Un cocktail Molotov lancé sur le bâtiment d’une chaîne de télé libanaise en réponse à une émission satirique

Un cocktail Molotov a été lancé sur le bâtiment de la chaîne NewTV, à Beyrouth, mardi matin. (@ALJADEEDNEWS)
Un cocktail Molotov a été lancé sur le bâtiment de la chaîne NewTV, à Beyrouth, mardi matin. (@ALJADEEDNEWS)
Short Url
Publié le Mardi 27 décembre 2022

Un cocktail Molotov lancé sur le bâtiment d’une chaîne de télé libanaise en réponse à une émission satirique

  • Les partisans du Hezbollah se sont offusqués du clip et ont lancé une féroce campagne en ligne contre NewTV
  • L’incident a dégénéré en crise sectaire et a entraîné l’intervention du Conseil supérieur islamique chiite

BEYROUTH: Mardi matin, des personnes non identifiées ont lancé un cocktail Molotov sur le bâtiment de la chaîne NewTV, à Beyrouth.

Les forces de sécurité sont actuellement en train d’inspecter les caméras de surveillance de la chaîne et elles enquêtent sur l’incident afin d’identifier et de poursuivre les responsables.

Il y a environ une semaine, NewTV a diffusé un clip satirique dans le cadre d’une émission politique hebdomadaire. Ce programme faisait référence à l’attaque du véhicule de la Finul dans le sud du Liban et à la mort d’un Casque bleu irlandais.

Les partisans du Hezbollah se sont offusqués de ce clip et ils ont lancé une féroce campagne en ligne contre NewTV, la rédactrice en chef de la chaîne, Maryam al-Bassam, l’animatrice de l’émission, Dalia Ahmed, et l’humoriste Joanna Karaki.

Jawad Hassan Nasrallah, fils du secrétaire général du Hezbollah, a participé à cette campagne.

Karaki, qui jouait le rôle d’une femme du sud du Liban, déclare dans le clip que «lorsque les Casques bleus de la Finul sont arrivés au sud du Liban, ils ont épousé des Libanaises, de sorte que la majorité des habitants du Sud ont maintenant les yeux bleus ou verts ainsi que les cheveux blonds; certains ont l’air plus italiens ou britanniques que libanais». Elle fait ici référence aux mariages mixtes entre les habitants et les Casques bleus qui opèrent dans la région depuis 1978.

Les partisans du Hezbollah estiment que ce clip porte atteinte à l’honneur des femmes dans le sud du Liban.

Karaki a refusé de s’excuser pour ses propos, soulignant qu’elle est également originaire du Sud et qu’elle n’accuse pas les femmes de cette région d’avoir commis des actes répréhensibles.

L’incident a dégénéré en crise sectaire et a entraîné l’intervention du Conseil supérieur islamique chiite, qui a dénoncé «la calomnie, la désinformation et la diffamation qui visent la communauté islamique chiite [...] sous couvert de spectacles satiriques».

Le conseil a assuré qu’il demanderait des comptes à l’équipe de NewTV par des moyens juridiques et judiciaires, car il estime que la chaîne se cache derrière la liberté d’expression pour offenser la dignité et l’honneur des gens.

Ibrahim al-Moussawi, député du Hezbollah, a appelé les autorités à prendre des mesures juridiques pour s’assurer que toutes les chaînes respectent les lois ainsi que les obligations morales et nationales.

Par ailleurs, l’ancien Premier ministre Fouad Siniora a dénoncé l’attaque contre le bâtiment de NewTV. «Certains ont recours à de tels moyens pour intimider les institutions médiatiques; les forces de sécurité doivent démasquer les auteurs et leur demander des comptes. Elles ne doivent pas permettre qu’une telle attaque se répète», a-t-il indiqué.

NewTV a déjà fait l’objet d’attaques de la part des partisans du mouvement Amal après que la chaîne a critiqué la prestation du chef de ce parti, le président du Parlement Nabih Berri, lors des manifestations de 2019. La chaîne n’a pas épargné le Hezbollah, puisqu’elle a critiqué à la fois le mouvement et Berri pour leur implication dans des affaires de corruption, alors qu’elle était un fervent défenseur du parti avant 2019.

Lundi soir, dans l’introduction de son journal télévisé, NewTV a déclaré que la campagne de dénigrement dont elle a fait l’objet n’est parvenue qu'à attiser les conflits.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le prince héritier saoudien s'entretient avec le président iranien 

Short Url
  • Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian
  • Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian, a rapporté tôt vendredi l'Agence de presse saoudienne.
Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région et ont passé en revue plusieurs questions d'intérêt commun.


L'Arabie saoudite condamne l'escalade militaire israélienne et l'attaque contre un centre culturel à Gaza

L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
Short Url
  • L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien
  • Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag

RIYADH : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a condamné jeudi la poursuite de l'escalade militaire israélienne dans les territoires palestiniens occupés, y compris les frappes sur les abris pour les civils déplacés à Gaza.

Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag, à l'est de Rafah. Cet entrepôt contenait des fournitures médicales destinées aux patients et aux blessés de Gaza.

Le ministère a déclaré que l'absence de mécanismes internationaux efficaces de responsabilisation a permis aux forces israéliennes de persister dans leurs violations du droit international et des principes humanitaires. Il a averti que l'impunité persistante contribue à l'intensification de la violence et constitue une menace pour la stabilité régionale et mondiale.

L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien.


L'armée israélienne intensifie ses opérations à Gaza, 30 morts selon les secours

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
Short Url
  • Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza
  • Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban

GAZA: L'armée israélienne a lancé une nouvelle offensive au sol vendredi à Gaza-Ville, intensifiant ses opérations dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 30 morts, selon la Défense civile.

Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza.

Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban.

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte.

"Les soldats y ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas", a-t-elle dit, ajoutant que les soldats "autorisaient l'évacuation des civils de la zone de combat".

A Choujaïya, la Palestinienne Elena Helles raconte à l'AFP qu'elle ne peut sortir de sa maison, comme de nombreux habitants.

"Nous sommes coincés avec ma famille chez ma soeur. L'armée d'occupation est très proche de nous. Les obus et les missiles tombent sur les maisons et les tentes (de déplacés). La mort nous menace de toutes parts", dit-elle.

Selon la Défense civile locale, au moins 30 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes dans la bande de Gaza. Une source hospitalière a fait état de 25 morts dans une frappe sur une habitation de Khan Younès (sud).

"Arrêtez, ça suffit!" 

"C'était comme le Jour du Jugement dernier: ils ont bombardé avec des missiles, tout est devenu sombre, nous avons commencé à chercher nos enfants et nos biens, mais tout a disparu. Nos enfants ont disparu", Raghda al-Sharafa, en pleurant, au lendemain d'une frappe israélienne contre une école où étaient réfugiés des déplacés à Gaza-ville: "Arrêtez, ça suffit!"

La quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés par les combats et vivent dans des conditions très dures, Israël bloquant l'entrée de l'aide humanitaire dans le territoire dévasté et assiégé.

Après deux mois de trêve à Gaza et plusieurs semaines de tractations infructueuses sur la façon de la prolonger, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d'opérations terrestres dans le territoire.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés dans le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza voisine où le mouvement islamiste a pris le pouvoir en 2007.

L'attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée.

Israël a juré de détruire le Hamas, et mené en représailles une offensive dévastatrice à Gaza qui a fait au moins 50.609 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

Selon ce ministère, au moins 1.249 Palestiniens ont été tués depuis la reprise des bombardements intenses israéliens le 18 mars dernier.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas pour qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré M. Netanyahu mercredi.

Frappes au Liban et en Syrie 

Au Liban, l'armée israélienne a annoncé vendredi avoir tué dans une frappe à Saïda Hassan Farhat, un "commandant" du Hamas qui "a orchestré de nombreuses attaques terroristes contre des civils et soldats israéliens".

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont confirmé dans un communiqué la mort de Hassan Farhat, et de son fils, également membre des Brigades. La fille de Hassan Farhat a également péri, selon elles.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé "une agression flagrante contre la souveraineté libanaise" et une "claire violation" de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre entre Israël et le Hezbollah libanais, un allié du Hamas.

En Syrie, l'armée israélienne a aussi intensifié ses frappes meurtrières ces derniers jours et mené une incursion terrestre dans la sud du territoire syrien. Elle a y visé notamment des bases et un aéroport militaires.

Les autorités syriennes ont dénoncé "une tentative préméditée de déstabiliser" le pays.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.