Ethiopie: 10 morts dans des bombardements sur la capitale de la région rebelle du Tigré

Le bilan de ce conflit meurtrier est inconnu (Photo, AFP).
Le bilan de ce conflit meurtrier est inconnu (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 15 septembre 2022

Ethiopie: 10 morts dans des bombardements sur la capitale de la région rebelle du Tigré

  • En mars, l'ONU a affirmé qu'au moins 304 civils avaient été tués lors des trois mois précédents dans des frappes aériennes
  • Le gouvernement assure de son côté ne viser que des cibles militaires et accuse le TPLF de mettre en scène des morts de civils

NAIROBI: Dix personnes ont été tuées mercredi dans deux frappes aériennes sur la capitale de la région dissidente du Tigré, selon des médecins, quelques jours après que les autorités rebelles ont ouvert la porte à des négociations de paix avec le gouvernement éthiopien.

Les rebelles tigréens ont aussitôt accusé Addis Abeba de les avoir perpétrées. Dans la journée, le gouvernement éthiopien a assuré qu'il restait "engagé" dans les pourparlers de paix de l'Union africaine (UA), auxquels les rebelles se disent prêts à participer.

Vers 07H30 heure locale (04h30 GMT) mercredi, deux bombardements de drones ont touché une "zone d'habitation" de Mekele et le bilan est de "dix morts", a déclaré Kibrom Gebreselassie, un responsable de l'hôpital Ayder, le plus important du Tigré, dans le nord de l'Ethiopie.

M. Gebreselassie a également fait état de 14 blessés.

Un chirurgien du même hôpital, Fasika Amdeslasie, a évoqué sur Twitter un bilan de dix morts et 13 blessés. "Parmi les victimes, un père est mort et son fils est en chirurgie", a-t-il expliqué.

L'AFP n'a pu vérifier ces bilans auprès d'autres sources, les accès au Tigré, en guerre depuis novembre 2020, étant très restreints et les communications dans la région très difficiles.

Il s'agit, selon les autorités rebelles tigréennes, de la deuxième salve de frappes aériennes éthiopiennes sur Mekele en deux jours, après celle qui a touché mardi l'université de Mekele, faisant des blessés et endommageant des bâtiments. La chaîne de télévision Dimtsi Woyane, affiliée aux rebelles, a affirmé avoir été touchée et subi de "lourds dégâts humains et matériels".

Dimanche, les autorités rebelles s'étaient dites prêtes à des pourparlers de paix sous l'égide de l'Union africaine (UA), une option qu'elles avaient jusqu'alors toujours rejetée, dénonçant la "proximité" de l'envoyé spécial de l'UA, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

Elles ont également fait savoir qu'elles étaient disposées à une "cessation des hostilités immédiate et mutuellement acceptée".

La communauté internationale a dans la foulée exhorté les belligérants à saisir cette "opportunité" de paix.

«Engagé»

Après les bombardements de mercredi, Kindeya Gebrehiwot, un porte-parole des autorités rebelles issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), a sur Twitter accusé "le régime d'Addis (Abeba)" qui selon lui "continue de s'opposer à toute solution pacifique à travers des démonstrations de force et des raids aériens".

Le gouvernement éthiopien, qui n'a pas répondu aux accusations à propos des bombardements de ces derniers jours, a toujours affirmé ne viser que des cibles militaires au Tigré et accuse le TPLF de mettre en scène des morts de civils.

En fin de journée, le gouvernement éthiopien a assuré qu'il restait "engagé" dans le processus de paix piloté par l'UA et dit espérer que "l'Union européenne soutiendra les efforts visant à mettre pacifiquement un terme au conflit", à l'issue d'un entretien entre son vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Demeke Mekonnen, et une diplomate européenne.

L'Union européenne a salué le pas en avant, mais s'est inquiétée que les récentes frappes de drones mettent en danger "le très fragile espoir de paix". "Les pourparlers de paix sont la seule façon d'avancer", a souligné le Service européen pour l'action extérieure dans un communiqué, appelant les deux parties à saisir l'occasion pour tenter d'arrêter la guerre.

La reprise des combats dans le nord de l'Éthiopie, le 24 août, a fait voler en éclats cinq mois de trêve entre l'Éthiopie et ses alliés d'un côté, le TPLF de l'autre, chaque camp accusant l'autre de l'avoir provoquée.

Des affrontements se déroulent au sud, à l'ouest et au nord du Tigré. Les rebelles accusent notamment les armées éthiopienne et érythréenne d'avoir lancé une offensive à partir de l'Erythrée, un pays qui borde le nord du Tigré et a déjà prêté main-forte aux forces fédérales pendant la première phase du conflit.

Ce retour de la violence a totalement interrompu l'acheminement routier et aérien de l'aide humanitaire au Tigré et dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar dont les populations souffrent de la faim, selon l'ONU.

Le bilan de la guerre qui ravage le nord de l'Ethiopie depuis près de deux ans est inconnu.

Le conflit, marqué par des exactions sur les civils commises par les deux camps, a provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes et plongé des centaines de milliers d'Ethiopiens dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU.

Il a éclaté en novembre 2020 quand Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix en 2019, a envoyé l'armée fédérale au Tigré déloger les autorités dissidentes de la région, les accusant d'avoir attaqué des bases militaires.

Initialement battus, les rebelles ont repris le contrôle de la majeure partie de la région courant 2021, au cours d'une contre-offensive qui a débordé en Amhara et en Afar. Ils se sont ensuite repliés vers le Tigré.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.