Dans la course aux voitures électriques, une route semée d'embûches

Poussés par les autorités ou leurs propres engagements, de grands constructeurs automobiles ont engagé un virage radical vers la fin des moteurs à combustion et l'avènement des voitures électriques. (AFP)
Poussés par les autorités ou leurs propres engagements, de grands constructeurs automobiles ont engagé un virage radical vers la fin des moteurs à combustion et l'avènement des voitures électriques. (AFP)
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Publié le Dimanche 28 août 2022

Dans la course aux voitures électriques, une route semée d'embûches

  • Après le succès de Tesla la plupart des grands groupes du secteur prévoient d'investir des dizaines de milliards de dollars dans les années à venir pour se transformer
  • Dernière en date, la Californie a banni jeudi la vente de voitures neuves traditionnelles à partir de 2035

NEW YORK: Poussés par les autorités ou leurs propres engagements, de grands constructeurs automobiles ont engagé un virage radical vers la fin des moteurs à combustion et l'avènement des voitures électriques. Mais pour atteindre leurs ambitieux objectifs, ils devront surmonter de nombreux obstacles.

Y aura-t-il assez de lithium et autres matières premières indispensables à la fabrication de batteries électriques? Suffisamment de stations de recharge? Comment s'assurer que les voitures ne coûteront pas trop cher pour les bourses les plus modestes?

Après le succès de Tesla, bâti uniquement sur les véhicules électriques, la plupart des grands groupes du secteur prévoient d'investir des dizaines de milliards de dollars dans les années à venir pour se transformer.

Stellantis (PSA-Fiat-Chrysler) veut ainsi vendre 100% de véhicules électriques en Europe à horizon 2030. Toyota compte lancer 30 modèles sur ce segment pour cette même date. General Motors ambitionne de ne plus produire de voitures à moteurs à combustion en 2035.

Ils sont encouragés en ce sens par les autorités.

Dernière en date, la Californie a banni jeudi la vente de voitures neuves traditionnelles à partir de 2035.

Demande assurée

L'Union européenne a aussi engagé l'interdiction de la vente des voitures neuves à essence, diesel ou hybrides d'ici 2035, tandis que la Chine veut qu'au moins la moitié des véhicules neufs à cette date soient électriques, hybrides ou à hydrogène.

Les fabricants d'automobile sont prévenus, "à eux de se débrouiller pour préparer leurs stocks", remarque Jessica Caldwell, du cabinet spécialisé Edmunds.

"On disait encore récemment que les plus grands obstacles à l'adoption des véhicules électriques seraient l'acceptation par les automobilistes et le prix", souligne la spécialiste.

Mais portée par des consommateurs de plus en plus sensibles aux impacts du changement climatique, la demande est là.

Aux Etats-Unis par exemple, General Motors assure avoir plus de 150.000 pré-commandes pour la version électrique de son pick-up Silverado, qui ne sera disponible qu'en 2023. Il faut attendre plusieurs mois pour une Tesla, marque phare du secteur.

"La question semble plus maintenant de savoir s'ils peuvent se procurer les matériaux nécessaires", remarque Mme Caldwell.

Basculements «drastiques»

"Les gouvernements peuvent décider autant qu'ils veulent de subventions ou de nouvelles réglementations pour les véhicules électriques, on fait face actuellement à un manque de palladium, de nickel, de lithium", abonde Karl Brauer du site spécialisé iseecars.

Certes, le problème est en grande partie lié au conflit entre la Russie et l'Ukraine, mais "personne n'aurait prédit il y a un an l'escalade des prix ou la difficulté à se procurer ces matériaux", rappelle-t-il. Ce qui met en lumière le fait que la situation "peut changer de façon drastique à tout moment".

Les constructeurs se démènent pour limiter les aléas.

Ils construisent leurs propres usines de batteries, créent des co-entreprises avec des fabricants spécialisés ou concluent des partenariats avec des compagnies minières.

Les groupes allemands Volkswagen et Mercedes-Benz ont même signé lundi des accords directement avec le gouvernement canadien pour consolider leur approvisionnement en métaux rares.

Mais le marché reste, comme pour le pétrole, mondial, rappelle M. Brauer: tant que l'offre est limitée, "il y aura toujours quelqu'un pour payer un peu plus cher".

A cet égard, d'autres aspects de la transition vers l'électrique comme la conversion des chaînes de production sont finalement assez faciles "car ils peuvent le contrôler", avance-t-il.

Aides sous conditions

Des réglementations locales peuvent aussi compliquer la tâche, comme aux Etats-Unis où une récente loi conditionne une aide de 7.500 dollars pour l'achat d'une voiture électrique à certains éléments, comme un assemblage final en Amérique du Nord.

L'Alliance pour l'innovation automobile, un lobby du secteur aux Etats-Unis, a calculé qu'environ 70% des 72 modèles électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène actuellement sur le marché ne pourraient, en l'état, prétendre à cette subvention.

Pour Garrett Nelson, analyste pour CFRA, cette nouvelle loi va clairement favoriser aux Etats-Unis Tesla, GM et Ford, au détriment des constructeurs européens et asiatiques.

Après l'annonce de la Californie, l'Alliance pour l'innovation automobile a aussi estimé dans un communiqué qu'il serait "extrêmement compliqué" d'atteindre les objectifs de l'Etat en raison "de facteurs externes": l'inflation, les stations de recharge électrique ou à hydrogène, les chaînes d'approvisionnement, la main d’œuvre, la disponibilité et le prix de matériaux essentiels, et la pénurie persistante de semi-conducteurs.

"Ce sont des problèmes complexes, interdépendants et mondiaux qui vont bien au-delà du contrôle (des autorités californiennes) ou de l'industrie automobile", avance l'Alliance.


Le pétrole repart en hausse avec les menaces renouvelées de Washington contre Téhéran

Des automobilistes font le plein dans une station Leclerc à Saint-Étienne-de-Montluc, dans l’ouest de la France, le 15 avril 2026, alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait flamber les prix du pétrole après la fermeture de fait du détroit d’Ormuz. (AFP)
Des automobilistes font le plein dans une station Leclerc à Saint-Étienne-de-Montluc, dans l’ouest de la France, le 15 avril 2026, alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait flamber les prix du pétrole après la fermeture de fait du détroit d’Ormuz. (AFP)
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  • Le pétrole repart à la hausse face au durcissement américain envers l’Iran : Brent à 88,52 dollars et WTI à 82,40 dollars
  • Washington menace d’un isolement économique inédit et d’un blocus prolongé d’Ormuz, tandis que le marché européen du gaz reste sous forte tension

WASHINGTON: Les cours du pétrole ont progressé vendredi, portés par le durcissement de ton des Etats-Unis à l'encontre de l'Iran, Washington évoquant la possibilité d'un isolement économique "comme le monde n'en a jamais vu".

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, a gagné 1,67% à 88,52 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, a pris 1,42% à 82,40 dollars.

S'exprimant sur la chaîne conservatrice Newsmax, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a menacé jeudi Téhéran d'une "combinaison d'un isolement économique comme le monde n'en a jamais vu et de la poursuite du blocus dans le détroit d'Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d'entrer ou de sortir des ports iraniens".

"Restez à l'écoute, d'autres annonces arrivent la semaine prochaine", a-t-il promis.

Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a, lui, assuré que le blocus des ports iraniens pourrait être maintenu "aussi longtemps que nécessaire", affirmant qu'il n'y a "pas de date butoir".

En quelques jours à peine, le ton a changé: Washington promettait début août un accord imminent pour rouvrir le détroit d'Ormuz, faisant reculer les cours du brut.

"Les États-Unis et l'Iran continuent d'avancer des affirmations contradictoires quant au contrôle du détroit d'Ormuz et à l'état du trafic maritime dans cette voie navigable", souligne David Morrison, un analyste de Trade Nation.

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a récemment assuré que "près de 9 millions de barils par jour" quittent le Golfe en passant par le détroit d'Ormuz.

"C'est environ deux fois plus de pétrole que n'en estiment la plupart des analystes indépendants qui surveillent le trafic dans le détroit", note Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

Ces chiffres "sont discutables", abonde Norman Liebke, de Commerzbank. L'analyste note cependant que les navires sont nombreux à circuler dans la zone en laisser leur transpondeur éteint, ce qui complique leur suivi.

Par ailleurs, "la situation sur le marché européen du gaz est actuellement plus tendue que sur le marché pétrolier", ajoute M. Liebke.

Les exportations du Qatar, un des plus grands exportateurs de gaz naturel liquéfié au monde, restent "coupées" par la guerre au Moyen-Orient, souligne-t-il.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du gaz, prenait 0,66%, à 60,80 euros le mégawattheure. Son cours a pratiquement doublé depuis le début du conflit.


Après un été dévastateur, l'agriculture écartelée face au mur de la transition

Le 3 août 2026, à Beynost, dans l’est de la France, une culture de maïs est irriguée afin de limiter les effets de la sécheresse avant la récolte. (AFP)
Le 3 août 2026, à Beynost, dans l’est de la France, une culture de maïs est irriguée afin de limiter les effets de la sécheresse avant la récolte. (AFP)
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  • Après un été marqué par les sécheresses et les pertes agricoles, les syndicats alertent sur un possible regain de colère à l’automne
  • Les agriculteurs dénoncent des injonctions contradictoires entre productivité, compétitivité et transition écologique, sur fond de crise climatique

PARIS: Vers un automne de colère? L'été dévastateur pour les cultures comme pour l'élevage, juste après l'adoption de la loi d'urgence agricole, exacerbe les clivages autour de la transformation des agriculteurs, ballottés par les crises et perdus au milieu d'injonctions à produire mieux mais toujours plus.

Pour la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, il y a un "risque majeur d'une crise humaine inédite à l'automne". La Confédération paysanne, troisième syndicat, prévient que les "braises de la colère" pourraient se raviver.

Mais les solutions proposées sont bien différentes. Habituée des actions coup de poing, la Coordination rurale appelle notamment à irriguer sans respecter les restrictions et à la réintroduction de pesticides interdits. Quand la Confédération paysanne appelle à une "bifurcation agroécologique indispensable" et soutient les appels à manifester en octobre contre les pesticides.

Interrogé sur l'adaptation des fermes au changement climatique, le président de la FNSEA, syndicat dominant, a affirmé qu'elle était en cours mais prendrait des années. "Avant de parler du moyen et long terme, encore faut-il survivre à cette crise", a ajouté Arnaud Rousseau, tout en assurant ultérieurement que son syndicat n'a pas pour l'instant en tête de manifester.

- Injnctions "contradictoires" -

Pour Claire Ruault, sociologue spécialiste de l'agriculture, le contexte "exacerbe les clivages idéologiques" et entraîne plus des réponses d'urgence pour "compenser financièrement au lieu d'une réflexion globale sur l'adaptation en prenant en compte la complexité du monde agricole".

"On demande aux agriculteurs de changer depuis la période de modernisation de l'après-guerre. Ce qui est différent aujourd'hui, c'est que les orientations ne sont pas claires", ajoute la coordinatrice du Gerdal, association de recherche sur le développement agricole.

"Il y a des objectifs de maintien de la productivité, des exportations sur un marché ultra compétitif. Les agriculteurs doivent produire beaucoup, à bas coût. C'est assez peu compatible avec les exigences de la transition agro-écologique affichées par ailleurs par le gouvernement mais pour lesquelles les moyens ne sont pas en adéquation".

Pour la sociologue, le malaise dans les fermes face à ces injonctions contradictoires est renforcé par une "culpabilisation individuelle" des agriculteurs, face aux résultats d'études sur les dangers de résidus de pesticides, d'additifs ou de PFAS dans les produits.

- "Déconnexion" -

Pour Eve Fouilleux, directrice de recherche au CNRS en science politique, "les politiques publiques ont favorisé depuis des décennies l'agrandissement et l'hyperspécialisation des exploitations agricoles par l'utilisation massive d'engrais et de pesticides, ce qui les rend plus vulnérables aux crises tout en générant des problèmes environnementaux et sanitaires majeurs".

La sécheresse record et les canicules à répétition vont créer à la rentrée des "situations dramatiques". Les agriculteurs ont "très peu de marges de manoeuvre du fait d'un endettement massif" alors qu'ils sont "en première ligne des conséquences du réchauffement climatique", affirme cette agroéconomiste de formation.

Dans les campagnes, nombre d'agriculteurs se disent "assommés" par les pertes et l'inquiétude grandit sur le risque de suicides dans la profession, qui s'est déjà mobilisée trois hivers d'affilée.

Si Eve Fouilleux n'exclut pas une mobilisation des agriculteurs indépendante des syndicats - comme en 2024 pour demander des revenus -, ou à l'initiative de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne - comme en 2025 pour protester contre la gestion gouvernementale de la dermatose bovine -, elle rappelle que ces mobilisations ont été "récupérées" in fine par l'alliance syndicale dominante de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs.

Selon la chercheuse, "la FNSEA a les ressources politiques et économiques pour mobiliser des troupes et réorienter le débat public autour de la fausse idée selon laquelle la souveraineté alimentaire serait menacée en France. Et donc de défendre ce qu'ils appellent les moyens de production: les pesticides et l'accès prioritaire à l'eau, dans un but principal d'exportation", comme en témoignent les grands thèmes de la loi d'urgence agricole.

Les deux chercheuses soulignent que l'alliance a toutefois perdu sa majorité aux dernières élections professionnelles et que les dirigeants de la FNSEA sont "déconnectés" de la base, ce qui participe au malaise des agriculteurs.

Claire Ruault ajoute qu'au niveau local, les agriculteurs peinent à construire un point vue collectif, et à le porter dans leurs interactions avec les autres acteurs, pour alimenter les politiques agricoles.

"Quand on interroge les agriculteurs individuellement sur la transition écologique, ils sont massivement pour", souligne Eve Fouilleux, "mais le système ne les incite pas à changer".


Les cours du pétrole baissent, les craintes sur l'approvisionnement s'atténuent

Le 3 avril 2026, à Toulouse, une station-service affiche tous ses carburants comme indisponibles, sur fond de tensions au Moyen-Orient et de flambée des prix du pétrole. (AFP)
Le 3 avril 2026, à Toulouse, une station-service affiche tous ses carburants comme indisponibles, sur fond de tensions au Moyen-Orient et de flambée des prix du pétrole. (AFP)
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  • Le Brent recule de 2,15 % à 87,07 dollars et le WTI de 2,43 % à 81,25 dollars, sur fond d’espoir d’une offre suffisante
  • L’AIE prévoit une baisse de la demande mondiale de pétrole de 1,6 million de barils par jour en 2026

WASHINGTON: Les cours du pétrole ont reculé jeudi, accrochés à l'espoir que les flux pétroliers mondiaux - y compris ceux en provenance du Moyen-Orient - suffisent à satisfaire une demande estimée en baisse.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, a baissé de 2,15% à 87,07 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, a diminué de 2,43% à 81,25 dollars.

Les analystes restent partagés sur la quantité de pétrole qui parvient à franchir le détroit d'Ormuz, alors que les Etats-Unis et l'Iran multiplient les déclarations en affirmant chacun contrôler ce passage stratégique.

"On ne sait pas très bien aujourd'hui quelle quantité de pétrole transite réellement par le détroit d'Ormuz", souligne Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.

Mais pour les experts d'Eurasia Group, ce qui est certain c'est que "les flux clandestins transitant par Ormuz soulagent la pression" du marché.

Une part croissante des tankers choisit de franchir ce passage avec les transpondeurs AIS - des appareils permettant la localisation des navires - éteints.

Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB. juque qu'il passe "quotidiennement beaucoup plus de pétrole qu'on ne le pensait auparavant".

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, avait affirmé mardi que "près de 9 millions de barils par jour" quittent actuellement le Golfe en passant par Ormuz, une estimation bien supérieure à celle de nombreux analystes.

La perspective de flux pétroliers importants s'ajoute à celle d'une demande moins importante que précédemment anticipé.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a indiqué mercredi tabler pour 2026 sur une baisse de la consommation mondiale de pétrole de 1,6 million de barils par jour (mb/j) sur un an.

Sa précédente estimation envisageait un recul moindre, à hauteur de 1 mb/j.

Le opérateurs continuent aussi de surveiller les évolutions du côté des produits raffinés.

Les attaques houthies - une frappe de drones sur une raffinerie saoudienne a été revendiquée jeudi - et les frappes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes en mer Noire renchérissent le prix de certains dérivés du brut.

Mais "il est peu probable que des pénuries de produits surviennent à court terme", anticipent les analystes d'Eurasia Group.