Une ONG koweïtienne lutte contre le gaspillage alimentaire tout en nourrissant les ménages nécessiteux

En 2014, lorsque Maryam Aleisa est revenue après avoir terminé ses études à Barcelone, impatiente de se lancer seule dans une entreprise sociale, le problème du gaspillage alimentaire au Koweït a attiré son attention (Photo, AFP).
En 2014, lorsque Maryam Aleisa est revenue après avoir terminé ses études à Barcelone, impatiente de se lancer seule dans une entreprise sociale, le problème du gaspillage alimentaire au Koweït a attiré son attention (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 16 novembre 2020

Une ONG koweïtienne lutte contre le gaspillage alimentaire tout en nourrissant les ménages nécessiteux

  • Les entreprises ont souhaité soutenir le projet de réacheminer les aliments plutôt que de les jeter
  • En 2019, quelque 2 080 familles ont été enregistrées auprès de Refood, plus de 498 tonnes de nourriture ont été redistribuées, et 1000 colis ont été distribués chaque mois

KOWEÏT: Même pour les moins avertis, la culture de l’hyperconsommation et du gaspillage alimentaire au Koweït est une évidence. En fait, elle est devenue presque la norme. On voit trop souvent des tables de restaurant avec de la nourriture à peine touchée et des poubelles empilées avec des emballages non ouverts.

Si le problème de l'élimination des déchets se pose depuis longtemps au Koweït, le fait que près de 50 % de ces déchets soient des aliments solides est particulièrement néfaste pour l'environnement.

En 2014, lorsque Maryam Aleisa est rentrée de Barcelone après avoir terminé ses études, impatiente de se lancer seule dans une entreprise sociale, le problème du gaspillage alimentaire au Koweït a, aussitôt, attiré son attention.

«Nous n'avons pas l’habitude de trier ou de composter les déchets alimentaires; ils sont simplement déversés dans des décharges massives, libérant du méthane dans l'environnement, ce qui est considérablement plus dangereux que les émissions de dioxyde de carbone pour le changement climatique», explique-t-elle.

Maryam Aleisa est revenue de ses études à Barcelone en 2014, et elle a décidé de s'attaquer au problème du gaspillage alimentaire au Koweït (Photo, fournie).

«Le lixiviat, qui provient du gaspillage alimentaire additionné à d'autres facteurs dans les décharges, est tout aussi dangereux, car il s'infiltre dans les eaux souterraines et provoque la contamination et la pollution. J'ai réalisé combien le problème du gaspillage alimentaire était tellement incroyable et inutile.»

Pendant ce temps, les familles défavorisées ont du mal à se payer les produits de première nécessité.

Élevée dans un environnement familial bienfaisant où sa mère faisait souvent don de nourriture aux nécessiteux, Maryam Aleisa a décidé de mettre son expérience à profit. C’est ainsi que Refood est né.

 

REFOOD EN CHIFFRES

* 2014 : année de lancement de l'entreprise sociale koweïtienne.

* 4,2 millions de dollars : valeur totale des aliments récupérés.

 

Lancée en 2014, l'organisation à but non lucratif a pour objectif d’éliminer le gaspillage alimentaire grâce à un processus de redistribution afin d’aider à la mise en place d’un écosystème durable. Cela signifie obtenir des produits alimentaires proches de leur date d'expiration auprès des fournisseurs et les distribuer à ceux qui en ont besoin.

«Pour commencer, j'ai étudié différents modèles de banques alimentaires pour comprendre leur fonctionnement. Nous avons examiné les modèles nord-africains, ceux qui opèrent en Corée du Sud, et nous avons même visité la banque alimentaire saoudienne où nous avons vu comment les déchets alimentaires cuits étaient récupérés», explique Maryam Aleisa.

Bien que des quantités massives de déchets alimentaires soient générées par les hôtels, les ressources limitées et les problèmes logistiques ont obligé Maryam Aleisa à se tourner vers l'industrie des produits de consommation courante (PGC) qui fournit de la nourriture aux points de vente au détail.

«J'ai commencé à parler à ces entreprises, et j'ai constaté que les produits alimentaires qui étaient retirés des rayons avant leur date d'expiration étaient simplement jetés», poursuit-elle. Les entreprises, de leur côté, ont souhaité le projet de réacheminer les aliments plutôt que de les jeter et ont aussitôt commencé à fournir un petit nombre de produits alimentaires secs.

Lancée en 2014, l'organisation à but non lucratif a pour objectif d’éliminer le gaspillage alimentaire grâce à un processus de redistribution pour aider à atteindre un écosystème durable (Photo, fournie).

Au fur et à mesure que le programme se développait, ils ont rapidement proposé leur gamme complète. «Une fois que nous avons gagné la confiance de certaines des plus grandes entreprises alimentaires, les autres nous ont rejoints, et nous avons signé des contrats avec elles pour récupérer la nourriture avant qu'elle ne soit classée comme déchet, et pour la fournir à Refood à la place», explique Maryam Aleisa.

Un autre défi majeur a été de trouver un lieu pour le stockage et la distribution – un problème résolu lorsque des amis sont intervenus et que l'autorisation a été obtenue afin d’utiliser l'entrepôt d'un supermarché gouvernemental.

Au début, Maryam Aleisa, sa mère et quelques amis livraient personnellement les dons alimentaires aux familles dans le besoin. Mais grâce à leur site Web et à leurs comptes sur les réseaux sociaux, les bénévoles ont afflué, et l'équipe a mis en place un système d'inscription pour les bénévoles et les bénéficiaires.

En 2019, quelque 2 080 familles ont été enregistrées auprès de Refood, plus de 498 tonnes de nourriture ont été redistribuées, et 1000 colis ont été distribués chaque mois. Cela signifie que plus de 1 292 640 dinars koweïtiens (1 dinar koweïtien = 2,76 euro) de denrées alimentaires ont été récupérées.

La Covid-19 a contraint Refood à modifier son programme, en raison d'une pénurie de sponsors et du départ à l’étranger d’un grand nombre de bénéficiaires. Mais Maryam Aleisa est convaincue que l'équipe continuera certainement sa noble mission, car le gaspillage alimentaire reste un énorme problème au Koweït. Et quel est son scénario idéal? «Vivre dans un monde où Refood n’aurait pas besoin d’exister», dit-elle.

 

Ce rapport est publié par Arab News en tant que partenaire du Middle East Exchange, qui a été lancé par les initiatives mondiales de Mohammed ben Rashid al-Maktoum pour refléter la vision du Premier ministre des Émirats arabes unis et souverain de Dubaï afin d'explorer la possibilité de changer le statut de la région arabe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.


Visite du président libanais à Washington: le Hezbollah dénonce une «soumission» à un pouvoir étranger

Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
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  • Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais
  • Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud

BEYROUTH: Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère".

Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

Cet accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe une partie du sud du pays désignée comme "zone de sécurité" - sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

La formation pro-iranienne, qui s'oppose à l'accord, a déploré dans un communiqué que la visite de M. Aoun n'avait "débouché sur aucun engagement américain" sur un retrait de l'armée israélienne du sud du Liban, ni n'avait mis fin aux tirs israéliens, ni permis un retour sûr des déplacés dans cette région.

"Dans la série ininterrompue des concessions" du pouvoir, cette visite a révélé "l’ampleur de la dépendance et de la soumission à une tutelle étrangère", a ajouté le Hezbollah.

Pendant l'entrevue, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de l'accord.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran, a réitéré son refus des négociations directes entre Israël et le Liban.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans le village de Zawtar al-Gharbiya dont l'armée israélienne contrôlait les abords.

Le chef de l'armée, Rodolphe Haykal, s'est rendu jeudi sur place où il "a passé en revue les mesures prises" afin de " garantir le retour en sécurité des habitants", selon un communiqué de l'armée.

Un photographe de l'AFP a vu des équipes de secours entrer dans cette localité, qui reste interdite d'accès aux habitants.

Elles ont récupéré trois corps, et poursuivent des opérations de recherche, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais de la guerre régionale.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud.

L'ANI a rapporté une "forte explosion" dans la localité frontalière d'al-Tiri, l'attribuant à l'armée israélienne. Des tirs israéliens dans une autre localité du sud ont blessé un travailleur syrien, a ajouté l'agence.

Des secouristes affiliés au Hezbollah ont rapporté qu'une frappe israélienne près de Nabatiyé al-Fawqa avait visé une ambulance qui se rendait sur le site d'une précédente frappe, et blessé deux secouristes.


L'Iran menace de rétorsion tout pays «participant, coopérant ou aidant» les Etats-Unis dans leurs attaques 

Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran. (AFP)
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  • "Toute participation, coopération ou assistance à la commission d'une agression contre l'Iran engagera la responsabilité internationale des parties concernées"
  • L'Iran "se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre de la légitime défense"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran.

"Toute participation, coopération ou assistance à la commission d'une agression contre l'Iran engagera la responsabilité internationale des parties concernées", a déclaré Abbas Araghchi, ajoutant que l'Iran "se réservait le droit de prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre de la légitime défense", lors d'un discours au Kirghizistan à l'occasion d'une réunion de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).