La sécurité alimentaire, l’un des défis actuels du monde arabe

Ahmed Aboul Gheit, secrétaire de la Ligue arabe (photo fournie)
Ahmed Aboul Gheit, secrétaire de la Ligue arabe (photo fournie)
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Publié le Dimanche 20 novembre 2022

La sécurité alimentaire, l’un des défis actuels du monde arabe

  • À l’instar de l’Algérie, du Maroc, de l’Égypte ou du Liban, de nombreux États dépendent des importations de céréales d’Ukraine et de Russie
  • Ibrahim Adam Ahmed el-Dekhairi, directeur général de l’Organisation arabe pour le développement de l’agriculture, a rappelé que le sommet d’Alger avait permis de renforcer la coordination entre les différents pays arabes

PARIS: La sécurité alimentaire des pays a été l’une des thématiques abordées lors du 31e Sommet de la Ligue arabe, qui s’est déroulé les 1er et 2 novembre dans la capitale algérienne. À l’instar de l’Algérie, du Maroc, de l’Égypte ou du Liban, de nombreux États dépendent des importations de céréales d’Ukraine et de Russie. Pour y remédier, les pays arabes souhaitent adopter en matière agricole une nouvelle stratégie dont l’un des objectifs majeurs consiste à produire le blé localement.

«Les dangereux développements récents ont conduit à un déclin inquiétant de la sécurité alimentaire arabe, ce qui a nécessité une nouvelle soumission en urgence de ce dossier au niveau des ministres arabes des Affaires étrangères. Une étude stratégique a été préparée sur les moyens d’améliorer la sécurité alimentaire en tant que partie intégrante de la sécurité nationale arabe en vue de sa soumission au prochain sommet arabe, en Algérie, afin d’envisager son adoption», a précisé Ahmed Aboul Gheit, secrétaire de la Ligue arabe. Il s’exprimait en marge d’un forum intitulé «Environnement et développement 2022», qui s’est déroulé au Caire en août dernier par le Conseil arabe de l’eau, en coopération avec le ministère égyptien de l’Environnement.

«La sécurité alimentaire devient une question stratégique et elle constitue un enjeu de souveraineté, puisque nous avons constaté que les capacités de production des régions arabes ne sont pas en mesure de répondre aux besoins des populations locales», fait savoir Abderrahmane Hadef, économiste et spécialiste en développement économique, à Arab News en français.

Il souligne que les paramètres et les variables deviennent incontrôlables au niveau mondial, notamment avec l’évolution démographique et la raréfaction des ressources, qui rendent la situation préoccupante. Selon lui, il est urgent de poser cette problématique au sein des pays arabes afin de trouver une stratégie et des mécanismes communs pour assurer au niveau de la région arabe une intégration de la chaîne de valeurs susceptible de développer les filières céréalières, agricoles et logistiques.

Réunion préparatoire du Conseil économique et social arabe (CESA) organisée à Alger à la veille du 31 Sommet de la Ligue arabe ou il la question de la sécurité alimentaire des pays arabes a été abordée .jpeg
Réunion préparatoire du Conseil économique et social arabe (CESA) organisée à Alger à la veille du 31 Sommet de la Ligue arabe où la question de la sécurité alimentaire des pays arabes a été abordée (fournie)

Consensus et actions communes

L’un des objectifs de ce 31e sommet consistait à fédérer les potentialités des pays arabes pour assurer la sécurité alimentaire des États membres. «Les changements qui s’opèrent dans les marchés mondiaux ainsi que les défis climatiques nous obligent à rassembler nos forces, d’autant plus que nous avons des caractéristiques communes dans cette région du monde», indique Fatoum Lakhdari, chercheuse spécialisée dans les régions arides, dans l’agriculture saharienne et dans la sécurité alimentaire. Elle explique que les pays arabes disposent des richesses diverses – ressources en eau, compétences humaines et savoir-faire technologique – qui leur permettent d’atteindre cet objectif.

Expert en relations internationales, Salim Hamadi plaide, quant à lui, pour la mise en œuvre d’un «consensus économique qui permettrait l’instauration d’un climat économique favorable et d’intensifier les échanges interarabes». Selon lui, «l’action arabe commune dans le domaine économique est désormais une nécessité, et non une option».

Décisions prioritaires

Dans une déclaration à la presse qu’il a faite en marge du sommet d’Alger, Ibrahim Adam Ahmed el-Dekhairi, directeur général de l’Organisation arabe pour le développement de l’agriculture, affirme que les réunions préparatoires du Sommet de la Ligue arabe ont permis la détermination des pistes de décisions qui permettraient d’atteindre les objectifs en matière de sécurité alimentaire. Parmi elles, un programme d’intégration agricole, notamment à travers la dynamisation de la Grande zone arabe de libre-échange (GZALE) et de l’Union douanière arabe (UDA), destinée à faciliter les échanges commerciaux entre pays arabes. Selon M. El-Dekhairi, des mesures concrètes ont été décidées et des actions communes seront menées: augmenter la production agricole, accroître la productivité des récoltes, encourager les échanges entre les États. Il a rappelé que le sommet d’Alger avait permis de renforcer la coordination entre les différents pays arabes.


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
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  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.