80 ans après, le sauvetage longtemps oublié d'enfants juifs à Lille

Photo prise le 30 octobre 2014 montrant des bâtiments de la rue de Béthune, une rue piétonne de Lille, dans le nord de la France. (Photo, AFP)
Photo prise le 30 octobre 2014 montrant des bâtiments de la rue de Béthune, une rue piétonne de Lille, dans le nord de la France. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 11 septembre 2022

80 ans après, le sauvetage longtemps oublié d'enfants juifs à Lille

  • Le 11 septembre 1942, au moins 40 juifs, en majorité des enfants parqués dans une gare lilloise, ont été exfiltrés par des cheminots, voisins ou infirmières, qui les ont ainsi sauvé des camps d'extermination allemands
  • Trouvaille inespérée: un rapport dactylographié original de l'ancien chef de gare, Jean Mabille, qui a consigné ses souvenirs de l'opération sur trois feuillets en 1946

LILLE : «On est tombés sur des gens bien». Il y a 80 ans jour pour jour, Eric Adamski échappait à la déportation, comme des dizaines d'autres enfants, grâce à des cheminots lillois. Une histoire tragique et méconnue, exhumée par un historien amateur.

Ce 11 septembre 1942, au moins 40 juifs, en majorité des enfants parqués dans une gare lilloise, ont été exfiltrés par des cheminots, voisins ou infirmières, qui les ont ainsi sauvé des camps d'extermination allemands, selon les recherches effectuées ces dernières années par un historien, Grégory Célerse.

«J'avais quatre ans», se souvient Eric, 84 ans, resté caché des heures ce jour-là dans un local de la gare.

«On crevait de chaud, on pissait partout, ça devait être horrible. Je suis resté un moment sous un bureau. On m'avait dit de ne pas bouger», raconte l'octogénaire.

Et pour cause: la gare de triage de Lille-Fives grouille de soldats allemands, chargés d'envoyer les juifs du nord de la France par convoi vers le centre de transit de Malines en Belgique, étape vers Auschwitz.

A l'aube du 11 septembre, deux mois après la rafle du Vel d'Hiv, des centaines de juifs sont arrêtés dans le Nord et le Pas-de-Calais par la Feldengendarmerie, dont Eric et sa soeur Fella, alors âgée de 9 ans, ainsi que leur mère.

- Décennies de silence -

«On a été embarqués à la gare de Fives. Et on est tombés sur des gens très, très bien», raconte l'octogénaire dont les traits ronds se tendent pour vaincre une pudeur entretenue par des décennies de silence.

Lorsque les cheminots réalisent ce qui se passe, ils cachent ceux qui peuvent l'être, surtout les enfants, dans des bureaux, des trains à l'arrêt et même le sac-à-dos d'une infirmière.

Puis ils les exfiltrent, grâce à leur connaissance des lieux, les confiant à des voisins, des connaissances ou des réseaux de résistance.

Eric est sauvé par «M. Deschryver», comme il l'appelle encore aujourd'hui, un cheminot dont l'épouse faisait des ménages à leur domicile.

Cette dernière vient chercher Fella à vélo. Et «moi je faisais partie de deux ou trois enfants qui ont été emmenés par ce chauffeur de train dans sa locomotive puis sortis par dessus les urinoirs», dont le toit avait été démonté.

Il est caché chez les Deschryver le temps de retrouver ses parents. Sa mère, qui n'était pas juive et avait de faux papiers au nom d'un ancien officier belge, a été renvoyée de Malines vers la France. Son père, lui, était resté caché.

Sur les quelque 500 personnes envoyées en déportation dans ce convoi, seules une quinzaine reviendront.

Eric n'a su que peu de choses sur cette journée fatidique, tout comme nombre d'autres enfants sauvés mais restés orphelins.

Ce sauvetage clandestin, «l'une des seules tentatives réussies de sauver d'un convoi ferroviaire» des juifs envoyés en déportation, selon Serge Klarsfeld, a été largement improvisé. Et a laissé peu de traces.

Résultat: seules quelques publications spécialisées en ont retracé les grandes lignes, sans qu'il ne soit connu du grand public.

- Juste parmi les Nations -

Mais en 2012 un historien amateur, Grégory Célerse, se met à éplucher les compte-rendus d'après-guerre, archives belges, allemandes et françaises, et même les recensements des communautés juives pour reconstituer dans le détail l'ampleur de l'opération.

«Un ami, sachant que je travaillais sur le sujet, s'est souvenu avoir acheté lors d'une brocante dans les années 80 un document d'époque sur une opération de sauvetage similaire», raconte-il.

Trouvaille inespérée: il s'agit en fait d'un rapport dactylographié original de l'ancien chef de gare, Jean Mabille, qui a consigné ses souvenirs de l'opération sur trois feuillets en 1946.

Fort de ce document, et de ses rencontres avec des rescapés ou descendants de cheminots, M. Célerse publie en 2016 un livre sur cet élan de solidarité et ses suites, «Sauvons les Enfants».

La même année, la ville de Lille pose une plaque près des voies ferrées, là où se situait la gare aujourd'hui disparue, commémorant «cet acte de courage et d'humanité» qui «éclaire encore notre présent».

Ces recherches aboutissent également à un documentaire, qui sera diffusé sur France 3 le 19 septembre.

Fin 2021, l'un des cheminots, Marcel Hoffmann, a reçu à titre posthume le titre de «Juste parmi les Nations», en reconnaissance des risques pris il y a 80 ans.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.