Migrations: Les 27 approuvent un plan d'urgence pour éviter le scénario de l'Ocean Viking

Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin répond aux journalistes avant la réunion extraordinaire du Conseil Affaires intérieures au siège de l'UE à Bruxelles, le 25 novembre 2022 (Photo, AFP).
Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin répond aux journalistes avant la réunion extraordinaire du Conseil Affaires intérieures au siège de l'UE à Bruxelles, le 25 novembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 26 novembre 2022

Migrations: Les 27 approuvent un plan d'urgence pour éviter le scénario de l'Ocean Viking

  • La réunion avait été convoquée à la demande de Paris, qui a accepté «à titre exceptionnel» le 11 novembre le débarquement des 234 migrants de l'Ocean Viking
  • Le plan d'urgence entend aussi relancer un mécanisme temporaire de solidarité européen agréé en juin, à l'initiative de la France

BRUXELLES: Deux semaines après la crise franco-italienne autour de l'Ocean Viking, les ministres européens de l'Intérieur réunis à Bruxelles ont approuvé vendredi un plan d'action afin de ne "pas reproduire ce genre de situation".

La réunion avait été convoquée à la demande de Paris, qui a accepté à "titre exceptionnel" le 11 novembre le débarquement des 234 migrants de l'Ocean Viking, après le refus du gouvernement italien d'extrême droite de Giorgia Meloni d'accueillir ce navire humanitaire longtemps bloqué au large des côtes italiennes.

À son arrivée, le ministre français Gérald Darmanin avait répété que la France n'accueillerait pas de demandeurs d'asile arrivés en Italie tant que Rome ne respecterait "pas le droit de la mer".

Le plan d'action d'urgence, proposé lundi par la Commission européenne et endossé par les ministres, propose 20 mesures, notamment pour renforcer la coopération avec des pays comme la Tunisie, la Libye ou l'Egypte afin de prévenir les départs et augmenter les renvois de migrants en situation irrégulière.

Il prévoit aussi une meilleure coordination et un échange d'informations entre Etats et ONG secourant des migrants en mer, et entend "promouvoir des discussions au sein de l'Organisation maritime internationale" (OMI) sur des "lignes directrices pour les bateaux effectuant des opérations de sauvetage en mer".

Les "pays du sud de la Méditerranée doivent également ouvrir leurs ports" aux navires de sauvetage de migrants "qui croisent dans leurs eaux territoriales", a souligné Gérald Darmanin.

«Pas une solution définitive»

"La crise de l'Ocean Viking, c'était un peu l'improvisation", a commenté le vice-président de la Commission Margaritis Schinas. Là, "on a vingt actions spécifiques, un accord politique important, tout le monde s'engage à travailler pour ne pas reproduire ce genre de situation", a-t-il commenté à l'issue de la réunion, qu'il a décrite comme "positive".

Mais "ce n'est pas la solution définitive", a-t-il reconnu, appelant les Etats membres à faire progresser les négociations sur une réforme de la migration et de l'asile dans l'UE, qui piétinent depuis plus de deux ans.

Le plan d'urgence entend aussi relancer un mécanisme temporaire de solidarité européen agréé en juin, à l'initiative de la France qui assurait alors la présidence du Conseil de l'UE.

Une douzaine de pays s'étaient alors engagés de façon volontaire, pour soulager les Etats méditerranéens, à accueillir sur un an quelque 8.000 demandeurs d'asile arrivés dans ces pays, la France et l'Allemagne en prenant chacune 3.500.

Mais la crise de l'Ocean Viking a conduit Paris à suspendre ses "relocalisations" depuis l'Italie.

"Nous devons sortir d'une situation où les mêmes États sont appelés à accueillir des navires et à effectuer des relocalisations depuis d'autres États membres. La France reprendra ses relocalisations lorsque cela sera le cas", a tweeté Gérald Darmanin à l'issue de la réunion.

Le ministre italien Matteo Piantedosi a pour sa part affirmé avoir constaté une "convergence de positions" lors de la réunion, précisant avoir "salué cordialement" son homologue français.

Ce dernier l'a invité à venir à Paris avant une prochaine réunion des ministres de l'Intérieur prévue le 8 décembre à Bruxelles.

Ukrainiens

La migration est revenue dans l'agenda européen, alors que les entrées irrégulières aux frontières extérieures de l'Union sont en forte hausse (280.000 sur les dix premiers mois de l'année, +77%).

La poussée est particulièrement forte via la route des Balkans (+168% sur cette période), et la Commission prépare un autre plan d'action pour tenter d'endiguer cette hausse.

Les chiffres n'atteignent pas le niveau de la crise des réfugiés de 2015-2016. Mais la possibilité d'une nouvelle vague d'arrivées cet hiver d'Ukrainiens, qui sont pour des millions d'entre eux privés d'électricité à cause des frappes russes, vient aussi nourrir les préoccupations européennes.

Le ministre grec de l'Intérieur Notis Mitarachi s'est quant à lui plaint que la Turquie ne respecte pas un accord migratoire de 2016 prévoyant notamment qu'elle reprenne les migrants n'ayant pas droit à l'asile. Il a aussi estimé que le mécanisme volontaire de solidarité n'était "pas suffisant", appelant à une solution "obligatoire".

De son côté, la ministre belge Nicole De Moor a réclamé "aussi de la solidarité pour les États membres comme la Belgique qui font plus que leur part mais voient leurs capacités d'accueil saturées par les flux secondaires depuis des mois".


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».