L'histoire de la contribution des immigrés arabes au sport en Amérique latine

Esporte Clube Sirio est un club sportif et social de premier plan à Sao Paulo, le centre financier du Brésil (Photo, Fournie).
Esporte Clube Sirio est un club sportif et social de premier plan à Sao Paulo, le centre financier du Brésil (Photo, Fournie).
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Publié le Samedi 26 novembre 2022

L'histoire de la contribution des immigrés arabes au sport en Amérique latine

  • Une génération d'immigrants a grandement contribué à populariser le basketball et le football sur le continent
  • Le documentaire «4 Colores» montre comment le football a favorisé le rapprochement entre les Chiliens et la cause palestinienne

SAO PAULO, BRÉSIL: La 15e meilleure joueuse de tennis au monde, la Brésilienne Beatriz Haddad Maia, a quitté l'US Open le 4 septembre après avoir été battue, avec sa partenaire kazakhe Anna Danilina, par le duo Nicole Melichar-Martinez et Ellen Perez.

Néanmoins, les Brésiliens ont développé une dévotion croissante pour Maia et nombreux espèrent qu'elle devienne la meilleure joueuse de tennis de l'histoire du pays.

Elle doit une partie de son succès à ses années de formation à l'Esporte Clube Sirio, un club sportif et social de premier plan à Sao Paulo, le principal centre financier du Brésil.

Fondé en 1917, le club est l'un des grands exemples de la contribution de la communauté arabe au sport en Amérique latine.

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Esporte Clube Sirio, un club sportif ayant des liens étroits avec la communauté arabe de Sao Paulo, a contribué à développer les compétences de la star du tennis Beatriz Haddad Maia (Photo, AFP).

Son premier complexe comprenait quatre courts de tennis, un terrain de basket, un terrain de football et un lac.

Le nombre de membres a augmenté très rapidement au fil des ans parmi les immigrants syriens et libanais — comme la famille Haddad — qui formaient une grande communauté à Sao Paulo, et le club est devenu riche. Les Brésiliens non arabes ont bientôt commencé à s'y joindre également.

En 1949, le Sirio avait acquis la réputation d'être l'un des meilleurs clubs sportifs de Sao Paulo et s'est établi à son emplacement actuel, dans la zone sud de la ville, en construisant un complexe moderne à partir de rien.

«J'ai rejoint Sirio quand j'étais enfant, en 1955. J'ai vu la plus grande partie de sa construction», a révélé Washington Joseph, 72 ans, connu sous le surnom de Dodi, à Arab News. «Mon frère et moi avons commencé à jouer le football, puis à pratiquer la gymnastique et le judo. À 11 ans, j'ai commencé à jouer au basketball.»

Entre 1967 et 1982, Dodi, petit-fils d'immigrés syriens et libanais, a été l'un des plus grands joueurs de basketball du Brésil et a fait partie de l'équipe mythique qui a conquis le championnat du monde en 1979.

Entre les années 1950 et 1980, le Sirio était l'une des principales équipes de basketball du Brésil. Nombre de ses joueurs étaient régulièrement appelés à jouer dans l'équipe nationale, qui était l'une des meilleures du monde à l'époque.

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En 2014, Palestino a décidé d'inclure sur son maillot la carte complète de la Palestine (avant la partition), en remplacement du numéro un (Photo, Fournie).

«Nous avons eu une hégémonie d'environ 30 ans. Nous avons remporté plusieurs tournois nationaux ainsi que le championnat sud-américain à six reprises», a affirmé Dodi.

Un autre club arabe, le Monte Libano de Sao Paulo, avait également une équipe de basketball très compétitive.

Sirio a participé à la Coupe Intercontinentale à six reprises et Dodi a fait partie de l'équipe à chaque fois, à l'exception de l'édition 1984. «Nous avons terminé deux fois à la troisième place, deux fois à la deuxième place et nous l'avons gagnée une fois, en 1979», a-t-il souligné.

Cette année-là, la coupe était organisée par le Brésil. Les matchs ont attiré des milliers de fans de basketball dans le stade et ont été télévisés dans tout le pays.

Sirio se rend en finale contre le club yougoslave Bosna. La spectaculaire victoire 100-98 des Brésiliens n'a jamais été oubliée.

«Notre génération a grandement contribué à populariser le basketball au Brésil», a signalé Dodi. Le Sirio est resté un club de basketball de premier plan jusqu'en 1995, lorsque le sport est devenu largement professionnel au Brésil et que ses dirigeants ont conclu qu'il ne serait plus possible de maintenir le niveau d'investissement nécessaire à son maintien au sommet.

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Gros plan sur un maillot représentant une carte de la Palestine. (Photo fournie).

Mais Sirio n'a jamais cessé d'être une école pour les nouveaux athlètes. Il a eu de grands champions comme l'haltérophile Tamer Chaim — qui a participé aux Jeux olympiques d'été de Munich — et le joueur de tennis William Kyriakos. 

«Nous avions aussi de grands combattants de judo et des équipes de handball et de volleyball de haut niveau. Nous continuons à faire autorité dans le domaine du sport», a signalé Dodi, ajoutant qu'un rival fréquent de Sirio est le Club Deportivo Palestino de Santiago du Chili.

Carlos Medina Lahsen, un Chilien d'origine palestinienne et expert de l'histoire de la Palestine, a déclaré à Arab News: «Surtout dans les années 1950, les matchs entre les deux clubs étaient très attendus.»

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Première composition de l'équipe du Club deportivo Palestino (1920) Elias Zaror, Miguel Saffie et Nicolas Hirmas, Rafael Hiramas, Elias Hirmas et Antonio Sarah, Jose Yunis, Victor Panayotti, Emillio Deik, Jorge Lama et Elias Deik. (Photo fournie)

Palestino a été fondé en 1920 en tant que club de football. En raison de l'influence britannique, les Palestiniens jouaient déjà au football au Moyen-Orient avant d'émigrer en Amérique latine, a expliqué Medina Lahsen.

«Des communautés d'étrangers ont commencé à pratiquer des sports en cherchant à s'intégrer dans la société chilienne, mais la discrimination était très intense à cette époque», a-t-il ajouté.

Le club a abandonné le football en 1923 et a donné la priorité au tennis. Mais Palestino et un autre club arabe ont uni leurs forces dans les années 1940 et ont repris le football au moment de la partition de la Palestine en 1947.

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L'équipe de basketball de Sirio qui a remporté la Coupe intercontinentale en 1979 (Photo, fournie).

Dans les années 1950, l'équipe a reçu de nombreux investissements de la part d'hommes d'affaires palestiniens et a été surnommée «les millionnaires». En 1955, elle a conquis le championnat national de football.

Avec le deuxième soulèvement contre l'occupation israélienne (2000-2005), l'intérêt de nombreux Chiliens palestiniens pour Palestino s'est accru et le club a vu affluer de nouveaux supporters.

En 2008, Palestino s'est rendu en finale du championnat national contre Colo Colo. Bien que Palestino ait été vaincu, cet événement a suscité une grande attention de la part des Palestiniens.

À l'ère d'Internet, la nouvelle d'un club de football portant le nom de leur pays les a étonnés. «Nous avons entendu dire que des gens ont loué des salles de cinéma et ont diffusé le match en streaming dans la bande de Gaza», a indiqué Medina Lahsen.

Dès lors, le lien entre le club et la Palestine s'est considérablement renforcé. Les joueurs chiliens se sont rendus en Palestine à de nombreuses reprises et même l'équipe principale y a participé à des matchs. La Banque de Palestine est devenue un sponsor fréquent.

En 2014, Palestino a décidé d'inclure sur son maillot la carte complète de la Palestine (avant la partition), en remplacement du numéro un.

Cela a suscité une controverse au Chili, les membres de la communauté juive accusant le club d'effacer Israël de la carte et beaucoup ont fait pression sur la fédération nationale de football pour qu'elle intervienne.

Les autorités sportives n'ont pas considéré que le symbole était de nature politique et n'ont infligé une amende à Palestino que parce que la carte dépassait la zone maximale du maillot pouvant afficher un contenu imprimé.

«Le club a utilisé ce maillot tout au long de la saison. Jusqu'à présent, c'est le maillot le plus populaire de l'histoire de Palestino», a mentionné Medina Lahsen.

Le documentaire «4 Colores», qui retrace l'histoire du club, montre comment le football a favorisé l'établissement de liens entre les Chiliens et la cause palestinienne.

«De nombreux fans de Palestino ne font pas directement partie de la communauté arabe du Chili, mais ils ont néanmoins été touchés par la situation critique des Palestiniens dans le monde entier», a affirmé Medina Lahsen, qui était chargée des recherches pour le documentaire.

Il a découvert que dans toute l'Amérique latine, il y a eu des clubs sportifs dont le nom comportait le mot Palestino ou Arabe, comme le Central Palestino en Uruguay et le Palestino Football Club au Honduras. En Argentine et au Chili, il existe des dizaines de clubs nommés Sirio ou Sirio Libanes.

Au Panama, l'un des meilleurs clubs de football est le Deportivo Arabe Unido, de la ville de Colon.

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Le match inoubliable et décisif de Sirio contre Bosna qui a permis de remporter le championnat. (Photo fournie)

Bien que la communauté arabe de Colon ne soit pas très nombreuse — elle compte environ 120 familles — elle a joué un rôle central dans les sports locaux. 

DAU «a été fondé par des Panaméens arabes dans les années 1990, lorsque le pays n'avait pas de ligue de football professionnel. Nous n'avons jamais pensé qu'il se développerait autant», a déclaré le président du club, Mohamed Hachem, à Arab News.

Depuis sa création, le club a été l'un des plus performants de la première division panaméenne, avec plusieurs championnats nationaux. Aujourd'hui, la plupart de ses supporters ne sont pas membres de la communauté arabe.

«Nous avons eu quelques joueurs d'origine arabe et la communauté arabe nous soutient beaucoup», a soutenu Hachem.

Le club est en train de construire son nouveau siège et son centre sportif, qui comprendra un espace social.

L'un des projets de Hachem pour l'avenir est de promouvoir un championnat entre les clubs de football arabes en Amérique latine. «Ce serait une belle chose de les rassembler tous», a-t-il estimé.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L’IA ne remplacera jamais la créativité humaine, affirme la PDG de SRMG

Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
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  • S’exprimant auprès de Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, Jomana R. Alrashid a dit être fière des plateformes de SRMG qui ont su intégrer et adopter l’IA

RIYAD : Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group (SRMG), a souligné que l’intelligence artificielle ne pouvait pas remplacer la créativité humaine lors d’une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office sur l’île de Shura, vendredi.

« On ne peut jamais remplacer la créativité humaine. Le journalisme, au final, et la création de contenu, reposent sur le storytelling, et c’est un rôle créatif que l’IA n’a pas encore la capacité d’assumer », a déclaré Alrashid lors du sommet d’investissement.

« Nous n’éliminerons jamais ce rôle humain qui consiste à raconter l’histoire, à mener un véritable travail d’enquête, à distinguer ce qui relève de l’actualité ou des faits de ce qui est faux… à différencier la désinformation du biais. C’est là le rôle fondamental que joue la rédaction au sein d’une newsroom. »

Abordant le thème de l’IA lors de cette discussion modérée par Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, la PDG a exprimé sa fierté quant à la manière « transformatrice » dont les plateformes de SRMG ont intégré l’IA.

« Nous traduisons désormais l’ensemble de nos contenus en nous appuyant sur l’IA. Nous produisons également des documentaires grâce à l’IA. Nous disposons aujourd’hui de la vérification des faits assistée par l’IA, de l’indexation, du clipping et de la transcription automatisés. C’est cela, selon nous, l’avenir. »

Interrogée sur le profil du journaliste de demain, Alrashid a répondu : « C’est à la fois un journaliste et un ingénieur. Quelqu’un qui doit comprendre les données. Et c’est un autre sujet extrêmement important : comprendre les données avec lesquelles on travaille. »

« L’IA a également facilité cet aspect. Je dois dire qu’au cours des vingt dernières années dans la région, en particulier dans les entreprises de médias, nous n’avons pas suffisamment compris l’importance des données. »

La PDG a rappelé qu’auparavant, les médias s’appuyaient principalement sur des sondages, des enquêtes ou des chiffres d’audience, alors qu’aujourd’hui, des informations beaucoup plus détaillées sur les attentes des publics sont disponibles.

Lors de cette discussion informelle, Alrashid a également été interrogée sur la perception des médias du Moyen-Orient par la communauté internationale. Elle a expliqué qu’au fil des décennies, ces médias avaient joué un rôle essentiel pour informer un public plus large sur des enjeux extrêmement complexes — politiques, culturels et économiques — et continuaient de le faire.

« Aujourd’hui, ce rôle est encore plus important, notamment en raison de l’essor des réseaux sociaux, des journalistes citoyens et des créateurs de contenu. Mais je pense aussi que cela a été facilité par la puissance de l’IA. Désormais, un contenu produit par des journalistes crédibles, de premier plan, de classe mondiale, peut immédiatement dépasser les frontières, atteindre différentes zones géographiques, différents publics, différents pays, dans plusieurs langues et sous divers formats. »

Elle a souligné qu’il existait une opportunité majeure pour les médias arabes de ne plus se limiter à un public exclusivement arabe, mais de franchir les frontières, d’être disponibles en plusieurs langues et de mieux servir leurs audiences.

La PDG s’est montrée optimiste quant à l’avenir, insistant sur l’importance d’une vision claire, d’une stratégie solide et d’un alignement total des équipes.

Les modèles publicitaires traditionnels, autrefois centrés sur la télévision et la presse écrite, évoluent rapidement, les plateformes de réseaux sociaux dominant désormais les revenus publicitaires.

« Le changement est radical. Autrefois, nous étions en concurrence les uns avec les autres pour l’audience. Aujourd’hui, nous sommes aussi en concurrence avec les plateformes de réseaux sociaux : 80 % des revenus publicitaires au Moyen-Orient vont aux réseaux sociaux, mais cela signifie aussi qu’il existe 80 % d’opportunités d’intérêt. »

Selon elle, le défi consiste à créer le bon contenu sur ces plateformes afin d’engager les audiences cibles et de permettre des partenariats commerciaux. « Ce n’est un secret pour personne : les marques n’aiment pas faire de la publicité sur les chaînes d’information. Cela est souvent associé aux conflits ou à la guerre, ce qui dissuade les annonceurs. »

« C’est pourquoi nous nous sommes développés dans de nouveaux secteurs comme le sport. Et c’est aussi pour cela que nous avons renforcé notre position dans le lifestyle. Nous détenons la plus grande part de marché dans ce domaine… Et nous avons lancé de nouvelles plateformes comme Billboard Arabia, qui nous permet d’entrer dans l’univers de la musique. »

Alrashid a expliqué que cette diversification plaçait le groupe dans une position solide pour faire face au déclin des revenus publicitaires sur différentes plateformes, grâce au lancement de nouveaux produits.

« Un autre actif de propriété intellectuelle très important que nous avons créé, ce sont les événements associés à des marques présentes dans la région depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, toute marque ou tout titre qui n’est pas accompagné d’un événement passe à côté d’une opportunité commerciale majeure, qui nous permet de nous retrouver dans une même salle, d’échanger des idées et de nous connaître au-delà des écrans. »

La PDG a déclaré que les perturbations étaient désormais constantes et souvent autonomes, ajoutant que l'avenir du secteur reposait souvent sur la narration et la capacité à innover en créant des contenus convaincants qui touchent directement le public. 

« Mais la prochaine perturbationsviendra encore de l’IA. De la vitesse à laquelle cet outil et cette technologie extrêmement puissante évoluent. Et de notre capacité à y faire face, à nous y adapter et à l’intégrer pleinement — ou non. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
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  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.