Afghanistan: Depuis le retour des talibans, l’égalité des sexes en chute libre

Des combattants talibans tirent en l'air pour disperser des manifestantes afghanes à Kaboul, le 13 août 2022 (Photo, AFP).
Des combattants talibans tirent en l'air pour disperser des manifestantes afghanes à Kaboul, le 13 août 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 19 septembre 2022

Afghanistan: Depuis le retour des talibans, l’égalité des sexes en chute libre

  • Des décennies d'acquis anéantis en quelques mois depuis la prise de pouvoir par les talibans en août 2021
  • Les femmes dans le monde ont perdu environ 800 milliards de dollars de revenus en 2020 à cause de la pandémie

NEW YORK/BOGOTA, Colombie: Depuis que les talibans se sont emparés de Kaboul en août 2021, deux décennies de progrès en matière d'éducation, d'emploi et d'autonomisation des femmes dans la vie publique afghane ont été considérablement réduites, ce qui a conduit à des appels à la communauté internationale pour accroître la pression sur le régime.

S'exprimant lors d'une récente conférence de presse des Nations unies, Naheed Farid, une militante afghane des droits des femmes qui a été la plus jeune femme politique à être élue au parlement du pays en 2010, a exhorté les dirigeants mondiaux à qualifier les talibans de régime «d'apartheid des genres».

Naheed Farid, militante afghane des droits des femmes, s'exprime lors d'une conférence des Nations unies sur les droits des femmes. (Photo fournie)

«Les femmes afghanes vivent l'une des plus grandes crises des droits de l'homme dans le monde et dans l'histoire des droits de l'homme. Ce qui se passe en Afghanistan, c'est l'apartheid des genres», a déclaré Farid aux journalistes à New York le 12 septembre.

«Je ne suis pas la première à le dire. Mais l'inaction de la communauté internationale et des décideurs en général fait qu'il est important pour nous tous de le répéter chaque fois que nous le pouvons.»

Tout comme en Afrique du Sud dans les années 1980 et 1990, Mme Farid a déclaré que l'étiquette d'apartheid pourrait être un catalyseur de changement en Afghanistan, où de sévères restrictions ont été imposées sur les mouvements des femmes, leur droit au travail et leur accès à l'éducation depuis que les talibans ont pris le pouvoir.

L'Organisation de la coopération islamique et les autres organismes multilatéraux doivent amener les talibans à respecter les questions relatives aux femmes et aux droits de l'homme, déclare la militante Naheed Farid. (Photo fournie)

Lorsque les dirigeants mondiaux se réuniront pour l'Assemblée générale des Nations unies à New York, a déclaré Mme Farid, ils devront s'entretenir avec les femmes afghanes vivant en exil et tenter de saisir la gravité de la situation que subissent les femmes et les filles en Afghanistan.

«Toutes les femmes afghanes, où qu'elles se trouvent, se sentent abandonnées par la communauté internationale, ont l'impression que leur voix n'est pas entendue et que leurs demandes ne sont pas prises en compte dans les discussions et les politiques qui ont un impact sur l'avenir de leur pays», a-t-elle déclaré.

Mme Farid a appelé l'Organisation de la coopération islamique et d'autres organismes multilatéraux à créer une plateforme permettant aux femmes afghanes de négocier directement avec les talibans sur les questions relatives aux droits des femmes et aux droits de l'homme.

S'exprimant également lors de la conférence de presse, Najiba Sanjar, féministe afghane et militante des droits de l'homme, a exhorté les gouvernements à maintenir les sanctions à l'encontre des talibans, à bannir les représentants du groupe des Nations unies et à faire en sorte que toutes les délégations rencontrant des responsables du régime comprennent des femmes.

«Il est nécessaire de s'engager auprès des talibans pour protéger les droits des femmes en Afghanistan, mais cet engagement ne doit pas se faire à huis clos, en l'absence des femmes afghanes», a déclaré Mme Sanjar.

«Deuxièmement, l'engagement avec les talibans ne doit pas donner de légitimité et de reconnaissance aux talibans. Et, comme toujours, surtout ce mois-ci avant que le monde ne se réunisse pour l'Assemblée générale des Nations unies, nous demandons que les femmes afghanes ne soient pas oubliées, ni réduites au silence, ni abandonnées comme dommages collatéraux des promesses non tenues par le monde.»

Selon un nouveau rapport des Nations unies, il faudra peut-être attendre des siècles avant de parvenir à une égalité totale entre les sexes dans le monde entier, car les multiples crises mondiales et les réactions hostiles aux droits des femmes n'ont fait qu'accentuer les disparités existantes.

D'ici fin 2022, environ 383 millions de femmes et de filles vivront dans l'extrême pauvreté, contre 368 millions d'hommes et de garçons, selon un rapport de l'ONU (Photo, AFP).

En 2015, l'ONU a lancé les Objectifs de développement durable (ODD) – un ensemble d'aspirations couvrant tous les aspects, de l'élimination de la faim à l'accès à l'éducation pour tous – à atteindre d'ici 2030. Parmi eux figure l'objectif de l'égalité des sexes.

Cependant, selon le rapport de l'ONU, intitulé «Progress on the Sustainable Development Goals: The Gender Snapshot 2022», compilé par ONU Femmes et le Département des affaires économiques et sociales de l'ONU (DAES), il est peu probable que cet objectif soit atteint au cours de ce siècle, et encore moins à la fin de la décennie.

Au rythme actuel des progrès, le rapport estime qu'il faudra jusqu'à 286 ans pour combler les lacunes en matière de protection juridique et supprimer les lois discriminatoires, 140 ans pour que les femmes soient représentées de manière égale aux postes de pouvoir et de direction sur le lieu de travail, et au moins 40 ans pour parvenir à une représentation égale dans les parlements nationaux.

Pour éradiquer le mariage d'enfants d'ici 2030, le rapport indique que les progrès doivent être 17 fois plus rapides que ceux de la dernière décennie. Il souligne également un renversement de tendance dans la réduction de la pauvreté et indique que la hausse des prix risque d'exacerber cette tendance.

D'ici fin 2022, environ 383 millions de femmes et de filles vivront dans l'extrême pauvreté, contre 368 millions d'hommes et de garçons. Beaucoup d'autres auront des revenus insuffisants pour répondre aux besoins fondamentaux tels que la nourriture, les vêtements et un logement adéquat dans la plupart des régions du monde, ajoute le rapport.

«Il s'agit d'un point de basculement pour les droits des femmes et l'égalité des sexes, alors que nous nous approchons de la moitié du chemin vers 2030», a déclaré Sima Bahous, directrice exécutive d'ONU Femmes, dans un communiqué.

«Il est essentiel que nous nous mobilisions maintenant pour investir dans les femmes et les filles afin de récupérer et d'accélérer les progrès. Les données montrent des régressions indéniables dans leur vie, aggravées par les crises mondiales, en matière de revenus, de sécurité, d'éducation et de santé. Plus nous tardons à inverser cette tendance, plus elle nous coûtera cher à tous.»

Plusieurs crises qui se chevauchent ont contribué à ce renversement des droits et des opportunités pour les femmes. Par exemple, la pandémie de Covid-19 et ses répercussions économiques ont imposé un tribut disproportionné aux femmes et aux ménages dirigés par des femmes.

En 2020, les fermetures d'écoles et d'établissements préscolaires pendant la pandémie ont nécessité 672 milliards d'heures supplémentaires de garde d'enfants non rémunérées dans le monde. En supposant que la répartition des tâches entre les sexes soit restée la même qu'avant la pandémie, les femmes auraient assumé 512 milliards de ces heures.

À l'échelle mondiale, on estime que les femmes ont perdu 800 milliards de dollars de revenus en 2020 à cause de la pandémie et, malgré un rebond, leur participation aux marchés du travail devrait être inférieure en 2022 à ce qu'elle était avant la pandémie.

Dans le même temps, les conflits régionaux et l'impact du changement climatique ont déplacé des millions de personnes. Il n'y a jamais eu autant de femmes et de filles déplacées de force qu'aujourd'hui – environ 44 millions de femmes et de filles d'ici fin 2021.

Selon le rapport des Nations unies, environ 38 % des ménages dirigés par des femmes dans les zones touchées par la guerre connaîtront une insécurité alimentaire modérée ou grave en 2021, contre 20 % des ménages dirigés par des hommes.

La guerre en Ukraine n'a fait qu'aggraver cette insécurité alimentaire, provoquant une flambée des prix du pain, des huiles de cuisson et d'autres produits de base dans certains des contextes les plus vulnérables et les plus dépendants des importations dans le monde.

«Les crises mondiales en cascade mettent en péril la réalisation des ODD, les groupes de population les plus vulnérables du monde étant touchés de manière disproportionnée, en particulier les femmes et les filles», a déclaré Maria-Francesca Spatolisano, sous-secrétaire générale à la coordination des politiques et aux affaires interorganisations au DAES de l'ONU, dans un communiqué.

«L'égalité des sexes est un fondement de la réalisation de tous les ODD et elle devrait être au cœur de la reconstruction en mieux.»

Isolé sur la scène mondiale, privé d'une aide financière essentielle et affligé par la sécheresse et d'autres catastrophes naturelles, l'Afghanistan est particulièrement vulnérable à cet amalgame de crises.

Une enquête récente sur les femmes en Afghanistan, mise en avant par Sanjar lors de la conférence de presse, a révélé que 4 % seulement des femmes déclarent avoir toujours assez de nourriture pour manger, tandis qu'un quart d'entre elles affirment que leur revenu est tombé à zéro.

Les violences familiales et les féminicides auraient augmenté, et 57 % des Afghanes sont mariées avant l'âge de 19 ans, selon l'enquête. Il y a même des cas de familles qui vendent leurs filles et leurs biens pour acheter de la nourriture. 

«Nous regardons tous les souffrances des femmes, des filles et des minorités depuis les écrans de nos téléviseurs comme si un film d'action était en cours», a déclaré Sanjar aux journalistes. «Une véritable forme d'injustice se déroule sous nos yeux. Et nous regardons tous en silence et participons à ce péché en restant complaisants et en l'acceptant comme une nouvelle normalité.»

Et le traitement des femmes par les talibans pourrait aggraver la situation de l'Afghanistan dans son ensemble. À moins que les talibans ne montrent qu'ils sont disposés à assouplir leur ligne dure, en particulier sur les questions relatives aux droits des femmes, il est peu probable que le régime ait accès aux milliards de dollars d'aide, de prêts et d'actifs gelés des États-Unis, du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, dont il a désespérément besoin.

En outre, selon les Nations unies, exclure les femmes du marché du travail coûte à l'Afghanistan jusqu'à 1 milliard de dollars, soit 5 % du produit intérieur brut.

«Il est plus important que jamais de maintenir la situation des femmes en Afghanistan en tête de nos priorités», a déclaré Mona Juul, représentante permanente de la Norvège auprès des Nations unies, lors de la même conférence de presse de l'ONU.

«Un an après la prise du pouvoir par les talibans, la situation des femmes et des filles s'est détériorée à une échelle et à une vitesse choquantes. Les pays, comme le mien, continueront à intervenir directement auprès des talibans pour souligner combien l'éducation des filles et la participation des femmes sont fondamentales, notamment pour répondre à la grave crise humanitaire et économique que connaît le pays.»

EN BREF

2x Les filles afghanes ont deux fois plus de risque de se coucher le ventre vide que les garçons

45 % des filles afghanes ne vont pas à l'école, contre 20 % des garçons

26 % des filles afghanes présentent des signes de dépression, contre 16 % des garçons

Source: Save the Children

Des études ont montré que chaque année supplémentaire de scolarisation peut augmenter jusqu'à 20 % les revenus d'une fille à l'âge adulte, sans compter les autres effets sur la réduction de la pauvreté, l'amélioration de la santé maternelle, la diminution de la mortalité infantile, la prévention du VIH et la réduction de la violence à l'égard des femmes.

«En Afghanistan, comme partout ailleurs dans le monde, la paix et le développement durables ne sont possibles que si les femmes participent pleinement à tous les aspects de la vie politique», a déclaré Mme Juul. «Aucun pays ne peut se permettre de laisser de côté ses femmes et ses filles.»

Pour des millions de femmes et de filles afghanes qui avaient connu un semblant de liberté sous un gouvernement reconnu par l'ONU de 2001 à 2021, l'avenir sous les talibans semble terriblement sombre.

«J'entends de plus en plus d'histoires de femmes afghanes qui choisissent de s’ôter la vie par désespoir», a déclaré Mme Farid.

«C'est l'indicateur ultime de la gravité de la situation pour les femmes et les filles afghanes – qu'elles choisissent la mort, et que cela est préférable pour elles que de vivre sous le régime des talibans.»


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.