Une statue monumentale lihyanite provenant d'AlUla dévoilée au Louvre, à Paris

Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
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Publié le Jeudi 08 septembre 2022

Une statue monumentale lihyanite provenant d'AlUla dévoilée au Louvre, à Paris

  • La statue, sculptée entre le Ve et le IIIe siècle avant J.-C., sera prêtée au musée français pendant cinq ans
  • L'événement de mardi marque le début d'une nouvelle relation entre le Louvre et la Commission royale pour AlUla

PARIS/ROME : Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, a été dévoilée au Musée du Louvre, à Paris. Sculptée entre le Ve et le IIIe siècle avant J.-C. et d'une hauteur de 2,3 mètres, l'œuvre représente une figure masculine qui se tient debout.
Façonnée dans le grès, posée avec les bras alignés de chaque côté et les jambes droites, cette statue de 800 kg, à laquelle manque la tête, représente très probablement un roi lihyanite, un prêtre ou un personnage qui prie.
L'inauguration de la statue, mardi dernier, dans la salle des Antiquités orientales du Louvre, est un moment important, car il marque le début d'une collaboration entre les musées français du patrimoine et la Commission royale pour AlUla (RCU).

La statue, à laquelle il manque la tête, représente très probablement un roi liyhanite, si ce n'est un prêtre ou un personnage en prière. (Fourni)
La statue, à laquelle manque la tête, représente très probablement un roi lihyanite, si ce n'est un prêtre ou un personnage en prière. (Photo fournie)

«Cette statue représente un symbole très important de la coopération culturelle de la France avec l'Arabie saoudite», a déclaré Laurence des Cars, directrice du Musée du Louvre, à Arab News.
«C'est un chef-d'œuvre de la sculpture antique qui témoigne des recherches archéologiques entreprises par le royaume d'Arabie saoudite depuis plus de vingt ans, souvent en collaboration avec la France.»
«Nous sommes très heureux de pouvoir présenter pendant cinq ans aux visiteurs du Louvre ce chef-d'œuvre dans le cadre de nos collections de la péninsule Arabique. Il constitue un symbole fort de cette collaboration.»
La statue a été découverte sur le site archéologique de Dadan, dans l'oasis de l'actuelle AlUla, au nord-ouest de l'Arabie saoudite, lors de fouilles menées par des équipes dirigées par l'Université du roi Saoud à Riyad de 2003 à 2019.

Il remonte à environ deux mille huit cents ans, lorsque Dadan était l'une des plus importantes stations de la route commerciale du monde antique. Vers la seconde moitié du Ier millénaire avant notre ère, le royaume de Dadan était dirigé par les rois de la tribu Lihyan, qui ont été au pouvoir pendant plusieurs siècles.
«C'est la première statue lihyanite découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite qui sera exposée pendant cinq ans au Louvre après un accord officiel entre le Louvre et la RCU», a déclaré à Arab News le Dr
Abdulrahman Alsuhaibani, directeur exécutif des collections par intérim de l'URC.

Abdulrahman Alsuhaibani, directeur exécutif par intérim des collections de l'UCR, pose avec la statue au Musée du Louvre à Paris. (Fourni)
Abdulrahman Alsuhaibani, directeur exécutif par intérim des collections de l'UCR, pose avec la statue au Musée du Louvre, à Paris. (Photo fournie)

«En novembre dernier, lors des fouilles archéologiques dans le sanctuaire dans lequel l'Université du roi Saoud a déjà mené des recherches, une autre statue a été trouvée, presque de la même taille que celle qui est exposée aujourd'hui. Mais la seconde est en cours de conservation et de restauration.»
«Nous avons récupéré la statue, nous avons réussi à la stabiliser, et maintenant nous nous efforçons de la conserver avant de la mettre en valeur pendant l'exposition.»
Plusieurs statues colossales qui représentent probablement des rois et des prêtres ont été découvertes entre 2005 et 2007 lors de fouilles archéologiques du sanctuaire de Dadan menées par des chercheurs de l'Université du roi Saoud.

La statue est sculptée dans le grès et positionnée avec ses bras alignés de chaque côté et ses jambes droites. Il lui manque la tête. (Fourni)
La statue est sculptée dans le grès et positionnée avec les bras alignés de chaque côté et les jambes droites. Il lui manque la tête. (Photo fournie)

«L'équipe de l'université du roi Saoud s'est déplacée sur le site de Dadan, où un vaste projet scientifique a été lancé afin de mener des recherches archéologiques sur l'un des sites archéologiques les plus importants du nord-ouest du Royaume», a déclaré à Arab News Saeed Al-Saeed, qui était doyen de la culture et de l'archéologie à l'Université du roi Saoud lorsque la statue a été trouvée.


«Après le début des travaux, d'autres découvertes ont été faites; la ville de Dadan et certains de ses détails architecturaux ont été révélés. Les principales découvertes et artefacts comprenaient d'énormes statues, dont l'une est exposée aujourd'hui au Louvre.»
Selon les experts, la statue date de l'époque où le royaume de Lihyan contrôlait l'ancienne route des caravanes à partir de sa capitale, aujourd'hui connue sous le nom «AlUla», historiquement située le long des anciennes routes de l'encens qui allaient du sud de l'Arabie au nord de l'Égypte, et au-delà.
«Rares sont les civilisations qui n'ont pas été examinées: les civilisations assyriennes et égyptiennes ont toutes été étudiées», a déclaré Amr al-Madani, PDG de l'UCR, à Arab News. «Il reste maintenant à décortiquer le rôle de Lihyan et Dadan, une civilisation qui a régné sur le nord de l'Arabie depuis AlUla».

Dépositaire de deux cent mille ans d'histoire, le site d’AlUla est en passe de devenir le centre touristique et culturel de l'Arabie saoudite. Située dans la province moderne de Médine, dans la région du Hejaz, il abrite également le site de Hégra, classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

«Les trésors archéologiques, découverts ou en cours de découverte, que le monde n’a pas encore pu voir, sont magnifiques en Arabie saoudite», a déclaré Al-Madani. «Nous avons récemment déballé de nombreuses découvertes à AlUla. Certaines d'entre elles sont des sculptures monumentales. Elles sont actuellement étudiées, rénovées et prendront la place qu’elles méritent dans le réseau des musées du monde.

Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Fourni)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo fournie)

La ville de Dadan, ancien site des capitales des royaumes de Dadan et de Lihyan, a été découverte en 1876 par le poète et explorateur anglais Charles Montagu Doughty.
«Il reste peu de choses des anciennes générations civiles d'Al-Hijr, la ville caravanière; ses rues construites en argile ne sont plus que de la poussière soufflée dans le désert», écrit-il dans son livre Travels in Arabia Deserta («Voyage dans l’Arabie déserte», NDLR), publié en 1888.
«Leur histoire n'est écrite pour nous que dans les gribouillages griffonnés sur de nombreuses roches sauvages de ce sinistre voisinage, et dans les titres gravés de leurs monuments funéraires, maintenant des rochers solitaires, que le voyageur effrayé admire, dans ces montagnes désolées», lit-on encore dans cet ouvrage.
En 1909 et 1910, le site a été soigneusement documenté par les dominicains français A. Jaussen et R. Savignac, qui l'ont identifié comme le Dedan biblique, mentionné dans l'Ancien Testament parmi les principales villes caravanières d'Arabie.
Grâce aux centaines d'inscriptions en dadanite trouvées sur le site et dans ses environs, il a été établi que la ville avait été la capitale de deux royaumes successifs: d'abord le royaume oasien de Dadan, dans la première moitié du Ier millénaire avant notre ère, puis, dans la seconde moitié, le vaste royaume tribal de Lihyan.

Une statue rare de la période lihyanite, trouvée dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Fourni)
Une statue rare de la période lihyanite, trouvée dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre, à Paris. (Photo fournie)

La statue a déjà été présentée dans le cadre de «Roads of Arabia» («Routes d’Arabie», NDLR), une exposition itinérante qui a d'abord été présentée au Louvre Abu Dhabi de novembre 2018 à février 2019 avant de partir à l'étranger: Rome, Berlin, Paris, Barcelone, Saint-Pétersbourg, Houston, Tokyo, entre autres.
Roads of Arabia a mis en lumière les trésors archéologiques de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, en montrant comment les civilisations de la péninsule Arabique ont servi de point de rencontre entre l'océan Indien, la Corne de l'Afrique, l'Égypte et la Mésopotamie.

Aujourd'hui, la nouvelle exposition lihyanite, à Paris offre une nouvelle occasion d'examiner ces civilisations anciennes et le rôle qu'elles ont joué dans le façonnement de la région.
Déterminer l'identité du personnage que la statue est censée représenter nécessitera toutefois une étude approfondie des archives archéologiques et un examen minutieux des détails.
«Nous savons que cette statue est une statue lihyanite qui a été trouvée dans une couche datée de la période lihyanite, durant la seconde moitié du Ier millénaire avant Jésus-Christ», a précisé M. Alsuhaibani.
«Il y a aussi une autre statue qui a été trouvée dans la même strate. Le mot “roi” a été écrit sur le dos d'une autre statue qui ressemble à celle qui est exposée aujourd'hui.»

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La statue est vêtue d'une tunique courte, tandis que sur le corps se trouvent des traces de pigment rouge. Sur son bras gauche, le personnage porte un bracelet qui est peut-être orné d'une perle, porté dans le pli du coude, alors qu’il y a sous son pied droit les restes de la semelle d'une chaussure, très probablement une sandale.
Il convient de noter l'attention particulière accordée au rendu de la forme anatomique de l'homme et à sa surface lisse, qui représentent de manière complexe les muscles du torse, de l'abdomen et les restes des membres; ce sont là des éléments caractéristiques de l'école de sculpture lihyanite.
Selon les archéologues et les historiens de l'art, la statue se distingue par son style local typique et elle reflète les influences artistiques de l'Égypte et de la Grèce antiques.

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La préservation et la célébration du patrimoine antique de l'Arabie saoudite constituent un élément clé du programme de réforme sociale et de diversification économique Vision 2030 du Royaume, qui prévoit des investissements dans les infrastructures et les attractions touristiques.
Parmi ces développements figure le plan directeur, intitulé «Journey Through Time» («Un voyage à travers le temps», NDLR), qui verra la vallée d'AlUla transformée en un musée vivant conçu pour plonger les visiteurs dans deux cent mille ans d'histoire naturelle et humaine.
«AlUla est le plus grand musée vivant du monde et un lieu de patrimoine pour le monde qui détient des milliers d'années d'histoire d'échanges culturels», a souligné M. Al-Madani.
«L'échange culturel est une activité économique. Il crée un lieu où les gens peuvent mieux se connaître et effectuer des échanges commerciaux. Aujourd'hui, nous échangeons des marchandises, nous échangeons des produits et ce que nous devons vraiment encourager désormais, c'est l'échange culturel comme base de la croissance économique.»
«Ce que nous voyons là est un roi de Lihyan – une civilisation qui a dominé le nord-ouest de l'Arabie et qui a joué un rôle important dans la route de l'encens ainsi que dans le réseau commercial du passé. Aujourd'hui, le roi se tient à cette place pour souhaiter à tous un bon retour à AlUla, alors que nous en faisons une oasis majeure d'échanges, d'art, de culture, de patrimoine et, nous l'espérons, de souvenirs fantastiques pour la vie.»


Chez le chef français Alain Passard, le végétal radical

Le chef français triplement étoilé Alain Passard, devenu depuis août le seul de cette lignée à ne cuisiner que des végétaux, rêve que l'on "fasse de la place" dans la haute gastronomie française à cette cuisine disruptive. (AFP)
Le chef français triplement étoilé Alain Passard, devenu depuis août le seul de cette lignée à ne cuisiner que des végétaux, rêve que l'on "fasse de la place" dans la haute gastronomie française à cette cuisine disruptive. (AFP)
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  • "Ça n'existait pas, un grand chef qui fait sans le beurre, la crème, les œufs", dit d'emblée le mythique chef
  • "Cet été, j'ai compris que j'étais prêt, culinairement, mentalement", poursuit à l'AFP le cuisinier de 70 ans

PARIS: Le chef français triplement étoilé Alain Passard, devenu depuis août le seul de cette lignée à ne cuisiner que des végétaux, rêve que l'on "fasse de la place" dans la haute gastronomie française à cette cuisine disruptive.

"Ça n'existait pas, un grand chef qui fait sans le beurre, la crème, les œufs", dit d'emblée le mythique chef.

"Cet été, j'ai compris que j'étais prêt, culinairement, mentalement", poursuit à l'AFP le cuisinier de 70 ans, quelques mois après avoir annoncé tourner une page dans l'histoire de son mythique restaurant parisien l'Arpège, ouvert il y a 40 ans dans le quartier des ministères.

La protéine animale était déjà devenue discrète dans les assiettes du chef, qui avait banni la viande rouge en 2001. Alain Passard, qui avait pourtant bâti sa carrière et sa réputation sur la grande tradition de la rôtisserie française, se disait "dés-inspiré".

Sa nouvelle religion, il la fonde depuis 2001 en cultivant ses potagers privés à travers la France, et dans la saisonnalité.

"La nature a tout écrit. Par exemple, le poireau en hiver, c'est un produit de la nature fait pour réchauffer. Une tomate, c'est un verre d'eau, c'est fait pour désaltérer", assure-t-il, l'œil bleu pétillant.

En cuisine, une heure avant le service, c'est l'heure des "potions magiques" : six chaudrons et casseroles, remplies à ras bord de légumes, fanes, herbes, jus et réductions, viennent former le rituel de base de cette cuisine végétale.

Bien-être animal 

En maître des lieux, le "consommé" : une marmite de 10 litres d'un peu tous les végétaux de saison, avec "très peu d'eau, à niveau", la manne qui viendra délayer et faire vivre les sauces du midi.

Ce jour-là, cela viendra nourrir un consommé de céleri, qui fait presque sentir la viande ou une sauce au vin jaune, grasse, épaisse, à en rappeler le beurre, et un velouté de cresson bien iodé, sans avoir jamais connu la moindre goutte d'eau de mer.

Dans la nouvelle cuisine d'Alain Passard, très peu d'épices. Aucune "poudre de perlimpinpin", dit-il, peu de condiments et, en dehors des légumes, feuilles et fruits du potager, quasiment pas de céréales ou légumineuses.

Alain Passard plonge dans cet inconnu au moment exact, l'été dernier, où le seul chef triplement étoilé vegan au monde, Daniel Humm, à New York, remet la protéine au menu.

"Le moment est bon, la société est réceptive au respect des saisons, à la lutte contre le gaspillage alimentaire ou le bien-être animal", répond Alain Passard.

"Mais ce n'est pas politique, c'est artistique", ajoute le patron de l'Arpège, collectionneur d'art et peintre à ses rares heures perdues.

Nouvelles bases 

Mais dans la profession, ce modèle de restaurateur indépendant qui travaille seul et ne quitte jamais son établissement, devient parfois incompris. "Ils ne m'ont pas épargné : à la cérémonie du (guide gastronomique) Michelin, il y en a que je connais depuis 40 ans qui ont refusé de me saluer", dit-il en serrant les lèvres.

"Ce n'est pas leur conception de la cuisine", poursuit-il, alors que s'affirme en France un courant de chefs plus "identitaire", replié sur les traditions culinaires.

"Quand on va chez Alain, il faut oublier tout ce que l'on sait, il faut arriver vierge et être prêt à vivre quelque chose d'unique", le défend auprès de l'AFP le chef triplement étoilé Emmanuel Renaut.

En octobre, le critique Stéphane Durand-Souffland repart de l'Arpège "furieux qu'on ait essayé, moyennant une addition à 495 euros pour un couvert, de nous faire prendre des rince-doigts pour des lanternes", écrit-il dans le Figaro.

À l'AFP, il explique quelques mois plus tard avoir attendu dans le médiatique parti-pris de l'Arpège "un manifeste, sans avoir la révolution espérée".

"Quand on change autant de paradigme, il faut remonter une cuisine, prendre d'autres bases", dit le chroniqueur, citant les traditions culinaires végétaliennes de l'Inde au Japon.

"Je suis dans ce métier depuis 40 ans, je connais ma musique, mon solfège", répond Alain Passard, persuadé qu'il faut qu'on "fasse une place" dans la cuisine française au végétalisme.


Azzedine Alaïa et Christian Dior : aux racines d’un maître tunisien de la haute couture

Le livre coïncide avec une exposition à la Fondation Azzedine Alaïa à Paris, qui se termine le 21 juin. (Avec l'autorisation de Damiani Books)
Le livre coïncide avec une exposition à la Fondation Azzedine Alaïa à Paris, qui se termine le 21 juin. (Avec l'autorisation de Damiani Books)
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  • Le livre met en lumière un dialogue esthétique et technique entre Alaïa et Dior, fondé sur une vision commune de la forme et du savoir-faire
  • L’expérience fondatrice d’Alaïa chez Dior et son admiration durable ont profondément influencé son parcours et inspiré l’exposition et l’ouvrage

DHAHRAN : Le livre de table publié par Damiani, « Azzedine Alaïa et Christian Dior, deux maîtres de la haute couture », tisse avec élégance un dialogue visuel entre ces couturiers emblématiques du XXe siècle.

À travers des photographies capturant ces vêtements sculpturaux, l’ouvrage offre un festin visuel d’une grande élégance, ponctué de quelques pages de textes soigneusement sélectionnés.

Disponible uniquement en anglais, le livre, paru ce mois-ci, se lit aisément, avec une préface de l’éditrice et galeriste italienne Carla Sozzani, qui écrit : « Il ne s’agit pas simplement d’un dialogue entre deux maîtres de la haute couture, mais d’un retour à une origine profondément humaine et formatrice.

Christian Dior et Azzedine Alaïa ont développé un langage commun fondé sur une discipline intérieure et un respect de la forme, un langage qui a inspiré, inspire encore et continuera d’inspirer des générations. » 

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Le livre est sorti le 21 avril. (Publié par et avec l’autorisation de Damiani Books)

D’autres éclairages sont apportés par des figures telles qu’Olivier Saillard, historien de la mode français et directeur de la Fondation Azzedine Alaïa, ainsi qu’Olivier Flaviano, directeur de La Galerie Dior depuis son inauguration en 2022, entre autres.

L’ouvrage présente également 70 pièces textiles impeccablement mises en scène, issues des archives des années 1950 et conservées à la Fondation Alaïa.

L’histoire commence en Tunisie, où le jeune Alaïa (1935-2017) découvre pour la première fois les créations de Dior (1905-1957) en feuilletant des magazines de mode français fournis par Madame Pinault, une sage-femme locale qui l’avait pris sous son aile.

Fils d’agriculteurs céréaliers, Alaïa est envoyé vivre chez ses grands-parents avec sa sœur jumelle, Hafida. À 15 ans, il ment sur son âge pour intégrer l’Institut des Beaux-Arts de Tunis en tant qu’apprenti sculpteur.

Il finance ses études en aidant une couturière qui vendait des reproductions de créations de grands couturiers parisiens à une clientèle tunisienne aisée.

Encouragé par Habiba Menchari, figure de l’émancipation féminine en Tunisie, il approche Madame Zeineb Levy-Despas, cliente de la maison Dior alors dirigée par Yves Saint Laurent, qui lui obtient un stage intensif de quatre jours à la Maison Dior.

En juin 1956, Alaïa, âgé de 21 ans, arrive dans l’atelier de Christian Dior, alors âgé de 51 ans, situé rue François 1er, au cœur du Triangle d’Or, épicentre du luxe parisien.

Bien que trois décennies les séparent, leurs esthétiques et leurs silhouettes présentent des similitudes, renforcées par leur goût intemporel.

Tous deux discrets, ils étaient fascinés par un artisanat minutieux et somptueux, laissant leurs œuvres — véritables sculptures à porter — s’exprimer d’elles-mêmes. Ils partageaient un goût pour les textures, les constructions ingénieuses et une architecture du vêtement à la fois douce et puissante.

Cette expérience brève mais fondatrice — ainsi que des décennies de collection des chefs-d’œuvre de Dior — a largement contribué à cette exposition.

Si l’exposition à la Fondation Azzedine Alaïa à Paris s’achève le 21 juin, près de 70 ans après ce stage, les images et les chefs-d’œuvre détaillés présentés dans le livre, eux, perdureront toute une vie. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Coupe de France: Lens rejoint la finale, tout proche d'écrire son histoire

Le Saoudien a réussi un très bon match, tout comme Allan Saint-Maximin, insaisissable, et Florian Thauvin, meneur dans l'effort des deux côtés du terrain. (AFP)
Le Saoudien a réussi un très bon match, tout comme Allan Saint-Maximin, insaisissable, et Florian Thauvin, meneur dans l'effort des deux côtés du terrain. (AFP)
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  • Quatre jours après l'avoir emporté face au TFC en Ligue 1 (3-2) dans la douleur, le club du bassin minier a récidivé, cette fois plus tranquillement grâce à une formidable efficacité offensive
  • Ce but a porté un coup au moral du Téfécé, libérant par la même occasion les Lensois, qui ont ensuite accentué leur avantage grâce à Adrien Thomasson, avec une nouvelle fois Saud Abdulhamid en dernier passeur (74e)

LENS: Lens n'est plus qu'à un match d'écrire une grande page de son histoire: les Sang et Or ont battu Toulouse (4-1) mardi soir au stade Bollaert pour rallier la finale de la Coupe de France, qu'ils n'ont encore jamais remportée.

Quatre jours après l'avoir emporté face au TFC en Ligue 1 (3-2) dans la douleur, le club du bassin minier a récidivé, cette fois plus tranquillement grâce à une formidable efficacité offensive.

Comment pouvait-il en être autrement? Bollaert attend ça depuis si longtemps qu'il l'a rappelé avant le coup d'envoi avec de grands tifos mettant en avant cette anomalie de l'histoire: malgré son titre de champion de France et trois finales de la Coupe (1948, 1975 et 1998), le Racing n'a jamais soulevé ce trophée.

Les Lensois auront l'occasion d'effacer cette bizarrerie le 22 mai au Stade de France contre Strasbourg ou Nice, qui s'affrontent mercredi soir à la Meinau.

Les Artésiens avaient quitté leur stade Bollaert en fusion, vendredi soir, au bout d'une remontée face aux Toulousains validée dans les derniers instants du match. Ils ont retrouvé leur antre dans le même état, qui n'aura pas souvent eu l'occasion de vibrer pour sa coupe de la saison, en l'absence de compétition européenne, en n'accueillant que le 32e de finale avant cette rencontre. Alors les supporters en ont profité jusqu'au bout, chantant "on est en finale" quand le résultat était devenu inéluctable, avant d'envahir complètement le terrain au coup de sifflet final.

Réalisme lensois froid 

Puni par une entame de match désastreuse lors de la "manche aller", les joueurs de l'Artois ont cette fois piqué d'entrée grâce à Florian Thauvin, d'un pénalty tiré lentement mais avec beaucoup de maîtrise (5e). Le champion du monde (2018) l'avait lui-même provoqué, fauché dans la surface par Pape Demba Diop.

Titularisé à la place de Wesley Saïd, Allan Saint-Maximin a doublé le score d'une frappe à l'entrée de la surface avant de célébrer d'un salto devant le banc lensois (18e).

Mais cette réussite offensive a contrasté avec une fébrilité dans la ligne arrière qui a rappelé le début du match précédent, symbolisé par une première approximation de Samson Baidoo (2e), enfin de retour en tant que titulaire après une blessure, puis une seconde, qui a cette fois coûté un but inscrit par Santiago Hidalgo (21e).

Entre-temps et dans les minutes qui ont suivi, Ismaëlo Ganiou (21 ans) aussi a été hésitant, sans doute pris par l'enjeu du match le plus important de sa jeune carrière.

Toulouse limité 

Les Sang et Or ont globalement eu des difficultés à construire le jeu lors de la première demi-heure, bien gênés par les Toulousains de Carles Martinez Novell, qui ont souvent coupé la relation entre les défenseurs et les milieux de terrain lensois.

Mais malgré cela, ils ont frappé une nouvelle fois par le piston gauche Matthieu Udol, à bout portant, à la réception d'un centre de l'autre piston, Saud Abdulhamid (35e).

Ce but a porté un coup au moral du Téfécé, libérant par la même occasion les Lensois, qui ont ensuite accentué leur avantage grâce à Adrien Thomasson, avec une nouvelle fois Saud Abdulhamid en dernier passeur (74e). Le Saoudien a réussi un très bon match, tout comme Allan Saint-Maximin, insaisissable, et Florian Thauvin, meneur dans l'effort des deux côtés du terrain.

En face, au-delà de sa pression défensive intéressante, Toulouse n'aura pas montré grand-chose et s'est heurté aux limites d'un onzième de Ligue 1, face au deuxième. S'il n'a pas le championnat, Lens aura peut-être la Coupe.