En cas de victoire des Bleus, Macron ne peut espérer qu'un bénéfice éphémère

Le président français Emmanuel Macron (à droite) s'entretient avec Mauricio Macri, président exécutif de la Fondation FIFA, alors qu'ils assistent à la demi-finale de football de la Coupe du monde Qatar 2022 entre la France et le Maroc au stade Al-Bayt à Al Khor, au nord de Doha, le 14 décembre 2022. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à droite) s'entretient avec Mauricio Macri, président exécutif de la Fondation FIFA, alors qu'ils assistent à la demi-finale de football de la Coupe du monde Qatar 2022 entre la France et le Maroc au stade Al-Bayt à Al Khor, au nord de Doha, le 14 décembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 17 décembre 2022

En cas de victoire des Bleus, Macron ne peut espérer qu'un bénéfice éphémère

  • Si les Bleus ramènent la Coupe, cela va créer «un peu d'enthousiasme dans le pays» et «réhausser l'image de la France au niveau international», estime Pascal Boniface
  • Selon plusieurs économistes, hormis un effet ponctuel sur les achats de téléviseurs, le Mondial ne devrait guère avoir de retombée flagrante sur la consommation ou le moral des ménages

PARIS: En politique, les pronostics sont encore parfois plus hasardeux qu'en sport. Emmanuel Macron l'a appris à ses dépens, et sait probablement qu'un très hypothétique sursaut de popularité pourrait n'être qu'éphémère en cas de victoire des Bleus dimanche au Mondial.

15 juillet 2018. Le chef de l’État célèbre en Russie, avec les joueurs de l'équipe de France, la Coupe du Monde qu'ils viennent de gagner.

Les observateurs spéculent sur les bienfaits politiques de ce succès, entre regain d'optimisme des Français et une polémique sur la parade au rabais du bus à impériale de Mbappé & Co. le lendemain, sur les Champs-Élysées.

18 juillet 2018. L'affaire Benalla éclate, plongeant Emmanuel Macron dans des abysses d'impopularité.

Quatre ans plus tard, juste avant Noël, des images de liesse seraient bienvenues dans une atmosphère plombée par la guerre en Ukraine, la crise énergétique et l'inflation.

Si les Bleus ramènent la Coupe, cela va créer "un peu d'enthousiasme dans le pays" et "réhausser l'image de la France au niveau international", estime Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

"Ce sera positif" pour Macron qui sera "le seul président à pouvoir dire qu'il a mené l'équipe de France à deux victoires en Coupe du monde", dit-il à l'AFP. Aucun mérite sportif certes, mais il "aura accompagné l'équipe de France au moment où elle réalise un doublé historique", poursuit cet expert des liens entre ballon rond et géopolitique, relevant que le chef de l’État, supporteur de l'Olympique de Marseille, est "un vrai passionné de football".

Pour Pascal Boniface, c'est donc à la fois "faux de dire que ça n'a pas d'impact" et "illusoire de penser que cela va tout changer".

Éphémère 

Benjamin Morel, maître de conférences en droit public à l'université Paris 2, souligne, lui, qu'une troisième étoile mondiale sur le maillot français pourrait "enclencher un tout petit mouvement temporaire de sympathie, un petit effet drapeau, mais c'est l’affaire d'un mois".

D'autant que le début de l'année pourrait vite faire déchanter l'opinion, avec la réforme des retraites et une mobilisation sociale attendue, sur fond de possibles coupures d'électricité et de hausse des prix de l'énergie.

Selon plusieurs économistes interrogés par l'AFP, hormis un effet ponctuel sur les achats de téléviseurs, le Mondial ne devrait guère avoir de retombée flagrante sur la consommation ou le moral des ménages.

Avant même la finale, les oppositions ont en outre lancé une polémique sur l'attitude d'Emmanuel Macron qui, malgré les controverses sur les droits humains au Qatar et l'impact environnemental de la compétition en plein désert, a dit "assumer totalement" ses déplacements à Doha et salué l'organisation de la compétition par le pays hôte.

Des propos qui ont créé la controverse, d'autant que l'émirat est au même moment impliqué dans un retentissant scandale présumé de corruption au cœur du Parlement européen.

L'exception Chirac 

Quoi qu'il en soit, l'agenda présidentiel devrait limiter toute velléité de récupération politique: le chef de l’État embraiera dès lundi avec le traditionnel Noël auprès des troupes françaises à l'étranger, sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, au large de l’Égypte, avant de se rendre en Jordanie pour un sommet régional.

Il sera absent de Paris quand les Bleus rapportent la coupe, s'ils gagnent. Les joueurs devant ensuite rapidement partir en vacances, aucune réception n'est prévue à ce stade à l’Élysée, contrairement à 2018.

Et contrairement à 1998, quand un autre président, Jacques Chirac, avait, lui, tiré bénéfice de la première victoire de cette France "Black, Blanc, Beur".

"1998 est une exception colossale", souligne Frédéric Dabi, directeur général de l'institut de sondages Ifop. A l'époque, le chef de l’État avait gagné 18 points entre mai et août, "ce qui est énorme", pour atteindre 62% de personnes satisfaites.

Mais la compétition se déroulait dans l'Hexagone. Jacques Chirac, en cohabitation avec un gouvernement de gauche, était "protégé du mécontentement des Français", et, alors qu'il "n'y connaissait rien au foot, ses qualités de proximité et d'empathie avaient joué à plein".

En dehors de cet épisode, selon le sondeur, "les Français font la part des choses, ils décorrèlent complètement le bon parcours de l'équipe de France et l'impact sur l'image du président de la République".


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».