Polémique autour des restes mortuaires des résistants en Algérie: simple propagande?

Des archéologues effectuent des fouilles sur des terrains militaires pour localiser des tombes dans une zone où des enfants harkis ont été enterrés sans sépulture décente plus de 60 ans auparavant, près de Laudun-l'Ardoise, dans le sud-est de la France, le 28 février 2022. (AFP)
Des archéologues effectuent des fouilles sur des terrains militaires pour localiser des tombes dans une zone où des enfants harkis ont été enterrés sans sépulture décente plus de 60 ans auparavant, près de Laudun-l'Ardoise, dans le sud-est de la France, le 28 février 2022. (AFP)
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Publié le Mercredi 02 novembre 2022

Polémique autour des restes mortuaires des résistants en Algérie: simple propagande?

  • Le prestigieux New York Times révélait le 17 octobre dernier que, parmi les vingt-quatre restes humains rendus, seuls six pouvaient être considérés avec certitude comme étant ceux de résistants algériens morts
  • Dr Belkadi voit dans cette polémique un autre indice révélateur du «gouffre» séparant les Algériens de leur Histoire

ALGER: Le 3 juillet 2020, Paris restituait officiellement à l’Algérie vingt-quatre crânes entreposés au musée de l’Homme de Paris et datant de la conquête française, au XIXe siècle. Il s’agissait de la concrétisation d’une promesse formulée en décembre 2017 par le président français, Emmanuel Macron, en réponse à «une demande à maintes reprises réitérée par les autorités algériennes».

Le processus de restitution avait donné lieu à un long travail d’enquête entrepris à partir de 2018 par une commission mixte d’experts algériens et français, puis abouti à la remise des crânes aux autorités d’Alger. Les vingt-quatre restes humains rendus, ils ont été inhumés, le dimanche 5 juillet 2020, lors d’une cérémonie officielle au carré des martyrs du cimetière d’El-Alia, à Alger, où reposent les héros de la révolution algérienne.

L’affaire a rebondi voici quelques semaines. Le prestigieux New York Times révélait le 17 octobre dernier que, parmi les vingt-quatre restes humains rendus, seuls six pouvaient être considérés avec certitude comme étant ceux de résistants algériens morts – et décapités – lors de la colonisation. Dans les rebondissements de cette affaire, des médias indiquent que ce sont vingt-six crânes, et non vingt-quatre, qui devaient initialement être restitués. Deux d’entre eux ne l’ont finalement pas été en 2020.

Ces deux crânes ne pouvaient pas être restitués dans la mesure où ils ne faisaient pas partie de la collection nationale conservée au musée de l’Homme de Paris, mais appartenaient à la Société d’anthropologie de Paris (SAP).

Pour l'historien Mohamed Belghith, «l'identification des restes mortuaires des résistants est un processus long et difficile qui implique la coordination de plusieurs disciplines et spécialistes en la matière, soit des historiens, des anthropologues, médecins et gérontologues».

Anthropologue, historien et auteur notamment de Boubaghla, le sultan à la mule grise: la résistance des Chorfas, Ali Farid Belkadi a été à l’origine de la découverte, en 2011, des crânes de résistants algériens au Musée national d'histoire naturelle (MNHN) à Paris, dont celui de Chérif Boubaghla, à qui il a d’ailleurs consacré le livre cité précédemment. Il indique qu'il a proposé au ministère de la Culture algérienne «l’inventaire des stèles phéniciennes de Cirta-Constantine que j’ai dressé en plusieurs jours, dans les réserves du Musée du Louvre: aucune réponse».

De la passivité des autorités algériennes à la ruse des Français, nostalgiques de leur passé colonial, Dr Belkadi veut attirer l'attention sur «un nombre incalculable d’événements marquants dans la longue lutte des Algériens contre le joug colonial qui sont ignorés jusqu’à nos jours», précise-t-il.

«Vol d'un pan entier de l'histoire algérienne»

Pour l'anthropologue, «la colonisation est un déluge qui a tout submergé sur son passage, ne laissant survivre que des illettrés et des ignorants». Il n'y a pas que les restes des résistants qui «provoquent l'émotion» de l'historien. Souvenons-nous du 5 juillet 1962, date de l'indépendance de l'Algérie, au cours de laquelle des conteneurs entiers de livres rares et des manuscrits inestimables de la Bibliothèque universitaire d’Alger ont été transférés en France alors que celle-ci avait été incendiée par l’Organisation de l’armée secrète (OAS), le 7 juin 1962. Sur les six cent mille ouvrages que la bibliothèque comptait, «seuls quatre-vingt mille ont pu être sauvés». Il s'agit selon l'anthropologue de vols de pans entiers de l'Histoire de ce pays.

En effet, la liste des restes mortuaires devant encore être restitués n’est pas close. Des médias révèlent que les premières investigations entreprises au musée de l’Homme avaient en effet permis de répertorier quarante-quatre crânes d’Algériens probablement morts dans le courant du XIXe siècle. Plus tard, des recherches plus minutieuses ont permis d’établir avec certitude que vingt-six de ces crânes dataient bien de cette période et pouvaient donc être rendus.

L'historien qualifie de «transcendante» l'affaire des crânes de résistants, et il insiste pour que la chaîne des événements ne soit pas interrompue. «La guerre d’indépendance de 1954-1962 ne doit pas être dissociée de l’Histoire des nombreux mouvements de résistance qui se sont opposés à la France dès 1830.» Le plus souvent, lorsqu’on évoque les soulèvements dans l’Algérie coloniale, note Dr Belkadi, «on se limite à la résistance de l'émir Abdelkader dans l’ouest jusqu’en 1847 et à la révolte tardive du cheikh El-Haddad en Kabylie en 1871. Sans omettre les soulèvements locaux, comme l’insurrection des Righas à Aïn Torki (ex-Marguerite) de Yacoub Mohammed ben el-hadj Ahmed.

«Ces révoltes survenaient comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Un siècle avant les maquis de la guerre d’indépendance, et avant l’apparition du cheikh El-Haddad, les populations des régions de Sétif, Bejaïa ou de la vallée de la Soummam, en Kabylie, s’étaient soulevées contre le joug colonial des Français. Khedoudja bent Ahmed Benkanoun des Issers est une héroïne au moins égale à Fatma N’Soumer. Une haute et belle figure de la résistance. Lors de l'insurrection de 1871, elle lutta les armes à la main contre les occupants français, elle était affiliée à la Rahmania et n'obéissait qu'au cheikh El-Haddad.»

Réaction officielle timide

Les autorités algériennes ont répondu à ces révélations. Le ministre des Moudjahidines (anciens combattants) a démenti les informations rapportées par le journal américain, en les qualifiant de «fausses et infondées». 

Laïd Rebiga a affirmé que «les vingt-quatre crânes ont été clairement identifiés, de manière scientifique et suivant les normes mondiales, comme étant des restes mortuaires de résistants algériens, et ce, bien avant leur restitution à l’Algérie».

Dr Belkadi voit dans cette polémique un autre indice révélateur du «gouffre» séparant les Algériens de leur Histoire. «L’Histoire, ce n’est pas tout blanc ou tout noir. Il n’y a pas de recette pour écrire l’Histoire. Il faudrait régulièrement élargir les champs de la recherche et ne pas se contenter de ce que l’on a sous les yeux. De nos jours, on peut avoir accès en un clin d’œil à des sources documentaires insoupçonnées auparavant, grâce aux technologies numériques», explique-t-il. Et d'ajouter: «Il faut libérer tous les possibles pour les nouvelles générations, transmettre le flambeau qui illuminera les idées saines.»

Côté officiel, le discours des autorités publiques reste toujours du côté de la dénonciation de «l’acharnement médiatique contre l’Algérie». Laïd Rebiga déclare d’ailleurs à ce propos: «C’est l’Algérie qui est ciblée par cette campagne médiatique mensongère.» Il s’engage à dévoiler plus de détails au sujet de cette affaire prochainement.


Le guide suprême de l'Iran n'aurait plus de contact direct en raison des craintes d'une attaque

Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
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  • Mojtaba Khamenei communiquerait via des intermédiaires de confiance
  • Il ne ferait que donner des orientations générales sur les négociations, selon le rapport

DUBAI : Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei opère depuis un lieu tenu secret avec un accès limité au monde extérieur, s'appuyant sur un réseau de courriers pour relayer les messages, alors que les dirigeants du pays craignent de nouvelles frappes ciblées, selon une exclusivité de CBS News citant des responsables américains familiers avec le renseignement.

Le rapport de dimanche affirmait que les problèmes de communication au sein de la direction de l'Iran étaient devenus un obstacle majeur dans les négociations avec l'administration de Donald Trump, les responsables iraniens autorisés à dialoguer avec Washington ayant du mal à communiquer même au sein de leur propre système.

Des responsables américains ont déclaré à CBS que lorsque des propositions étaient envoyées à Téhéran, des délais importants s'écoulaient avant que les réponses ne soient reçues, car les messages devaient d'abord passer par des intermédiaires pour parvenir au dirigeant suprême.

Selon CBS, les dirigeants iraniens ont adopté des mesures de sécurité extrêmes à la suite des frappes américaines et israéliennes menées dans le cadre de l'opération Epic Fury, qui, selon les services de renseignement, ont permis de cibler et de tuer plusieurs personnalités iraniennes de haut rang.

La plupart des hauts responsables passeraient désormais des semaines à l'intérieur de bunkers lourdement fortifiés, évitant tout contact direct et limitant les communications, sauf en cas de nécessité.

Le rapport ajoute que même les hauts responsables iraniens ne savent pas exactement où se trouve le guide suprême ou n'ont pas de ligne de communication directe avec lui.

Les messages sont transmis par l'intermédiaire de courriers de confiance spécialement utilisés pour dissimuler sa position, et il ne donnerait que des indications générales sur les questions qui peuvent être négociées et celles qui restent hors de portée.

M. Khamenei, qui a succédé à son père assassiné, l'ayatollah Ali Khamenei, n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre.


Piratée, l'application de Tunisie Telecom envoie un message critique du pouvoir

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
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  • L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application
  • Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche

TUNIS: Au lieu d'une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir: à la suite d'une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l'application de l'opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante".

"Des promesses et des slogans, pour quel résultat?", demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d'écran sur Facebook.

Il n'a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application.

Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l'objet d'une cyberattaque aujourd'hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service", a écrit l'opérateur.

"Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l'entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients", a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kais Saied, à la suite duquel il s'est octroyé de très larges pouvoirs.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
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  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.