Des écologistes font face à la crise environnementale dans le nord-est de la Syrie

La pépinière Barin, située à Qamishli, en Syrie, fait don de milliers d'arbres et de jeunes plants à des projets locaux de lutte contre la surexploitation agricole (Photo, AN/Ali Ali)
La pépinière Barin, située à Qamishli, en Syrie, fait don de milliers d'arbres et de jeunes plants à des projets locaux de lutte contre la surexploitation agricole (Photo, AN/Ali Ali)
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Publié le Mardi 01 novembre 2022

Des écologistes font face à la crise environnementale dans le nord-est de la Syrie

  • Les conflits et les variations climatiques ont abandonné cette région riche en ressources à la pollution et à la désertification
  • Les comités écologiques locaux et les projets bénévoles se sont inspirés des initiatives environnementales de l'Arabie saoudite

QAMISHLI, Syrie: Pendant des milliers d'années, les terres situées entre l'Euphrate et le Tigre ont vu naître et disparaître des dizaines de civilisations qui dépendaient des fleuves et des richesses naturelles de la région pour survivre.
Mais aujourd'hui, après une décennie de conflit et de sécheresse, le territoire situé entre les fleuves, et plus particulièrement le nord-est de la Syrie, n'est plus que l'ombre de ce qu'il était autrefois.
Les grands fleuves et leurs affluents, qui coulaient autrefois d'une eau claire, se sont asséchés jusqu'à devenir un filet d'eau et sont remplis d'ordures et d'eaux usées. Le sol riche qui nourrissait autrefois toutes sortes d'arbres est asséché, et ses forêts ont disparu avec lui.
Cependant, tout espoir n'est pas perdu. De petits groupes d'écologistes et de bénévoles refusent de rester impuissants face à la crise et s'efforcent de reverdir le nord-est de la Syrie.
Planter quatre millions d'arbres dans un pays menacé par le changement climatique, la désertification et la guerre peut sembler une tâche colossale, mais c'est celle que l'initiative écologique locale Green Tress a décidé d'entreprendre.
«Nous sommes dans l'un des pays les plus dangereux du monde, mais cela ne signifie pas que nous ne pouvons rien faire, ou que nous sommes une société impuissante. Nous pouvons créer des initiatives et prendre des responsabilités dans notre société», a déclaré Ziwar Sheikho, l'administrateur de Green Tress, à Arab News dans la pépinière de l'initiative située dans la ville de Qamishli.
«La pollution a le potentiel de tuer plus de personnes que les balles», a affirmé M. Sheikho, en se baissant pour vérifier si l'une des milliers de graines qu'il avait plantées avait commencé à germer. «Tout le monde comprend que la disparition de l'environnement est la disparition de l'humanité.»
L'initiative locale a commencé en 2020, après que la municipalité de Tel Kocher a érigé une série de palmiers en ciment le long de la route principale de la ville. Sheikho a écrit une lettre à la municipalité et au conseil écologique local pour critiquer la construction et inciter la ville à adopter une approche plus écologique. Finalement, les faux arbres ont été retirés et remplacés par de vrais.
Non content de cette petite victoire, M. Sheikho savait qu'il devait faire davantage. Avec un écrivain et un cinéaste locaux, M. Sheikho, journaliste de profession, a réfléchi à la manière de rendre son pays plus respectueux de l'environnement.
Outre la plantation de quatre millions d'arbres, Green Tress vise également à porter à 18 le pourcentage de zones vertes dans le nord et l'est de la Syrie. De nombreuses forêts autrefois luxuriantes le long de la frontière nord ont été détruites pendant la crise, lorsque des habitants désespérés ont été contraints de couper des arbres pour en faire du bois de chauffage lorsque les sources de combustible se sont épuisées.

Un semis de pin à la pépinière Green Tress à Qamishli, en Syrie. (Photo, AN/Ali Ali)

D'après l'outil de surveillance en ligne Global Forest Watch, basé aux États-Unis, la Syrie a perdu plus de 26 000 hectares de couverture forestière depuis 2001.
L'initiative s'est heurtée à de nombreux obstacles, dont le principal est le manque de soutien. «Nous sommes tous des volontaires. Le terrain que nous utilisons actuellement nous a été donné. Notre citerne d'eau nous a été offerte. Comme nous sommes une organisation indépendante, qui n'est liée à aucun gouvernement, nous devons obtenir tous nos outils auprès de donateurs», a déclaré M. Sheikho.
La Vision 2030 saoudienne, annoncée par le prince héritier Mohammed ben Salmane en 2016, a été une source d'inspiration majeure pour Green Tress, a indiqué M. Sheikho. L'Initiative verte saoudienne, qui a été lancée en 2021 conformément aux objectifs de la Vision 2030, s'est engagée à réhabiliter 40 millions d'hectares de terres et a déjà planté 8,4 millions d'arbres dans le Royaume.
«Nous avons constaté que de nombreux projets au Moyen-Orient se sont avérés destructeurs pour l'environnement. Par exemple, à cause des 23 barrages construits par la Turquie sur l'Euphrate, 178 rivières, ruisseaux et sources qui se trouvaient auparavant dans (le nord de la Syrie) se sont asséchés. Le Tigre et l'Euphrate sont en mauvais état à cause de cela.»
«La Vision 2030 saoudienne, et l'Initiative verte saoudienne, ont changé notre opinion. Elle nous a donné beaucoup d'espoir. Elle a pour objectif de planter des milliards d'arbres au Moyen-Orient. Nous avons lancé notre initiative au moment même où elle a été annoncée. Nous espérons qu'elle s'étendra à de nombreux autres pays», a-t-il poursuivi.
Les ambitions de l'Arabie saoudite se sont effectivement étendues au-delà de ses propres frontières sous la forme de l'Initiative verte du Moyen-Orient, qui entend planter 50 milliards d'arbres dans la région, parmi d'autres initiatives visant à atténuer le changement climatique.
Pour sa part, Green Tress va au-delà de la simple plantation d'arbres. L'initiative organise des ateliers dans les villages du nord-est de la Syrie pour enseigner aux habitants les principes fondamentaux du compostage afin de réduire la dépendance aux engrais chimiques nocifs, qui, selon le département de l'agriculture, sont parmi les principales causes de la désertification.

EN CHIFFRES

* 59 % des terres syriennes sont menacées par la désertification
* 26 000 hectares de forêts syriennes ont disparu depuis 2001
* 34 mètres cubes d'eau souterraine sont pompés par les Syriens chaque année

Un panneau présentant des initiatives environnementales menées avec l'aide de la municipalité populaire de Qamishli. (Photo, AN Ali Ali)

À l'époque où le régime syrien contrôlait le nord-est, celui-ci a désigné ces régions comme des zones agricoles, notamment pour la production de coton ainsi que de blé et d'autres céréales. Des décennies de production céréalière continue ont rendu la plupart des sols riches situés entre le Tigre et l'Euphrate vulnérables à la désertification.
Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la surproduction d'une même culture conjuguée au manque d'eau entraîne la désertification dans les régions venteuses comme le nord-est de la Syrie. Le rapport 2022 de la FAO indique que la production syrienne de blé est tombée cette année à un million de tonnes, soit 75 % de moins que les niveaux d'avant-guerre, en raison de la forte dépendance à l'égard de l'agriculture pluviale résultant de l'effondrement des systèmes d'irrigation et des coupures et pénuries d'eau répétées.
Selon le département agricole de l'Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), des études ont montré que la désertification menace au moins 59 % des terres agricoles du pays.
L'érosion hydrique due à l'abattage excessif des arbres, l'érosion éolienne due au manque de couverture végétale et l'augmentation de la salinité des eaux souterraines due à l'absence de systèmes de drainage efficaces sont autant de facteurs qui ont contribué à la désertification rapide, a déclaré un porte-parole du département agricole à Arab News.
Dans le sillage de ces politiques, l'AANES, qui a été établie comme une zone autonome dans le nord et l'est de la Syrie, séparée à la fois du régime et de l'opposition, a créé un conseil écologique pour tenter de réparer les dommages causés par des années de guerre et de mauvaise gestion.
«Le travail que nous accomplissons ne concerne pas seulement cette région, mais le monde entier. Notre objectif est la protection de la planète», a déclaré à Arab News Berivan Omer, vice-président du conseil écologique de la région de Jazira de l'AANES.
Le conseil écologique a réussi à faire pression pour l'application de deux lois l'année dernière: la loi sur la propreté et la loi sur la protection de l'environnement. La loi sur la propreté interdit de jeter des déchets dans des zones non désignées à des heures non désignées, de jeter des détritus et de déverser des déchets dans les rivières, les ruisseaux et les sources.
Elle interdit également aux industriels de jeter leurs déchets dans des endroits quelconques et punit d'une amende pouvant aller jusqu'à 250 000 livres syriennes (environ 45 dollars) ceux qui abattent des arbres dans des jardins publics ou privés sans autorisation.
La rivière Jaghjagh, un affluent de l'Euphrate, était autrefois claire et coulait rapidement à travers la ville de Qamishli. Aujourd'hui, elle est remplie de déchets et d'ordures, et son odeur nauséabonde se répand sur plusieurs quartiers de la ville. Le faible niveau d'eau de tous les cours d'eau syriens a entraîné la propagation de maladies telles que la leishmaniose et même le choléra, qui a récemment fait son retour dans le pays et a infecté plus de 15 000 personnes.
Bien que la municipalité locale, le conseil écologique et des bénévoles aient mené plusieurs opérations de nettoyage au cours des dernières années, la rivière revient invariablement à son état antérieur après peu de temps.
Beaucoup de choses échappent au contrôle de l'administration locale, explique Omer. Les maisons qui déversent leurs déchets directement dans la rivière ont été construites sur ses rives il y a des décennies, et à part l'expulsion des résidents, il ne semble pas y avoir de solutions faciles.

Des déchets obstruent la rivière Jaghjagh à Qamishli, en Syrie. (Photo, AN/Ali Ali)


«En ce qui concerne la rivière, nous effectuons actuellement des études. Nous allons mener six mois de recherche pour comprendre comment la nettoyer correctement», a-t-il annoncé à Arab News. «Nous allons essayer de voir si le problème peut être résolu par un simple nettoyage ou si nous devons détourner tout le système d'égouts.»
D'autres problèmes environnementaux abondent dans la région: Le manque de raffineries avancées de pétrole a conduit à l'utilisation de brûleurs primitifs pour produire du carburant. Les déchets gazeux et liquides issus du processus de fabrication du combustible se retrouvent dans l'air, l'eau et le sol, ce qui a entraîné une augmentation des maladies respiratoires et des cas de cancer dans la région de Jazira, où fonctionnent plus de 200 de ces brûleurs.
Bien que le conseil écologique ait tenté de promouvoir l'utilisation de sources d'énergie alternatives telles que l'énergie solaire, les matériaux accessibles sont chers et de mauvaise qualité. Le réseau électrique principal fonctionnant en dessous de ses capacités depuis le début de la guerre, la majorité du nord-est de la Syrie dépend des générateurs de quartier, qui sont bruyants et produisent des fumées toxiques.
Omer et Sheikho pensent tous deux que le changement le plus important réside dans la mentalité de la communauté.
«Les gens ici disent: "si je nettoie mon environnement, je ne nettoierai que ma maison. Tout le reste est de la responsabilité de l'État ou de la municipalité"», a indiqué M. Omer.
Sheikho a expliqué que Green Tress a tenu des réunions avec la Communauté démocratique de l'islam, un conseil des responsables religieux musulmans locaux, pour leur demander d'inclure dans leurs sermons des leçons sur les avantages de la protection de l'environnement.
Le conseil écologique a également organisé des ateliers parmi les conseils de village locaux pour apprendre aux habitants à trier leurs déchets en vue de leur recyclage.
«Nous devons commencer au niveau des ménages. Il faut beaucoup d'argent, de travail et d'outils spéciaux pour trier les déchets destinés au recyclage. Mais si cela commence dans les foyers, ce sera beaucoup plus facile», a déclaré Omer.
«Les gens avaient l'habitude de vivre comme faisant partie de la nature, mais maintenant, ils en sont séparés. Ils se considèrent comme le centre de la nature et non plus comme une simple composante. En tant qu'humains sur cette planète, nous pouvons vivre en harmonie avec tous les êtres vivants.»


Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Liban: des frappes israéliennes tuent deux personnes dans le sud du Liban

Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
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  • Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël
  • Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie

SAIDA: Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024.

La première frappe a visé une voiture près de Saïda, principale ville de la zone, tuant un homme, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël.

Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie.

Une deuxième frappe a également visé une voiture à Bazourieh près de la ville de Tyr, faisant un mort, selon le ministère.

Dans deux communiqués séparés, l'armée israélienne a affirmé avoir "visé des terroristes du Hezbollah".

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre avec le Hezbollah, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser la formation pro-iranienne qu'Israël accuse de se réarmer.

L'aviation israélienne avait visé lundi "des structures militaires du Hezbollah", dont des tunnels, dans une série de raids sur le sud du pays.

Ces frappes interviennent alors que l'armée libanaise a indiqué début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la partie du sud située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Zahrani se situe au nord du Litani et Bazourieh au sud du fleuve.

Israël a jugé que les efforts de l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".


Le président syrien « ne participera finalement pas » au Forum de Davos, selon des sources

La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
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  • Les participants souhaitaient entendre Ahmed Al-Chareh, mais comprennent les défis internes auxquels le pays est confronté

DAVOS : Le président syrien Ahmed Al-Chareh a annulé sa participation à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos cette semaine, selon un haut responsable de l’organisation.

Arab News s’est entretenu avec de nombreux participants au Centre des congrès, qui ont exprimé leur déception face à cette décision. La présence du président dans des sessions de haut niveau consacrées à la diplomatie et à l’économie aurait marqué la première participation d’un chef d’État syrien au forum.

Beaucoup espéraient entendre Al-Chareh s’exprimer sur les réformes jugées impressionnantes et sur les opportunités d’investissement en Syrie, tout en comprenant les défis internes auxquels Damas est actuellement confrontée.

« Avec tout ce qui s’est passé ces dernières semaines au Moyen-Orient, on s’attendait à ce qu’Al-Chareh ne puisse probablement pas venir », a confié un participant à Arab News.

Les forces gouvernementales syriennes ont intensifié leurs opérations contre les Forces démocratiques syriennes dans plusieurs gouvernorats — notamment Alep, Raqqa et Hassaké — avec des échanges de tirs fréquents signalés, même lorsque des trêves temporaires sont négociées.

L’an dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères récemment nommé, Asaad Al-Shibani, s’était rendu à Davos dans le cadre des efforts du forum visant à réintégrer la Syrie dans les discussions politiques et économiques mondiales après des années d’isolement sous le régime d’Assad.

L’annulation du déplacement d’Al-Chareh à Davos intervient après plusieurs semaines de pressions diplomatiques et militaires. Son gouvernement de transition, arrivé au pouvoir après le renversement de l’ancien dirigeant Bashar al-Assad fin 2024, cherche activement une reconnaissance internationale, obtenant un allègement progressif des sanctions et renforçant son dialogue avec les partenaires occidentaux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et le Premier ministre palestinien évoquent Gaza à Davos

(Photo: SPA)
(Photo: SPA)
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  • Le prince Faisal ben Farhane et Mohammed Mustafa se sont entretenus en marge du Forum économique mondial

LONDRES: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, et le Premier ministre palestinien, Mohammed Mustafa, ont discuté mardi des derniers développements de la situation à Gaza.

La rencontre s’est tenue en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse. Les deux responsables ont également passé en revue les relations bilatérales ainsi que les perspectives de coopération, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Plusieurs responsables saoudiens ont assisté à cet entretien, parmi lesquels l’ambassadeur du Royaume en Suisse, Abdulrahman Al-Dawood, le directeur général du bureau du ministre des Affaires étrangères, Waleed Al-Ismail, ainsi que Mohammed Alyahya, conseiller du ministre des Affaires étrangères.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com