Une statue monumentale lihyanite provenant d'AlUla dévoilée au Louvre, à Paris

Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo, Fournie)
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Publié le Jeudi 08 septembre 2022

Une statue monumentale lihyanite provenant d'AlUla dévoilée au Louvre, à Paris

  • La statue, sculptée entre le Ve et le IIIe siècle avant J.-C., sera prêtée au musée français pendant cinq ans
  • L'événement de mardi marque le début d'une nouvelle relation entre le Louvre et la Commission royale pour AlUla

PARIS/ROME : Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, a été dévoilée au Musée du Louvre, à Paris. Sculptée entre le Ve et le IIIe siècle avant J.-C. et d'une hauteur de 2,3 mètres, l'œuvre représente une figure masculine qui se tient debout.
Façonnée dans le grès, posée avec les bras alignés de chaque côté et les jambes droites, cette statue de 800 kg, à laquelle manque la tête, représente très probablement un roi lihyanite, un prêtre ou un personnage qui prie.
L'inauguration de la statue, mardi dernier, dans la salle des Antiquités orientales du Louvre, est un moment important, car il marque le début d'une collaboration entre les musées français du patrimoine et la Commission royale pour AlUla (RCU).

La statue, à laquelle il manque la tête, représente très probablement un roi liyhanite, si ce n'est un prêtre ou un personnage en prière. (Fourni)
La statue, à laquelle manque la tête, représente très probablement un roi lihyanite, si ce n'est un prêtre ou un personnage en prière. (Photo fournie)

«Cette statue représente un symbole très important de la coopération culturelle de la France avec l'Arabie saoudite», a déclaré Laurence des Cars, directrice du Musée du Louvre, à Arab News.
«C'est un chef-d'œuvre de la sculpture antique qui témoigne des recherches archéologiques entreprises par le royaume d'Arabie saoudite depuis plus de vingt ans, souvent en collaboration avec la France.»
«Nous sommes très heureux de pouvoir présenter pendant cinq ans aux visiteurs du Louvre ce chef-d'œuvre dans le cadre de nos collections de la péninsule Arabique. Il constitue un symbole fort de cette collaboration.»
La statue a été découverte sur le site archéologique de Dadan, dans l'oasis de l'actuelle AlUla, au nord-ouest de l'Arabie saoudite, lors de fouilles menées par des équipes dirigées par l'Université du roi Saoud à Riyad de 2003 à 2019.

Il remonte à environ deux mille huit cents ans, lorsque Dadan était l'une des plus importantes stations de la route commerciale du monde antique. Vers la seconde moitié du Ier millénaire avant notre ère, le royaume de Dadan était dirigé par les rois de la tribu Lihyan, qui ont été au pouvoir pendant plusieurs siècles.
«C'est la première statue lihyanite découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite qui sera exposée pendant cinq ans au Louvre après un accord officiel entre le Louvre et la RCU», a déclaré à Arab News le Dr
Abdulrahman Alsuhaibani, directeur exécutif des collections par intérim de l'URC.

Abdulrahman Alsuhaibani, directeur exécutif par intérim des collections de l'UCR, pose avec la statue au Musée du Louvre à Paris. (Fourni)
Abdulrahman Alsuhaibani, directeur exécutif par intérim des collections de l'UCR, pose avec la statue au Musée du Louvre, à Paris. (Photo fournie)

«En novembre dernier, lors des fouilles archéologiques dans le sanctuaire dans lequel l'Université du roi Saoud a déjà mené des recherches, une autre statue a été trouvée, presque de la même taille que celle qui est exposée aujourd'hui. Mais la seconde est en cours de conservation et de restauration.»
«Nous avons récupéré la statue, nous avons réussi à la stabiliser, et maintenant nous nous efforçons de la conserver avant de la mettre en valeur pendant l'exposition.»
Plusieurs statues colossales qui représentent probablement des rois et des prêtres ont été découvertes entre 2005 et 2007 lors de fouilles archéologiques du sanctuaire de Dadan menées par des chercheurs de l'Université du roi Saoud.

La statue est sculptée dans le grès et positionnée avec ses bras alignés de chaque côté et ses jambes droites. Il lui manque la tête. (Fourni)
La statue est sculptée dans le grès et positionnée avec les bras alignés de chaque côté et les jambes droites. Il lui manque la tête. (Photo fournie)

«L'équipe de l'université du roi Saoud s'est déplacée sur le site de Dadan, où un vaste projet scientifique a été lancé afin de mener des recherches archéologiques sur l'un des sites archéologiques les plus importants du nord-ouest du Royaume», a déclaré à Arab News Saeed Al-Saeed, qui était doyen de la culture et de l'archéologie à l'Université du roi Saoud lorsque la statue a été trouvée.


«Après le début des travaux, d'autres découvertes ont été faites; la ville de Dadan et certains de ses détails architecturaux ont été révélés. Les principales découvertes et artefacts comprenaient d'énormes statues, dont l'une est exposée aujourd'hui au Louvre.»
Selon les experts, la statue date de l'époque où le royaume de Lihyan contrôlait l'ancienne route des caravanes à partir de sa capitale, aujourd'hui connue sous le nom «AlUla», historiquement située le long des anciennes routes de l'encens qui allaient du sud de l'Arabie au nord de l'Égypte, et au-delà.
«Rares sont les civilisations qui n'ont pas été examinées: les civilisations assyriennes et égyptiennes ont toutes été étudiées», a déclaré Amr al-Madani, PDG de l'UCR, à Arab News. «Il reste maintenant à décortiquer le rôle de Lihyan et Dadan, une civilisation qui a régné sur le nord de l'Arabie depuis AlUla».

Dépositaire de deux cent mille ans d'histoire, le site d’AlUla est en passe de devenir le centre touristique et culturel de l'Arabie saoudite. Située dans la province moderne de Médine, dans la région du Hejaz, il abrite également le site de Hégra, classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

«Les trésors archéologiques, découverts ou en cours de découverte, que le monde n’a pas encore pu voir, sont magnifiques en Arabie saoudite», a déclaré Al-Madani. «Nous avons récemment déballé de nombreuses découvertes à AlUla. Certaines d'entre elles sont des sculptures monumentales. Elles sont actuellement étudiées, rénovées et prendront la place qu’elles méritent dans le réseau des musées du monde.

Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Fourni)
Une statue rare de la période lihyanite, découverte dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Photo fournie)

La ville de Dadan, ancien site des capitales des royaumes de Dadan et de Lihyan, a été découverte en 1876 par le poète et explorateur anglais Charles Montagu Doughty.
«Il reste peu de choses des anciennes générations civiles d'Al-Hijr, la ville caravanière; ses rues construites en argile ne sont plus que de la poussière soufflée dans le désert», écrit-il dans son livre Travels in Arabia Deserta («Voyage dans l’Arabie déserte», NDLR), publié en 1888.
«Leur histoire n'est écrite pour nous que dans les gribouillages griffonnés sur de nombreuses roches sauvages de ce sinistre voisinage, et dans les titres gravés de leurs monuments funéraires, maintenant des rochers solitaires, que le voyageur effrayé admire, dans ces montagnes désolées», lit-on encore dans cet ouvrage.
En 1909 et 1910, le site a été soigneusement documenté par les dominicains français A. Jaussen et R. Savignac, qui l'ont identifié comme le Dedan biblique, mentionné dans l'Ancien Testament parmi les principales villes caravanières d'Arabie.
Grâce aux centaines d'inscriptions en dadanite trouvées sur le site et dans ses environs, il a été établi que la ville avait été la capitale de deux royaumes successifs: d'abord le royaume oasien de Dadan, dans la première moitié du Ier millénaire avant notre ère, puis, dans la seconde moitié, le vaste royaume tribal de Lihyan.

Une statue rare de la période lihyanite, trouvée dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre à Paris. (Fourni)
Une statue rare de la période lihyanite, trouvée dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est dévoilée au Musée du Louvre, à Paris. (Photo fournie)

La statue a déjà été présentée dans le cadre de «Roads of Arabia» («Routes d’Arabie», NDLR), une exposition itinérante qui a d'abord été présentée au Louvre Abu Dhabi de novembre 2018 à février 2019 avant de partir à l'étranger: Rome, Berlin, Paris, Barcelone, Saint-Pétersbourg, Houston, Tokyo, entre autres.
Roads of Arabia a mis en lumière les trésors archéologiques de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, en montrant comment les civilisations de la péninsule Arabique ont servi de point de rencontre entre l'océan Indien, la Corne de l'Afrique, l'Égypte et la Mésopotamie.

Aujourd'hui, la nouvelle exposition lihyanite, à Paris offre une nouvelle occasion d'examiner ces civilisations anciennes et le rôle qu'elles ont joué dans le façonnement de la région.
Déterminer l'identité du personnage que la statue est censée représenter nécessitera toutefois une étude approfondie des archives archéologiques et un examen minutieux des détails.
«Nous savons que cette statue est une statue lihyanite qui a été trouvée dans une couche datée de la période lihyanite, durant la seconde moitié du Ier millénaire avant Jésus-Christ», a précisé M. Alsuhaibani.
«Il y a aussi une autre statue qui a été trouvée dans la même strate. Le mot “roi” a été écrit sur le dos d'une autre statue qui ressemble à celle qui est exposée aujourd'hui.»

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La statue est vêtue d'une tunique courte, tandis que sur le corps se trouvent des traces de pigment rouge. Sur son bras gauche, le personnage porte un bracelet qui est peut-être orné d'une perle, porté dans le pli du coude, alors qu’il y a sous son pied droit les restes de la semelle d'une chaussure, très probablement une sandale.
Il convient de noter l'attention particulière accordée au rendu de la forme anatomique de l'homme et à sa surface lisse, qui représentent de manière complexe les muscles du torse, de l'abdomen et les restes des membres; ce sont là des éléments caractéristiques de l'école de sculpture lihyanite.
Selon les archéologues et les historiens de l'art, la statue se distingue par son style local typique et elle reflète les influences artistiques de l'Égypte et de la Grèce antiques.

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La préservation et la célébration du patrimoine antique de l'Arabie saoudite constituent un élément clé du programme de réforme sociale et de diversification économique Vision 2030 du Royaume, qui prévoit des investissements dans les infrastructures et les attractions touristiques.
Parmi ces développements figure le plan directeur, intitulé «Journey Through Time» («Un voyage à travers le temps», NDLR), qui verra la vallée d'AlUla transformée en un musée vivant conçu pour plonger les visiteurs dans deux cent mille ans d'histoire naturelle et humaine.
«AlUla est le plus grand musée vivant du monde et un lieu de patrimoine pour le monde qui détient des milliers d'années d'histoire d'échanges culturels», a souligné M. Al-Madani.
«L'échange culturel est une activité économique. Il crée un lieu où les gens peuvent mieux se connaître et effectuer des échanges commerciaux. Aujourd'hui, nous échangeons des marchandises, nous échangeons des produits et ce que nous devons vraiment encourager désormais, c'est l'échange culturel comme base de la croissance économique.»
«Ce que nous voyons là est un roi de Lihyan – une civilisation qui a dominé le nord-ouest de l'Arabie et qui a joué un rôle important dans la route de l'encens ainsi que dans le réseau commercial du passé. Aujourd'hui, le roi se tient à cette place pour souhaiter à tous un bon retour à AlUla, alors que nous en faisons une oasis majeure d'échanges, d'art, de culture, de patrimoine et, nous l'espérons, de souvenirs fantastiques pour la vie.»


Des trésors mondiaux passent sous le marteau

« Vue de Zevekote, Knokke », Camille Pissarro. (Fourni)
« Vue de Zevekote, Knokke », Camille Pissarro. (Fourni)
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  • Points forts internationaux de la vente aux enchères « Origins II » de Sotheby’s, qui se tiendra le 31 janvier à Diriyah

Andy Warhol

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« Muhammad Ali »

Peut-être le nom le plus célèbre du pop art rencontre probablement le sportif le plus célèbre du XXᵉ siècle dans cet ensemble de quatre sérigraphies de 1978, réalisées à la demande de l’homme d’affaires américain Richard Weisman. « Rassembler cette série m’a semblé naturel, car deux des loisirs les plus populaires à l’époque étaient le sport et l’art, mais à ma connaissance ils n’avaient aucun lien direct », expliquait Weisman en 2007. « J’ai donc pensé que faire réaliser la série par Andy inspirerait les amateurs de sport à entrer dans les galeries, peut-être pour la première fois, et que les amateurs d’art découvriraient un grand champion. » Warhol s’est rendu au camp d’entraînement d’Ali pour prendre des Polaroids servant à sa recherche et a été « frappé par la concentration sereine sous-jacente à la puissance d’Ali — sa quiétude contemplative, sa discipline intérieure », selon le catalogue de vente.

Jean-Michel Basquiat

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« Untitles »

Basquiat « émergea de la scène underground new-yorkaise pour devenir l’un des artistes les plus influents de la fin du XXᵉ siècle », précise Sotheby’s. L’œuvre de 1985 présentée ici « témoigne de manière éclatante de sa capacité singulière à transformer le dessin en lieu de réflexion intellectuelle, de mémoire culturelle et d’expression viscérale de soi ». D’origine caribéenne et portoricaine, Basquiat « développa un langage visuel d’une immédiateté et d’une intelligence extraordinaires, où image et texte se heurtent avec une urgence brute », poursuit le catalogue.

Camille Pissarro

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« Vue de Zevekote, Knokke »

Le « Knokke » du titre désigne Knokke-sur-Mer, village balnéaire belge où l’impressionniste franco-danois séjourna à l’été 1894 et produisit 14 tableaux, dont celui-ci. Le village séduisait Pissarro par son « intérêt durable pour la vie provinciale ». Dans cette œuvre, « des coups de pinceau staccato, rappelant ses tableaux des années 1880, se mêlent à la palette de couleurs terreuse de ses œuvres ultérieures. Le paysage résultant, baigné d’une lumière solaire, célèbre les environnements ruraux pittoresques pour lesquels il est le plus connu. »

David Hockney

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« 5 May »

Ce dessin sur iPad provient de la série de 2011 de l’artiste anglais, « Arrival of Spring in Woldgate, East Yorkshire in 2011 », décrite par Sotheby’s comme « l’une des explorations les plus ambitieuses et vibrantes de Hockney sur le paysage, la perception et les possibilités technologiques ». Chaque image documente « de subtiles variations de couleur, de lumière et d’atmosphère » sur le même tronçon de Woldgate, « montrant le paysage comme une expérience dans le temps plutôt qu’un instant figé ». Le catalogue souligne que le printemps a longtemps inspiré les artistes européens, mais qu’« aucun artiste ne l’a observé avec une attention si fascinée et aimante, ni enregistré avec un tel détail comme un processus évolutif ».

Zarina

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« Morning »

Sotheby’s décrit l’artiste indienne Zarina Hashmi — connue sous son prénom — comme « l’une des figures les plus captivantes de l’art international d’après-guerre — une artiste dont les œuvres épurées et méditatives distillent le tumulte d’une vie itinérante en formes visuelles ». Née à Aligarh, en Inde britannique, « la tragédie de la Partition de 1947 a façonné une méditation à vie sur la notion de foyer, à la fois lieu physique et concept spirituel ». Cette œuvre fait partie d’une série de 36 gravures sur bois intitulée « Home is a Foreign Place ».

George Condo

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« Untitles »

Cette peinture à l’huile sur lin de 2016 illustre parfaitement ce que l’artiste américain appelle le « cubisme psychologique », que Sotheby’s définit comme « une reconfiguration radicale de la figure humaine fragmentant l’identité en états émotionnels et perceptifs simultanés ». L’œuvre « condense des décennies de réflexion sur les mécanismes du portrait, s’inspirant du passé artistique tout en affirmant un langage contemporain à la fois incisif et sombrement humoristique », note le catalogue, ajoutant que l’œuvre est « brûlante de tension psychologique et de virtuosité picturale ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Art Cairo revient sous le thème « Arab. Art. Here »

La sixième édition du salon, qui s'est tenue au Grand Musée égyptien. (Fourni)
La sixième édition du salon, qui s'est tenue au Grand Musée égyptien. (Fourni)
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  • Art Cairo 2026 explore la langue arabe comme force culturelle vivante avec galeries de toute la région
  • Le Hiwar Programme propose des discussions sur le marché de l’art, la collaboration artistique et le rôle de l’art dans la mémoire culturelle

DUBAÏ : Art Cairo 2026 se tiendra sous le thème « Arab. Art. Here », inspiré par les mots du poète palestinien Mahmoud Darwish : « C’est ma langue, mon miracle, ma baguette magique. »

La foire d’art se déroulera du 23 au 26 janvier au très attendu Grand Egyptian Museum.

Selon les organisateurs, le thème explore la langue arabe comme une force culturelle vivante façonnant l’expression artistique à travers la région.

Les galeries participantes viennent de toute la région, avec une forte représentation de l’Égypte, du Levant et au-delà.

En provenance d’Égypte, on retrouve les galeries Zamalek Art Gallery, Mashrabia Gallery of Contemporary Art, Gallery Misr, Villa Azad, et Le Lab. by Mark Hachem, Maya Art Space, Arame Art Gallery et ZAAT. La KAF Art Gallery représentera la scène artistique libanaise, tandis que la Jordanie sera représentée par Wadi Finan Art Gallery et Orfali Art Gallery.

Les galeries du Golfe participant à Art Cairo incluent Salwa Zeidan Gallery d’Abu Dhabi, Fann A Porter de Dubaï et Folk Art Space de Bahreïn, tandis que l’Europe du Nord sera représentée par la Galerie SANAA des Pays-Bas et Quartum Galleri de Norvège.

Pour la septième édition de la foire, Art Cairo présentera une exposition solo au musée dédiée à l’artiste pionnière Inji Efflatoun, issue de la collection du Egyptian Museum of Modern Art. La peintre égyptienne, décédée en 1989, était également militante dans le mouvement féministe.

Le Hiwar Programme — signifiant « dialogue » en arabe — revient comme composante centrale d’Art Cairo 2026, proposant une série de tables rondes sur la pratique artistique, la responsabilité institutionnelle et l’évolution du marché de l’art régional.

Parmi les sujets abordés : la relation entre galeries, maisons de vente aux enchères, artistes et collectionneurs ; les responsabilités partagées dans la construction de l’héritage artistique ; la collaboration entre designers et galeries ; le rôle de l’art dans la création de communautés ; et des réflexions sur l’art égyptien moderne comme prisme de mémoire culturelle.

Les intervenants incluent des représentants de Christie’s, des artistes, des universitaires, des entrepreneurs et des leaders culturels d’Égypte et de la région.

Au-delà des halls du Grand Egyptian Museum, la foire propose un programme culturel et social incluant des visites guidées de monuments historiques. Parmi les temps forts : le Palais Aisha Fahmy, le Palais Amir Taz et le Musée Mahmoud Khalil. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Dolola: des livres musicaux pour sensibiliser les plus jeunes à la langue arabe

Dolola, une maison d’édition spécialisée dans les livres musicaux en langue arabe pour enfants. (Photo fournie)
Dolola, une maison d’édition spécialisée dans les livres musicaux en langue arabe pour enfants. (Photo fournie)
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  • Malgré toute la bonne volonté, parler arabe à la maison ne suffit pas toujours
  • L’enfant, scolarisé en France, évolue en symbiose totale avec son environnement social et éducatif francophone

PARIS: Garder le contact avec ses racines et sa langue arabe est une préoccupation majeure pour de nombreux jeunes parents dont les enfants sont nés et grandissent en France. Une tâche souvent plus ardue qu’elle n’en a l’air.

Malgré toute la bonne volonté, parler arabe à la maison ne suffit pas toujours. L’enfant, scolarisé en France, évolue en symbiose totale avec son environnement social et éducatif francophone.
Peu à peu, la langue d’origine se marginalise, reléguée à quelques mots, quelques expressions, parfois à de simples sonorités familières, amenant certains parents à baisser les bras face à cette réalité.

Ce renoncement n’a jamais été une option pour Maria Faddoul.

Jeune maman à l’énergie débordante, elle est aujourd’hui à la tête de Dolola, une maison d’édition spécialisée dans les livres musicaux en langue arabe pour enfants, fondée avec son amie et associée Lara Andari Yammine.

Leur ambition n’est ni scolaire ni académique : il ne s’agit pas de former de parfaits arabisants, mais de maintenir un lien vivant, affectif et joyeux avec la langue arabe dès le plus jeune âge.

« L’idée nous est venue quand nos enfants sont nés », raconte Maria Faddoul. Toutes deux souhaitaient transmettre à leurs enfants leurs racines libanaises et la langue arabe, mais se sont rapidement heurtées à une offre éditoriale peu convaincante.

« On trouvait des livres très rébarbatifs, parfois même rebutants pour les enfants. Rien de vraiment ludique ou attrayant.»

À l’inverse, leurs enfants adoraient les livres musicaux en français ou en anglais, ces ouvrages interactifs où l’on appuie sur une puce pour écouter une chanson ou un son.

« On s’est demandé pourquoi ce type de livres n’existait pas en arabe. C’est comme ça que tout a commencé. »

Le premier livre Dolola est consacré aux comptines libanaises, celles que Maria et Lara chantaient dans leur propre enfance.
C’est un choix naturel, presque évident, qui ancre immédiatement la maison d’édition dans une démarche de transmission sensible et affective.

Le succès du premier ouvrage encourage les fondatrices à poursuivre, avec ensuite un livre dédié aux instruments de musique orientaux, puis une série d’ouvrages destinés à initier les enfants à la langue arabe de manière ludique : alphabet, couleurs, nombres, vocabulaire du quotidien.

Une clientèle majoritairement issue de la diaspora

Aujourd’hui, Dolola compte huit livres et s’apprête à publier un neuvième, consacré aux nombres.
Pour accompagner ces livres, certaines chansons sont composées spécialement avec des musiciens au Liban, afin de garantir une qualité musicale et culturelle fidèle aux racines orientales.

« Il n’y a pas que le texte, insiste Faddoul, il y a toute une réflexion autour du thème, de la musique, de la langue utilisée et des illustrations. Tout est pensé pour que l’enfant ait envie d’y revenir. »

La question de la langue est centrale. Pour cela, Dolola fait le choix d’un arabe accessible, parfois dialectal, parfois en arabe classique simplifié, selon les ouvrages.

Ainsi, l’histoire de Boucle d’Or et les trois ours a été adaptée en libanais et en arabe classique.
« Tout le monde connaît Boucle d’Or. C’était important pour nous de partir d’une histoire familière, pour que la langue ne soit pas un obstacle », explique Faddoul.

Si l’âme de Dolola est libanaise et française, la fabrication, elle, est internationale.
La maison d’édition a été officiellement créée en France en 2020, et l’accueil réservé aux livres Dolola dépasse les attentes des fondatrices.

« Les parents adorent, mais surtout les enfants. Certains parents nous écrivent pour nous dire qu’ils n’en peuvent plus d’entendre les chansons en boucle », dit Faddoul avec un large sourire.

La clientèle est majoritairement issue de la diaspora libanaise, en France, en Europe et aux États-Unis, mais les livres se vendent aussi au Liban et à Dubaï.

En France, Dolola est présente à l’Institut du monde arabe, dans plusieurs librairies indépendantes et à la FNAC sur commande. L’essentiel des ventes se fait toutefois via le site internet de la maison d’édition, soutenu par une forte présence sur les réseaux sociaux.

Parmi les projets à venir, un livre consacré au Liban, encore à l’état de réflexion, ainsi qu’une possible collection dédiée aux pays arabes.

Mais Maria Faddoul formule aussi un regret : l’absence à Paris d’un lieu dédié aux jeunes enfants pour les mettre en contact avec la langue et la culture arabes, à travers la lecture, la musique ou les activités artisanales.

« Il y a énormément à faire », assure-t-elle.

Avec Dolola, elle a déjà commencé à tisser ce fil fragile mais essentiel qui relie les enfants de la diaspora à leur langue d’origine.