France: à Strasbourg, ping-pong de reproches entre autorités autour d'un camp de migrants en pleine ville

Cette photo montre un camp de migrants devant la mairie de Strasbourg, dans l'est de la France, le 28 août 2022. (AFP)
Cette photo montre un camp de migrants devant la mairie de Strasbourg, dans l'est de la France, le 28 août 2022. (AFP)
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Publié le Mercredi 07 septembre 2022

France: à Strasbourg, ping-pong de reproches entre autorités autour d'un camp de migrants en pleine ville

  • Selon la préfète Josiane Chevalier, représentante de l'Etat, «deux tiers des personnes du camp sont en situation irrégulière» et «n'ont pas vocation à rester sur notre territoire»
  • Fin août, le collectif «Pas d'enfants à la rue» avait recensé 25 enfants scolarisables sur le camp. Seuls quelques-uns ont pu faire leur rentrée

STRASBOURG: L'une reproche à l'autre son inhumanité qui l'accuse en retour d'inaction: au milieu de vifs échanges entre la mairie de Strasbourg et la préfecture du Bas-Rhin dans l'est de la France, une centaine de migrants vivent dans des tentes en plein centre-ville.

Le campement, où se croisent rats et pigeons, a pris place en mai au parc de l’Étoile, sous les fenêtres de la mairie de Strasbourg. Sur cet ancien parking à l'herbe brûlée, à peine quelques arbres et une circulation automobile intense tout autour de cette porte d'entrée vers le centre historique de la capitale alsacienne.

Ces Macédoniens, Géorgiens, Albanais, Somaliens ou Russes, parmi lesquels une quarantaine d'enfants, n'ont accès qu'à un unique point d'eau, aux toilettes publiques de la gare routière toute proche, auxquelles s'ajoutent quatre toilettes sèches installées lundi par la municipalité.

"L'État doit absolument assumer sa responsabilité, nous n'avons pas les moyens de le suppléer complètement", alerte la maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, qui met en avant la création de 400 places d'hébergement d'urgence depuis son élection.

"Le gouvernement doit revoir sa politique migratoire pour qu'enfin le pays des droits de l'Homme soit digne de sa réputation", estime encore l'élue, dénonçant des "logiques comptables et déshumanisées".

Désaccords publics 

"Chacun doit prendre ses responsabilités et ne pas se défausser sur l'autre", rétorque la préfète Josiane Chevalier, représentante de l'Etat. Celle-ci rappelle que c'est à la mairie, propriétaire du terrain, de demander l'évacuation du camp à la justice.

Plaidant pour "une approche au cas par cas" avec une mise à l'abri en fonction des situations administratives, elle fait observer que, selon un contrôle fait à sa demande par la police aux frontières, "deux tiers des personnes du camp sont en situation irrégulière" et "n'ont pas vocation à rester sur notre territoire".

"Je ne laisserai pas dire qu'on ne fait pas notre travail", affirme Josiane Chevalier, assurant néanmoins que "le dialogue n'est pas rompu" avec la municipalité et qu'une réunion est prévue mi-septembre.

Les deux femmes n'en sont pas à leur premier désaccord exposé publiquement, le plus virulent ayant porté sur le financement d'une mosquée turque en 2021.

Évacué en début d'été pour cause de feu d'artifice du 14 juillet, le campement a rapidement réinvesti la place après quelques jours d'hébergement provisoire dans un gymnase réquisitionné et un transfert vers un centre d'aide pour le retour (CAPR) pour des migrants sans titre de séjour.

Un "tri" administratif sous couvert de mise à l'abri, dénonce Antonio Gomez du collectif antiraciste "D'ailleurs nous sommes d'ici", dont certains militants assument être allés chercher les migrants au CAPR pour les réinstaller au parc de l’Étoile.

Enfants déscolarisés 

Les autorités "poussent à chasser toute la misère de cette ville, on aime qu'ils soient planqués dans des parcs, qu'ils soient invisibles", a accusé le militant, réclamant "des papiers pour tous" et "la réquisition des logements vides" lors d'un rassemblement de quelques dizaines de personnes organisé lundi devant une préfecture barricadée.

Gabriel Cardoen, qui se rend presque tous les jours sur le campement pour apporter son aide, regrette lui "des choix politiques" sur l'accueil réservé aux migrants en fonction de leurs origines après la forte mobilisation réservée au printemps aux réfugiés ukrainiens.

"Quand les conditions météo seront moins bonnes, on pourra obliger aux mises à l'abri", tente d'expliquer, sur le campement, Me Sophie Schweitzer à une famille géorgienne. L'avocate multiplie les référés devant la justice administrative pour tenter de faire héberger les plus vulnérables de ceux qui ont une demande d'asile en cours d'instruction. Un seul a été obtenu pour un Géorgien en fauteuil roulant.

Parfaitement francophone, Eldjona, 14 ans, a déjà passé quatre ans en Lorraine dans différentes structures d'accueil, avant que la jeune Albanaise, sa mère célibataire et ses deux petites sœurs ne soient obligées de quitter le territoire français en 2021.

Pour revenir le mois dernier à Strasbourg, "la ville la plus près de la frontière". "Je veux étudier ici et ma mère était cuisinière... Elle pourrait travailler. Et moi devenir avocate", explique l'adolescente, en attente d'une place dans un collège.

Fin août, le collectif "Pas d'enfants à la rue" avait recensé 25 enfants scolarisables sur le camp. Seuls quelques-uns ont pu faire leur rentrée.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.