Le jardin, passion anglaise menacée par la sécheresse

Des personnes visitent Reuthe's - The Lost Gardens of Sevenoaks, près de Seal, dans le Kent, au sud-est de Londres, le 12 août 2022. (Photo de Hollie Adams / AFP)
Des personnes visitent Reuthe's - The Lost Gardens of Sevenoaks, près de Seal, dans le Kent, au sud-est de Londres, le 12 août 2022. (Photo de Hollie Adams / AFP)
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Publié le Samedi 13 août 2022

Le jardin, passion anglaise menacée par la sécheresse

  • L'état de sécheresse officiellement déclaré vendredi pour une grande partie de l'Angleterre, confrontée à son début d'année le moins pluvieux depuis près d'un demi-siècle, et devrait être maintenu pendant des mois
  • « Les jardiniers anglais devraient se tourner vers l'avenir et non contempler avec nostalgie les étendues vertes des gazons, jadis une obsession nationale », observe une propriétaire

SEAL, Royaume-Uni : L'emblématique art anglais du jardinage a-t-il un avenir en plein réchauffement climatique? Oui, à condition de s'adapter, affirme Claire Price dans sa propriété du Kent, région du sud-est de l'Angleterre frappée par une sécheresse historique.

Alors que dans le pays les pelouses grillent et les ruisseaux disparaissent, la propriétaire et «conservatrice» autoproclamée de Reuthe's montre avec fierté son terrain, une oasis de bosquets et de fleurs sauvages, dont le vert contraste avec le paysage alentour.

Des interdictions d'arrosage sont imposées dans une grande partie du Royaume-Uni, dont le Kent et l'East Sussex voisin depuis vendredi. Un drame pour bien des Britanniques qui vouent une véritable passion pour leurs jardins, mais pas pour Claire Price.

«Nous n'arrosons ni les arbres plantés, ni les arbustes», affirme-t-elle. «Notre credo est que si vous gérez correctement le sol, si vous incorporez la bonne quantité d'humidité et de terreau, les végétaux pourront résister à ces (conditions météorologiques) extrêmes», développe la maîtresse des lieux, proches du village de Seal, à 50 kilomètres au sud-est de Londres.

«Lorsque nos visiteurs se promènent dans ces bois magnifiques, ils peuvent constater que tout est vert et résiste très bien», assure-t-elle.

L'état de sécheresse officiellement déclaré vendredi pour une grande partie de l'Angleterre, confrontée à son début d'année le moins pluvieux depuis près d'un demi-siècle, et devrait être maintenu pendant des mois, ont averti les autorités.

Alors que ces épisodes sont amenés à se multiplier sous l'effet du réchauffement climatique, c'est le concept même du jardin à l'anglaise, synonyme de pelouses impeccables et de massifs taillés avec amour, qui pourrait devoir être repensé.

Pour Mme Price, les jardiniers anglais devraient se «tourner vers l'avenir» et non contempler avec nostalgie les étendues vertes des gazons, jadis une obsession nationale.

«J'ai bien peur que leurs magnifiques pelouses taillées au cordeau doivent disparaître», assure-t-elle, appelant de ses voeux «des prairies de fleurs sauvages»: en résumé, «coopérer avec la nature plutôt que de la voir comme quelque chose qui doit être dominé».

- Prier pour la pluie -

Reuthe's, qui s'étend sur 4,5 hectares à flanc de colline, abrite des essences d'arbres rares ainsi qu'une des plus importantes concentrations de rhododendrons, azalées, camélias et conifères au Royaume-Uni.

Surnommé «les jardins perdus de Sevenoaks», le domaine a été fondé en 1902 mais est resté peu accessible au grand public jusqu'en 2018, lorsque Mme Price l'a acquis et a commencé à le restaurer.

Bien que plus résistant que d'autres jardins ornementaux, Reuthe's subit aussi les effets de la météo exceptionnelle qui s'abat sur le nord-ouest de l'Europe depuis le début de l'année.

Ainsi, les rhododendrons, camélias et magnolias se sont mis en mode de survie, perdant leurs feuilles pour préserver leurs réserves en eau, selon le jardinier en chef du domaine, Melvyn Jones.

«C'est sans précédent. Nous nous attendons à perdre sans doute une ou deux de nos espèces» végétales, avoue-t-il.

Dans la pépinière attenante, où des plantes et arbustes sont à vendre, le personnel recourt à un arrosage régulier: les commerces sont pas concernés par les restrictions de l'usage de l'eau en vigueur.

«Il faut être économe en eau, ne pas la gaspiller, et faire parvenir autant d'humidité que possible aux racines», énumère M. Jones, 56 ans, qui concède avoir vécu une série d'étés «difficiles» depuis trois ans, plus arides que la moyenne.

«Je suis un vieux maintenant», lance-t-il. «On dirait que les saisons ne ressemblent plus à celles d'avant». Les horticulteurs doivent s'adapter et «préparer l'avenir», en particulier sur la façon d'arroser et d'économiser l'eau, martèle-t-il.

M. Jones confesse «prier tous les jours pour qu'il pleuve»: «Je croise les doigts, j'espère que nous aurons deux ou trois jours d'averses torrentielles, cela nous aiderait».


Afghanistan: au moins 19 morts dans un attentat contre un centre éducatif à Kaboul

Un centre éducatif de Kaboul, accueillant des étudiants, a été visé vendredi matin par une explosion qui a fait «plusieurs morts», a annoncé le ministère de l'Intérieur. (AFP)
Un centre éducatif de Kaboul, accueillant des étudiants, a été visé vendredi matin par une explosion qui a fait «plusieurs morts», a annoncé le ministère de l'Intérieur. (AFP)
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  • Les étudiants se préparaient à un examen lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser. «19 personnes sont décédées et 27 autres ont été blessées», a affirmé le porte-parole de la police
  • Des vidéos postées sur les médias sociaux et des photos publiées par les médias locaux montrent des victimes ensanglantées transportées depuis les lieux de l'explosion

KABOUL: Au moins 19 personnes ont été tuées vendredi à Kaboul dans un attentat suicide, dont la plupart des victimes sont des femmes, contre un centre de formation pour étudiants de la capitale afghane situé dans un quartier peuplé par la communauté minoritaire hazara.

"Les étudiants se préparaient à un examen lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser dans ce centre éducatif. Malheureusement, 19 personnes sont décédées et 27 autres ont été blessées", a déclaré Khalid Zadran, porte-parole de la police.

"Nous étions environ 600 (étudiants) dans la classe, mais la plupart des victimes sont des filles", a témoigné auprès de l'AFP un étudiant témoin de l'explosion qui se trouvait dans un hoîtal pour être soigné.

Ce centre de formation prépare des étudiants, âgés de 18 ans et plus, à leurs examens d'entrée à l'université.

Cet attentat qui vise une nouvelle fois le monde de l'éducation s'est produit dans le quartier de Dasht-e-Barchi, dans l'ouest de Kaboul, une zone à prédominance musulmane chiite où vit la communauté minoritaire hazara, théâtre de certaines des attaques les plus meurtrières commises en Afghanistan.

L'éducation est une question extrêmement sensible en Afghanistan à majorité sunnite, les talibans empêchant de nombreuses filles de reprendre l'enseignement secondaire.

Le groupe État islamique (EI), un autre groupe sunnite avec lequel les talibans entretiennent néanmoins une profonde inimitié et des divergences idéologiques, s'oppose également à l'éducation des femmes et des filles. L'EI, principale menace du régime taliban, a revendiqué plusieurs attentats ces derniers mois. Celui de vendredi n'a pas été revendiqué.

Des vidéos postées sur les médias sociaux et des photos publiées par les médias locaux montrent des victimes ensanglantées transportées depuis les lieux de l'explosion.

La plupart des victimes transportées dans les hôpitaux sont des femmes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des équipes de sécurité ont été déployées sur les lieux pendant que les familles affluaient dans les différents hôpitaux en pleurs, à la recherche de leurs proches.

Dans un hôpital au moins, les talibans ont toutefois obligé les familles des victimes à quitter le site, craignant qu'une nouvelle attaque ne soit lancée au milieu de la foule.

Des listes des personnes décédées ou blessées ont été accrochées à l'entrée des établissements hospitaliers où convergent les ambulances, a constaté l'AFP.

Introuvable 

"Nous ne l'avons pas trouvée ici", s’inquiétait une jeune femme en détresse, cherchant sa sœur de 19 ans dans l'un d'eux. "Nous l'appelons mais elle ne répond pas", se désespère la jeune femme.

"Attaquer des cibles civiles prouve la cruauté inhumaine de l'ennemi et son absence de normes morales", avait déclaré un peu plus tôt le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Abdul Nafy Takor.

Le 20 avril dernier, au moins six personnes avaient été tuées et 24 blessées dans deux explosions ayant frappé une école pour garçons dans ce même quartier de l'ouest de la capitale.

Dasht-e-Barchi a été lourdement frappé ces dernières années et depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021 par plusieurs attaques revendiquées par l'EI-K, la branche régionale du groupe jihadiste Etat islamique, qui considère les hazaras comme hérétiques.

En mai 2021, une série d'explosions s'était également produite devant un établissement scolaire pour filles de ce même quartier, faisant 85 morts, en majorité des lycéennes, et plus de 300 blessés.

L'EI, qui avait déjà revendiqué un attentat en octobre 2020 contre un centre éducatif (24 morts) dans la même zone, est fortement soupçonné d'avoir mené cette attaque.

Des attaques de moindre ampleur, revendiquées par l'EI-K, ont encore eu lieu à Dasht-e-Barchi en novembre et décembre 2021.

Le retour au pouvoir des talibans en août 2021 a mis fin à deux décennies de guerre en Afghanistan et a entraîné une réduction significative de la violence, mais la sécurité a commencé à se détériorer au cours des derniers mois.


Ukraine: Vote vendredi au Conseil de sécurité sur une résolution condamnant les «référendums»

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a dénoncé sans équivoque jeudi l'imminence des annexions russes, estimant qu'elles n'ont «pas de place dans le monde moderne» (Photo, AFP).
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a dénoncé sans équivoque jeudi l'imminence des annexions russes, estimant qu'elles n'ont «pas de place dans le monde moderne» (Photo, AFP).
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  • La réunion aura lieu vendredi à 15H00 (19H00 GMT), avant une autre discussion prévue sur les fuites découvertes sur les gazoducs Nord Stream
  • Un texte qui n'a aucune chance d'être adopté en raison du droit de véto russe

NATIONS UNIES: Le Conseil de sécurité de l'ONU votera vendredi sur une résolution condamnant les "référendums" d'annexion de plusieurs régions ukrainiennes, un texte qui n'a aucune chance d'être adopté en raison du droit de véto russe.

La réunion aura lieu vendredi à 15H00 (19H00 GMT), avant une autre discussion prévue sur les fuites découvertes sur les gazoducs Nord Stream en mer Baltique, a précisé la présidence française du Conseil.

Mardi, lors d'une première réunion du Conseil sur ces "référendums" dénoncés comme des "parodies" par l'Occident, les Etats-Unis avaient annoncé qu'ils allaient mettre sur la table, avec l'Albanie, une telle résolution.

Pour "condamner les simulacres de référendums, appeler les Etats membres à ne pas reconnaître tout statut modifié de l'Ukraine et obliger la Russie à retirer ses troupes d'Ukraine", avait déclaré l'ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield.

Et si la Russie utilise son droit de veto "pour se protéger", "alors nous nous tournerons vers l'Assemblée générale pour envoyer un message sans ambiguïté à Moscou", avait-elle ajouté.

Si le veto russe ne fait pas de doute, c'est surtout la position de la Chine, parfois accusée par les Occidentaux d'être trop conciliante avec la Russie, qui sera examinée avec attention. Pékin, officiellement neutre, a répété cette semaine son appel au respect de l'intégrité territoriale "de tous les pays".

La position de l'Inde sera également suivie de près.

Les deux pays s'étaient abstenus en février au lendemain de l'invasion russe, lorsque la Russie avait mis son véto au Conseil à une résolution dénonçant son "agression" de l'Ukraine.

Le vote ultérieur à l'Assemblée générale, où aucun des 193 Etats membres n'a de droit de véto, permettra lui d'évaluer le degré d'isolement de la Russie, alors que certains pays en développement s’agacent que l'Occident concentre toute son attention sur l'Ukraine.

Les Occidentaux sont "relativement confiants d'obtenir un fort soutien pour l'intégrité territoriale de l'Ukraine à l'Assemblée générale", a indiqué Richard Gowan, analyste au sein de l'ONG International Crisis Group.

"Beaucoup de pays commençaient à retirer leur soutien à l'Ukraine (...)  mais en mettant l'annexion et l'intégrité territoriale sur la table (Vladimir) Poutine va forcer nombre d'Etats hésitants à revenir dans le camp de Ukraine", notamment certains Etats africains, a-t-il ajouté, estimant que le président russe avait fait une "erreur diplomatique fondamentale".

Au printemps, l'Assemblée générale avait voté trois résolutions concernant l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la troisième fin avril s'étant traduit par un effritement de l'unité internationale face à Moscou.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a lui dénoncé sans équivoque jeudi l'imminence des annexions russes, estimant qu'elles n'ont "pas de place dans le monde moderne".


Trois inculpations dans deux affaires d'espionnage aux Etats-Unis

Si, dans la première affaire, l'accusé dit avoir agi pour des raisons financières et afin d'exprimer son mécontentement à l'égard de la société américaine, le couple dit avoir agi par leurs sentiments pro-russes (Photo, Reuters).
Si, dans la première affaire, l'accusé dit avoir agi pour des raisons financières et afin d'exprimer son mécontentement à l'égard de la société américaine, le couple dit avoir agi par leurs sentiments pro-russes (Photo, Reuters).
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  • Dans la première affaire, Jareh Sebastian Dalke, 30 ans, a imprimé des documents top secret qu'il a ensuite proposé de vendre
  • Dans la deuxième affaire, un couple a été inculpé pour d'avoir tenté de vendre des informations confidentielles sur la santé de militaires

WASHINGTON: Un spécialiste de la cybersécurité ayant travaillé pour l'Agence nationale de la sécurité (NSA) américaine et un couple composé de professionnels de santé notamment militaire ont été inculpés jeudi, dans deux procédures séparées, d'avoir tenté de vendre des informations secrètes à des Etats étrangers.

Dans la première affaire, Jareh Sebastian Dalke, 30 ans, a passé moins de quatre semaines à travailler pour la NSA, avant de démissionner abruptement fin juin en avançant un motif familial, a relaté le ministère américain de la Justice dans un communiqué.

Pendant ces quelques semaines, il a pu imprimer des documents top secret qu'il a ensuite proposé de vendre à ce qu'il pensait être un agent d'un gouvernement étranger mais qui n'était autre qu'un agent du FBI infiltré.

M. Dalke a communiqué par l'intermédiaire d'un site du dark web – web clandestin – créé par le principal service de renseignements extérieurs de la Russie, selon un compte-rendu d'enquête déposé au tribunal par le FBI. Il a demandé 85 000 dollars en échange de l'intégralité des documents. Il a obtenu trois paiements en cryptomonnaie dont un d'une valeur de 11 422 dollars.

Il a été arrêté à Denver dans l'Etat du Colorado alors qu'il s'apprêtait à remettre les documents et encourt la peine de mort ou la prison à vie.

Dans la deuxième affaire, une médecin militaire, Jamie Lee Henry, et sa femme, Anna Gabrielian, une spécialiste russophone en anesthésiologie à l'Université Johns Hopkins, ont été inculpées jeudi d'avoir tenté de vendre des informations confidentielles sur la santé de militaires américains et de responsables officiels américains à la Russie.

Le couple a été accusé d'association de malfaiteurs et de plusieurs chefs d'infraction en rapport avec la divulgation illégale d'informations médicales privées. Ces accusations peuvent entraîner jusqu'à 20 ans de prison.

Si, dans la première affaire, l'accusé dit avoir agi pour des raisons financières et afin d'exprimer son mécontentement à l'égard de la société américaine, le couple dit avoir agi par leurs sentiments pro-russes.