Retraites: la rapporteure du projet de loi n'a «pas envie d'un 49.3 sur ce texte»

Stéphanie Rist, prend la parole lors d'une conférence de presse à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre et des parlementaires de la majorité à Paris le 11 janvier 2023. (Photo, AFP)
Stéphanie Rist, prend la parole lors d'une conférence de presse à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre et des parlementaires de la majorité à Paris le 11 janvier 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 02 février 2023

Retraites: la rapporteure du projet de loi n'a «pas envie d'un 49.3 sur ce texte»

  • Avec «  »déjà 70% de gens qui sont mobilisés contre" la réforme selon les sondages, « ça ne changera rien pour la rue qu'il y ait un 49.3 ou pas»
  • «Par contre tout ce qu'on pourra être amenés à faire après... Une fois que vous avez fait un 49.3 sur une réforme comme ça, politiquement vous êtes quand même affaiblis »

PARIS: Après un examen inachevé en commission, la députée Stéphanie Rist, rapporteure de la réforme des retraites, "espère aller jusqu'au bout" du texte en séance, en évitant un recours au 49.3 dont le gouvernement et sa majorité sortiraient "politiquement affaiblis".

"On n'a pas envie d'un 49.3 sur ce texte, évidemment", a déclaré Mme Rist, députée Renaissance, jeudi lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis). Déjà utilisée à dix reprises pour les budgets de l'Etat et de la Sécu, cette arme constitutionnelle permet à l'exécutif de faire passer un projet de loi sans vote.

"On (n'en) a envie sur aucun texte, mais particulièrement sur des textes forts comme celui-là", a-t-elle ajouté, jugeant que le risque serait moins social que politique.

Avec "déjà 70% de gens qui sont mobilisés contre" la réforme selon les sondages, "ça ne changera rien pour la rue qu'il y ait un 49.3 ou pas". "Par contre tout ce qu'on pourra être amenés à faire après... Une fois que vous avez fait un 49.3 sur une réforme comme ça, politiquement vous êtes quand même affaiblis", a-t-elle souligné.

La rapporteure "espère vraiment qu'on pourra aller jusqu'au bout" lors des débats dans l'Hémicycle, alors que trois jours d'examen en commission n'ont pas permis d'aller plus loin que les deux premiers articles du texte - qui en contient vingt au total.

"Ca dépendra du nombre d'amendements déposés et de la stratégie de nos oppositions", a-t-elle expliqué, pointant "une vraie possibilité pour que chaque amendement soit un prétexte de blocage", en particulier lors des mobilisations syndicales - à commencer par celle de mardi.

Si les discussions avancent assez vite, un scrutin sera nécessaire sur la première partie du texte (qui inclut la suppression des régimes spéciaux) avant de passer à la seconde (avec le report de l'âge légal à 64 ans).

Or, "pour qu'on ait une majorité il faut que d'autres votent avec nous", a relevé Mme Rist, qui "trouverai(t) vraiment incohérent que Les Républicains ne votent pas le texte", alors qu'il y a "déjà eu des avancées par rapport à leurs demandes", notamment sur la revalorisation des petites pensions.

Le député Renaissance Marc Ferracci a lui aussi dit jeudi à l'AFP souhaiter "ardemment qu'on n'adopte pas ce texte avec un 49.3".

"Je pense qu'on va réussir", mais "si on n'arrive pas à dégager une majorité sur un texte de cette importance, je pense qu'il faudra chercher une autre majorité", a-t-il affirmé, alors qu'Emmanuel Macron a déjà évoqué l'hypothèse d'une dissolution ces derniers mois.

"Je ne sais pas comment on continue un quinquennat si on a pas réussi à dégager une majorité sur un texte comme ça", a-t-il insisté. Dans un tel scénario, "on fera voter des choses consensuelles. Mais on a été élus pour transformer le pays et je pense que c'est en continuant de transformer le pays qu'on aura les meilleures chances de battre l’extrême-droite en 2027".


Manifestation RN: Tondelier promet une mobilisation à gauche dimanche

La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
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  • "Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations"
  • Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser"

PARIS: La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative.

"Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations", a-t-elle déclaré.

Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser, mais qui sont tout aussi choqués".

"Nous sommes en train d'y travailler sérieusement et il se passera quelque chose dimanche", a affirmé Marine Tondelier.

Mercredi soir, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon avait expliqué qu'une initiative pourrait être prise "peut être même dès ce dimanche à la place de la République" à Paris. C'est "une chose qui est en train de se discuter, je ne veux pas anticiper d'une quelconque manière", avait-il précisé lors d'une conférence diffusée sur les réseaux sociaux.

Le Rassemblement national a annoncé dès lundi, lorsque Marine le Pen a été condamnée pour détournement de fonds notamment à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate, l'empêchant de se présenter à la présidentielle, qu'il organiserait un rassemblement de soutien place Vauban à Paris.

Le président du parti d'extrême droite Jordan Bardella a assuré mercredi qu'il ne s'agirait pas d'un "coup de force".

"Je ne veux pas que dimanche, sur toutes les chaînes de télé, la seule chose qu'on leur donne à voir, c'est la grande entreprise de victimisation de Marine Le Pen", a expliqué Marine Tondelier.

"Quelqu'un qui veut être présidente de la République, qui détourne 4,1 millions d'euros et qui, alors qu'elle prône des mesures beaucoup plus ferme et une justice moins laxiste pour tous les Français, ah, quand ça lui arrive à elle, là, c'est très compliqué", s'est-elle agacée.

Prévu depuis plusieurs semaines, un meeting de Renaissance viendra également en concurrence de celui du Rassemblement national. Le président du parti, Gabriel Attal, le Premier ministre François Bayrou et le candidat à la présidentielle Édouard Philippe doivent y intervenir.

 


La manifestation de soutien à Le Pen «n'est pas un coup de force», dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »