France, terre d’immigration: quel impact sur l’économie?

Ekrame Boubtane, maitre de conférence à l'Université Clermont Auvergne, économiste et spécialiste des migrations. (Photo fournie)
Ekrame Boubtane, maitre de conférence à l'Université Clermont Auvergne, économiste et spécialiste des migrations. (Photo fournie)
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Publié le Mardi 03 janvier 2023

France, terre d’immigration: quel impact sur l’économie?

Ekrame Boubtane, maitre de conférence à l'Université Clermont Auvergne, économiste et spécialiste des migrations. (Photo fournie)
  • Une étude révèle que la France accueille beaucoup moins d’immigrés que la moyenne des États de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
  • «La migration permanente a des effets positifs sur l’économie dans son ensemble et un effet neutre sur le marché du travail», explique une économiste

PARIS: En France, l’immigration est un sujet de débat récurrent et parfois houleux entre ceux qui considèrent que ce phénomène a, entre autres, des effets bénéfiques sur la croissance économique, et d’autres, a contrario, qui estiment qu’il coûte cher aux finances publiques. Ces derniers plaident pour une régulation très stricte de l’accès des étrangers sur le territoire français.

L’étude du Conseil d’analyse économique (CEA) de novembre 2021 consacrée à l’aspect économique de l’immigration révèle que la France accueille beaucoup moins d’immigrés que la moyenne des États de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui comprend dix-neuf pays occidentaux. 

«Le débat public sur l'immigration est dominé par les questions identitaires et sécuritaires, et quand l'angle économique est abordé, seuls des aspects de court terme en matière d'emploi et de finances publiques sont évoqués», révèlent en introduction Emmanuelle Auriol et Hillel Rapoport, économistes et auteurs de l’étude, qui regrettent que les véritables enjeux de l’immigration économique et de la croissance ne soient pas discutés. Pour Hillel Rapoport, «la France est dans un cercle vicieux où, comme l’immigration est peu diversifiée et peu qualifiée, les opinions publiques y sont assez défavorables» – ce qui explique, selon lui, sa politique restrictive dans ce domaine. 

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Impact plutôt positif

Pourtant, de nombreuses études attestent que l’impact de l’immigration sur l’économie française est plutôt positif. Dans son rapport intitulé «Perspectives des migrations internationales», publié le 28 octobre 2021, l’OCDE révèle que la contribution des immigrés sous forme d’impôts et de cotisations a été supérieure aux dépenses publiques consacrées à leur protection sociale, à leur santé et à leur éducation. 

De nombreuses études attestent que l’impact de l’immigration sur l’économie française est plutôt positif.

Une étude précédente menée en 2019 par Hippolyte d’Albis, Ekrame Boubtane et Dramane Coulibaly s’intéressait à l’effet de l’immigration sur les finances publiques à travers trois indicateurs: le revenu moyen par habitant, le taux de chômage et le solde des finances publiques. Elle indique elle aussi que les flux migratoires ont eu des effets économiques globalement bénéfiques sur l’économie des pays d’accueil de l’OCDE. 

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France, terre d’immigration lointaine

«La France a une tradition d’immigration assez lointaine. Jusqu’au début des années 1980 et 1990, le motif principal pour lequel on accordait le droit de séjour en France était le travail. Avec le changement de la situation économique, il y a eu un changement de la politique migratoire qui s’est traduit par la réduction de l’immigration du travail», explique à Arab News en français Ekrame Boubtane, économiste, maître de conférences à l’université Clermont-Auvergne et chercheuse affilée à l’École d’économie de Paris.

Interrogée sur l’impact de l’immigration sur l’économie française, elle affirme que les études économiques ne détectent pas d’effet négatif de l’immigration sur l’économie. «Lorsqu’on regarde le marché du travail, les salaires, l’emploi, le chômage, on n’observe pas ce mythe populaire selon lequel les immigrés viennent pour remplacer les Français qui ont déjà un emploi ou encore pour augmenter le chômage. La migration permanente a des effets positifs sur l’économie dans son ensemble et un effet neutre sur le marché du travail», ajoute-t-elle. 

Emmanuelle Auriol et Hillel Rapoport indiquent quant à eux que l’immigration qualifiée est un vecteur de croissance et ils plaident pour qu’elle se développe en France. Ils incitent à repenser la politique migratoire en encourageant une immigration qualifiée et diversifiée susceptible de répondre aux besoins des entreprises en matière d’emplois et de compétences. 

Union européenne

La France n’est pas le premier pays en matière d’accueil des immigrés au sein de l’Union européenne (UE). La part des individus nés à l’étranger sur la population totale est de 19,8% en Autriche, de 19,5% en Suède, de 18,1 en Allemagne, de 14,8 % en Espagne et de 12,7 % en France. (Source Eurostat et le ministre de l’Intérieur, 2020)

 


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.