi laisse bien des questions en suspens sur la réalité de sa liberté et sur le sort réservé aux six Français toujours emprisonnés dans le pays

PARIS: La libération, après trois ans de prison en Iran, de la chercheure franco-iranienne Fariba Adelkhah, ne lève pas tous les doutes sur son avenir et ne met pas fin au combat des familles des Français toujours détenus par la République islamique.

La chercheuse, arrêtée en juin 2019, a été libérée quelques jours après l'annonce par Téhéran d'une grâce en faveur d'un "nombre important" de condamnés.

Mais cette annonce vendredi laisse bien des questions en suspens sur la réalité de sa liberté et sur le sort réservé aux six Français toujours emprisonnés dans le pays.

Dimanche, le comité de soutien de Mme Adelkhah a ainsi souligné les zones d'ombre autour de sa sortie de prison.

"Elle ignore à l'heure actuelle si elle a recouvré tous ses droits, notamment le droit de voyager à l'étranger et de revenir en Iran ainsi que la possibilité d'exercer son métier de chercheuse", indique un communiqué du comité envoyé dimanche à l'AFP.

"Fariba n'a pas récupéré sa carte d'identité, son passeport ni son ordinateur, son carnet d'adresses, sa documentation", ajoute-t-il. "Elle doit solliciter de nouveaux papiers d'identité qui lui permettront de demander un passeport et d'envisager de reprendre ses allers et retours entre l'Iran et la France, lesquels participent de sa vie personnelle et professionnelle et auxquels elle n'entend pas renoncer".

Spécialiste du chiisme et de l'Iran post-révolutionnaire à l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris, Mme Adelkhah avait été condamnée en 2020 à cinq ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale, ce que ses proches ont toujours farouchement nié.

Sa libération a redonné de l'espoir aux six autres Français détenus en Iran, dont seule l'identité de l'un d'eux reste inconnue.

"Nous nous réjouissons de cette nouvelle et espérons qu'elle implique le recouvrement de l'ensemble de ses libertés", ont déclaré dimanche dans un autre texte envoyé à l'AFP les familles et comités de soutien de Benjamin Brière, Cécile Kohler, Jacques Paris et Louis Arnaud.

"La sortie de prison de Fariba est pour nous un encouragement dans notre détermination à obtenir la libération de tous les otages", ajoutent-ils, en remerciant "tous ceux qui ont oeuvré à cette avancée porteuse d'espoir".

«Otages d'Etat»

L'Iran, sous sanctions internationales, et les grandes puissances essaient de ressusciter un accord international conclu en 2015 qui garantit le caractère civil du programme nucléaire de Téhéran, accusé, malgré ses démentis, de chercher à se doter de l'arme atomique.

Plusieurs dizaines d'Occidentaux sont détenus en Iran, décrits par leurs soutiens comme des innocents utilisés par Téhéran comme leviers de négociation. Des pays comme la France n'hésitent plus à parler "d'otages d'Etat".

Le Français Benjamin Brière a été arrêté en 2020 et condamné à huit ans et huit mois d'emprisonnement pour espionnage. "A bout de souffle après presque trois ans de détention, il entame son 16ème jour de grève de la faim", précise le comité de soutien.

Cécile Kohler et son compagnon Jacques Paris ont été arrêtés en mai alors qu'ils faisaient du tourisme en Iran. Téhéran les accuse d'être des espions.

"Ils n'ont eu qu'une brève visite consulaire et qu'un contact téléphonique très court avec leur famille en plus de 9 mois de détention. Nous sommes sans nouvelles d'eux depuis le 18 décembre 2022, nous sommes très inquiets", ajoute le même comité.

L'état de santé du Franco-irlandais Bernard Phelan, détenu depuis octobre, "s'est considérablement détérioré" depuis une grève de la faim et de la soif qu'il a suspendu à la demande de sa famille, indique-t-il.

Quant à Louis Arnaud, détenu à la prison d'Evine, "il souffre de conditions de détention extrêmement rudes (...), ce qui nous fait craindre de très lourdes répercussions physiques et psychologiques".

Vendredi, une porte-parole du ministère français des Affaires étrangères s'était "réjoui" de la libération de Mme Adelkhah, jugeant "essentiel" qu'elle "puisse recouvrer l'ensemble de ses libertés, y compris celle de retourner en France si elle le souhaite".


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».