Liban: la hausse des divorces reflète les changements socio-économiques

Les pressions économiques, l'évolution des attitudes sociales et le changement du rôle de la femme augmentent les taux de divorce au Liban (Photo, AFP).
Les pressions économiques, l'évolution des attitudes sociales et le changement du rôle de la femme augmentent les taux de divorce au Liban (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 12 septembre 2022

Liban: la hausse des divorces reflète les changements socio-économiques

  • Les pressions économiques, l'évolution des attitudes sociales et le changement du rôle de la femme sont autant de facteurs qui pèsent sur l'économie
  • Une étude récente montre que le Koweït, l'Égypte, la Jordanie et le Qatar sont les pays arabes où le taux de divorce est le plus élevé

BEYROUTH: Alors que la mondialisation transforme la plupart des aspects de la vie moderne, la nature de la famille et de la vie familiale n'est plus ce qu'elle était il y a seulement dix ans. Les tensions habituelles sur le mariage ont été aggravées par la tendance croissante des personnes à quitter leur famille et leur pays d'origine à la recherche d'un moyen de subsistance.

L'augmentation du nombre de couples qui choisissent de se séparer dans plusieurs pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord montre que le monde arabe n'est pas à l'abri de ces changements socio-économiques.

Une étude récente du Centre d'information et d'aide à la décision du Conseil des ministre égyptien a révélé que le Koweït, l'Égypte, la Jordanie et le Qatar sont les pays arabes où le taux de divorce est le plus élevé.

Au Koweït, 48% des mariages se terminent par un divorce, 40% en Égypte, 37,2% en Jordanie, 37,2% au Qatar et 34% dans les Émirats arabes unis et au Liban.

«Certains jours, nous avons jusqu'à 16 cas de divorce dans ce seul tribunal», a déclaré à Arab News le cheikh Wassim Youssef al-Falah, juge de la Charia au tribunal religieux de Beyrouth.

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Des couples de jeunes mariés posent pour une photo à l'acropole romaine de Baalbeck, dans la vallée de la Bekaa (Photo, AFP/Archives).

«Le taux de divorce croissant est un phénomène que nous n'avons jamais vu auparavant, bien que nous ne favorisions pas le divorce et que nous nous concentrions sur la réconciliation.»

Les experts estiment que cette tendance est le résultat d'un mélange de pressions économiques, de l'évolution des normes sociétales, de réformes juridiques et, surtout, de l'évolution du rôle des femmes.

«Les femmes n'ont plus le sentiment d'avoir besoin des hommes», a révélé Al-Falah. «De nombreuses épouses se sont présentées devant mon tribunal, refusant tout accord avec leurs hommes parce qu'elles estiment qu'elles sont capables d'être indépendantes et ne veulent pas que les hommes contrôlent leur vie.»

Pendant une grande partie de l'histoire, notamment dans les cultures les plus conservatrices du monde arabe, la place de la femme a longtemps été considérée comme étant à la maison, répondant aux besoins de la famille, tandis que les hommes étudiaient et travaillaient.

Aujourd'hui, à mesure que les pays arabes modernisent leurs économies et réforment leurs systèmes juridiques, les femmes deviennent plus indépendantes, poursuivent de plus en plus souvent des études supérieures, progressent dans leurs carrières et choisissent de se marier et d'avoir des enfants plus tard dans leur vie.

En conséquence, les femmes arabes ont développé une conscience plus aiguë de leurs droits civils, de leurs ambitions personnelles et de leur respect de soi. Elles refusent de plus en plus de tolérer la violence domestique et sont capables de se prendre en charge financièrement.

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À mesure que les pays arabes modernisent leurs économies et réforment leurs systèmes juridiques, les femmes deviennent plus indépendantes (Photo, AFP/Archives).

«Dans le passé, les femmes hésitaient à prendre la décision de demander le divorce, en gardant à l'esprit que cette option n'est pas disponible dans toutes les sectes du Liban et qu'elle est difficile à atteindre dans certaines d'entre elles», a déclaré à Arab News Manal Nahas, une chercheuse dont le diplôme de troisième cycle portait sur la question du divorce au Liban.

«Cependant, les statistiques actuelles compilées par les tribunaux religieux qui traitent du statut personnel des citoyens libanais et des étrangers résidant au Liban reflètent une augmentation des demandes de divorce, notamment celles présentées par les femmes», a-t-elle expliqué.

Cette augmentation est considérée comme un résultat annexe de changements plus larges dans les attitudes sociales.

«La génération actuelle de femmes envisage le divorce différemment», a souligné Nahas. «Les femmes ne sont plus obligées de tolérer les abus comme le faisaient leurs mères et leurs grands-mères.

«Les femmes d'aujourd'hui sont éduquées, elles travaillent et elles occupent des postes élevés dans leurs domaines d'activité. Il existe maintenant une égalité entre les hommes et les femmes. L'âge moyen du mariage pour les femmes dans les décennies d'après-guerre était de 24 ans. Il est aujourd'hui passé à 32 ans à cause du progrès social, des conditions économiques et de la participation des femmes au marché du travail.»

Nahas a indiqué: «En outre, les femmes sont choyées dans le foyer de leurs parents avant de se marier. Par conséquent, il est plus facile pour elles de divorcer que de continuer à vivre dans un climat de mariage insupportable. Dans la société libanaise, le divorce n'est plus considéré comme une marque d'infamie.

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Des femmes libanaises participent à une manifestation devant le Conseil suprême chiite du Liban pour demander aux religieux d'augmenter l'âge à partir duquel la garde des enfants des couples musulmans chiites divorcés peut être attribuée à la mère, dans la capitale Beyrouth (Photo, AFP/Archives).

«La plupart des parents réintègrent désormais leur fille divorcée au lieu de la rejeter. Il y a eu un changement sociétal. Presque tout le monde connaît le divorce, car ce n'est plus considéré comme une décision difficile à prendre.»

Au Liban, où une grande partie de la population s'est déplacée à l'étranger pour trouver des emplois mieux rémunérés, la difficulté de maintenir une relation à distance semble également jouer un rôle dans la rupture du mariage.

«Mon mari travaille en Afrique depuis de nombreuses années et je vis avec mes enfants au Liban», a déclaré Neemat, 34 ans, à Arab News au tribunal religieux de Beyrouth, où elle demandait le divorce.

«Nous avons décidé de nous séparer à l'amiable, notre vie commune étant devenue insupportable. Il prendra en charge la pension alimentaire pour les enfants et m'a entièrement payé son dû par le biais du paiement conjugal différé.»

Al-Falah a affirmé que ce type de rupture de relation est courant.

«Les mariages les plus ratés sont ceux dans lesquels le mari émigre à l'étranger pour travailler et la femme reste au Liban», a-t-il dévoilé. «Lorsque les conjoints se retrouvent, ils découvrent qu'ils ne peuvent pas vivre ensemble. En général, ces mariages ne durent pas.»

«Cependant, si ce mariage produit des enfants, nous essayons d’arranger la relation entre le couple car nous ne voulons pas nuire aux enfants», a indiqué Al-Falah.

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Les valeurs familiales sont importantes dans la culture arabe, et les autorités – tant religieuses que laïques – ont tendance à préférer que les parents restent ensemble pour le bien de leurs enfants (Photo, AFP/Archives).

Cependant, toutes les procédures de divorce ne sont pas aussi amicales que celle de Neemat. Al-Falah a déclaré qu'il a traité plusieurs conflits conjugaux extrêmement acrimonieux.

«J’ai commencé à recevoir dans mon bureau des couples où l’un des époux a été victime de violence conjugale aux mains de son conjoint, bien que la violence conjugale à l'égard des femmes soit plus courante», a-t-il estimé.

«Plus on s'éloigne de la ville, plus la violence conjugale devient l'une des raisons du divorce, surtout dans les régions reculées. Nous n'essayons pas d’arranger ce type de mariage car nous ne voulons pas être complices d'un crime.»

Les réformes du statut juridique des femmes au Liban ont fait l'objet d'une attention particulière ces dernières années, avec l'introduction d'un grand nombre de lois destinées à les protéger du harcèlement sexuel et des violences conjugales. Toutefois, les observateurs des droits de l'homme estiment que ces réformes ne vont pas assez loin.

En décembre 2020, par exemple, le Parlement libanais a adopté une loi qui a criminalisé le harcèlement sexuel et défini des mesures pour protéger les dénonciateurs, mais n'a pas respecté les normes internationales de manière à lutter contre le harcèlement au travail par le biais du droit du travail.

Le Parlement a également modifié une loi sur la violence conjugale afin d'en étendre le champ d'application pour inclure la violence liée au mariage, mais pas nécessairement commise pendant le mariage, permettant ainsi aux femmes de demander une protection contre leur ex-mari. Cependant, elle n'a pas criminalisé le viol conjugal.

L'effondrement financier du Liban en 2019 et les effets de la pandémie de la Covid-19 semblent avoir accentué la pression sur les relations, car le niveau de vie a chuté, les gens ont perdu leurs emplois et les ménages ont été contraints de vivre de longues périodes de proximité constante en état de confinement.

«Après la quarantaine causée par la pandémie de la Covid-19, nous avons assisté à une augmentation des demandes de divorce», a révélé Al-Falah. «Certains couples ont découvert qu'ils ne pouvaient pas se tolérer et le fossé qui les séparait est devenu apparent.

«Le taux de demandes de divorce a augmenté après l'intensification de la crise économique; les maris ont cessé de travailler, les banques ont arrêté d'encaisser les dépôts et les prêts immobiliers à taux réduit n'ont plus été accordés.

«Nous assistons à des cas de demandes de divorce pour des couples qui vivent ensemble depuis treize ou vingt ans, ce qui n'était pas le cas auparavant. Nous pouvons dire que les taux de divorce ont augmenté de 35 à 40% dans le tribunal religieux de Beyrouth au cours de cette année», a-t-il spécifié.

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Chaque religion choisit les droits qui conviennent à son programme, si bien qu'une large reconnaissance de l'égalité des femmes est difficile, affirme Claudine Aoun, présidente de la Commission nationale pour les femmes libanaises (Photo, Fournie).
 

Plusieurs pays dans le monde ont signalé des pics de violence conjugale pendant la pandémie et le Liban ne fait pas exception. Les difficultés économiques du pays et les interruptions des procédures judiciaires pendant la crise sanitaire semblent aggraver la situation.

Kafa, une organisation libanaise non gouvernementale créée en 2005 pour faire campagne contre les violences conjugales, a récemment mis en garde contre «les répercussions dangereuses de l'effondrement institutionnel au Liban de la sécurité sociale et familiale».

«La suspension des services des juges au Liban aura un impact négatif sur les femmes et les enfants souffrant de violences domestiques», a déclaré l’organisation.

Kafa a souligné «l'augmentation de la violence conjugale et l'augmentation du nombre d'incidents violents visant les femmes, qui ont conduit au meurtre de trois femmes en une seule semaine».

Les chiffres relatifs au divorce au Liban pourraient être quelque peu faussés par l'utilisation croissante du mariage comme moyen d'obtenir la citoyenneté d'un autre pays, des vagues de jeunes partant à l'étranger à la recherche de meilleures opportunités.

«Il existe un divorce pour ceux dont le mariage était basé sur la convenance», a déclaré Al-Falah. «Par exemple, les maris qui s'installent à l'étranger et veulent épouser une femme étrangère doivent prouver qu'ils ne sont pas mariés dans leur pays d'origine pour qu'ils puissent se marier, puis obtenir la nationalité du pays de leur nouvelle épouse.

«Après avoir obtenu la nouvelle nationalité, ils se remarient avec leur épouse d'origine qu’ils ont divorcé dans leur pays.»

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Au Liban, où une grande partie de la population s'est déplacée à l'étranger pour trouver des emplois mieux rémunérés, la difficulté de maintenir une relation à distance semble également jouer un rôle dans la rupture du mariage (Photo, AFP/Archives).

Le Liban est un pays multiconfessionnel. À la suite de la guerre civile de 1975-1990, les communautés religieuses du pays ont accepté de partager le pouvoir par le biais d'une division complexe des autorités et d'institutions distinctes régissant les questions communautaires, notamment le mariage et le divorce.

Les citoyens libanais passent souvent d'une secte à l'autre pour faciliter un divorce. Les couples de la secte maronite, par exemple, dont les tribunaux interdisent l'annulation du mariage sauf dans les circonstances les plus extrêmes, peuvent se tourner vers les sectes catholique ou orthodoxe, qui autorisent l'annulation des mariages.

Ils peuvent même se tourner vers la secte sunnite pour accéder aux procédures de divorce avant de se reconvertir dans leur secte d'origine. Selon la charia, le divorce – connu sous le nom de khol' (droit au divorce des femmes) – est autorisé depuis l'époque du prophète Mohammed.

Obtenir un divorce dans un tribunal religieux sunnite est considéré comme plus facile que dans un tribunal religieux chiite, après que ces tribunaux ont élaboré de nouvelles règles qui relevant l'âge de la garde des enfants, modifié la dot et interdit le mariage des mineurs.

Des groupes de la société civile ont demandé une loi facultative sur l'état civil au Liban. Actuellement, de nombreux jeunes Libanais de toutes les sectes se rendent à Chypre ou en Turquie pour se marier civilement. Les tribunaux civils libanais acceptent d'enregistrer ces mariages mais les autorités religieuses continuent de les rejeter.

Les valeurs familiales sont importantes dans la culture arabe, et les autorités – tant religieuses que laïques – ont tendance à préférer que les parents restent ensemble pour le bien de leurs enfants. Les experts estiment que les conseils conjugaux, une meilleure éducation des jeunes couples, des discussions plus ouvertes sur les relations et même un assouplissement des tabous sociaux entourant les interactions sociales prémaritales entre hommes et femmes pourraient contribuer à réduire le taux global de divorce.

Al-Falah a soutenu que de nombreux divorces sont «le résultat de disputes causées par le fait que le mariage n'a pas été fondé sur des bases solides. Le taux de ce type de divorce est élevé parce que l'éducation que les jeunes reçoivent ne comprend pas de prise de décision appropriée ou d'orientation familiale».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Désarmement du Hezbollah: le Liban demande à l'Iran "une nouvelle approche"

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, serre la main de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à Beyrouth, le 9 janvier 2026. (AP)
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, serre la main de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à Beyrouth, le 9 janvier 2026. (AP)
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  • Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, a appelé l’Iran à adopter une nouvelle approche pour le désarmement du Hezbollah et a insisté sur le monopole des armes par l’État libanais
  • L’armée libanaise a achevé le désarmement dans le Sud du pays, mais Israël juge les efforts insuffisants, tandis que Beyrouth renforce sa vigilance face aux pressions et ingérences iraniennes

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie libanaise a appelé vendredi son homologue iranien, en visite au Liban, à trouver "une nouvelle approche" pour régler l'épineux problème du désarmement du Hezbollah financé par Téhéran.

Beyrouth est soumis à une intense pression des Etats-Unis pour désarmer le Hezbollah, affaibli par une guerre avec Israël, alors que l'Iran, comme la formation islamiste, ont affiché leur opposition à cette mesure.

"La défense du Liban est de la responsabilité de l'Etat libanais (...) qui doit avoir le monopole des armes", a déclaré le ministre Youssef Raggi à son homologue iranien Abbas Araghchi, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Il a demandé à son interlocuteur "si Téhéran accepterait l'existence d'une formation armée illégale sur son territoire".

Dans ces conditions, le ministre a exhorté l'Iran à "discuter avec le Liban afin de trouver une nouvelle approche concernant les armes du Hezbollah, en s'appuyant sur sa relation avec le parti, afin que ces armes ne soient pas un prétexte pour affaiblir le Liban".

En décembre, M. Raggi avait décliné une invitation de son homologue à se rendre en Iran, et proposé une rencontre dans un pays tiers.

L'armée libanaise a annoncé jeudi avoir mené à terme le désarmement du Hezbollah dans la partie sud du pays proche d'Israël, qui a cependant jugé les efforts du Liban "loin d'être suffisants" et de nouveau frappé son voisin vendredi.

Le ministre iranien, arrivé jeudi au Liban, a également été reçu par le président Joseph Aoun vendredi matin et devait rencontrer plusieurs autres hauts dirigeants libanais.

Il s'était rendu jeudi après-midi au mausolée de Hassan Nasrallah, l'ancien chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth en septembre 2024.

Depuis la guerre entre le Hezbollah et Israël, les responsables libanais se sont montrés plus critiques envers l'Iran.

En août, le Liban avait signifié à un haut responsable iranien, Ali Larijani, en visite à Beyrouth, son refus catégorique de "toute ingérence" dans ses affaires internes, après des critiques par Téhéran de la décision du gouvernement de désarmer le Hezbollah.


Le ministre saoudien de la Défense : Riyad engagé pour une solution juste pour le Sud, la dissolution du STC est une décision courageuse

« Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence qui seront présentés lors des discussions sur une solution politique globale au Yémen », a-t-il déclaré. (AFP)
« Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence qui seront présentés lors des discussions sur une solution politique globale au Yémen », a-t-il déclaré. (AFP)
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  • Riyad affirme son engagement en faveur d’une solution juste pour le Sud, soutenue par la communauté internationale à travers la Conférence de Riyad
  • Le ministre saoudien de la Défense salue la dissolution du STC comme une décision courageuse favorisant une participation plus inclusive des acteurs du Sud.

RIYAD : Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a déclaré que l’annonce de la dissolution du Conseil de transition du Sud (STC) allait dans le sens de l’intérêt général. Dans son premier commentaire depuis cette annonce, il a affirmé que « la question du Sud dispose désormais d’une véritable voie, parrainée par le Royaume et soutenue par la communauté internationale à travers la Conférence de Riyad, visant à rassembler nos frères du Sud afin d’élaborer une vision globale de solutions justes répondant à leur volonté et à leurs aspirations ».

Dans un message publié sur la plateforme X, le ministre de la Défense a ajouté : « Le Royaume constituera un comité préparatoire, en concertation avec des personnalités du Sud, afin d’organiser la conférence, laquelle réunira des participants de tous les gouvernorats du Sud, sans exclusion ni discrimination. Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence afin qu’ils puissent être présentés dans le cadre du dialogue sur une solution politique globale au Yémen. »

Il a conclu en déclarant : « La décision prise par des figures et des dirigeants du Sud de dissoudre le Conseil de transition est une décision courageuse, motivée par la préoccupation pour l’avenir de la cause du Sud et visant à encourager une participation plus large des forces du Sud à la Conférence de Riyad, au service de leur cause. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le STC annonce sa dissolution

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  • Des membres du groupe se sont exprimés vendredi lors de la Conférence du dialogue du Sud à Riyad

RIYAD : Le Conseil de transition du Sud (STC), groupe séparatiste yéménite, a annoncé sa dissolution à l’issue de discussions tenues en Arabie saoudite. Plusieurs membres du STC se trouvent actuellement à Riyad pour des pourparlers visant à mettre fin aux troubles dans le sud du Yémen. Le groupe a salué les efforts de l’Arabie saoudite, tandis que l’ancien chef du STC, Aidarous al-Zubaidi — désormais recherché par le Conseil présidentiel pour haute trahison — a fui le Yémen et n’a pas pris part aux discussions.

Une source yéménite a déclaré à Arab News :
« Cette annonce et la facilité affichée dans la déclaration télévisée montrent en réalité qu’Al-Zubaidi constituait l’obstacle, et que la majorité des habitants du Sud sont ouverts à un règlement de leur cause par le dialogue et la discussion. »

Les membres du Conseil de transition du Sud (STC) se sont exprimés vendredi lors de la Conférence du dialogue du Sud organisée à Riyad.

Au cours de la réunion, le Conseil a estimé que les opérations militaires menées dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra avaient porté atteinte à la cause du Sud au Yémen.

Le STC a affirmé ne pas avoir participé à la décision de lancer ces opérations militaires.

« Nous espérons parvenir à une vision et à un cadre pour résoudre la question du Sud lors de la conférence de Riyad », a déclaré le Conseil.

Le STC a remercié l’Arabie saoudite pour l’accueil et l’organisation de la conférence de dialogue à Riyad.

Traduction intégrale du communiqué du STC, selon l’agence de presse yéménite SABA

Annonce de la dissolution du Conseil de transition du Sud

La présidence du Conseil de transition du Sud, la direction exécutive suprême, le secrétariat général ainsi que les autres organes affiliés ont tenu une réunion afin d’évaluer les récents événements malheureux survenus dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra, ainsi que le rejet de toutes les initiatives visant à la désescalade et au règlement de la situation. Ces développements ont entraîné des conséquences graves et douloureuses.

En référence au communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite concernant son parrainage d’un dialogue du Sud pour résoudre la question du Sud — et afin de préserver l’avenir de la cause du Sud et le droit des populations du Sud à restaurer leur État conformément à leur volonté et à leurs aspirations, tout en maintenant la paix et la sécurité sociale dans le Sud et la région — nous annonçons ce qui suit :

Le Conseil de transition du Sud a été créé pour porter la cause des populations du Sud, les représenter et les guider vers la réalisation de leurs aspirations et la restauration de leur État. Il n’a jamais été conçu comme un instrument d’accaparement du pouvoir, de monopole de la décision ou d’exclusion d’autrui.

Étant donné que nous n’avons pas participé à la décision de lancer l’opération militaire en Hadramaout et à Al-Mahra — opération qui a porté atteinte à l’unité du Sud et nui aux relations avec la Coalition dirigée par le Royaume d’Arabie saoudite, laquelle a consenti et continue de consentir d’importants sacrifices et un soutien politique, économique et militaire constant — la poursuite de l’existence du Conseil ne sert plus l’objectif pour lequel il a été fondé.

En conséquence, et conformément à notre responsabilité historique envers la cause du Sud, nous annonçons la dissolution du Conseil de transition du Sud, la dissolution de tous ses organes principaux et subsidiaires, ainsi que la fermeture de l’ensemble de ses bureaux à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Nous œuvrerons désormais à la réalisation de notre juste cause du Sud en nous préparant à participer à la conférence du Sud sous le parrainage du Royaume.

Nous saluons le Royaume d’Arabie saoudite pour ses engagements clairs et explicites, ainsi que pour l’attention sincère qu’il porte à notre cause en recherchant des solutions conformes à la volonté et aux aspirations des populations du Sud.

Nous appelons toutes les figures et forces actives du Sud à s’engager dans la voie du dialogue du Sud, dans l’espoir de parvenir à une vision et à un cadre permettant de résoudre la question du Sud et de répondre aux aspirations de la population par sa libre volonté, au sein d’un cadre du Sud inclusif.

Depuis cette tribune, nous appelons les populations du Sud, nos collègues de la capitale Aden et de l’ensemble des gouvernorats de notre cher Sud à mesurer la gravité de ce moment, la sensibilité de cette phase et l’importance d’unir les efforts afin de préserver nos acquis et de protéger le Sud du chaos et de l’instabilité.

Nous réaffirmons notre engagement continu à servir la cause juste et légitime des populations du Sud et à réaliser leurs aspirations conformément à leur volonté. Nous exprimons également notre gratitude à la direction et au peuple du Royaume d’Arabie saoudite pour l’organisation de la conférence de dialogue du Sud et pour leur soutien constant au Sud, à sa cause et à ses populations à toutes les étapes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com