Le Vatican assainit son budget mais réduit son patrimoine pour se financer

Le père Guerrero, en poste depuis 2019, est un grand défenseur de la «transparence» des comptes de l'Église, l'une des priorités du pape François (Photo, AFP).
Le père Guerrero, en poste depuis 2019, est un grand défenseur de la «transparence» des comptes de l'Église, l'une des priorités du pape François (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 06 août 2022

Le Vatican assainit son budget mais réduit son patrimoine pour se financer

  • Le Saint-Siège a présenté pour l'exercice 2021 un déficit modique de trois millions d'euros alors qu'il était attendu à 33 millions
  • Dans le cadre de la réforme des finances du Saint-Siège et pour en permettre un contrôle plus strict après une série d'affaires, le secrétariat à l'Economie a récupéré la gestion de nombreux actifs jusqu'ici déléguée

CITE DU VATICAN: Le Vatican continue à mettre de l'ordre dans ses comptes, avec un budget quasiment à l'équilibre en 2021, mais il se voit contraint chaque année de réduire son patrimoine afin de se financer, a indiqué vendredi son "ministre" de l'Economie.

Le Saint-Siège a présenté pour l'exercice 2021 un déficit modique de trois millions d'euros alors qu'il était attendu à 33 millions.

Un résultat "positif" selon le préfet du Secrétariat à l'Economie, le religieux espagnol Juan Antonio Guerrero, mais qui masque des problèmes structurels.

"Le Saint-Siège réduit chaque année son patrimoine pour couvrir les services de la Curie romaine", son gouvernement central, a expliqué le préfet aux médias vaticans. Le Saint-Siège vend pour 20-25 millions d'euros de patrimoine en moyenne chaque année" car "la mission du Pape n'est pas suffisamment financée".

"Nous ne recherchons pas un excédent, mais la pérennité du service du Saint-Siège. Un déficit de trois millions d'euros pour un budget de 1,1milliard, ce n'est pas tant que ça (...). Mais si nous faisons une analyse plus détaillée, il y a des domaines qui doivent être améliorés", a-t-il averti dans un entretien à l'agence Vatican News.

Dans le cadre de la réforme des finances du Saint-Siège et pour en permettre un contrôle plus strict après une série d'affaires, le secrétariat à l'Economie a récupéré la gestion de nombreux actifs jusqu'ici déléguée.

Le total de ces actifs se monte désormais à 3,9 milliards d'euros.

En 2021, le Vatican a dégagé des revenus de 1,1 milliard d'euros, à peu près stables par rapport à 2020. La baisse des donations a été compensée par une baisse des dépenses et une meilleure gestion des actifs immobiliers, selon les comptes publiés vendredi.

Le père Guerrero, en poste depuis 2019, est un grand défenseur de la "transparence" des comptes de l'Église, l'une des priorités du pape François.

"Nous avons franchi de nombreuses étapes au cours de cette période dans le sens de la transparence, de la protection économique du Saint-Siège et de la durabilité", a-t-il déclaré.

Le plus petit Etat du monde a dévoilé fin juillet une nouvelle politique d'investissements "éthiques" et "durables", qui prévoit notamment la fermeture de ses comptes à l'étranger et l'interdiction des investissements dans la défense.

Cette politique, qui entrera en vigueur le 1er septembre, interdit tout investissement dans des secteurs liés à l'armement et la défense, la pornographie, les jeux d'argent, ou ceux de la santé impliqués dans l'avortement ou le développement de cellules souches embryonnaires.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.